J’entends Marine Le Pen se satisfaire de la décision de la magistrature relative à l’exercice de ses droits. Dans la foulée, elle se pourvoit en cassation, démarche qui a pour avantage de déclencher une suspension des condamnations reçues en appel.
Pouvait-on faire pire que cela ? Cette décision valide la poursuite de la stratégie de conformation du RN engagée il y a plusieurs années, stratégie qui s’est révélée être un parfait désastre en termes de contenu politique et de programme d’action.
Qu’on ne s’y trompe pas : l’ensemble du bureau – hormis quelques exceptions historiques – approuve et soutient cette folle démarche de normalisation acharnée, sans jamais vouloir prendre en compte son échec notoire. Car où que l’on se tourne en France, Marine Le Pen, Jordan Bardella, le RN et, plus largement, l’ensemble de sa direction, sont mis en pièce par des médias “mainstream” qu’il est devenu inutile de qualifier, tant leur soumission aux pouvoirs du capital et de la subvention est aujourd’hui mis en lumière.
Oui, la démarche qui consistait à devenir “un parti comme un autre” a montré qu’elle était parfaitement inopérante puisque le système auquel elle prétend offrir d’innombrables et incessants gages de conformité continue d’élaborer contre lui les stratagèmes les plus putassiers qui soient.
“Perdre sur tous les tableaux”, tel semble être maintenant le mot d’ordre au RN. L’inanité de la réaction de Marine Le Pen, qui montre ici son absence de foi en un combat national et populaire, apparait crûment. Car, contre toute attente, faire campagne avec un bracelet électronique serti à la cheville aurait eu un effet extraordinairement positif. Sa portée symbolique aurait permis de convaincre le public du bien-fondé d’un combat devenu visiblement et concrètement anti-système, ainsi que du courage de celle qui le porte. Et outre le fait de galvaniser une base électorale devenue conséquente, ce retournement politique aurait permis d’obtenir un substantiel surcroît de votes d’un électorat latéral jusqu’ici timoré, car bien conditionné/castorisé.
Le RN est-il une “machine à perdre” ? Le RN veut-il gagner ? Le RN sait-il où il va ? Avoir renoncé au Frexit, au départ de l’Otan et avoir accepté la tutelle de facto de Bruxelles autant que l’impérium américain, cracher au visage de la Russie et tourner le dos aux locomotives de la révolte des peuples natifs d’Europe… voilà un joli programme qui vient compléter une vision économique quasi socialiste et sur-étatisée. La volonté suicidaire de normalisation se cache derrière ces dispositions imbéciles, à contre-sens de l’Histoire.
Marine Le Pen a sans doute raté hier le dernier train qui pouvait la faire entrer à l’Élysée la tête haute, avec devant elle un boulevard dégagé de possibilités politiques utiles : mise au pas des institutions macronisées, référendums populaires décisifs, chaise vide à Bruxelles. À contre-pied des menaces proférées en boucle par les fameux économistes de plateau ou de studio, la France lancée à la reconquête de sa grandeur par les chemins de la remigration, des réformes étatiques, des allégements fiscaux, du dumping économique et de la reprise en main morale du pays entier, aurait pu trouver auprès de prêteurs inattendus les crédits nécessaire au passage du cap d’une dette à renégocier.
En l’état cependant, la France n’a pas fini de tomber et de souffrir, car les demi-mesures conduiront son peuple sur les chemins de la révolte et de toutes les défiances. Ce sera le chaos. “Enfin”, pourra-t-on penser…
J.-M. M.
















