La comĂ©dienne Sarah Suco s’inspire de sa propre vie dans un premier film en tant que rĂ©alisatrice, “Les Ă©blouis”, qui raconte la trajectoire d’une famille prise sous l’influence d’une secte. Camille a 12 ans et son rĂŞve c’est de faire du cirque. Elle est d’ailleurs inscrite dans une Ă©cole de cirque et le film commence dans l’éblouissement d’un spectacle de fin d’annĂ©e, Ă la lumière des spots et le visage plein de paillettes illuminĂ© par le sourire de la jeune fille. Le visage s’éteint lorsque la mère (Camille Cottin) refuse de rester Ă la fĂŞte. Il faut dire qu’elle est Ă©puisĂ©e avec ses quatre enfants... Le père plus comprĂ©hensif trouve une solution qui agrĂ©e tout le monde: il ramène tout le monde et accorde Ă Camille de rester seule Ă la fĂŞte durant deux heures. Le dĂ©but du film Ă la fois s’oppose Ă la suite du film et Ă la fois l’annonce. Parce que l’arrivĂ©e dans une secte est un engrenage qui peut partir d’aussi peu que l’épuisement d’une mère qui trouve enfin soutien et Ă©coute. Sarah Suco parvient Ă montrer l’emprise que peut avoir une secte avec intelligence et subtilitĂ© tant par le choix de ses acteurs utilisĂ©s ici Ă contre-emploi (Jean-Pierre Darroussin en “berger” dont la bienveillance fait froid dans le dos et Camille Cottin en mère dĂ©bordĂ©e aveuglĂ©e par un bigotisme soudain)  que dans la trame qui oscille entre l’accueil doux et bienveillant de la communautĂ© et les hĂ©sitations de Camille (CĂ©lest Brunnquell) prise entre l’amour de sa mère et son besoin de vivre une adolescence “normale”. CinĂ©matographiquement parlant le film est simple mais il repose sur une interprĂ©tation solide et sonne juste, sur un sujet rarement Ă©voquĂ© au cinĂ©ma mais qui est tout aussi nĂ©cessaire que la radicalisation terroriste. Â