Action du collectif Résistance à l'Agression Publicitaire - Lille Métropole à l'occasion de la Journée Mondiale contre la Pub du 25 Mars!
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Alors que nous discutions de liberté et de justice, auxquelles tous auraient droit un jour, nous avons pris place à table pour manger du steak. Ce que je mange, c'est de la détresse, ai-je songé en prenant la premiÚre bouchée. Et je l'ai recrachée.
Alice Walker
Aux derniÚres nouvelles, les animaux d'élevage trouveraient leur épanouissement dans l'exploitation et la mort. Le discours dominant ne recule devant rien quand il s'agit de légitimer les rapports de pouvoir.
➠Comment décrire ce que vivent les animaux non-humains? On compare souvent leur situation à de l'esclavage, mais cette analogie ne nous apprend rien sur ce qui fait de l'oppression spéciste une oppression spécifique; on a ici affaire à autre chose. Le spécisme est à penser comme un systÚme à part entiÚre, distinct des autres rapports d'oppression et irréductible aux "abus capitalistes".
Ce que l'on peut observer, c'est que le rapport d'appropriation est particuliĂšrement fort dans le cas du spĂ©cisme. Probablement aucun autre groupe opprimĂ© n'est traitĂ© Ă ce point comme un corps dĂ©pourvu de toute subjectivitĂ©. Ou si c'est le cas, on dit que les individus concernĂ©s sont traitĂ©s "comme des animaux"... ce qui en dit long. Les animaux d'Ă©levage sont fabriquĂ©s en sĂ©rie comme des corps-machines Ă produire de la nourriture. Ils deviennent de la "chair sur pattes" modulĂ©e au fil de l'Ă©volution et du maintien des rapports de pouvoir, optimisĂ©e pour satisfaire les besoins de la classe dominante. Nous faisons des animaux d'Ă©levage des "moins que rien", littĂ©ralement. Ils n'acquiĂšrent de la valeur qu'une fois morts et dĂ©bitĂ©s. Afin de remplir gentiment le rĂŽle que nous leur avons choisi, ils doivent mourir. Viande avant d'ĂȘtre individus. "Faits pour ça".
Tellement faits pour ça que lorsqu'on parle d'abolition de l'Ă©levage, beaucoup de personnes sont affolĂ©es: "maismaismais qu'est-ce qu'on va faire des animaux d'Ă©levage si on arrĂȘte de les manger?", comme s'il Ă©tait invraisemblable que l'individu derriĂšre la viande puisse avoir une vie Ă lui, puisse faire l'expĂ©rience d'une existence qui n'implique pas d'ĂȘtre utile pour autrui.
âž Les corps des animaux font ainsi l'objet d'enjeux politiques considĂ©rables. Afin d'assurer la cohĂ©rence et la cohĂ©sion interne du spĂ©cisme, ils doivent ĂȘtre "animalisĂ©s": pas de tĂȘte, tous pareils, en morceaux anonymes, surtout pas de signes d'individualitĂ©. La viande est un PRODUIT, pas un individu. L'individu mort que l'on coupe, emballe et place dans un rayon de magasin ne peut d'ailleurs qu'ĂȘtre un produit. Ăa ferait tĂąche sinon. Faudrait quand mĂȘme pas rappeler que les animaux sont des humains comme les autres: sujets d'une vie qui recherchent le plaisir et tentent d'Ă©viter les souffrances.
Et une fois rendus purs objets, c'est simple, on peut leur faire dire tout ce qu'on veut. Y compris qu'ils sont heureux.
âž Au delĂ de la naturalisation de ce qu'ils subissent ("ils sont faits pour ça", "c'est un contrat avec l'Ă©leveur", "ils sont naturellement infĂ©rieurs"...) sâĂ©lĂšvent pourtant des voix de contestation, des discours dissidents qui font du travail politique de documentation, d'analyse, d'information, de rĂ©vĂ©lation.
La tùche n'est pas simple tant les rapports de pouvoir sont écrasants, l'oppression matérielle solidement ancrée (complicité politique, juridique, économique, patriarcale), les discours spécistes déguisés en neutralité et rendus sens commun.
Mais nous leur devons bien plus qu'un mensonge Ă la craie; il nous faut travailler Ă l'abolition des rapports de pouvoir qui les construisent en tant que dominĂ©s. Notre lutte a pour but de rendre rĂ©voltant ce qui jusque lĂ Ă©tait "naturel". Ăa prend des lectures, des arguments, des actions directes, de la stratĂ©gie. Parlons-en, rassemblons-nous! Trouvez-vous un-e partenaire de lutte et mettez en place de nouvelles dynamiques de changement! :)
➠Pour celles et ceux qui se demandent à quoi ressemblent des individus affranchis des rapports de pouvoir spécistes (autant que faire se peut dans un monde globalement spéciste). L'adjectif "heureux" fait déjà plus de sens, non?
➠Au sujet des rapports d'appropriation et du discours naturaliste qu'ils produisent: voir cet article. Les écrits de la sociologue féministe Colette Guillaumin sont incontournables à ce sujet (vous pouvez en trouver certains en ligne, par exemple là et là ).
