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Rough copy of my favorite oc for art fight.
Les Chroniques de Judoo. Voici le final. "AENVAR PRODUCTIONS" vous présentent le chapitre V.....
Les Chroniques de Judoo – Chapitre V
"Le dernier accord"
Le vent chaud des Sinking Sands soulevait lentement le sable autour d'une vieille stèle oubliée.
Elle ne gardait aucun palais.
Aucun trésor.
Aucune cité.
Seulement quelques pierres gravées de runes verdâtres dont plus personne ne semblait connaître le sens.
Au loin, les hautes tours de Maj'Dul scintillaient sous le soleil du désert, comme si la cité refusait de disparaître derrière l'horizon.
Judoo observa les inscriptions.
— Tu es sûr que c'est ici ?
Gildwin hocha doucement la tête.
— C'est ici que mon ancien maître est venu... il y a très longtemps. Il disait qu'un vieux Djinn venait parfois écouter les voyageurs... mais seulement ceux qui avaient quelque chose à raconter.
Judoo regarda autour de lui.
— Ça tombe bien... nous avons surtout beaucoup marché.
Les deux Ratongas rirent.
Puis le silence revint.
Un silence agréable.
Celui des longues routes que l'on partage.
Gildwin décrocha lentement son luth.
Judoo fit de même.
Ils échangèrent un regard.
— Tu te souviens encore du début ? demanda Judoo.
— Plus ou moins...
— Moi aussi.
— C'est suffisant.
Ils commencèrent.
Les premières notes hésitèrent.
L'une arriva trop tôt.
L'autre un peu trop tard.
Judoo grimaça.
— Je crois que celle-là n'existait pas.
— Elle existe maintenant.
Ils reprirent.
Puis encore.
Petit à petit, la mélodie trouvait sa place.
Pas parfaitement.
Pas exactement comme autrefois.
Mais vivante.
Comme si chacun des anciens rencontrés au cours du voyage avait laissé une empreinte dans ces quelques mesures.
Le vieux Ratonga de New Halas.
Le sage Kerran des Stonebrunt Highlands.
L'Érudit solitaire des frontières de Paineel.
Leurs paroles semblaient désormais voyager entre les cordes des deux instruments.
Lorsque la dernière note s'éteignit, une voix grave résonna derrière eux.
— Voilà bien longtemps... que je n'avais entendu cet air.
Les deux bardes se retournèrent d'un même mouvement.
Un vieux Djinn se tenait là.
Immense.
Paisible.
Son regard semblait aussi ancien que le désert lui-même.
Il n'avait pas fait un bruit.
Comme s'il avait toujours été présent.
Il observa longuement les deux Ratongas.
Puis leurs instruments.
Enfin, il sourit.
Un sourire discret.
À peine visible.
— Vous avez commis plusieurs erreurs.
Judoo baissa les oreilles.
— Je m'en doutais un peu...
Le Djinn poursuivit.
— Deux changements de rythme.
Trois notes inversées.
Une mesure entièrement oubliée.
Gildwin soupira.
— Nous étions pourtant persuadés...
Le Djinn leva doucement une main.
— Pourtant...
Il laissa passer quelques secondes.
— ...je n'ai jamais entendu cette mélodie aussi vivante.
Les deux bardes restèrent silencieux.
Le vieux Djinn s'approcha de la stèle.
Ses doigts effleurèrent la pierre gravée.
— Les partitions ne sont que des traces.
Les chansons...
Il regarda les deux Ratongas.
— ...n'existent que lorsqu'elles sont jouées.
Le désert semblait lui-même retenir son souffle.
— Vous cherchiez une musique.
En réalité...
...vous cherchiez ceux qui s'en souvenaient.
Il se détourna lentement.
— Vous avez terminé votre quête.
Judoo pencha la tête.
— Alors... quel était le véritable morceau ?
Le vieux Djinn eut un léger rire.
— Celui que vous venez de composer.
Puis il reprit sa route.
Sans cérémonie.
Sans magie.
Comme un simple voyageur reprenant son chemin.
Les deux Ratongas restèrent plusieurs minutes sans parler.
Judoo finit par souffler.
— Tu crois qu'il était vraiment un Djinn ?
Gildwin sourit.
— J'espère.
— Pourquoi ?
— Parce que sinon... cela voudrait dire que nous avons marché pendant des semaines pour recevoir une leçon de musique d'un vieil ermite.
Judoo éclata de rire.
— Ce serait bien notre chance.
Ils rangèrent leurs instruments.
Le soleil descendait lentement sur les dunes.
Le vent reprenait doucement son chant.
— Alors ?
demanda Judoo.
— Tu rentres à New Halas ?
— Oui.
— Et toi ?
Judoo observa les pistes qui disparaissaient vers l'infini.
Il y en avait des dizaines.
Toutes différentes.
Toutes promettant une nouvelle aventure.
Un sourire malicieux apparut sous ses moustaches.
— Je crois que la route n'a pas encore décidé de se débarrasser de moi.
Gildwin éclata de rire.
Les deux amis se serrèrent longuement l'avant-bras.
Sans grands discours.
Les vrais compagnons de voyage savent que certaines séparations ne sont jamais des adieux.
Puis chacun prit un chemin différent.
Les dunes effacèrent bientôt leurs traces.
Mais quelque part, porté par le vent des Sinking Sands, un vieil air continuait de voyager.
