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Australie : la justice double l’indemnisation d’une femme transgenre victime de discrimination
Un verdict historique confirmé en appel La cour fédérale australienne a rendu une décision retentissante en doublant l’indemnisation accordée à Roxanne Tickle, une femme transgenre exclue de l’application réservée aux femmes Giggle for Girls. La fondatrice de l’application, Sall Grover, avait fait appel du jugement initial, mais les juges ont non seulement rejeté son recours, mais aussi…
Interdiction des femmes transgenres dans les tournois de fléchettes féminins : la DRA se range derrière la définition biologique
La Darts Regulation Authority (DRA), organe de régulation de la Professional Darts Corporation (PDC), a annoncé l’interdiction immédiate des femmes transgenres dans ses compétitions féminines. Dans un communiqué publié ce 9 avril 2026, la DRA précise que seules les personnes de sexe biologique féminin pourront désormais participer aux tournois réservés aux femmes. Cette décision fait suite à une…
Un tome intrigant sur l’échange de corps et l’identité, entre romance bloquée et relations toxiques, qui fascine autant qu’il frustre.

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Actualité trans du 1er trimestre (janvier, février, mars) 2026
- L’association Fransgenre a contacté en 2025 très exactement 1 670 endocrinologues (sur les 2 095 en exercice en France). Et seulement 15 % d’entre elleux acceptent de prendre en charge les personnes trans. Ouais, ça ne fait pas beaucoup… Si on prend le problème dans l’autre sens, ça fait quand même 85 % qui n’en prennent pas du coup…
Souvent la justification qui revient c’est qu’iels ne seraient pas formé·es. Sauf que l’asso propose des formations pour ces mêmes pro de santé. Sans avoir à se déplacer, puisque ça se passe en ligne. Et ce, à prix libre. Voire même gratuit pour tout ce qui touche au THS. Autant dire que ces endoc’ ne cherchent pas trop à faire évoluer leur pratique et connaissances…
Pas étonnant que les gens passent en DIY ou avec un suivi par généraliste !
- Une nouvelle proposition de loi a été déposée à l’Assemblée Nationale par le député Emmanuel Grégoire. Comme les 2 précédentes PPL, toujours en cours au passage puisque non mises à l'ordre du jour pour le moment, elle demande la facilitation et la gratuité des demandes de changement de sexe à l’état-civil.
L’idée étant qu’une personne puisse modifier la mention relative à son sexe et ses prénoms à l’état-civil par une simple déclaration à l’officier d’état civil, et sans qu’aucun témoignage ou production de document (qu’il soit médical ou non) ne soit nécessaire.
Elle vise également à  lutter contre les violences faites aux enfants intersexes en introduisant à l’article 4, une peine de 5 ans d’emprisonnement et de 75 000 euros d’amende pour le fait de prescrire un traitement ou de pratiquer un acte médical visant à conformer les caractéristiques sexuelles dites atypiques d’un ou une mineure sans son consentement.
- En parlant de proposition de loi, une nouvelle PPL a pointé le bout de son nez. Elle vise, je cite son titre : à « renforcer la sécurité, la rétention administrative et la prévention des risques d’attentat ». Formuler comme ça, avec la France, on se doute bien qu’il va y avoir un truc raciste qui va en sortir.
Dedans il y a un article qui ajoute une condition, qui grosso modo, reviendrait à interdire aux personnes trans en demande d'asile de changer de prénom si c'est interdit dans leur pays d'origine. Il y a encore malheureusement beaucoup de pays dans lesquels c’est impossible, donc si ça devait passer comme loi, ça impacterait quand même du monde. (Et même si ça ne concernait que 3 personnes en France, ça resterait dégueulasse comme mesure…)
Les textes de cette PPL demandent en plus de fournir un extrait de casier judiciaire pour tous les changements de prénoms, que la demande vienne de personnes étrangères ou françaises.
- Une nouvelle circulaire concernant les demandes de changement d’état-civil est parue courant janvier. Signée de la main de Gérald Darmanin, assez étrangement. Puisque, techniquement, bien qu’elle n’apporte pas de changements, cette circulaire vient rappeler aux officiers de l'état-civil qu’iels doivent appliquer la circulaire du 18 novembre 2016.
C’est à dire que l'apparence physique, l'absence de pièces médicales, ainsi que le fait de ne pas avoir fait d'opération ne peuvent pas motiver un refus dans une demande de changement d'état-civil. Et qu’il est interdit de réclamer ou de rendre un jugement en se basant sur des documents qui concernent une ou plusieurs procédures médicales.
Ça ne changera pas la face du monde, mais ça permettra quand même de venir appuyer vos demandes ou de débloquer un dossier qui serait bloqué pour les raisons cités juste avant.