Le carnosexisme, vous connaissez ? La publicitĂ© associe rĂ©guliĂšrement corps fĂ©minin et produits carnĂ©s. Parce que femmes et animaux sont considĂ©rĂ©s comme des objets, des moyens plutĂŽt que des fins en soi, leur statut infĂ©rieur est banalisĂ©, perçu comme lĂ©gitime. Nous pouvons ainsi dire que la domination des femmes et celle des non-humains procĂšdent de mĂ©canismes similaires, entretenus par le systĂšme patriarcal ; quels en sont les principaux aspects ? âș RĂ©ification/DĂ©sindividualisation Les autres animaux, tout comme les femmes, sont reprĂ©sentĂ©s comme des objets de dĂ©sir et de plaisir (gustatif pour les animaux, sexuel pour les femmes). L'individu n'existe alors qu'Ă travers sa capacitĂ© Ă satisfaire le dĂ©sir d'autrui. Son statut d'objet le rend passif : aucun intĂ©rĂȘt propre ne lui est reconnu. Les animaux sont ainsi rĂ©duits Ă leur matĂ©rialitĂ© : ce ne sont pas des sujets mais des objets, des morceaux de chair, de "viande", que l'on peut consommer. Les vaches et les poules, quant Ă elles, sont littĂ©ralement reprĂ©sentĂ©es comme des usines Ă lait et Ćufs. Renvoyer un individu Ă une fonction c'est Ă©galement le considĂ©rer comme interchangeable : nous percevons les autres animaux comme de simples exemplaires de leur espĂšce, des ĂȘtres immergĂ©s dans la nature, sans spĂ©cificitĂ© propre. âș Appropriation Dans une sociĂ©tĂ© patriarcale et spĂ©ciste, femmes et animaux non humains ne s'appartiennent pas eux mĂȘmes mais sont appropriĂ©-es. Tout comme les femmes, mais de maniĂšre plus totale encore, les animaux sont perçus comme des marchandises. Leur appropriation pour nos fins personnelles est totale, incontestable. Ce sont des produits et rien d'autre : nous Ă©talons leurs corps dĂ©coupĂ©s dans des catalogues, nous les vendons, achetons, consommons, les mettons en paquets sur lesquels nous apposons un prix ! Comment leurs intĂ©rĂȘts pourraient-ils ĂȘtre pris en compte avec ce statut d'objet ? âș Essentialisation Ce ne sont pas des femmes qui sont reprĂ©sentĂ©es dans la publicitĂ© mais LA femme en tant que catĂ©gorie naturalisĂ©e, ayant un rĂŽle et une place bien spĂ©cifique, une assignation visant Ă perpĂ©tuer un ordre hiĂ©rarchisĂ©. Qu'est ce que la femme ? Un corps avant tout. C'est Ă dire un objet. Le processus est strictement identique concernant les animaux non humains. Bien que ce soit des individus Ă part entiĂšre, avec des prĂ©fĂ©rences, un caractĂšre propre, une identitĂ© spĂ©cifique, la publicitĂ© les essentialise : nous ne mangeons pas des poulets, mais DU poulet. Pas un poisson en particulier, mais DU poisson, etc. Le processus est trĂšs violent ! Il s'agit de nier l'individu, de l'exclure de la catĂ©gorie des sujets dont l'existence a une importance en soi, indĂ©pendamment des bĂ©nĂ©fices qu'autrui pourrait en tirer. Femmes et animaux non humains sont souvent perçus comme entretenant un lien plus direct avec la "nature". Ce serait des ĂȘtres d'instinct plutĂŽt que de raison... Nous leur reconnaissons moins volontiers qu'aux hommes (humains et mĂąles) un accĂšs Ă la libertĂ© et Ă l'autonomie. Leur subordination, prise en charge, domination trouverait ainsi par lĂ une certaine lĂ©gitimitĂ©. âș Fragmentation La fragmentation du corps a dĂ©jĂ Ă©tĂ© mise en avant par les fĂ©ministes : le corps est divisĂ© et seules les parties "dĂ©sirables", "appropriables" sont mises en valeur. C'est rĂ©current dans les publicitĂ©s : bien souvent le visage est coupĂ©, ou dans l'ombre, tandis que des parties comme la poitrine, la bouche, les cuisses sont mises en Ă©vidence. Cette façon de prĂ©senter les femmes participe de leur rĂ©duction Ă un statut d'objet appropriable et sans volontĂ© propre. Il est significatif que le visage, partie la plus Ă mĂȘme de signifier une individualitĂ© propre, soit relĂ©guĂ© au second plan ou carrĂ©ment ĂŽtĂ© de la reprĂ©sentation... Les animaux subissent le mĂȘme sort : ils sont perpĂ©tuellement rĂ©duits Ă leurs cuisses, cĂŽtes, ou renvoyĂ©s Ă leurs productions (Ćufs, lait). Les visages ou regards des animaux sont encore moins prĂ©sents que ceux des femmes. La consĂ©quence est la dĂ©connexion entre l'individu sensible et sa chair, appelĂ©e "viande". âș Violence banalisĂ©e Il arrive que la publicitĂ© fasse l'apologie de la violence envers les femmes. Par des rĂ©fĂ©rences Ă la culture du viol par exemple, il est parfois suggĂ©rĂ© que les femmes sont lĂ©gitimement soumises au bon vouloir d'autrui, de leur "propriĂ©taire" notamment. La violence envers les animaux est tout aussi prĂ©sente, mais reste encore trop peu remise en question. Pourtant la publicitĂ© exhibe sans cesse leur corps inerte et dĂ©coupĂ©. Aucune rĂ©fĂ©rence n'est faite Ă leurs conditions d'existence misĂ©rables, ou Ă l'abattage. Plus de 65 milliards d'animaux terrestres et des milliers de milliards d'animaux aquatiques sont pourtant abattus chaque annĂ©e par l'espĂšce humaine, et quoiqu'on en dise, il ne s'agit pas d'un accord entre deux parties libres et consentantes ! La façon dont la publicitĂ© normalise la consommation de produits carnĂ©s empĂȘche la remise en question de cette exploitation. ___ Tous ces messages envahissent l'espace public, les mĂ©dias et les discours. Ils influent sur la maniĂšre dont nous percevons les femmes, les animaux, les catĂ©gories opprimĂ©es de maniĂšre gĂ©nĂ©rale. Il y aurait encore beaucoup de choses Ă dire au sujet du carnosexisme : la publicitĂ© exploite sans cesse la dimension virile de la consommation carnĂ©e ; les exemples sont nombreux oĂč la femme est montrĂ©e comme "morceau de viande" ; on pourrait Ă©galement Ă©voquer la condition particuliĂšre des animaux femelles dans les Ă©levages ("insĂ©mination artificielle" des vaches dans l'industrie laitiĂšre par exemple) ou encore le statut historique de propriĂ©tĂ© des femmes et du bĂ©tail, etc. Les parallĂšles sont nombreux et instructifs. Ainsi les fĂ©ministes, dans leur volontĂ© de combattre la domination patriarcale, ne peuvent faire l'impasse sur une remise en question de la violence spĂ©ciste : dans une sociĂ©tĂ© spĂ©ciste, les animaux aussi sont rendus objets ; dans un monde oĂč leurs intĂ©rĂȘts passent systĂ©matiquement au second plan, eux non plus ne peuvent librement disposer de leur corps, de leur temps, de leur vie. Ne pas remettre en question le spĂ©cisme revient Ă contribuer aux mĂȘmes schĂ©mas de violence, d'arbitraire et d'injustice que ceux qui fondent le patriarcat.
