Art Maniaque
Quelques fauteuils qui grincent, l’attente est sublime. La Servante frétille et le trac, lui, s’éloigne. En coulisse, un silence a suspendu la rime; Le rideau qui coulisse, et la scène m’empoigne!
Face au parterre ému de cette arène abrupte, - Enfiévré, travesti, ou le cheveu hirsute - Entourloupant le verbe et comblant les soupirs, Je fredonne Molière et je rêve en Shakespeare.
Exalté, incarnant ou en composition, Que j’accours à Jardin, ou qu’on me chasse à Cour, J’aime à planter mon cirque. Et domptant les discours Comme des lions madrés : je joue, c’est ma mission!
SI je m’obstine ainsi noblement sur les planches A repasser mon jeu dans un rythme allegro, C’est que j’ai pris le pli : la scène me démange, Et j’enfile les rôles, à m’en froisser l’ego.
Théâtre, mon bourreau, mets-moi la corde au cou! Le barillet chargé, fais tinter tes trois coups : Que frémisse mon sang dans ton bal farfelu, Écartèle mon âme, et chantons mon salut!
J'expierai ma démence sous ton chapiteau... J'y cours, j'y crie, j'y meurs, j'y fait même ripaille, Pourquoi ai-je tant d’aise à souiller ton plateau? Théâtre sois ma proie, sois mon champ de bataille!
Ce fruit me dévorant sur ton divan de songes, N’est autre qu’un désir d’embrasser ton layon; Et les pages des contes que nous dévoyons, Ont encré dans ma peau tout l’Abîme où je plonge.