- Toujours en lien avec le changement d’état-civil : La procédure de CEC et de CSEC (lorsqu’on passe par un tribunal donc) devient payante. Depuis le 1er mars, ça coûte 50€. Alors, ce n’est pas une mesure spécifique aux personnes trans hein. Je tiens à le préciser parce que j’ai vu beaucoup de gens dirent ça ou le sous-entendre. C’est une contribution qui vaut pour toute personne (cis ou trans) qui souhaite saisir un tribunal judiciaire. Ce n’est pas propre aux CEC. Mais le fait est que oui, maintenant on se retrouve bel et bien à devoir payer pour cette procédure, alors que ce n’était plus le cas depuis la loi de modernisation justice datant de 2016. (En tout cas c’était gratuit – hors impression des dossiers hein – si on faisait ses démarches seul·e, sans passer par un ou une avocate.) Là , on renforce un accès à 2 vitesses à la justice, en pénalisant encore et toujours les plus précaires.
- La CPAM de l’Isère ainsi que la Caisse Nationale de l’Assurance Maladie ont été condamnées pour discrimination par le tribunal judiciaire de Grenoble pour avoir refusé à plusieurs reprises d’indemniser une femme trans dans le cadre d’une mammoplastie. Elles devront lui verser 2 000 € de dommages et intérêts et prendre en charge ses soins à venir.
- Dernière info rapide : Bonne nouvelle ! La Prep injectable est arrivée sur le marché français. Jusqu’ici, seule la Prep sous forme de comprimés prise par voie orale était accessible. Elle est commercialisé sous le nom d’Apretude et est gratuite pour toutes les personnes qui sont affiliées à la Sécurité sociale. Que ce soit pour le produit ou l’injection.
- Direction le Royaume-Uni et une enquête menée par l’organisation britannique TransLucent. Fondée sur des demandes d’accès à l’information adressées à 382 organismes publics en Angleterre (hôpitaux du NHS, refuges pour victimes de violences domestiques, autorités locales gérant les toilettes et vestiaires publics des piscines et centres de loisirs), l’enquête révèle qu’entre 2022 et 2024 seules 4 plaintes formelles concernant la présence de femmes trans dans des espaces réservés aux femmes ont été recensées. (On est bien loin des paniques médiatiques alarmistes qui veulent nous faire croire que ça pose problème aux femmes cis.)
Aucune plainte n’a été signalée dans les hôpitaux sur la période examinée, et seulement 2 cas ont été relevés dans des installations publiques en 2024, dont un portant sur une politique plutôt que sur un incident avéré. Concernant les refuges, les données indique que l’accueil de femmes trans ne pose pas de problèmes documentés de sécurité. C’est toujours bon de le rappeler.
- En parlant d’espaces non-mixtes, la Haute Cour a refusé à l'association transphobe Sex Matters d'interdire l'accès aux étangs de Hampstead aux femmes trans qui souhaitent y nager.
- Le British Journal of Sports Medicine a publié un examen systématique (en gros c’est une sorte de synthèse scientifique des données probantes et existantes sur un sujet).
Il a analysé des études comparant la composition corporelle et la condition physique de personnes trans et cis. (Ça allait de la masse graisseuse, masse maigre, force du haut du corps, force du bas du corps, aux taux maximal de consommation d'oxygène par l'organisme pendant l'exercice.)
Les chercheur·euses ont constaté que les femmes trans présentaient en moyenne une masse maigre plus élevée que les femmes cis, mais qu’aucune différence claire ou statistiquement significative n’apparaissait dans les mesures fonctionnelles de performance (donc liée à la force, l’endurance, etc.). Les résultats montrent des chevauchements importants entre les différents groupes et soulignent que la masse musculaire seule ne prédit pas d’une performance sportive réelle. (Ça, on le savait déjà .)
Les auteurices insistent sur les limites des données existantes (qui sont souvent issues d’études petites et hétérogènes) et appellent à davantage de recherches centrées sur la performance, afin d’éclairer les politiques sportives sur des bases scientifiques plutôt que sur des hypothèses anatomiques. Ce qui va de pair avec les demandes des personnes et athlètes trans puisque ça éviterai de se retrouver exclu·e de compétitions sportives alors qu’il n’y a pas lieu.
- L’essai clinique du NHS sur l’utilisation de bloqueurs de puberté chez les ado trans a été suspendu indéfiniment après que l’agence britannique du médicament a exigé des garanties de sécurité supplémentaires.
Pour rappel, l’étude devait mobiliser des jeunes de moins de 16 ans afin d’évaluer les effets à long terme de ces traitements, notamment sur la densité osseuse, la fertilité et le développement neurologique pour ensuite autoriser ou interdire l’accès à ces bloqueurs.