Le spĂ©cisme, en tant que systĂšme de pensĂ©e dominant et omniprĂ©sent, reste invisible et impensĂ©. Les rapports que nous entretenons avec les autres animaux, Ă travers les institutions de la pĂȘche, de l'Ă©levage ou encore de la chasse ne sont pas perçus comme des relations sociales oppressives mais plutĂŽt comme des activitĂ©s naturelles, nĂ©cessaires, fixes, Ă©videntes. Cette Ă©vidence qui entoure l'exploitation animale continuera Ă se perpĂ©tuer tant que l'idĂ©ologie spĂ©ciste restera latente et discrĂšte, tant qu'elle Ă©chappera Ă l'analyse et aux critiques. Un enjeu primordial pour espĂ©rer renverser le spĂ©cisme est donc de le rendre visible, de lui donner de la substance, de montrer qu'il s'agit d'un systĂšme de normes, valeurs, croyances et institutions que l'on peut critiquer et contester. De la mĂȘme maniĂšre que les fĂ©ministes ont imposĂ© le terme patriarcat pour permettre rĂ©flexions et analyses sur la rĂ©alitĂ© de l'oppression des femmes, il nous faut parler de spĂ©cisme et diffuser la notion. âș UN MOT Ă CONNAĂTRE - "Le spĂ©cisme et les pratiques spĂ©cistes" fait une prĂ©sentation trĂšs claire et prĂ©cise de la notion - Voir aussi: "Qu'est-ce que le spĂ©cisme?" âș UNE VIOLENCE Ă DĂNONCER Ce qu'on inflige quotidiennement aux autres animaux est horrible, dĂ©passe l'entendement. L'invisibilisation de ces animaux, de leurs intĂ©rĂȘts et des violences qu'ils subissent est la condition du maintien du statu quo de leur exploitation. A l'opposĂ©, rendre publiques ces violences organisĂ©es et institutionnalisĂ©es c'est troubler le bon fonctionnement du spĂ©cisme, en suscitant l'indignation et en provoquant un dĂ©bat public sur la question. Les autres animaux peuvent alors Ă©merger au sein des prĂ©occupations politiques. Il ne sont plus invisibles, inexistants en tant que sujets dignes de considĂ©ration. âș UN SYSTĂME Ă COMBATTRE Le spĂ©cisme est bien installĂ© et ne disparaĂźtra pas tout seul! La loi, les normes sociales, les habitudes, la publicitĂ©... sont autant de mĂ©canismes sociaux visant la reproduction et le renforcement de l'ordre spĂ©ciste. Chaque bouchĂ©e de viande est une rĂ©affirmation de cet ordre. Pour le renverser, pas de solution miracle mais une multitude d'actions qui, ensemble, le dĂ©fient et le fissurent. Refuser de consommer les produits issus de l'exploitation animale, c'est dĂ©jĂ briser le consensus gĂ©nĂ©ral; dĂ©tourner les publicitĂ©s faisant la promotion de la viande, c'est troubler les certitudes concernant la lĂ©gitimitĂ© de celle-ci; faire voter des lois contraignantes pour l'industrie de l'Ă©levage, c'est fragiliser le versant Ă©conomique du spĂ©cisme et c'est introduire l'idĂ©e que ce que vivent les animaux a de l'importance en soi, indĂ©pendamment des bĂ©nĂ©fices que l'on peut retirer de leur exploitation... Ă nous de mettre en place un mouvement crĂ©atif, variĂ© et revendicatif!

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Ce n'est pas une blague, Monoprix nous propose vraiment de cĂ©lĂ©brer la libertĂ© des poulets autour d'un cadavre de poule. Trop, c'est trop. On voudrait nous faire croire que la nourriture est une affaire personnelle, qui relĂšve des prĂ©fĂ©rences de chacun-e, un domaine intouchable... Non! L'alimentation, quand elle se fait sur le dos d'individus sensibles, est une question Ă©minemment politique! Les autres animaux ont trop longtemps Ă©tĂ© exclus de la communautĂ© politique. Il est temps de rectifier cette injustice : humain-es et autres animaux partagent un mĂȘme monde commun, il ne fait aucun sens d'ignorer cette rĂ©alitĂ© et de continuer Ă considĂ©rer que ce sont des objets envers lesquels nous n'avons aucun devoir, que nos dĂ©cisions politiques peuvent faire l'Ă©conomie de leur prise en compte. A nous de nous intĂ©resser Ă leurs besoins, leurs prĂ©fĂ©rences, leurs choix. AmĂ©nageons nos sociĂ©tĂ©s pour que tous les individus sentients y trouvent une place, et que cette place ne se rĂ©sume pas au centre de la table : arrĂȘter de les tuer pour les manger serait un bon dĂ©but! âș "Les droits des animaux sont Ă apprĂ©hender au mĂȘme titre que les droits humains : il sâagit de droits des individus rĂ©els, concrets, dĂ©sirants, et non dâentitĂ©s collectives forcĂ©ment plus ou moins abstraites, plus ou moins fantasmatiques, nâexistant en tout cas pas par elles-mĂȘmes avec leurs intĂ©rĂȘts propres. Câest parce que les humains accordent de lâimportance Ă leur propre vie, et Ă ce quâils peuvent vivre, quâils ont jugĂ© utile de sâarroger des droits qui leur garantissent (relativement, thĂ©oriquement) les meilleures chances de pouvoir sâĂ©panouir. Câest exactement pour les mĂȘmes raisons que nous devons accorder les mĂȘmes droits fondamentaux, Ă vivre, Ă vivre libres et Ă ne pas ĂȘtre torturĂ©s, aux autres ĂȘtres sentients. [...] Il est donc trĂšs important pour la question animale de faire Ă©merger les animaux du conglomĂ©rat âNatureâ, un conglomĂ©rat dĂ©sindividualisant, dĂ©subjectivant et au contraire fonctionnalisant, objectivant, et mettre en avant le fait quâils ont au contraire une vie individuelle, singuliĂšre, et quâils poursuivent leurs propres buts, animĂ©s par des dĂ©sirs personnels â au mĂȘme titre que ânousâ." âș Les chercheur-es en philosophie morale et politique contribuent Ă fissurer le mur idĂ©ologique qui empĂȘche les autres animaux d'ĂȘtre reconnus politiquement. Zooopolis, l'ouvrage dĂ©sormais rĂ©fĂ©rence de Sue Donaldson et Will Kymlicka, en est un bel exemple et vient d'ĂȘtre traduit en français. Retrouvez une introduction Ă cet ouvrage sur le site des Cahiers antispĂ©cistes.
