ProcnĂ© trouve un lieu oĂč lui retirer les signes sacrĂ©s, dĂ©couvre le visage honteux de sa pauvre soeur, veut l'embrasser, celle-ci ne supporte pas de lever les yeux, elle se croit rivale de sa soeur, elle jette au sol son regard, Ă elle qui veut jurer et prendre Ă tĂ©moin les dieux que par violence elle a vĂ©cu la honte, la main sert de voix. ProcnĂ© brĂ»le, ne contient pas sa colĂšre et les pleurs de sa soeur, elle attaque : "on ne peut rien faire avec des larmes, dit-elle, mais avec le fer - ou alors tu as quelque chose de plus fort que le fer ? Ă toute barbarie, moi, ta soeur, je suis prĂȘte. Moi, avec ces torches je vais cramer le toit du palais royal, je jetterai TerĂ©e, le coupable, dans les flammes, ou bien sa langue, ou ses yeux, ou les parties qui ont pris ta pudeur, je les trancherai au fer, par mille blessures je chasserai sa vie de meurtrier. Je suis prĂȘte Ă tout, au pire. A quoi, je ne sais pas encore."
Ovide, les Métamorphoses, "PhilomÚle et Procné", Livre VI, trad. par Marie Cosnay, Editions de l'Ogre, 2017.