Les régulateurs ont demandé une révision du protocole, y compris l’âge minimum des participant·es, repoussant ainsi le lancement de l’essai sans calendrier clair.
- Un rapport du Good Law Project affirme que le gouvernement du Royaume-Uni aurait minimisé ou dissimulé une forte hausse des suicides chez les jeunes trans. En s’appuyant sur des données obtenues via une demande d’accès à l’information auprès du NHS, 46 enfants trans seraient mort·es par suicide entre 2019 et 2025, avec un pic notable de 22 décès en 2021/2022, soit environ 5 fois plus que les années précédentes, après les restrictions d’accès aux soins d’affirmation de genre.
Ces chiffres contrastent fortement avec le rapport officiel Appleby, qui n’avait compté qu’un nombre limité de cas en se concentrant uniquement sur les patient·es suivi·es par la clinique Tavistock, excluant ainsi de nombreux jeunes bloqué·es sur des listes d’attente.
L’organisation accuse le ministère de la Santé d’avoir diffusé des informations biaisées et d’avoir cherché à freiner la publication des « vraies » données.
- Selon le rapport Trans Lives 2025 de TransActual, fondé sur une enquête menée auprès de plus de 4 000 personnes trans au Royaume-Uni, 99 % des répondant·es affirment que leur santé mentale a été affectée négativement par la transphobie dans les médias britanniques. 84 % disent avoir subi des actes transphobes au cours de l’année écoulée, notamment en ligne, dans la famille ou dans les transports publics. L’étude souligne également d’importantes difficultés en matière de reconnaissance légale du genre. Seule 1 personne sur 10 possède un Gender Recognition Certificate et à peine 13 % ont pu modifier leur identité sans problème.
Des discriminations fréquentes dans le système de santé, en particulier pour les personnes trans intersexes, ont également été mentionnées. Par exemple, 64 % ont déclaré avoir évité de consulter leur médecin généraliste, même lorsqu'elles étaient malades. Et 44 % des personnes trans handicapées interrogées ont déclaré éviter les urgences, même lorsqu'elles avaient besoin de soins médicaux urgents.
- La Cour constitutionnelle autrichienne a rendu mi-décembre une décision indiquant qu’une personne non-binaire a le droit de faire supprimer sa mention de genre sur son état-civil. La Cour a jugé discriminatoire la pratique des autorités qui réservait jusque-là cette possibilité aux seules personnes intersexes.
Pour rendre cette décision, la Cour s’est appuyée sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’Homme relative au droit à la vie privée des personnes trans. Notamment que toute personne doit pouvoir accéder à une inscription de genre exacte ou neutre, indépendamment de ses caractéristiques sexuelles.
Elle rappelle toutefois que seules les identités de genre dites « sérieuses » peuvent être reconnues juridiquement et que des avis d’expert·es peuvent être sollicités.
- Le parlement portugais a voté pour défaire la loi de 2018 sur l'auto-détermination du genre.
Cette nouvelle loi réinstaurerait une identité légale et juridique étayée par une expertise clinique – c’est-à -dire qu’un changement de prénom et de mention du sexe serait soumis obligatoirement à approbation médicale avant de pouvoir être validé –, en plus d’émettre une interdiction totale quant aux bloqueurs de puberté et aux traitements hormonaux pour les personnes trans de moins de 18 ans.
En gros : plus aucune possibilité de transitionner médicalement et administrativement pour les mineur·es. Ce serait complètement verrouillé (sous couvert je cite de « protection des enfants »), même lorsqu’il y a accord parental. Et gatekeeping médical et psy pour les adultes. Les textes supprimeraient en plus les protections accordées aux personnes dont le genre n'est pas mentionné sur leurs documents d'identité, notamment les jeunes, les personnes migrantes et les personnes non-binaires, et aboliraient les mesures d'inclusion et de non-discrimination dans les écoles. Ils retireraient également la protection des enfants intersexes contre les interventions non-consenties et médicalement non-nécessaires, interdites depuis 2018.
Dans l’immédiat, l’ancienne loi de 2018 reste toujours valable. Ce vote du parlement, au moment où j’enregistre, doit encore passer par des phases d’auditions de commissions spécialisées avant un vote final. Si cette loi devait passer, on estime sa mise en place entre courant mi-2026 et fin 2026.
