Ma peau brûle, ma tête va éclater et je regarde mes fleurs. Sont-elles si belles parce qu'elles se nourrissent de chair ? Sont-elles si colorées parce qu'elles se gorgent de sang ? Mon coeur s'emballe et avant que je ne devienne fou, avant que les fleurs ne se transforment en mains, les branches en bras, les troncs en corps, je saisis la pelle et je frappe ce rouge, j'écrase le blanc velouté, j'assomme le jaune soleil, je tue le rose, je fais taire à jamais le fuchsia.
Nathacha Appanah, Tropique de la violence














