Pourquoi mon regard ne regarde-t-il que Moi,
Alors que Je dis que Nous voudrions voir Toi ?
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Pourquoi mon regard ne regarde-t-il que Moi,
Alors que Je dis que Nous voudrions voir Toi ?

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A-t-on besoin d’un sauveur ?
A-t-on besoin d’un sauveur ? nous demande-t-on.
Mais qui est ce “on” dont on parle ?
Les enfants ?
Il est vrai que, jeunes, à écouter les autres, les adultes, nous avions besoin d’un Sauveur.
Pour les jeunes femmes, le sauveur ultime c’était d’abord l’autre.
C’était la figure du chevalier, du héros, la figure romanesque de ce que doit être l’homme.
Femmes, c’est comme cela que l’on avait décidé de nous éduquer, de nous élever : nous élever, certes, mais pas trop haut quand même ; juste assez haut pour que le Sauveur nous remarque, nous disait les sachants.
On nous a dit que le Sauveur avait de toutes manières bon yeux et qu’il saurait nous trouver.
Simplement, il fallait que nous montrions ce besoin d’être sauvées. Il fallait se montrer admirative de talents que nous n’avions évidemment naturellement pas,
Se montrer gourdes, gourdes jusqu’à en être engourdies ;
gourdes jusqu’à se retrouver engonçées dans cette charmante passivité qui caractérisait un joli objet. La gourde.
Il fallait être toute apprêtées, bien maquillées, bien emballées.
Mais il fallait être humble aussi dans le même temps, point d’hubris surtout !
Les Sauveurs n’apprécient pas l’orgueil : c’était leur apanage, il fallait le leur laisser.
Pour ma part, ce sauveur je l’ai cherché ; et j’ai même cru le trouver une première fois.
Le Sauveur avait de gros bras, une petite barbe “d’adulte”, de l’assurance, de la verve, du panache même !
Il semblait tout savoir, tout, avoir tout résolu.
Ayant grandi avec l’idée que l’assurance ne devait venir qu’avec la certitude de la connaissance, il devait donc savoir.
Il devait avoir résolu l’équation de la vie.
Du moins c’est ce que j’ai cru.
C’est ce que j’ai cru jusqu’à ce que le Sauveur ne décide de se crucifier lui-même sur l’autel de sa propre vulnérabilité.
Un soir, nous dinions.
Ce soir, il a avoué.
Alors j’ai su.
Il cherchait, lui aussi, un Sauveur.
Alors quoi ? Faudrait-il donc un Sauveur au Sauveur ? Un méta-sauveur ? Et son Sauveur à lui ? Un méta méta sauveur ? Et un méta meta meta sauveur ? Ou s’arrêter dans ce cas ?
Non. Non, ça ne se tenait pas, non, ça n’était pas logique. J’avais dû me tromper. On avait dû nous tromper.
Quelle désillusion.
Je vous parle de l’expérience des jeunes femmes, mais loin de moi l’idée de jeter la pierre sur la gente masculine, tout autant victime de cette figure du sauveur.
Pour les jeunes garçons, il fallait en effet incarner le Sauveur pour séduire.
Dans un premier temps c’était ça “être un vrai homme” et se montrer adulte.
Il fallait vouloir sauver, vouloir donner, vouloir prendre.
Imposer son rôle de sauveur, imposer le don de son baiser à la la belle endormie - et tant pi si elle n’y a pas consenti, imposer de la prendre chez soi, de la ramener dans son monde à soi.
On nous a dit que c’était ça, l’amour, la romance, le sexy.
Et tant pi si partant, il fallait se refuser à être sauvé - la honte ; à recevoir - attitude de pauvre, assurément ; à se laisser prendre aux jeux de l’autre et sur-prendre encore par un baiser !
Et tant pi, s’il fallait finalement renoncer à découvrir d’autres mondes hors de son soi salvateur !
Pauvre jeunesse….
Et les adultes, me demanderez-vous ?
En fait, nous a-t-on dit, adulte, ce sauveur, il ne fallait pas le chercher littéralement sous une forme personnifiée - erreur de débutant, les personnes étant faillible par définition.
Il fallait le chercher parmi des concepts plus éthérés.
Peut-être alors le Sauveur était-il le nom générique que l’on donne à notre collectivité ?
Peut-être ne devait-on donc non pas chercher à être un homme, ou à avoir un homme, avec sa toute petite minuscule si singulière ;
mais plutôt chercher à participer à l’Humanité, l’humanité plurielle et avec son grand H, à cette Humanité qui se déploie dans toute sa majestueuse et complexe unité.
La question pourrait alors se poser ainsi : n’est-ce donc pas en sauvant les autres que l’on pourrait se sauver ?
-Pour y répondre, je vais m’adresser ici à ceux qui ont essayé.-
Ceux qui ont milité, agis, aimé, combattu ;
ceux qui ont réussi, ceux qui ont échoué, ceux qui s’en sont voulu ;
ceux qui ont toujours et plus que jamais la sacro-sainte énergie ; et ceux qui, peut être, ont déjà eu le temps de s’essouffler, voire de se décourager.
