Question au Conseil permanent des recherches : “ Le médicament que l'on prend contre l'asthme par inhalation annule-t-il ou non le jeûne ? ”
Réponse : Le médicament contre l'asthme qu'utilise le malade par inhalation parvient aux poumons par le conduit respiratoire et non à l'estomac, ce n'est donc pas une nourriture ou une boisson et n'en est pas semblable. C'est plutôt de la même catégorie que tout ce qui parvient à l'urètre, les médicaments par lesquels on soigne les blessures au cerveau et au ventre, le khôl, la piqûre anale et tout autre chose qui parvient au cerveau ou au corps ailleurs que par la bouche ou le nez.
Ce sont des choses sur lesquelles les savants ont divergé quant à la rupture du jeûne suite à leur utilisation. Certains disent que rien de cela n'annule le jeûne lorsqu'on l'on en utilise, d'autres disent que le jeûne est annulé si l'on en utilise certains et pas d'autres mais tous sont d'accord sur le fait que l'utilisation de quoi que ce soit de cela n'est pas désignée comme nourriture ou boisson. Toutefois, ceux qui penchent pour la rupture du jeûne suite à leur utilisation ou une partie considèrent leur jugement comme tel car tout cela parvient à l'estomac volontairement.
Car le Prophète صلى الله عليه وسلم a dit :
« ... et abonde dans l'inspiration d'eau par le nez (durant les ablutions) sauf si tu es en état de jeûne. » (1)
Ainsi, il صلى الله عليه وسلم exclut le jeûneur de cette règle de peur que l'eau n'arrive à sa gorge ou son estomac suite à l'inspiration abondante d'eau, ce qui annulerait le jeûne. Ceci prouve que tout ce qui parvient à l'estomac volontairement annule le jeûne.
Ceux qui ont jugé que le jeûne n'est pas rompu suite à cela, tels que le Sheikh de l'Islam Ibn Taymiyya et ceux qui sont d'accord avec lui, ne considèrent pas que ces choses peuvent être comparées véritablement à la nourriture et la boisson, car rien dans les preuves n'indique que le jeûne est rompu suite à ce qui parvient au cerveau ou au corps, ce qui pénètre par un orifice ou parvient à l'estomac. De plus, aucune preuve légale ne permet de considérer l'un de ces critères comme valable pour annuler le jeûne. Considérer cela du même ordre que l'eau qui parvient à la gorge ou à l'estomac suite à une inspiration abondante n'est pas non plus correct car il y a une différence. En effet, l'eau nourrit, ainsi si elle parvient à la gorge ou à l'estomac, le jeûne est annulé, que cela pénètre par la bouche ou le nez car chacun n'est qu'un conduit uniquement. C'est pourquoi le jeûne n'est pas annulé par la simple « gargarisation » ou inspiration d'eau sans abondance, cela n'est pas non plus interdit.
La bouche, en tant que conduit, est un critère comme toute sans la moindre influence. Si l'eau ou autre parvient par le nez, ce sera pareil que si cela provenait de la bouche. C'est aussi un conduit utilisé parfois pour se nourrir, donc avec la bouche ils sont identiques.
Ce qui apparaît est que le jeûne n'est pas annulé en utilisant ce médicament par inhalation selon ce que nous venons de voir, à savoir que ce n'est pas du même ordre, de quelque façon que ce soit, que la nourriture et la boisson.
(1) Rapporté par Ahmad, al-Bukhârî dans al-Adab al-Mufrad, Abû Dâwud, al-Tirmidhî et d'autres avec une chaîne de transmission authentique.