- Le Kirghizstan a soumis un projet de loi modifiant plusieurs textes du Code de la famille, de la loi sur l’état-civil et de la loi sur la santé publique du pays. Les amendements de cette PPL imposeraient une définition strictement binaire du sexe fondée uniquement sur les caractéristiques biologiques enregistrées à la naissance. Il y aurait également une interdiction de tout changement de mention de genre à l’état-civil, une limitation des interventions médicales aux seules je cite « anomalies congénitales » (coucou la pathologisation des personnes intersexes), une prohibition du soutien parental aux mineur·es ne se conformant pas à leur « sexe biologique » et une restriction du mariage et d’une filiation à une conception exclusivement hétérosexuelle.
L’adoption de ce projet de loi se ferait potentiellement dès avril 2026. Le TGEU appelle l’Union européenne, l’ONU et les organisations internationales à faire pression pour le retrait du texte, en soulignant qu’il contreviendrait aux obligations internationales du pays en matière de droits humains, notamment en matière de non-discrimination, de vie privée, de santé et d’intérêt supérieur de l’enfant.
- Le gouvernement indien a présenté en mars un projet de loi visant à modifier la loi de 2019 sur les droits des personnes trans. Il vise à remanier la définition légale et juridique de la transidentité pour exclure explicitement les identités fondées sur l'auto-détermination. Les catégories « hommes trans », « femmes trans » et « personnes non-binaires » sont exclu·es des textes, y compris s’il y a eu une transition médicale !
La nouvelle définition proposée se concentre sur des critères biologiques, médicaux ou socio-culturels spécifiques comme pour les personnes hijra ou intersexes par exemple, à condition toutefois que cela n’inclue pas les personnes ayant des orientations sexuelles dites « différentes ».
Il y aura nécessité d’obtenir l’aval (et donc par extension subir un examen et une évaluation) des autorités administratives et médicales pour obtenir une reconnaissance officielle (un certificat hein disons-le) du statut de personne trans. Statut qui peut vous être refusé. (Sachant qu’ici, personne trans = troisième genre hein. Les hijras ne sont pas reconnues comme femmes. On est vraiment sur une catégorisation de troisième genre, sans pour autant que cela s’apparente à de la non-binarité. Et il y a l’air d’avoir en plus une non-distinction entre personnes intersexes et catégories de troisième genre type hijras, kinnars et compagnie.)
Le gouvernement justifie cette réforme par la nécessité de mieux cibler et clarifier les bénéficiaires des protections légales disponibles. Il est question, je traduis, de « protéger uniquement les personnes qui font face à une grave exclusion sociale pour des raisons biologiques, sans qu’elles n’y soient pour rien et sans qu’elles aient d’autre choix ».
Certaines parties de la loi sont rédigées de manière tellement vagues qu’il y a un risque de les interpréter comme pouvant criminaliser le fait d’« influencer » une personne à se présenter comme trans ou à bénéficier d’une intervention chirurgicale. Donc là , c’est un peu la porte ouverte pour venir taper sur des pro de santé privé·es, des groupes de soutien trans, une famille soutenante, etc.
La seule (petite) note positive de cette loi, c’est que le texte modifié introduit une nouvelle section sur les infractions pénales pour protéger les personnes trans (en tout cas, celles qui rentrent dans leur définition plus que tronquée…). Le fait de refuser l'accès aux espaces publics aux personnes trans, le fait de contraindre les personnes trans à effectuer du travail forcé, ou de les forcer à quitter leur domicile ou leur lieu de résidence, sont des éléments cités par exemple.
M’enfin bon, ce n’est pas une loi positive ! Cela fait régresser le pays. Et malgré les différentes contestations (provenant, entre autre, de près de 1 300 médecins et d’une centaines d’avocat·es) et manifestations qui ont eu lieu dans le pays pour protester contre cette loi, le président indien Droupadi Murmu a finalement donné son assentiment quant à cette PPL, le jour du Trans Day of Visbility.
- Une étude menée au Québec a suivi pendant 1 an des ado trans et non-binaires ainsi que leurs familles afin de mieux comprendre leur vécu en lien avec les soins d’affirmation de genre.
Cette dernière montre que la puberté est souvent une source majeure d’anxiété et de dysphorie, et que les bloqueurs ou les hormones agissent souvent comme des outils de réduction de cette souffrance, en apportant de l’apaisement, un sentiment de contrôle et parfois une euphorie liée à de la reconnaissance sociale.
L’amélioration du bien-être s’étend souvent aux relations sociales et familiales, renforçant la confiance et l’inclusion de l’ado, même si des difficultés persistent, comme la peur du rejet ou certaines formes de dysphorie sociale (peur d’être outé·e ou inconfort dans certains contextes par exemple).
Enfin, l’étude souligne la diversité des trajectoires, notamment avec des jeunes ne recourant pas aux soins médicaux, mais évoluant positivement dans des environnements soutenants. Elle conclut que les soins peuvent être déterminants pour beaucoup de jeunes, mais qu’ils ne constituent pour autant ni une obligation ni l’unique chemin vers un mieux-être. Cela dépendant aussi fortement du contexte social et de la pluralité des expériences.