Que vous continuiez, ou que vous ayez décidé d’arrêter, vous l’avez ressenti, vous aussi :
les actes militants, les actes pour l’humanité ont leur beauté intrinsèque, et la beauté du geste qui en émane ravirait bien des esthètes,
mais il ne faut en attendre aucun sentiment de rédemption ultime,
rien qui effacerait tous nos péchés et nous déferait de notre culpabilité ; ni même de notre responsabilité.
Alors peut-importe le nombre de crucifiés sur l’autel de nos valeurs et de notre humanité, je crois qu’il faut nous y résoudre :
le sauveur ne viendra pas.
Le sauveur ne viendra pas car “le sauveur” est un mot, un bruit, 7 petites lettres mises bout à bout pour rassurer les enfants et faire bouger certaines foules.
Mais nous, humains, trop humains, nous le savons bien.
Nous savons qu’à l’image de Godot, son seul semblant d’existence tient au discours que l’on porte sur lui, et peut être à quelques êtres qui se plaisent, plus ou moins consciemment, plus ou moins joyeusement, à l’attendre encore.
Le sauveur n’existe pas. Et c’est heureux.
En effet, si le sauveur n’existe pas, nous sommes sauvés du besoin de le trouver !
Sauvés de son emprise toxique sur nos existences !
Sauvés de la culpabilité de ne pas l’avoir encore trouvé !
Sauvés de l’attente !
Si rien ne sera jamais sauvé, c’est qu’il n’y a donc rien à sauver.
C’est que nous sommes déjà sauvés.
Et notre vie peut commencer.
C(h)osette chaussée de misérables rimes
Le premier jour, la première fois, j’ai laissé ma chaussette à paillettes chez mon date,
Il a oublié de me la retourner.
Le second jour, la seconde fois, c’est lui qui a oublié sa chaussette chez moi. Et voilà cette idée que j’aime assez : être pareillement dépareillés.
Ethéromane
A quoi servent nos obsessions ?
Question stupide
Question de personne prise au piège
Pourquoi une obsession devrait-elle servir quand elle peut desservir ?
Il y a pourtant une forme de joie à être ainsi asservi :
Au moindre mouvement, on se ravit,
Tout paraît plus vivant, dense et plus joli
A notre obsession, tout notre monde se réduit
Et puis tout petit qu'il est, notre joli réduit
Accueille quand même l'avatar de suie
Qui a vu notre feux naître à travers lui
Suffirait-il alors de s'élancer
Pour que, de son être transpercé
Au milieu des mystères renversés
Sa vérité surgisse toute dévoilée ?
J'ai essayé.
Mais avec la chaleur, par la fenêtre
L'air de vérité s'est envolé
Ne restent d'elle que des mots éthérés
Light
Légèrement comme un strawberry milkshake
Recouvert de beurre de cacahuète/
Légèrement comme ma légère robe bleutée
Trempée par la lourde pluie d'été/
Légèrement comme le doux bruit d'une pluie
Recouvert par le grondement du tonnerre/
Légèrement comme la jouissance donnée..
Comme la Terre, contre elle j'ai tremblé//
Légèrement, tout cela fut très léger,
Mais je crois bien être tombée.

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La fin de notre été
A mesure que lesmois passent,mon corps oublie la sensation du tien Ma mémoire, mes souvenirs se refroidissent insensiblement Ne restera bientôt plus que leurs structures, Leurs enveloppes intellectuelles, Solides mais inanimées, Existant seulement pour me rappeler Ce qui a été. J'ai froid.
Blague^2
Etymologie
Etymologie : du grec ancien τὸ ἔτυμov, « vrai sens, sens étymologique », et sur la base -λογια / -logia, « discours, raison ».
C'est donc, à l'origine, l'étude de la vraie signification d'un mot.
C'est vrai parce que c'est vrai.
Blague
Dire
verbe transitif
1.Émettre (les sons, les éléments signifiants d'une langue).
Etymologie : De l’indo-européen commun *Jek, qui a donné jocor, jeu.
Syn. : falling down the rabbit hole
Rythme naire-naire
Marre de faire genre.
Elle faudrait être binaire pour avoir l'air bien. Bien non.
C'est has been, comme dit celui qui la sont.
.
C'est toute la temps le même chose, toutes les tempo sur la même air :
1-2, 1-2, 1-2, 1-2..
.
Bien l'air, elle est plus moderne quand elle fait plus genre, voilà toutes.
Changeons d'aires, que dieu !
Elle faut bien que vieillesse se passe, oui ?
.
(Et puis, entre nous, qui a demandé san avis aux mottes ?
Les mottes ont la droit de pas-sage elles aussi, la droit de mettre un robe si ça leur chante :
2-1, 2-1, 2-1, 2-1…. 0
C'est si dangerelles que ça pour vous ?)
Ne soyons pas mauvais joueurs
Le langage, ce piège faussement sérieux : quelle impression de finir les choses en les définissant ! De les englober, les maîtriser ! D'où notre colère quand les choses ne se comportent pas comme leur* définition le voudrait :
.
