Les Ă©poux Tapie se font tabasser la tronche par quatre dĂ©linquants, Ă savoir trois Africains et un MaghrĂ©bin. Il nâen faut pas beaucoup plus pour ensoleiller ma semaine. Bernard Tapie, je ne peux pas le saquer. Depuis toujours, jâexĂšcre ce mec. Bien avant quâil foute aux chĂŽmage des milliers de salariĂ©s, triche au foot, enterre ses cagnottes, joue au ministre, fascine les pisse-copies, mystifie les juges, enfume le patronnat, bien avant quâil escroque tout ce qui bouge. Câest comme ça, câest son absence totale de moralitĂ©, son incapacitĂ© Ă Ă©peler le mot âvertuâ, sa tronche de vieux cabot, sa gouaille faussement populo, son bagout de camelot. Je nâaime pas ces forts en gueule, hĂąbleurs, prĂȘts Ă tout pour rĂ©galer la plĂšbe, incapables de quitter leur nombril des yeux, Ă©ternels donneurs de leçon. âVulgaritĂ©â et âroublardiseâ sont les deux mots qui me viennent Ă lâesprit quand je pense Ă Tapie. Sa bonne femme, câest presque pareil : tout aussi vulgaire, mais avec en plus un air absurde dâauto-satisfaction qui vous dit âje suis peut-ĂȘtre cocue, mais je suis toujours en selleâ. Alors bon, âding-dong, salut les Tapie, câest pour le coffreâ. Baffes, coups. Traitement habituel de la part de nos dĂ©linquants prĂ©fĂ©rĂ©s. On les remercie cependant dâĂȘtre restĂ©s sur le service minimum. Les faits divers regorgent de Mamies Josiane et de Papis Lucien tabassĂ©s, poignardĂ©s, violĂ©s parfois, passĂ©s au briquet, laissĂ©s pour mort. Tout ça pour environ 30 euros et une mĂ©dialle de baptĂȘme en or. LĂ , on sent que les mecs avaient cogitĂ© leur coup. Les Tapie, vu quâils sont dans la tourmente judiciaire et fiscale depuis des lustres, ils ont sĂ»rement mis des noisettes de cĂŽtĂ©, Ă portĂ©e de main. Câest probablement ce quâils se sont dits, les quatre faisans. DâoĂč lâidĂ©e du coffre-fort, vĂ©ritable running-gag de ce cambriolage domiciliaire : âallez Nanard, crache le morceau, enculĂ© : il est oĂč le coffre ?â Et pan, et bim et boum. VoilĂ notre vieux Nanard le nez dans le caniveau et sa bourgeoise cognĂ©e tout pareil, trainĂ©e par les cheveux, insultĂ©e, menacĂ©e. Au final, les racailleux sont partis avec le minimum syndical : deux trois bijoux, une Rolex, un brin de thune. Pas de quoi pavoiser dans la citĂ©, mĂȘme si tâes fan du PSG. Le lendemain, dĂ©luge dâhommages multiples, dĂ©nonciation de la barbarie, tous solidaires avec Nanard, son crabe et sa rombiĂšre botoxĂ©e Ă coups de mandales. Solennels, on entend les hĂ©ritiers proclamer sur toutes les ondes : âon ne veut pas que ce soit rĂ©cupĂ©rĂ© par les extrĂ©mistes cette histoireâ. Nan, tu penses... Tapie, lâhomme des chances pour la France, le dĂ©fenseur de lâimmigration Ă tout va, celui qui prĂ©tendait pourfendre Le Pen, battu comme plĂątre par la descendance de ses petits protĂ©gĂ©s. Tâas vraiment un karma merdique, Bernard. Mais bon, qui suis-je pour juger ?Â
Au milieu du concert des pleureuses, pas un mot pour Josiane et Lucien. En mĂȘme temps, qui sâen fout, de ceux-lĂ ? Câest vrai quoi, Ă part Obertone, qui en parle ? MĂȘme la presse locale, quand elle raconte leur agression, prĂ©cise que les pandores ont finalement chopĂ© Eric et Jean-Louis, âprĂ©noms changĂ©sâ histoire de âne pas susciter de tensions communautairesâ. La France, finalement, a les hĂ©ros quâelle mĂ©rite. Pour moi, le braquage de Nanard sâapparente plus Ă un rĂ©glement de compte entre bandits quâĂ une agression de personnes ĂągĂ©es. Une vraie Marseillaise, quoi.
J.-M. M.