- Info rapide : On a pu voir pour la première fois de l’histoire des jeux olympiques d’hiver un athlète transmasculin concourir. C’était dans la catégorie ski freestyle, avec l’athlète suédois Elis Lundholm. La Fédération internationale de ski et de snowboard exigeant actuellement que les athlètes trans participent aux compétitions correspondant à leur « sexe assigné », il a du participer dans la ligue féminine. Des cas de mégenrage de la part de commentateurs sportifs ont été recensé à son encontre lors de sa run.
- Le CIO (le Comité International Olympique et Paralympique) a annoncé officiellement interdire aux athlètes transféminines de participer aux compétitions féminines lors des Jeux Olympiques de 2028 qui se dérouleront à Los Angeles.
Voilà , bon officieusement c’est le cas depuis juillet 2025. Date à laquelle le comité a changé ses règles en loucedé. Sachant qu’en plus en août 2025, les services d’immigration américains avaient annoncé une politique interdisant l’entrée aux États-Unis aux sportives trans étrangères. Donc dans tous les cas, ça aurait bloqué à cause de ça.
Fait nouveau cela dit avec cette annonce, c’est qu’il y aura la mise en place de tests chromosomiques visant à chercher le gène SRY (qui est présent sur le chromosome Y et qui donc, sur le papier, est sensé dire si une personne est une femme ou non).
Sauf que de 1) c’est un truc qui a déjà été mis en place pour le JO entre 1968 et 1996 avant d’être retiré en 1999. La raison étant que la communauté scientifique contestait leur pertinence, les considérant comme trop chers, peu fiables et néfastes pour les sportives.
De 2) ça va revenir à taper sur les athlètes cis intersexes (qui ne sauront pas forcément qu’elles le sont d’ailleurs). On a vu ce que ça donné avec Imane Khelif qui s’en est prise plein la gueule…
Et de 3) il n’y a pas d’athlètes transfem’ qui a prévu de participer aux JO en 2028 au moment où j’enregistre.
(Et pour vous donner un ordre d’idée de participation aux JO par des athlètes transfem’ out : il n’y a que l'haltérophile Laurel Hubbard qui a concouru aux Jeux de Tokyo en 2021 et la coureuse italienne Valentina Petrillo qui a concouru aux Jeux Paralympiques de 2024 à Paris. Et toutes 2 n’ont pas décroché de médaille. 2 athlètes transfem’ out depuis 1896, date des premiers Jeux Olympiques modernes. Ça ne fait pas beaucoup ! Ce n’est pas comme s’il y avait une pléthore de victoire et de médailles pour elles en plus. C’est vraiment dépenser de l’énergie et des ressources pour rien, si ce n’est humilier et déshumaniser une partie opprimée de la population.)
- Avec 340 voix pour, 141 contre et 68 abstentions, le Parlement européen a adopté une résolution non contraignante appelant à la « pleine reconnaissance des femmes trans comme femmes » dans les politiques d’égalité de genre de l’UE. Ce texte fixe la position que l’Union défendra lors de la 70ᵉ session de la Commission de la condition de la femme de l’ONU et insiste sur l’importance d’inclure les femmes trans dans les politiques de lutte contre les violences et d’accès aux services de protection.
Soutenue par une majorité transpartisane mais, sans surprise, contestée par les groupes conservateurs et d’extrême droite, la résolution constitue un signal politique fort, destiné à orienter l’action européenne et à renforcer la légitimité des initiatives en faveur de l’inclusion des personnes trans dans les politiques publiques d’égalité.
- La Cour de justice de l'Union Européenne (qui est la plus haute juridiction européenne) a statué que les États membres doivent délivrer des documents d’identité conformes à l’identité de genre d’une personne lorsqu’elle a déjà été reconnue légalement dans un autre pays de l’UE, afin de garantir la libre circulation.
Cette décision, issue d’une affaire impliquant la Bulgarie, n’harmonise pas les lois nationales (qui diffèrent grandement d’un pays à l’autre) mais impose tout de même une reconnaissance transfrontalière pour éviter des situations juridiques contradictoires.
On termine avec les États-Unis. Côté juridiction, procès, lois, votes et compagnie, nous avons :
- Les républicains de l’Utah qui ont adopté plusieurs projets de loi restreignant l’accès aux soins d’affirmation de genre pour les mineur·es trans, notamment une interdiction de l’hormonothérapie avant 18 ans et des limitations sur la couverture par les assurances publiques. Et ce, malgré une étude commandée par l’État lui-même qui analysait plus de 230 études et qui concluait que ces soins améliorent la santé mentale et réduisent le risque suicidaire chez les jeunes trans.
