Métaux alcalins et alcalino-terreux
On donne le nom de mĂ©taux alcalins aux Ă©lĂ©ments de la premiĂšre colonne du tableau pĂ©riodique des Ă©lĂ©ments en dehors de lâhydrogĂšne. Ces Ă©lĂ©ments sont le lithium Li, le sodium Na, le potassium K, le rubidium Rb, le cĂ©sium Cs et le Francium Fr. Ils ont tous la particularitĂ© de nâavoir quâun seul Ă©lectron dans leur bande de valence. De fait, ils sont tous trĂšs peu Ă©lectronĂ©gatifs, beaucoup moins que lâhydrogĂšne par exemple dont le potentiel dâĂ©lectronĂ©gativitĂ© est Ă©gal Ă 2,2. Ils sont nuclĂ©ophiles (donneurs dâĂ©lectron). Le francium est un Ă©lĂ©ment radioactif de durĂ©e de vie Ă©gale Ă 21 minutes.
Le sodium, le potassium et le fluor sont des oligoĂ©lĂ©ments. Is sont respectivement en 9Ăš, 7Ăš et 13Ăš position dans la liste des Ă©lĂ©ments les plus abondants du corps humain. Dans la croĂ»te terrestre, le sodium et le potassium pointent en 6Ăš et 7Ăš place (28000 et 26000 ppm). En revanche, ils sont peu abondants lâunivers, le lithium ne reprĂ©sentant que 2,3 10-6 de la masse baryonique et le sodium 1 10-6.
Dans les conditions normales de tempĂ©rature et de pression, si lâon excepte le francium qui fond Ă 20°, ils se prĂ©sentent sous la forme dâun mĂ©tal plutĂŽt mou (on peut le couper avec un couteau). Ils sâoxydent trĂšs vite Ă lâair libre, perdant ainsi lâaspect brillant que leur confĂšre leur caractĂšre mĂ©tallique. Ils sont relativement lĂ©ger : la densitĂ© des trois premiers (Li, Na, K) est infĂ©rieure Ă 1, celle des trois autres infĂ©rieure Ă deux. Leur point de fusion sâĂ©tage entre 20° pour le francium et 97,8° pour le sodium. Seul le lithium reste solide jusquâĂ 180°. Leur point dâĂ©bullition est supĂ©rieur Ă 650°, celui du lithium atteint 1342°.Â
Le potentiel de premiĂšre ionisation des mĂ©taux alcalins est relativement faible : de 3,88 eV pour le cĂ©sium Ă 5,37 eV pour le lithium. Ils sâionisent donc facilement pour donner les cations Li+, Na+, K+, Rb+ et Cs+. Ceci explique leur caractĂšre nuclĂ©ophile. Il est beaucoup plus difficile de leur arracher un deuxiĂšme Ă©lectron (27 eV pour le cĂ©sium, 47 eV pour le sodium). Il faut en effet aller chercher cet Ă©lectron sur la couche n-1 qui est complĂšte, donc trĂšs stable.
Le potentiel dâoxydorĂ©duction du lithium est Ă©levĂ©, ce qui en fait un composant trĂšs recherchĂ© pour rĂ©aliser des piles (piles au lithium).
Les mĂ©taux alcaline rĂ©agissent violemment avec lâeau en dĂ©gageant de lâhydrogĂšne qui brĂ»le dans lâair et peut mĂȘme provoquer une explosion :
Lâhydroxyde de sodium NaOH est plus connu sous le nom de soude caustique. La soude caustique se prĂ©sente sous forme de cristaux. Elle est trĂšs hygroscopique. En solution, elle libĂšre lâion OH- qui est une base forte. Elle est utilisĂ©e de maniĂšre intensive, en particulier pour ses propriĂ©tĂ©s de dĂ©tergent. Lâhydroxyde de potassium KOH porte le nom de potasse. Il est utilisĂ© en industrie chimique pour produire des engrais ou du savon.
La lithine LiOH est moins connue, câest une base forte trĂšs corrosive. En prĂ©sence de peroxyde dâhydrogĂšne, lâhydroxyde de lithium forme un composĂ© ionique appelĂ© hydroperoxyde de lithium LiOOH :
Les mĂ©taux alcalins rĂ©agissent avec lâhydrogĂšne pour former des hydrures :
Les hydrures de mĂ©taux alcalins sont des bases fortes qui libĂšrent des ions OH- en solution dans lâeau.
Les mĂ©taux alcalins sâoxydent rapidement pour donner des oxydes, des peroxydes ou des superoxydes :
Ces oxydes sont en gĂ©nĂ©ral basiques et rĂ©agissent avec lâeau pour donner des hydroxydes. Les peroxydes et superoxydes ont tendance Ă redonner naturellement des oxydes et de lâoxygĂšne.
