Le monde avance mais pas moi.
Perdu dans lâimmensitĂ© du monde, je stagne. Jâavance mais je stagne. Quand tout le monde tourne, quand tout le monde danse, se retrouve souris et ris, je stagne.
Oui, jâĂ©goĂŻse le monde Ă travers mes pensĂ©es, mon prisme dâĂ©gocentricitĂ©. Mais si seulement vous pouviez voir le monde Ă travers mes yeux... Alors comment avancer quand le piano martĂšle mes pensĂ©es ? Il joue de plus en plus fort et jâoublie que câest moi la pianiste. Câest comme un cris qui sort de mes doigts. Comment communiquer avec un outil qui nâest pas ma bouche, qui ne sont pas de mots, qui ne sont pas des lettres ?
On ne communique pas.
La solitude comme fil rouge de nos vies, comme un cadeau pour tout ĂȘtre humain. 7 milliards sur terre et on philosophe sur notre bout de chemin. Câest comme une fuite en avant, un problĂšme de communication vĂ©cu par tous. Câest Ă ce niveau lĂ que survient la dĂ©ception. Comme conclusion logique de toute relation ? Non. Comme un fil dâĂ©goĂŻsme qui dicte ma conduite. DâĂ©ternels enfants que personnes ne peut comprendre. La profondeur de ce que peut vivre quelquâun est si Ă©norme que personne ne peut la comprendre.
Comme un gouffre sans fond câest le chemin que creuse le piano au fond de mon vendre. Il creuse jusquâĂ toucher le fond. Câest mon individualitĂ© qui dĂ©chire lâautre. Je voudrais avancer au mĂȘme rythme, implanter mon narcissisme au fond de toute chose...
Câest de lâingratitude gratuite.
Alors pourquoi je reste toujours au mĂȘme point. Pourquoi il y a toujours un moment oĂč on se retrouver seul.e, trahi.e et meurtri.e.
Je donne de moi, je donne mon narcissisme, je le prĂȘte, je le montre. Je le polis avec les gens que jâaime avant quâil ne le juge et le jette Ă la poubelle. Parce que le leur est bien au chaud sous leur manteau. On est dans le politiquement correct.
Jâai besoin de crier Ă la face du monde, de dĂ©truire les constructions inĂ©branlables, les faux semblants et les mensonges.
Je suis peut ĂȘtre une bonne poire mais je prĂ©fĂšre ĂȘtre une bonne poire quâune connasse ? Est ce que ce nâest pas sensĂ© ĂȘtre ma devise ?
Vivement le retour des beaux jours.
