Comment ? Cette chose ose se rebeller ? C'est pas normal, c'est contre-nature ! Oui, oui, contre-nature !
Et qui décide de ce qui est naturel, normal ? Nous, bien évidemment.
Nous, la mesure de toute chose. Et par nous, je veux dire je.
“Je” dis tout le temps “je” de toute façon.
Et grâce à quel outil remarquable, les toutes petites cases toutes étroites dans nos têtes, sclérosées au fil du temps, j'ai nommé : les mots !
.
Alors quoi pour éviter ça, se taire ? Renoncer au langage ? Arrêter les mots ?
Et le partage, la littérature, la poésie, le rêve, la création, le jeu ?
.
Ah oui, le jeu. C'est sans doute ça. Oubli du piège.
Les mots, rien de plus qu'un je, une illusion temporaire, un truc pour s'amuser dans lequel on (se) perd parfois ; et alors envie nous vient d'accuser l'autre de tricherie.
Mais il ne triche pas, l'autre. Il joue, aussi, il joue à son propre je, sans se laisser prendre au nôtre - et c'est son droit.
---------
*la nôtre, toujours la nôtre : si elles pouvaient accepter une définition, ce serait alors la leur, mais les choses les refusent toujours, malines qu'elles sont.

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Ckylu Kule
Tu nous as donné un poème,
"Lucky lui".
.
Tu l'a vu depuis se transformer
en Lucky Luke inversé.
.
Son ombre a tiré plus vite que lui :
elle nous a Tué.
Lost without translation
We talked again ; and again since this moment, my mind thinks constantly in english.
At least, it tries to.
I'm thinking way slower in this langage, with less vocabulary.
Most of all, I can't translate all the nuances I have into conceptual thougt in order to reorganize them properly, like I'm used to do in french.
Now I feel sorry for all the little babies in the world : they have complex feeling before having the tool to apprehend them, get acquainted with them, tame the most dangerous ones. So frustrating.
But I think/feel that the "non-verbalised" feeling vanish kinda quickly.
Is it good? Bad? Neither, only anxiogenic? Am I more rational like this? Less? Should I read Antonio Damasio again to have more elements to think about it? But what about the idea of making different conceptual connexions in a different langage paradigm? It won't bring any real clue about this question, but the sole idea/new feeling of having different answer on the same topic depending on the langage I'm thinking in makes me dizzy.
And now why am I asking myself who I am in english? To understand the new pattern? Have control over it? I suspect something else.. (and if it’s that, fuck "identity" quest, no?) At least I can fix my mind on this : I may have not enough words, I still end up asking myself to much questions with them.🙄
"Rien ne pousse plus sur les chemins trop empruntés"
Pourtant de la bougie déformée par la flamme du passé
- Œuvre d'art unique à petit feu forgée -
Le souvenir de lumière sans cesse retraversé
Par une mémoire pérégrine se révoltant sans arrêt
Ne s'éteindra jamais.
Qu'y a-t-il ?
Il n'y a pas d'Amour, il n'y a que des preuves d'amours.
Il n'y a pas d'Ame, il n'y a que des preuves d'âmes.
Il n'y a pas de Mort, il n'y a que des preuves de morts.
Qui se soucie de ce qui n'existe pas pour le faire exister ?
"Il n'y a pas d'espoir" ; il n'y a qu'eux.

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Bivium ?
Pour oublier cette seule pensée, pour ne pas vouloir tout oublier, une chanson à deux voix, portée sur des cordes de guitares pincées les plus délicatement du monde.Dans la langue des autres
Il était là, au bar, à observer le match à travers le miroir. Même match inversé que celui qui devant mes yeux défilait. Lui, "à l'endroit" : au mien.
J'ai d'abord tenté d'aborder son regard par ce miroir, en vain. Puis nos visages tournés, nos regards croisés, en vrai.
"Hello !" … Fichtre. Devoir s'exprimer en anglais.
Mais qu'importe la langue sur le flacon si l'on a déjà l'ivresse ; l'envie d'échanger peut bien faire le reste.
Suite embrouillaminique. Tenter de créer des liens, de co-naître. Echanger. Des mots (maladroits), des sourires (un peu moins), des regards qui relient, des numéros, des non-dit. Des expériences.
Puis chez lui. Recueillement devant sa fenêtre qui donne sur le cimetière des autobus abandonnés, le même que celui de la BD que tu lisais quand tu étais petite. Tu es toujours si petite.
Pour oublier cette seule pensée, pour ne pas vouloir tout oublier, une chanson à deux voix portée sur des cordes de guitares, pincées les plus délicatement du monde. Cliché. Désirer ardemment se transformer en guitare et se glisser entre ses doigts. Encore plus cliché. Mais. Chut.
…
Un moment de flottement.
…
S'élancer ; un baiser. ...
Un autre, mille autres. Se perdre dans la gravité. S'oublier.
.
.
.
Partir.
Comprendre qu'on oublie jamais réellement les moments où l'on s'est oublié.
Esprit colonisé.
Ampleur de cette pensée altérée en une seule soirée :
ne plus réussir (jamais?), à ne penser qu'en anglais.