La bande de valence du soufre a la mĂȘme configuration que celle de lâoxygĂšne, il rĂ©agit avec les mĂ©taux alcalins pour donner des sulfures (sulfure de sodium Na2S, sulfure de potassium K2S). Ces sulfures sâhydrolysent complĂštement pour donner des hydroxydes :
Lâion SH- a des propriĂ©tĂ©s trĂšs proches de celles de lâion OH-.
NuclĂ©ophiles, les mĂ©taux alcalins sont attaquĂ©s par les halogĂšnes pour former des halogĂ©nures. Le chlorure de sodium NaCl et le chlorure d potassium KCl sont bien sĂ»r connus pour leur utilisation culinaire. Le chlorure de lithium LiCl est utilisĂ© dans lâindustrie chimique et sidĂ©rurgique. Les fluorures (LiF, NaF, KF) sont toxiques. Ils sont utilisĂ©s dans lâindustrie. Lâiodure de potassium KI a de nombreuses applications en chimie organique, dans lâalimentation mais aussi dans lâindustrie pharmaceutique.
Du fait de leur caractĂšre nuclĂ©ophile les mĂ©taux alcalins forment des sels avec tous les oxacides. Des nitrates et des nitrites tout dâabord. Si le nitrate de sodium NaNO3 et le nitrate de lithium LiNO3 ont un emploi limitĂ©, le nitrate de potassium KNO3, plus connu sous le nom de salpĂȘtre, a longtemps Ă©tĂ© utilisĂ© comme ingrĂ©dient principal pour faire de la poudre Ă canon. Il continue dâĂȘtre utilisĂ© comme propergol ou en charcuterie. Le nitrite de sodium NaNO2 a lui aussi des applications alimentaires ainsi que dans lâindustrie chimique.
Le carbonate de potassium K2CO3 est utilisĂ© comme engrais et pour ses propriĂ©tĂ©s fongicides. Il rentre Ă©galement dans la composition du verre. Le carbonate de sodium Na2CO3 (appelĂ© improprement cristaux de soude) a de nombreuses applications (savon, sidĂ©rurgieâŠ). Le bicarbonate de soude (Na+CO2OH-) et le bicarbonate de potassium (K+CO2OH-) ont des usages multiples, y compris domestiques comme rĂ©gulateur de pH. Ce sont des hydrogĂ©nocarbonates. On les prĂ©pare en faisant rĂ©agir le carbonate correspondant avec de lâeau et du dioxyde de carbone :
Le carbonate de lithium Li2CO3 a quelques applications industrielles.
Le sulfate de sodium Na2SO4 est produit industriellement pour lâindustrie du verre ou celle des textiles. Ses propriĂ©tĂ©s de dĂ©tergent sont Ă©galement apprĂ©ciĂ©es. Le sulfate de potassium K2SO4, que lâon trouve dans les plantes, est un engrais. Il est aussi utilisĂ© comme composant dans les peintures. Le sulfite de sodium Na2SO3 est un additif alimentaire aux vertus antioxydantes. Le thiosulfate Na2S2O3 est un ligand. Il est utilisĂ© comme fixateur en photographie mais Ă©galement comme antidote pour neutraliser lâeffet de certains produits toxiques.
Le phosphate de sodium Na3PO4 est un additif alimentaire, tout comme le dihydrogĂ©nophosphate de  potassium KH2PO4. LâhydrogĂ©nophosphate de  potassium K2HPO4 est utilisĂ© comme rĂ©gulateur dâaciditĂ© de lâestomac et dans lâagriculture biologique.
On ne peut pas terminer ce tour dâhorizon des sels alcalins sans parler du permanganate de potassium KMnO4. Connu pour ses vertus de dĂ©sinfectant, il est aussi utilisĂ© dans la conservation des fruits (il arrĂȘte le processus de mĂ»rissement en oxydant lâĂ©thylĂšne dĂ©gagĂ© par les fruits) et le traitement de eaux. Câest aussi un composant intervenant dans la fabrication de certains ergols. permanganate de calcium CaMnO4. Câest un agent blanchissant que lâon trouve dans la composition de nombreux dentifrices.
Les métaux alcalino-terreux sont les éléments de la deuxiÚme colonne. Ces éléments sont le béryllium Be, le magnésium Mg, le calcium Ca, le strontium Sr, le baryum Ba et le radium Ra. Le radium est radioactif. La demi-vie du 226Ra est de 1600 ans. Leur caractéristique commune est de posséder deux électrons dans leur bande de valence.
Le magnĂ©sium est relativement abondant dans lâUnivers (0,06%). Il se classe Ă la 9Ăšme position Ă lâĂ©chelle de la voie lactĂ©e. La calcium figure dans la liste des 20 premiers (0,007%). Les autres Ă©lĂ©ments sont beaucoup plus rares. Le magnĂ©sium et le calcium sont les seuls mĂ©taux alcalino-terreux relativement abondants dans la croĂ»te terrestre : 2,9% pour le magnĂ©sium et 5% pour le calcium. Le calcium est un outre un oligoĂ©lĂ©ment qui reprĂ©sente 1,4% de la masse du corps humain (en particulier dans le squelette).