L'inexistence des autres animaux en tant que sujets est corollaire au fait que ces derniers sont perçus, et utilisés concrÚtement comme des marchandises.
Cette utilisation, qui correspond à l'appropriation de leur corps et de leurs productions, n'est pas fortuite ou exceptionnelle ; elle est au contraire légitimée par un arsenal juridique spéciste qui entérine le fait que certaines espÚces animales sont des propriétés matérielles dont on peut librement disposer.
âș "OĂč tu veux, quand tu veux" fait clairement rĂ©fĂ©rence Ă la disponibilitĂ© sexuelle permanente de la classe des femmes pour la classe des hommes, au sein de notre sociĂ©tĂ© patriarcale. Le fait que le mĂȘme type de phrase soit utilisĂ© pour une publicitĂ© carnĂ©e met en lumiĂšre les similitudes qui existent entre l'oppression patriarcale et l'oppression spĂ©ciste : appropriation matĂ©rielle du corps, usage physique sans limites, exigence de disponibilitĂ© permanente. Les publicitĂ©s sont le reflet des valeurs de la sociĂ©tĂ© dans lesquelles elles s'inscrivent. Ne soyons pas Ă©tonnĂ©-es d'ĂȘtre entourĂ©-es de publicitĂ©s patriarco-spĂ©cistes !
âș De la mĂȘme maniĂšre que les fĂ©ministes ont luttĂ© et luttent toujours contre la rĂ©duction des femmes Ă des objets sexuels ou reproductifs dĂ©finis par leur entiĂšre disponibilitĂ© (c'est-Ă -dire contre le viol, contre le harcĂšlement de rue, pour le droit Ă l'avortement...), nous devons lutter activement contre les pratiques qui permettent aux humain-es de s'approprier les autres animaux (pĂȘche, chasse, Ă©levage...), et nous devons lutter contre l'idĂ©e mĂȘme de viande.
âș A nous de rendre visible le fait que les animaux de boucherie constituent une classe appropriĂ©e et dominĂ©e, victime de rapports sociaux oppressifs, dont le corps est utilisĂ© par autrui sans leur consentement, au mĂ©pris de leurs intĂ©rĂȘts ! Car oui, dans notre sociĂ©tĂ© spĂ©ciste nous pouvons consommer le corps des autres animaux oĂč nous voulons, quand nous voulons... N'est-ce pas lĂ un tort immense que nous leur infligeons, un privilĂšge injuste que nous nous octroyons ?
âș Donnons nous les moyens d'agir : retrouvez en pdf les brochures "Fermer les abattoirs" (https://visuels.l214.com/brochures/fermer-les-abattoirs/) et "L'exploitation animale est une question de sociĂ©tĂ©" (http://www.reseau-antispeciste.org/âŠ/âŠ/pourpolitisation4.pdf) : Ă partager !
Toda la violencia de la ideologĂa carnista en una fotografĂa.
La industria vela por mantener un imaginario positivo y agradable entorno a productos de origen animal: nada de su violencia debe llegar a los consumidores/as.
Esta ilustraciĂłn plantea dos problemas: no sĂłlamente es falsa (teniendo en cuenta las condiciones actuales de encierro y muerte de los animales), sino que sobre todo refleja un modelo imposible, irrealista: la muerte innecesaria y programada de individuos que desean vivir no puede ser mĂĄs que violenta y moralmente injustificable. No hay carne feliz, no puede haber carne justa !
 âșâAunque normalmente se admite que podemos negarnos a tĂtulo personal a consumir productos animales, cuando se trata de soluciones colectivas a estos problemas, el Ășnico reclamo que se considera realista es el de mejorar las condiciones de crianza. La tesis implĂcita es que a fuerza de mejorar las condiciones de crianza llegaremos a una situaciĂłn aceptable para los animales. Y que abolir el consumo de carne es irrealizable y utĂłpico.
Un desafĂo que enfrenta nuestro movimiento es el de mostrar que lo utĂłpico, no es imaginar una sociedad sin carne, sino creer que podemos llegar un dĂa a ofrecer una buena vida y una muerte sin sufrimiento a los mĂĄs de mil millones de animales que se matan cada año por la carne en Francia.â
Toute la violence de l'idéologie carniste en une photo.
L'industrie veille à entretenir un imaginaire positif et agréable autour des produits d'origine animale : rien de leur violence ne doit parvenir jusqu'aux consommateurs-rices.
Cette illustration pose deux problĂšmes : non seulement elle est mensongĂšre (compte tenu des conditions actuelles de dĂ©tention et de mise Ă mort des animaux), mais surtout elle renvoie Ă un modĂšle impossible Ă atteindre, irrĂ©aliste : la mort non-nĂ©cessaire et programmĂ©e d'individus souhaitant vivre ne peut ĂȘtre que violente et moralement injustifiable. Il n'y a pas de viande heureuse, et il ne peut y avoir de viande juste !