Et ceux qui tendaient vraiment l'oreille pouvaient parfois distinguer...
...deux luths.
Et le rire de deux Ratongas qui avaient compris qu'une chanson n'appartient jamais à celui qui l'écrit.
Elle appartient à ceux qui continuent de la faire vivre.
**Fin du premier voyage.**

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CHAPITRE III
L'ŒIL DE DARTAIN
Le voyage depuis Stonebrunt Highlands fut plus long que prévu.
Le vieux Kerra n'avait pas menti.
Il n'avait simplement pas jugé utile d'entrer dans les détails.
Comme beaucoup de vieux Kerra.
Pendant plusieurs jours, Judoo et Gildwin suivirent les indications laissées par l'ancien sage. Leur route les mena finalement jusqu'aux terres étranges des Sundered Frontier.
Là, les forêts cédaient peu à peu la place à des falaises suspendues, des rochers flottants et d'étranges constructions érudites semblant observer le ciel lui-même.
Au sommet d'un promontoire se dressait leur destination.
L'Œil de Dartain.
Un immense observatoire entouré de passerelles, de salles d'étude et d'appareils dont l'utilité demeurait mystérieuse pour quiconque n'avait pas consacré plusieurs décennies à l'étude des phénomènes planaires.
Judoo leva les yeux vers les immenses lentilles orangées.
— Je ne sais pas ce que c'est.
— Ce sont des instruments d'observation.
— Ils observent quoi ?
— Tout.
— Voilà qui manque de précision.
— C'est exactement ce que dirait un érudit.
— Je commence déjà à les apprécier moins.
Ils franchirent les portes de l'observatoire.
À l'intérieur, des dizaines d'érudits allaient et venaient entre les bibliothèques. Certains transportaient des piles de livres plus hautes qu'eux. D'autres consultaient des cartes célestes ou griffonnaient des notes incompréhensibles sur d'immenses parchemins.
L'un d'eux leva brièvement les yeux.
Puis retourna immédiatement à ses recherches.
— Je crois que nous venons d'être ignorés.
— C'est bon signe.
— Pourquoi ?
— Cela signifie qu'ils travaillent.
— Et si nous avions été importants ?
— Ils nous auraient ignorés plus poliment.
Après plusieurs détours, plusieurs couloirs et une discussion particulièrement confuse avec un assistant qui semblait chercher un livre qu'il tenait déjà dans ses mains, les deux bardes furent conduits jusqu'à un érudit âgé assis derrière une table couverte de manuscrits.
L'homme leva les yeux.
— Vous êtes les voyageurs dont parlait le message de Stonebrunt.
— Nous sommes les voyageurs.
— Et vous cherchez une chanson.
— Nous cherchons son origine.
L'érudit poussa un soupir.
— C'est pire.
Judoo échangea un regard avec Gildwin.
— Nous avons déjà entendu cette réponse.
— Je n'en doute pas.
L'érudit referma le livre qu'il consultait.
— Très bien. Que savez-vous ?
— Peu de choses.
— Excellent. Cela nous fera gagner du temps.
Le silence s'installa.
Puis l'homme se leva et parcourut plusieurs étagères avant d'extraire un volume ancien.
Très ancien.
Le genre de livre dont les bibliothécaires surveillent chaque page avec plus d'attention que leur propre santé.
— Le Chant des Frères apparaît ici.
Gildwin se redressa immédiatement.
— Vous le connaissez ?
— Non.
— Ah.
— Personne ne le connaît vraiment.
L'érudit ouvrit le volume.
— Nous connaissons uniquement les références qui en parlent.
— Comme une chanson dont il ne resterait que les commentaires.
— Exactement.
Judoo fronça les sourcils.
— C'est profondément frustrant.
— Vous commencez à comprendre le métier.
Pendant plusieurs minutes, ils étudièrent les passages mentionnés dans l'ouvrage.
Chaque référence menait à une autre.
Chaque piste semblait plus ancienne que la précédente.
Puis Gildwin remarqua un détail.
Un nom.
Toujours le même.
Toujours associé aux témoignages les plus anciens.
— Barren Sky...
L'érudit hocha lentement la tête.
— Voilà enfin une question intéressante.
— Qu'est-ce que cela signifie ?
— Cela signifie que les premiers récits connus ne proviennent pas de Norrath.
Le silence tomba dans la pièce.
Même Judoo cessa de plaisanter.
— Alors où ?
L'érudit referma doucement le livre.
— Dans les îles célestes.
— Les Overrealm ?
— Oui.
— Vous êtes certain ?
— Aussi certain qu'un érudit peut l'être.
— Et cela représente quel niveau de certitude ?
— Suffisamment pour vous faire voyager très loin.
Judoo poussa un long soupir.
— J'espérais quelque chose de plus proche.
— Tout le monde espère cela.
L'érudit retourna s'asseoir.
— Si vous cherchez la suite de votre histoire...
Il posa la main sur le vieux manuscrit.
— ...il vous faudra quitter le monde.
Pendant quelques instants, personne ne parla.
Au-delà des fenêtres de l'Œil de Dartain, les îlots flottants dérivaient lentement dans le ciel des Sundered Frontier.
Gildwin observait l'horizon.
Judoo observait Gildwin.
Et quelque part, très loin au-dessus de Norrath, les îles de Barren Sky attendaient déjà leur arrivée.
À suivre...
gothic tropic