Dans les conditions normales de tempĂ©rature et de pression ils se prĂ©sentent sous forme cristalline. Si lâon excepte le bĂ©ryllium, le point de fusion des mĂ©taux alcalino-terreux est infĂ©rieur Ă 1000°C. Le bĂ©ryllium, le magnĂ©sium et le calcium (et mĂȘme le strontium) sont peu denses.
Comme les mĂ©taux alcalins ils sont peu Ă©lectronĂ©gatifs. Si lâon excepte le bĂ©ryllium qui noue gĂ©nĂ©ralement des liaisons covalentes, Ils donnent facilement des cations chargĂ©s deux fois positivement : Mg2+, Ca2+...
Les oxydes des mĂ©taux alcalino-terreux (BeO, MgO, CaO, SrO, BaO) sont des oxydes cristallins de couleur blanche. Ils sont obtenus par combustion du mĂ©tal dans le dioxygĂšne, par calcination dâun sel, carbonate ou nitrate, ou par dĂ©shydratation dâun hydroxyde. Leur tempĂ©rature de fusion est trĂšs Ă©levĂ©e (supĂ©rieure Ă 2500°C pour lâes oxydes de bĂ©ryllium, de magnĂ©sium et de calcium). Lâoxyde de calcium est appelĂ© communĂ©ment chaux vive.
Les mĂ©taux alcalino-terreux sont trĂšs rĂ©actifs avec les halogĂšnes. Si lâon excepte le bĂ©ryllium, ils forment des sels ioniques qui sâhydrolysent dans lâeau. Les halogĂ©nures de bĂ©ryllium (comme le chlorure de bĂ©ryllium BeCl2) sont quant Ă eux covalents et ne rĂ©agissent pas avec lâeau.
Le magnésium, le calcium, le strontium et le baryum forment des hydroxydes qui sont des bases fortes :
Lâhydroxyde de calcium est appelĂ© chaux Ă©teinte. Le bĂ©ryllium ne rĂ©agit pas avec lâeau.
MagnĂ©sium, calcium, strontium et baryum forment aisĂ©ment des sels dâoxacides (carbonate, nitrate, phosphate, sulfate) et câest en gĂ©nĂ©ral sous cette forme quâon les trouve dans la nature. Le carbonate de calcium CaCO3 par exemple est le composant de base du calcaire et le gypse est un sulfate de calcium hydratĂ© CaSO4.2H2O. Le bĂ©ryllium fait une nouvelle fois exception du fait de sa faible propension Ă former de tels composĂ©s.
Composés organomagnésiens
Les composés organomagnésiens sont des molécules organiques dans laquelle il y a au moins une liaison carbone-magnésium. Parmi les composés organomagnésiens on distingue une sous-famille appelée réactifs de Grignard de formule générique R-MgX, R étant une molécule organique et X un halogÚne.
Les composés organomagnésiens jouent un rÎle important en chimie organique et notamment en synthÚse organique. Les réactifs de Grignard permettent en particulier de réaliser des substitutions nucléophiles et des additions nucléophiles.
La magnĂ©sium est utilisĂ© en mĂ©canique sous forme dâalliage avec lâaluminium (le magnĂ©sium est inflammable et est rarement utilisĂ© seul). Il est aussi utilisĂ© en chimie organique (voir ci-dessus). Le calcium est utilisĂ© pour ses propriĂ©tĂ©s rĂ©ductrices dans le traitement du minerai ainsi que dans la production du plĂątre et du ciment. En tant quâoligoĂ©lĂ©ments, le magnĂ©sium et le calcium sont utilisĂ©s comme composants dans des produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques. Le bĂ©ryllium a des applications militaires (rigiditĂ© et stabilitĂ© sur une large gamme de tempĂ©rature). Lâoxyde de bĂ©ryllium qui est Ă la fois isolant et conducteur thermique a des applications en microĂ©lectronique. Les autres mĂ©taux alcalino-terreux ont beaucoup moins dâapplications.
RĂŽle dans la chimie du vivant
Le calcium et le magnĂ©sium jouent un rĂŽle essentiel dans la chimie du vivant. Lâhydroxyapatite Ca5(PO4)3(OH)2 est le composant minĂ©ral qui donne leur soliditĂ© aux os et aux dents. Le carbonate de calcium forme la coquille des mollusques. Calcium et magnĂ©sium sont aussi des oligoĂ©lĂ©ments.  Le magnĂ©sium en particulier est un cofacteur de nombreuses enzymes.
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