âș "S'il est assez bien admis que l'on puisse refuser Ă titre personnel de consommer les produits animaux, dĂšs lors qu'il s'agit de solutions collectives Ă ces problĂšmes, seule l'amĂ©lioration des conditions d'Ă©levage est considĂ©rĂ©e comme une approche rĂ©aliste. La thĂšse implicite est qu'Ă force d'amĂ©liorer les conditions d'Ă©levage on finira par arriver Ă une situation acceptable pour les animaux. Et qu'il est irrĂ©aliste, utopique, d'abolir la viande.
Un défi auquel est confronté notre mouvement est de montrer que ce qui est utopique, ce n'est pas d'imaginer une société sans viande, mais de croire que l'on puisse arriver un jour à offrir une vie correcte et une mort sans souffrance aux plus d'un milliard d'animaux tués chaque année pour la viande en France."
âș Un canal de discussion consacrĂ© Ă la lutte contre le spĂ©cisme a Ă©tĂ© créé sur le forum national Nuit Deboutâ ! N'hĂ©sitez pas Ă le rejoindre et Ă alimenter la rĂ©flexion, Ă proposer vos idĂ©es d'action. Les alternatives de demain ne pourront se faire sans la prise en compte de tous les ĂȘtres sentients, y compris ceux ne faisant pas partie de la mĂȘme espĂšce que nous ; faisons-le savoir !
Any vegan who thinks animal liberation can be achieved without addressing human oppression is kidding themselves. You cannot end an injustice by replicating the conditions that created it.
Ruby Hamad
Gli altri animali aspirano come noi alla libertĂ e alla felicitĂ ! I loro interessi personali esistono in sĂ©; agire come se non esistessero significa negare la realtĂ dellâesperienza soggettiva che essi hanno del mondo.
Grazie a L214 Ethique et Animaux e a molte altre energie militanti, la questione animale ormai fa parte dellâagenda politica e dei media. Ma per quanto tempo? I dibattiti sullo sfruttamento animale derivano continuamente verso considerazioni antropocentriche: la mia salute, la mia comoditĂ , le mie abitudini, le mie tradizioni, il mio piacere... Non dobbiamo mai dimenticare che gli individui interessati sono gli animali. La lotta per lâuguaglianza di considerazione degli interessi non puĂČ riuscire se non rinunciamo al privilegio indecente che ci siamo attribuiti di utilizzare e asservire gli individui appartenenti ad altre specie.
âș Scopri lâappassionante conferenza di SĂ©bastien Moro sull'intelligenza animale. Che si tratti della memoria, della personalitĂ , del linguaggio o della trasmissione culturale, abbiamo ancora molto da imparare sulle altre specie.
âș Veganised Ăš lâeccellente iniziativa lanciata recentemente da Jihem Doe (autore dei video âVeganamenteâ). Il principio Ăš semplice: veganizzare la nostra societĂ specista! Spetta a noi moltiplicare le iniziative, per quanto modeste, per minarne le fondamenta. La contropubblicitĂ Ăš un buon esempio!
âPerchĂ© sono numerosi i messaggi apertamente specisti e carnisti che ci bombardano quotidianamente. Eppure qualche flebile voce si leva dallâoscuritĂ . Su un muro allâangolo di una strada, in una pubblicitĂ , incisi su una panchina o scritti con la vernice sull'asfalto, i messaggi antispecisti e vegani sono sempre piĂč presenti nello spazio pubblico.â
Les autres animaux aspirent comme nous Ă la libertĂ© et au bonheur ! Leurs intĂ©rĂȘts personnels ont une existence en soi ; agir comme s'ils n'existaient pas revient Ă nier une rĂ©alitĂ©, celle de l'expĂ©rience subjective qu'ils ont du monde.
GrĂące Ă L214 Ethique et Animaux et Ă bien d'autres Ă©nergies militantes, la question animale trouve aujourd'hui sa place dans l'agenda politique et mĂ©diatique. Mais pour combien de temps ? Car les dĂ©bats autour de l'exploitation animale dĂ©rivent sans cesse vers des considĂ©rations anthropocentrĂ©es : ma santĂ©, mon confort, mes habitudes, mes traditions, mon plaisir... Sans relĂąche il nous faut rappeler que les individus concernĂ©s, ce sont les animaux. La lutte pour l'Ă©galitĂ© de considĂ©ration des intĂ©rĂȘts ne pourra aboutir sans un renoncement de notre part au privilĂšge indĂ©cent que nous nous sommes octroyĂ©-es : celui d'utiliser et d'asservir les individus appartenant Ă d'autres espĂšces.
âș DĂ©couvrez la passionnante confĂ©rence de SĂ©bastien Moro au sujet de l'intelligence animale ; que ce soit au sujet de la mĂ©moire, de la personnalitĂ©, du langage ou de la transmission culturelle, nous avons encore beaucoup Ă apprendre au sujet des autres espĂšces.
âș Veganised, c'est l'excellente initiative lancĂ©e tout rĂ©cemment par Jihem Doe (Ă l'origine des vidĂ©os "VĂ©ganement"). Le principe est simple : vĂ©ganiser notre sociĂ©tĂ© spĂ©ciste ! A nous de multiplier les initiatives, aussi modestes soient-elles, en vue d'en fragiliser les fondements. DĂ©tourner les publicitĂ©s en est un bon exemple !
"Parce que nombreux sont les messages ouvertement spĂ©cistes et carnistes qui nous entourent quotidiennement. A lâabri de toute lumiĂšre, de petites voix sâĂ©lĂšvent pourtant. Sur un mur au coin dâune rue, sur une publicitĂ©, gravĂ©s sur un banc ou taguĂ©s Ă mĂȘme le sol, les messages antispĂ©cistes et vĂ©ganes occupent de plus en plus lâespace public."

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Un processo di de-individualizzazione Ăš in opera quando consideriamo gli altri animali come semplici merci: il dominante non sa riconoscere che l'essere sfruttato ha una personalitĂ , un'esistenza propria, e allo stesso tempo lo riduce a materiale e lo considera come un mezzo piuttosto che un fine.
