Lâautobiographie de Steve : Charny au Canada (1986) â Lâattaque massive
La ville de Charny sur la Rive-Sud de QuĂ©bec, en 1986; jâai 16 ans. Ătablissement scolaire « Les Etchemins » : 300 chaises de cafĂ©tĂ©ria pour une population Ă©tudiante de 2200 Ă©lĂšves. Me hĂątant Ă grande course Ă la cafĂ©tĂ©ria Ă midi tapant, câest le moment critique pour sâaccaparer dâune chaise avec mon camarade Nelson.
Mon ami a rĂ©ussi Ă accomplir cette prouesse en un instant. De mon cĂŽtĂ©, jâai vivement tirĂ© sur une des rares chaises libres, mais jâai perdu le duel contre un Ă©lĂšve inconnu, qui Ă©tait plus combattif que moi, le pacifiste.
Je me suis alors exilĂ© de cette cafĂ©tĂ©ria que je maudis. Petit sandwich en main de maman Jolyne, je me promenais dans les couloirs des salles de classe avec amertume. Jâai par chance dĂ©couvert une porte secrĂšte. CâĂ©tait la salle de chimie oĂč sept intellectuels sĂ©journaient pour se nourrir en compagnie du professeur Chau Ly-Hai, originaire du Vietnam, un homme que nous apprĂ©cions grandement.
En tant que nerd avec une moyenne gĂ©nĂ©rale de 85 %, je me suis senti parfaitement Ă lâaise dans ce groupe. Alors, pendant plus de six semaines, ma routine a Ă©tĂ© de fraterniser avec mes frĂšres. Cet accueil de mes pairs leur sera bientĂŽt rĂ©compensĂ©.
Les intellectuels, peu rĂ©putĂ©s pour leurs habiletĂ©s athlĂ©tiques, dĂ©ploraient le systĂšme de composition des Ă©quipes en Ă©ducation physique oĂč deux capitaines sĂ©lectionnent leurs joueurs dans un lot de filles et de garçons. Le professeur de gym demande si quelquâun veut bien assurer le rĂŽle de chef. Pour une fois, je me suis dit que ce pourrait ĂȘtre mon tourâ!
Vient le temps du premier choix du jeu de soccer, je mâexclame et je nomme : « Paulâ! » Toutes les Ă©lĂšves, incluant lâenseignant, furent abasourdies. Paul, considĂ©rĂ© comme un grand intellectuel, Ă©tait enveloppĂ© et peu mobile, et, par consĂ©quent, on le relĂ©guait toujours au dernier rang lors de la crĂ©ation dâĂ©quipes, ce qui le rendait triste.
Je continue ma sĂ©lection et je choisis Bernard, Ghislain et Bernadette jusquâĂ ce que mon groupe soit composĂ© des personnes que je prĂ©fĂšre, et non pas de celles qui me garantissent une victoire certaine.
La joute ne sâest pas dĂ©roulĂ©e totalement comme prĂ©vu pour nos adversaires, les athlĂštes de haut niveau. Notre Ă©quipe a maintenu une excellente communication entre nous et nous avons menacĂ© le camp adverse Ă plusieurs reprises avec nos attaques. La fiertĂ© nous poussa Ă nous dĂ©passer.
Avec stupeur, la rencontre sâest soldĂ©e par un score de 1-0 en faveur de lâĂ©quipe adverse grĂące Ă un but contestable. Notre gardien a brillĂ© de mille feuxâ!
Nous avons enseignĂ© aux personnes prĂ©tentieuses lâhumilitĂ©, et elles nous saluent maintenant dans les couloirs de lâĂ©cole aux portes magiques.
Ce fut mon paiement Ă ceux qui mâont accueilli avec gĂ©nĂ©rositĂ© dans leur cercle intime. Merci Paul, Bernadette, Ghislain, Bernard et compagnie, que mon cĆur soit avec vousâ; les derniers seront les premiersâ!
Texte de Steve L. RODRIGUE â version 2.0 â le jeudi 13 aoĂ»t 2026 â la ville de QuĂ©bec, CANADA.
Crédit photo : Yan Krukau.