- Le procureur général du Texas, Ken Paxton, a publié une nouvelle interprétation de la loi de l’État selon laquelle les thérapeutes, psychologues, conseiller·es ou travailleur·euses sociaux qui reconnaissent ou soutiennent l’identité de genre des mineur·es trans contribueraient à un traitement désormais considéré comme illégal. Ces professionnel·les pourraient même être poursuivi·es pour maltraitance envers des enfants, perdre leur licence et être exclu·es des financements publics comme Medicaid. La nouvelle interprétation indique également que ces professionnel·les sont tenu·es de signaler collègues ou parents qui seraient soutenants.
- Le Bureau des véhicules motorisés de l’Indiana a discrètement interdit aux personnes trans de modifier la mention de genre sur leurs pièces d’identité, en refusant désormais les décisions de justice et certificats médicaux reconnaissant un changement de genre. L’entrée en vigueur de l’interdiction s’est faite de manière quasi immédiate.
Cette mesure, déjà proposée puis retirée à 2 reprises face à une forte opposition publique, a été adoptée sans annonce officielle.
- En parlant de permis de conduire : des personnes trans du Kansas ont reçu des lettres de la Division des véhicules leur ordonnant de rendre immédiatement leur permis de conduire si la mention du sexe ne correspond pas à leur sexe assigné à la naissance.
Les lettres se basent sur la loi SB 244 adoptée et entrée en vigueur dès sa publication au registre officiel, en dépit du veto de la gouverneure Laura Kelly. En plus d’invalider avec effet immédiat les permis existants pour les concerné·es, elle expose les personnes qui continueraient à conduire avec ces permis à des poursuites pour délit passible de 6 mois de prison et 1 000 dollars d’amende, avec suspension automatique du permis en cas de condamnation.
Et – parce que ce n’est pas fini ! –, considérant le fait ces permis ne sont plus valables, et bien cette loi SB 244 retire, de fait, le droit de vote aux personnes concernées puisque le Kansas a une politique stricte sur l’identification des votant·es. L’état exige que les électeurices présentent une pièce d'identité avec photo, délivrée par l'État et en cours de validité, pour pouvoir voter. Et, admettons qu’une personne obtienne de nouveaux papiers avec leur genre assigné d’ici aux prochaines élections, si transition médicale il y a eu, les personnes en charge de recueillir le vote pourront malgré tout emmerder les personnes trans.
Le texte interdit également l’usage des toilettes publiques correspondant à l’identité de genre et instaure un mécanisme permettant à des citoyens de poursuivre des personnes trans.
L’ACLU a indiqué intenter un procès à ce sujet, tout comme au moins 2 hommes trans.
- L’Idaho a adopté le jour du Trans Day of Visibility un projet de loi très controversé interdisant aux personnes trans d’utiliser des toilettes publiques et vestiaires ne correspondant pas à leur sexe assigné à la naissance. En soi, malheureusement, ce n’est pas la première fois que ça arrive. Par contre ce qu’il change ici, c’est qu’il y a une criminalisation des personnes trans avec des sanctions pouvant aller jusqu’à 1 an de prison pour une première infraction et 5 ans en cas de récidive. (Sachant qu’au bout de 4 infractions de ce type, cela déclenche une loi propre à l'Idaho sur les « récidivistes », qui peut entraîner une peine de prison à vie. Tout ça pour une histoire de pipi…)
Le texte s’applique aux lieux privés ouverts au public, ne prévoit pas de possibilité d’éviter des poursuites en quittant les lieux et pourrait même tenir compte d’infractions commises dans d’autres États pour aggraver les peines.
La loi entrera en vigueur dès le 1er juillet prochain, faisant basculer l’état dans la catégorie « Do Not Travel » (« Ne pas visiter ») de la « Carte nationale d'évaluation des risques juridiques anti-trans » de la journaliste indépendante Erin Reed.
- La Cour Suprême des États-Unis a rétabli une décision d’un tribunal inférieur autorisant des parents en Californie à exiger que les écoles les informent si leur enfant est trans et à imposer l’usage du prénom et du genre assignés à la naissance. Ce qui pourrait entraîner des signalements forcés et invalider les protections de confidentialité prévues par la loi californienne SAFETY Act.
S’appuyant sur le principe des « droits parentaux » en matière d’éducation et de santé mentale, la majorité du SCOTUS (SCOTUS étant la Cours Suprême des États-Unis) estime que les parents ne doivent pas être exclu·es des décisions concernant leurs enfants, tandis que les juges dissidents dénoncent une contradiction avec d’autres affaires récentes.