Il dominato non Ú che un corpo, come Ú mostrato particolarmente bene in questa pubblicità : gustare il manzo, Ú come dire la carne, della materia ⊠La testa Ú stata tagliata volontariamente per allontanare tutti i segni di individualità , di soggettività .
âș Colette Guillaumin ha teorizzato la concezione naturalistica delle donne propria all'ideologia sessista; la sua analisi si applica in modo molto pertinente al caso degli animali non umani:
La forza delle relazioni sociali, ancora, permette di rigettare l'esistenza di un adeguato riferimento all'oggetto, e di chiamare âintuizioneâ l'intelligenza o la logica, chiamare âordineâ la violenza, o âcapriccioâ la disperazione ⊠La posizione di dominio ha portato a vedere lo stesso come della materia, materia provvista di diverse caratteristiche spontanee. Solo i dominati possono sapere che fanno quello che fanno, che ciĂČ non proviene spontaneamente dal loro corpo. [âŠ] L'aspetto ideologico del conflitto pratico, tra dominanti e dominati, tra sfruttatori e sfruttati, riporta giustamente a una riflessione di coscienza. I dominanti in generale negano la coscienza dei dominati e la negano appunto perchĂ© li considerano come cose. Inoltre, tentano continuamente di reprimerla, perchĂ© Ăš una minaccia allo status quo, poichĂ© i dominati la difendono accanitamente e la sviluppano in tutti i modi possibili, dal piĂč sottile al piĂč subdolo, per mezzo dellâinvenzione, dellâastuzia ( le donne sono âbugiardeâ, i negri âinfantiliâ, gli arabi âipocritiâ âŠ) per proteggerla ed estenderla.
âș Unisciti al gruppo di Facebook Contre l'ordre spĂ©ciste du monde per discutere insieme delle iniziative per indebolire le relazioni sociali speciste e combattere l'ideologia discriminatoria che le accompagna!
Un processus de dĂ©sindividualisation est en oeuvre lorsque nous considĂ©rons les autres animaux comme de simples commoditĂ©s : le dominant ne saurait reconnaĂźtre que l'ĂȘtre qu'il exploite a une personnalitĂ©, une existence propre, alors mĂȘme qu'il le rĂ©duit Ă sa matĂ©rialitĂ© et le considĂšre comme un moyen plutĂŽt qu'une fin. Le dominĂ© n'est qu'un corps, ce dont tĂ©moigne particuliĂšrement bien cette publicitĂ© : dĂ©gustez du boeuf, c'est-Ă -dire de la viande, de la matiĂšre... La tĂȘte a Ă©tĂ© coupĂ©e dans une volontĂ© d'Ă©carter tout signe d'individualitĂ©, de subjectivitĂ©.
âș Colette Guillaumin a thĂ©orisĂ© la conception naturaliste des femmes propre Ă l'idĂ©ologie sexiste ; son analyse s'applique de façon trĂšs pertinente dans le cas des animaux non-humains : La force des rapports sociaux, lĂ encore, permet de rejeter l'existence des appropriĂ©s dans la pure matiĂšre rĂ©ifiĂ©e, et d'appeler «intuition» l'intelligence ou la logique, comme on nomme «ordre» la violence, ou «caprice» le dĂ©sespoir... La position dominante conduit Ă voir les appropriĂ©s comme de la matiĂšre, et une matiĂšre pourvue de diverses caractĂ©ristiques spontanĂ©es. Seuls les dominĂ©s peuvent savoir qu'ils font ce qu'ils font, que cela ne leur jaillit pas spontanĂ©ment du corps. [...] L'aspect idĂ©ologique du conflit pratique, entre dominants et dominĂ©s, entre appropriateurs et appropriĂ©s, porte justement sur la conscience. Les dominants en gĂ©nĂ©ral nient la conscience des appropriĂ©s et la leur dĂ©nient justement pour autant qu'ils les tiennent pour des choses. Plus, ils tentent sans cesse de la leur faire rentrer dans la gorge car elle est une menace pour le statu quo, les dominĂ©s la dĂ©fendant Ăąprement et la dĂ©veloppant par tous les moyens possibles, les plus subtils ou les plus dĂ©tournĂ©s, inventant, rusant (les femmes sont «menteuses», les nĂšgres «puĂ©rils», les arabes «hypocrites» ...) pour la protĂ©ger et l'Ă©tendre.
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Duck, this animal who is happy to be force-fed, then killed for his liver.
The force feeding of duck is nevertheless an act of torture, perpretated for our gustatory pleasure. How can these practices be compatible with a happy duck?
The phrasing âfoie gras duckâ is really significant of the carnist ideology surrounding us : animals would be on earth to satisfy human culinary pleasure, it would be the aim of their life, their purpose...
It's time to refuse this violent domination: animals have their own existence and their interests matter, indepentandly of human plesure.
El pato, este animal feliz de ser alimentado a la fuerza y luego asesinado por su hĂgado.
La alimentaciĂłn por la fuerza de los patos es un acto de tortura, perpetrado solamente para satisfacer nuestro placer gustativo. ÂżComo puede esta prĂĄctica ser compatible con un pato feliz?
La expresiĂłn âpato de foie-grasâ ilustra perfectamente la ideologĂa carnista que nos circunda: los animales estarĂan en la tierra para satisfacer los placeres gustativos de la especie humana. Este serĂa el objeto de su existencia, su finalidad...
Es tiempo de rechazar esta dominaciĂłn violenta. Los animales existen independientemente de los deseos humanos. Sus intereses importan.
Le canard, cet animal heureux de se faire gaver puis tuĂ© pour son foie⊠Le gavage des canards est pourtant un acte de torture, perpĂ©trĂ© pour notre simple plaisir gustatif. En quoi ces pratiques seraient-elles compatibles avec un canard heureux ? La formulation "canard Ă foie gras" est trĂšs significative de l'idĂ©ologie carniste qui nous entoure : les animaux seraient donc sur terre pour satisfaire les plaisirs gustatifs de l'espĂšce humaine, ce serait le but de leur existence, leur finalitĂ©... Il est temps de refuser cette domination violente : les animaux ont leur existence propre et leurs intĂ©rĂȘts ont de l'importance, indĂ©pendamment des dĂ©sirs humains.
