LA TUMBA DE LAS NÁYADES
Cruzando el bosque cubierto de escarcha, iba yo; ante la boca el pelo me florecía de pequeños cerriones, y mis sandalias estaban apesgadas de nieve lodosa y apelmazada.
Él me dijo: «¿Qué andas buscando?». «Sigo el rastro del sátiro. Sus pasos horcados son como hoyuelos al tresbolillo en un manto blanco.» Me dijo él: «Los satiros murieron.
»Los sátiros y las ninfas con ellos. En treinta años no hubo un invierno tan atroz. El rastro que ves es el de un buco. Pero estémonos un tanto aquí, donde la tumba.»
Y con el hierro de su laya rompió el hielo de la fuente donde antaño reían las náyades. Tomaba en sus manos grandes pedazos fríos y, levantándolos contra el cielo pálido, miraba a su través.
*
LE TOMBEAU DES NAÏADES
Le long du bois couvert de givre, je marchais ; mes cheveux devant ma bouche se fleurissaient de petits glaçons, et mes sandales étaient lourdes de neige fangeuse et tassée.
Il me dit : « Que cherches-tu ? — Je suis la trace du satyre. Ses petits pas fourchus alternent comme des trous dans un manteau blanc. » Il me dit : « Les satyres sont morts.
« Les satyres et les nymphes aussi. Depuis trente ans il n’a pas fait un hiver aussi terrible. La trace que tu vois est celle d’un bouc. Mais restons ici, où est leur tombeau. »
Et avec le fer de sa houe il cassa la glace de la source où jadis riaient les naïades. Il prenait de grands morceaux froids, et, les soulevant vers le ciel pâle, il regardait au travers.
Pierre Louÿs
di-versión©ochoislas














