Voici sans conteste le plus célÚbre cabaret de Paris ! Antre du glamour et du burlesque, ses spectacles charment et enchantent depuis plus de 70 ans.
En 1951, Alain Bernardin achĂšte les caves d'un immeuble haussmannien, au n°12 de la trĂšs chic avenue George V, afin d'ouvrir un saloon d'inspiration "western". Deux ans plus tard, un premier spectacle de strip-tease Ă l'amĂ©ricaine y est donnĂ©. PrĂ©sentant des nus partiels, les recettes sont alors reversĂ©es Ă la Fondation AbbĂ© Pierre. Chaque soir, le cabaret permet Ă©galement Ă des artistes plus traditionnels de s'y reprĂ©senter, tels que des magiciens, des ventriloques, mais aussi des chanteurs, au rang desquels un certain Charles Aznavour. Le fondateur, Ă©galement directeur artistique, donne un nom de scĂšne Ă chaque danseuse, tradition perdurant aujourd'hui. Certaines devinrent cĂ©lĂšbres, comme Lova Moor (qui Ă©pousa le maĂźtre des lieux), Polly Underground (dont le bar du Crazy Horse porte dĂ©sormais le nom), ou encore Miss Candida et son fameux bain, inspirant Dita Von Teese quelques cinquante ans plus tard... Dans les annĂ©es 60, les danseuses commencent Ă ĂȘtre habillĂ©es de lumiĂšre, dans une scĂ©nographie originale reconnue dans le monde entier. La frĂ©quentation se dĂ©veloppe avec l'essor du tourisme, puis explose Ă partir de 1968, suite au premier numĂ©ro de nu intĂ©gral. De nombreux artistes participent au prestige de ce que les initiĂ©s commencent Ă nommer tout simplement le "Crazy": DalĂ crĂ©e son canapĂ© en forme de bouche carmine, le sculpteur CĂ©sar rĂ©alise son "Sein" en bronze, d'aprĂšs le moulage d'un sein dâune des danseuses...
Le succĂšs ne se dĂ©mentira jamais, attirant au fil des dĂ©cennies de nombreuses personnalitĂ©s, d'Elvis Presley Ă Giscard d'Estaing, dont certaines participeront mĂȘme parfois au spectacle, comme David Lynch, crĂ©ant le numĂ©ro "Fetish", Christian Louboutin, chaussant depuis 2012 les "Crazy-girls", ou Chantal Thomass, recrĂ©ant la lingerie des danseuses en 2016... Des "guest-stars" de renom s'y produisent aussi parfois: Pamela Anderson et Arielle Dombasle se donnent en spectacle sur scĂšne, tout comme la comĂ©dienne Clotilde Coureau, la mannequin NoĂ©mie Lenoir, la chanteuse transgenre Conchita Wurst, ou encore, Ă plusieurs reprises, une certaine Dita Von Teese... La boucle est bouclĂ©e !
AprÚs 18 mois de fermeture liée au Covid, au cours de laquelle le cabaret a été rénové et réaménagé de fond en comble, le "Crazy" rouvre ses portes, avec nouvelle enseigne à la bouche devenue iconique, hall feutré à la moquette rose, escaliers avec moulages de seins sur les murs, antichambre aux rayures rappellant le saloon d'origine, toilettes pop (avec urinoirs en forme de bouche chez les messieurs), cabine téléphonique mystérieuse... Et bien sûr la salle de spectacle, avec alcÎves privatisables et fauteuils pour couples du meilleur aloi, surtout avec un guéridon recevant un seau à champagne griffé "Crazy Horse"!
Le nouveau spectacle, "Totally Crazy!", alterne les numĂ©ros des danseuses (et d'un danseur, tout de mĂȘme !), avec interludes chantĂ©s par l'artiste belge Georges Bangable, en un show ininterrompu d'une heure trente, dans la plus pure tradition du cabaret. On y dĂ©couvre de vĂ©ritables morceaux de bravoure, comme ce fameux "But I'm a good girl", créé ici-mĂȘme par la danseuse et chanteuse Madeleine Harper, ayant inspirĂ© le personnage incarnĂ© par Christina Aguilera dans le film Burlesque, sorti en 2010. Au Crazy Horse, le corps fĂ©minin trouve son plus bel Ă©crin, les cambrures et les poitrines (critĂšres de sĂ©lection des danseuses), sont magnifiquement mis en valeur par des jeux de lumiĂšre du plus bel effet, les chorĂ©graphies trĂšs inventives Ă©poustouflent, les perruques Ă la frange (reprĂ©sentatives de l'image de marque) virevoltent par-dessus les faux-cils et les lĂšvres rouge sang, les talons-aiguilles claquent sur la scĂšne au rythme d'une musique toujours de bon goĂ»t, les meilleurs gĂ©nĂ©riques de James Bond semblent y prendre vie...Â
Au "Crazy", l'Ă©rotisme n'est jamais vulgaire, car Erato y a rencontrĂ© Terpsichore et Thalie.Â