- Toujours provenant de la Cour Suprême : Cette dernière a rejeté (là aussi le jour du Trans Day of Visibility), par un vote de 8 contre 1, la proposition du Colorado d'interdire les thérapies de conversion pour les mineur·es. La raison évoquée étant que cela constituerait une violation probable du droit à la liberté d'expression en vertu du Premier Amendement… Ça se passe de commentaire…
- La U.S. Equal Employment Opportunity Commission (l’EEOC) a voté, par 2 voix contre 1, l’annulation partielle de sa décision de 2015 dans une affaire qui reconnaissait comme discriminatoire le fait de refuser d’autoriser aux employé·es fédéraux trans d’utiliser les toilettes correspondant à leur identité de genre au titre du Title VII. Désormais, l’EEOC estime que les agences fédérales peuvent maintenir des installations séparées selon le sexe biologique à la naissance sans violer automatiquement la loi. Cette décision ne concerne formellement que le secteur public fédéral mais pourrait influencer l’interprétation future des protections au niveau national.
- L’administration Trump a adopté une nouvelle règle obligeant les demandeurs et demandeuses de visa et du Diversity Visa Program (qui en gros est une sorte de loterie pour obtenir un visa – vraiment il y a qu’aux USA qu’on peut voir un truc pareil…) Bref, ça les obligerait à déclarer leur sexe biologique à la naissance, même s’il diffère de leurs documents officiels, ce qui pourrait entraîner par la suite des accusations de fraude et la révocation de leur visa.
Cette politique, mise en œuvre par le Department of State, pourrait exposer les personnes trans à des contrôles, des détentions, des expulsions, voire à des procédures de dénaturalisation. Elle donnerait aussi davantage de marge de manœuvre à l’ICE (l’Immigration and Customs Enforcement) pour cibler et contrôler les individu·es soupçonné·es d’être trans – puisque automatiquement ça ressortirait avec cette nouvelle politique ! – , en les considérant potentiellement comme étant en situation irrégulière.
- Un accord conclu en début d’année prévoit que le Department of Justice abandonne une grande partie de ses demandes visant les quelques 3 000 dossiers médicaux de mineur·es trans soigné·es au Children’s Hospital de Los Angeles. L’accord survient après des poursuites intentées par des patient·es et leurs familles pour atteinte à la vie privée.
L’hôpital devra transmettre certains documents, mais toutes les informations permettant d’identifier les patient·es et leurs proches devront être supprimées, ce qui constitue un soulagement pour les familles inquiètes quant à la collecte de données sensibles. Toutefois, l’enquête fédérale n’est pas entièrement close, puisque des éléments non médicaux (comme des communications ou données administratives par exemple) pourraient encore être remis. De plus, l’avenir du programme spécialisé pour jeunes trans de l’hôpital reste incertain.
Côté sports :
- La Cour suprême a tenu des plaidoiries orales dans les 2 affaires majeures « West Virginia v. B.P.J ». et « Little v. Hecox », portant sur des lois d’États interdisant la participation aux sports scolaires aux personnes trans (en particulier aux filles et femmes trans). Les débats ont porté sur la légalité des équipes non-mixtes et si les filles trans peuvent être traitées comme les filles cis dans un cadre sportif scolaire.
Des organisations comme l’ACLU et Lambda Legal étaient présentes et y ont contesté les interdictions actuellement en place, estimant qu’elles violent l’égalité constitutionnelle et, dans certains cas, le Title IX contre les discriminations sexuelles.
La décision de ces 2 affaires, qui disons-le, pourrait redéfinir les droits des personnes trans dans le sport, est attendue au printemps ou à l’été 2026 (probablement courant juin).
- La fédération USA Hockey a adopté une nouvelle politique qui interdit aux athlètes trans de participer aux ligues non-mixtes selon leur identité de genre, les obligeant donc à jouer uniquement selon leur sexe assigné à la naissance à partir du 1er avril 2026. La mesure exclut les femmes trans des compétitions féminines et interdit aussi aux hommes trans sous traitement hormonal de jouer dans des équipes et ligues féminines.
- USA Rugby a adopté également une nouvelle politique interdisant aux femmes trans de concourir dans la division féminine. Elle a créé à la place une division dite « open » qui se veut ouverte à toustes les athlètes, quel que soit leur sexe assigné à la naissance ou leur taux hormonaux. A noter que la fédération autorise les athlètes enregistrés comme hommes (y compris hommes trans qui n’ont aucune restriction d’accès) à jouer en division masculine.
La politique est entrée en vigueur le 20 février dernier.