The âwell-raised hamâ ; our pigs grew up without antibiotics.
Who/what are we talking about here? Is it the pig who is well-raised, or the ham?
The vagueness maintained by this advertisement is really significant of the way we perceive animals who are intended to be eaten: we only define them regarding the product they will become once they are dead and processed. The pig is only potential ham.
Another element is worth noticing : the use of the phrase âOUR pigsâ which manifest the idea according to which pigs would be appropriated items, not actors neither owners of their own existence.
âThe more the domination tends to total appropriation, without any limits, the more the idea of ânatureâ of the owned will be supported and obvious.â
âBe treated materially as a thing results in being considered as a thing in the mental domain too. Furthermore, a really utilitarian view (a view that considers the tool/instrument in you) is associated with appropriation: a thing is always in the right place and will always be useful to what it is used for. It is its ânatureâ.â
De qui/quoi parle-t-on ici ? Est ce le cochon qui est bien Ă©levĂ©, ou le jambon ? Le flou entretenu par cette publicitĂ© est trĂšs significatif de la façon dont nous percevons les animaux destinĂ©s Ă ĂȘtre mangĂ©s : nous les dĂ©finissons uniquement par rapport au produit qu'ils deviendront une fois morts et transformĂ©s. Le cochon n'est qu'un jambon en puissance. Un autre aspect important est Ă souligner : l'emploi de l'expression "NOS cochons", qui tĂ©moigne de l'idĂ©e selon laquelle les cochons seraient des objets appropriables, et non des acteurs et propriĂ©taires de leur propre existence. "Plus la domination tend Ă l'appropriation totale, sans limites, plus l'idĂ©e de « nature » de l'appropriĂ© sera appuyĂ©e et « Ă©vidente »" "Le fait d'ĂȘtre traitĂ© matĂ©riellement comme une chose fait que vous ĂȘtes aussi dans le domaine mental considĂ©rĂ©e comme une chose. De plus, une vue trĂšs utilitariste (une vue qui considĂšre en vous l'outil) est associĂ©e Ă l'appropriation : un objet est toujours Ă sa place et ce Ă quoi il sert, il y servira toujours. C'est sa « nature »"
âProudly Halal.â
Proud, really? How can an animal be proud about the way he/she is killed?
Thinking that animals are consenting, and even proud, of their exploitation is way more convenient to think than admitting that they are just suffering for what we forcibly impose to them. Advertising encourages and reinforces us in our refusal to see injustice.
Even if they don't express it through words, even if we refuse to see it, animals are resisting as much as they can against the oppression we force on them! Animals are afraid, try to escape, are looking for a way out, feel pain, wrestle, are depressed... We don't even concede them this reality, and advertising goes as far as pretending the opposite.
Farming is not a contract or a partnership! It is a situation chosen by the oppresor and endured by the oppressed.
âOrgullosamente Halal.â
ÂżOrgulloso, de verdad? ÂżCĂłmo podrĂa un animal sentirse orgulloso de la manera en que se lo mata?
Pensar que los animales aprueban, e incluso se enorgullecen de su propia explotaciĂłn, es mucho mĂĄs cĂłmodo para nosotros que admitir que los forzamos a morir. La publicidad nos reconforta y nos anima a negar esta injusticia.
Aunque ellos no lo expresen con palabras, y a pesar de que nos neguemos a verlo, los animales rechazan la opresión a la que los sometemos. Sienten miedo, intentan huir, buscan  salidas, sufren dolor, se deprimen. Al afirmar que los animales aceptan su propio sacrificio,  no les concedemos siquiera el reconocimiento de esta realidad. La publicidad llega hasta el extremo absurdo de asegurar lo contrario.
La ganaderĂa no es un contrato, no es una alianza. Es una situaciĂłn elegida unilateralmente por el opresor y sufrida por el oprimido.
Fier, vraiment ? Comment un animal pourrait il ĂȘtre fier de la façon dont il est tuĂ© ? Penser que les animaux sont consentants, voire fiers de leur exploitation est bien plus confortable que d'admettre qu'ils ne font que subir ce que nous leur imposons de force. La publicitĂ© nous encourage et nous conforte dans ce refus de constater l'injustice. MĂȘme s'ils ne l'expriment pas par des mots, mĂȘme si nous refusons de le voir, les animaux rĂ©sistent comme ils peuvent Ă l'oppression que nous leur faisons subir ! Les animaux ont peur, tentent de fuir, cherchent une issue, ressentent la douleur, dĂ©priment... Nous ne leur accordons mĂȘme pas cette rĂ©alitĂ©, et la publicitĂ© va jusqu'Ă prĂ©tendre le contraire. L'Ă©levage n'est pas un contrat, un partenariat ! C'est une situation choisie par l'oppresseur et subie par l'opprimĂ©-e.
âSave a chicken, eat a burgerâ
When carnism is presented as an ethical choice !
This unashamedly speciesist advert expose us to a false alternative: should we eat chicken or should we rather eat beef?
It makes the potential customer believe that eating the meat of one of the animals could save the other animal. The strategy of this advert is to resort to false dilemmas and to establish ridiculous conclusions such as: to eat beef would be an permissible behaviour and even an ethical choice as it would save a chicken. This ad was clearly designed to free the potential customers of guilt and even to add value to the consumption of meat.
What if we ate neither one nor the other? Maybe we should stop eating meat and demand its abolition, full stop. This option is hardly ever mentioned in public debates; itâs as if it was not even worth considering. Yet it is the least we can do, itâs about justice and equality.
âSalva un pollo, comete una hamburguesaâ
Cuando el carnismo es presentado como la opción éticamente correcta !