Dans le reste de l’actu USA :
- Malgré une directive de la procureure générale de l’État de New York, Letitia James, rappelant l’obligation des hôpitaux de respecter les lois anti-discrimination locales, les hôpitaux Mount Sinai Hospital et NYU Langone Health de New York ont annoncé qu’ils mettaient fin à leurs programmes de santé pour les jeunes trans de moins de 19 ans. Le second invoquant « l’environnement réglementaire actuel » et le départ de son directeur médical.
Letitia James a ordonné de reprendre les soins sous peine de poursuites judiciaires, mais pour le moment rien n’a été entrepris dans ce sens. On se retrouve donc avec de nombreuses familles sans solution immédiate pour poursuivre des traitements comme les bloqueurs de puberté ou l’hormonothérapie.
- Dans la même veine, le Vanderbilt Medical Center de Nashville dans l’état du Tennessee ne pratiquera plus d'interventions de chirurgie d'affirmation de genre chez les adultes, en raison de « contraintes opérationnelles ». Les services non chirurgicaux, notamment ceux concernant l'hormonothérapie, resteront disponibles pour les patient·es de 19 ans et plus.
- Des spécialistes du génocide alertent sur la situation des personnes trans dans le pays, estimant que certaines politiques et discours publics anti-trans (par exemple : restrictions sur les soins de transition, marche arrière sur la reconnaissance légale du genre, l’accès aux toilettes, etc.) pourraient correspondre aux premières phases d’un processus de génocide. Il y a une contribution à une stigmatisation dite systémique qui dépasse la simple discrimination et qui match avec un « stade précoce à moyen » de génocide pour les personnes trans, non-binaires et intersexes aux États-Unis.
Si l’usage du terme « génocide » reste débattu chez certaines personnes, les experts et expertes sonnent l’alarme, et présentent leur alerte comme un appel à la vigilance et à une mobilisation accrue pour protéger les différentes communautés trans sur ce territoire.
- Cas inédit aux États-Unis : Un jury de l’état de New York a accordé 2 millions de dollars à une personne ayant dé-transitionné. Le verdict est en lien avec une mastectomie dont à bénéficié la personne lorsqu’elle avait à 16 ans, dans le cadre de sa transition.
Les juré·es ont estimé que les praticiens (ici un psy et un chirurgien) n’avaient pas respecté les standards de soins en matière d’évaluation psychologique, de consentement éclairé et de coordination médicale, ce qui constituait une faute médicale.
Alors, techniquement le débat de ce procès portait sur le fait de savoir si les praticiens ont respecté les normes de soins avant de pratiquer une intervention chirurgicale irréversible sur un patient de 16 ans. Il n’y a pas eu de remise en cause sur la légitimité des soins d’affirmation de genre en général. Mais vous vous doutez bien que présenté comme tel – et dans le contexte politique actuel –, le verdict pourrait accroître une certaine vigilance juridique autour des procédures, en particulier pour les mineur·es, en incitant les professionnel·les de santé à renforcer une documentation, les évaluations pluridisciplinaires et les pratiques de consentement, sur l’accès aux soins pour les personnes trans.
- Plusieurs études sont sorties ces derniers mois. Bon, je ne vais pas tout traiter parce qu’on a des redites de sujet qui reviennent souvent et dont j’ai déjà parlé par le passé (j’pense au taux de suicide par exemple) ou bien sur des sujets pas méga pertinents (ou tout cas pas pour cette émission). Genre les hommes trans sont exposés à un risque accru d'acné après le début d'un traitement à base de testo. Même niveau de découverte que l’eau ça mouille, j’ai envie de dire hein !
Par contre, il y en a eu a une menée sur 178 ado et jeunes adultes trans ayant commencé la testo qui est intéressante. Elle examine l’évolution de la colère, de l’irritabilité et de l’agressivité lorsqu’on est hormoné. Les résultats n'ont révélé aucune augmentation significative sur ces 3 indicateurs au cours des 12 mois suivant le début du THS masculinisant. La plupart des participants sont restés dans les fourchettes normatives, voire même sont passés de niveaux élevés de colère à des valeurs normatives au fil du temps.
L’étude conclut que l’initiation à la testostérone n’est pas associée à une hausse de l’agressivité contrairement à ce qu’on peut entendre parfois dans certains discours…
Et pour terminer, une info légère et positive. Parce que ça fait du bien !
- La communauté du jeu de cartes Magic: The Gathering s’est mobilisée pour soutenir les personnes trans en récoltant plus de 450 000 dollars en moins de 48 heures lors d’une collecte organisée par la chaîne YouTube Tolarian Community College. Le montant sera reversé à Trans Lifeline, une ligne d’écoute et d’entraide par des pairs pour les personnes trans en situation de détresse.
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🔻 Description 🔻Premier épisode 2026 de T-News, la série de pastilles news qui traitent des infos, des nouvelles et/ou des événements liées a
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