Este anuncio descaradamente especista nos enfrenta a un dilema falaz: ÂżDeberĂamos comer carne de pollo, o serĂa preferible consumir carne vacuna?
Se intenta convencer al lector de que comiendo carne de uno de los animales se puede salvar la vida del otro. La estrategia del anuncio es recurrir a un falso dilema para establecer conclusiones ridĂculas tales como: Comer carne de vaca serĂa un comportamiento permisible, e incluso una elecciĂłn Ă©ticamente correcta, ya que servirĂa para salvar la vida de un pollo. Claramente, el anuncio fue creado para adjudicar valor moral al consumo de carne vacuna, liberando de culpa al lector.
Pero ÂżquĂ© ocurrirĂa si no comiĂ©ramos ni lo uno ni lo otro? QuizĂĄs deberĂamos dejar de comer carne y reclamar la aboliciĂłn de su consumo; punto final. Esta opciĂłn es raramente mencionada, como si no mereciera considerarse. Sin embargo, es lo mĂnimo que podemos hacer; se trata de justicia y de igualdad.
Le carnisme prĂ©sentĂ© comme un choix Ă©thique ! Cette pub ouvertement spĂ©ciste nous confronte Ă une fausse alternative : consommer du poulet ou consommer du bĆuf. Choisir de consommer l'un permettrait ainsi de sauver l'autre... La publicitĂ©, en ayant recours Ă de faux dilemmes, en vient Ă Ă©tablir des conclusions grotesques : consommer du bĆuf serait un acte acceptable, voire Ă©thique puisqu'il permettrait de sauver une poule... Le processus de dĂ©culpabilisation est trĂšs clair, la consommation de viande se retrouve mĂȘme valorisĂ©e. Et si on ne consommait ni l'un ni l'autre ? La solution ne serait elle pas plutĂŽt d'arrĂȘter la viande tout court, d'exiger son abolition pure et simple ? Cette option n'est que trĂšs rarement Ă©voquĂ©e dans les discours, comme si elle n'Ă©tait mĂȘme pas envisageable ! C'est pourtant la moindre des choses ; c'est une question dâĂ©galitĂ© et de justice.

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Les animaux non-humains, ces produits de consommation...
Cette photo suscite l'indignation, car le format catalogue ne permet aucune ambiguïté sur le statut de marchandise des autres animaux. Considérer les autres animaux comme des objets appropriables c'est nier que leur vie leur appartient, qu'elle a de l'importance en soi indépendamment des bénéfices économiques ou affectifs que l'on pourrait en tirer.
Payer pour acquĂ©rir un animal de compagnie est d'autant plus indĂ©cent que chaque annĂ©e, 45 000 chats et chiens attendent d'ĂȘtre adoptĂ©s dans les refuges de la SPA !
âș Selon Gary Francione, c'est le statut de propriĂ©tĂ©s des animaux qui est Ă l'origine de l'absence de prise en compte de leurs intĂ©rĂȘts : "Lorsqu'il s'agit des intĂ©rĂȘts des animaux, nous souffrons d'une forme de « schizophrĂ©nie morale ». Nous disons prendre les intĂ©rĂȘts des animaux au sĂ©rieux, mais nous ne le faisons pas. Je soutiens que notre schizophrĂ©nie morale est largement liĂ©e au statut de propriĂ©tĂ©s des animaux. MĂȘme si nous prĂ©tendons accorder de la valeur morale aux intĂ©rĂȘts des animaux, la rĂ©alitĂ© est que les animaux ne sont pour nous rien d'autre que des marchandises n'ayant qu'une valeur extrinsĂšque, et nous les considĂ©rons donc comme de simples moyens d'atteindre nos propres fins. Parce que les animaux sont des propriĂ©tĂ©s, nous ne nous demandons mĂȘme pas s'il est nĂ©cessaire de les utiliser ; nous nous focalisons uniquement sur la façon de les traiter, prĂ©tendant chercher un « Ă©quilibre » entre leurs intĂ©rĂȘts et les nĂŽtres pour dĂ©terminer si on les traite « humainement ». Le statut de propriĂ©tĂ©s des animaux, pourtant, nous empĂȘche de peser Ă©quitablement les intĂ©rĂȘts en prĂ©sence, puisque mĂȘme les plus triviaux des intĂ©rĂȘts d'un propriĂ©taire l'emporteront toujours face aux intĂ©rĂȘts des animaux. L'interdiction d'infliger une souffrance non nĂ©cessaire se limite donc Ă interdire d'infliger plus de souffrance qu'il est nĂ©cessaire pour utiliser les animaux de maniĂšre Ă©conomiquement avantageuse, Ă des fins qui pour la plupart ne peuvent ĂȘtre justifiĂ©es par autre chose que le plaisir, l'amusement ou la convenance. VoilĂ qui, en pratique, signifie gĂ©nĂ©ralement que nous ignorons les intĂ©rĂȘts des animaux dĂšs lors que nous en tirons un avantage Ă©conomique."
âș Dans cette vidĂ©o, des militant-es interviennent durant une vente aux enchĂšres de vaches laitiĂšres, pour dĂ©noncer le statut de marchandises de ces individus sensibles. Comment ne pas faire un parallĂšle avec les marchĂ©s aux esclaves humains des siĂšcles antĂ©rieurs ?
L'amalgame est frappant : cette publicité fait en sorte que "liberté" et "élevage en plein air" se confondent dans notre esprit.
MalgrĂ© un dĂ©but prometteur oĂč la voix off s'excuse d'avoir relĂ©guĂ© la poule au second plan derriĂšre les chats et les licornes.... le spĂ©cisme rĂ©apparaĂźt de plus belle : "Je te le jure aujourd'hui c'est fini, car toi seule me pond des Ćufs tous les jours sans rien me demander en Ă©change, alors il est temps de te dire tout mon amour pour toi."
Remercier la poule implique nĂ©cessairement l'idĂ©e que cette derniĂšre a rendu service de son plein grĂ©. Ne soyons pas dupes ! LibertĂ© et Ă©levage ne peuvent ĂȘtre qu'antinomiques.