PS 38 : vers une annĂ©e horrible de plus (06/10) ? JusquâoĂč peut aller la chute du PS en IsĂšre ? Mars 2014, câest la perte de Grenoble. Puis mars 2015, câest la perte du DĂ©partement. Et dĂ©cembre 2015, câest la dĂ©faite Ă la RĂ©gion. Mais avec le printemps 2016, une Ă©tape nouvelle est encore franchie avec des tirs sur la permanence PS et avec lâannulation de nombreuses rĂ©unions militantes par peur dâintrusions de militants de Nuit Debout en colĂšre contre la loi Travail. De âpropriĂ©taire du pouvoirâ dans lâIsĂšre, le PS est passĂ© au statut de âprĂ©caire apeurĂ©â vouĂ© Ă se faire trĂšs discret. Et le tout en 2 ans. Deux annĂ©es horribles marquĂ©es par 3 poins communs.
Tout dâabord, le PS avait perdu lâhabitude des campagnes Ă©lectorales. Il sâĂ©tait fait Ă lâidĂ©e de gagner sans faire campagne. Il a dĂ©couvert comment perdre sans faire campagne câest Ă dire sans dĂ©fendre son bilan ni faire vivre une opposition rĂ©elle Ă ses concurrents. A Grenoble, il pensait contenir le âtrain bleuâ car le PS considĂšre que sa droite est totalement dĂ©monĂ©tisĂ©e. Mais il nâa pas vu arriver le âtrain vertâ et le PS est restĂ© sur le quai de la gare.Â
Ensuite, le PS va dĂ©couvrir les campagnes Ă©lectorales avec les seuls militants bĂ©nĂ©voles. Câest un changement pratrique considĂ©rable par rapport aux annĂ©es fastes du pouvoir quand les notes techniques pleuvent Ă©manant des membres des cabinets et des services.
Enfin, il y a le feu de la lutte des gauches. Un feu permanent. Le PS pouvait perdre avec toute la gauche. Le PS a perdu mais sa gauche a gagnĂ©. Câest donc une compĂ©tition interne nouvelle. Et sa gauche a gagnĂ© Grenoble câest Ă dire le symbole le plus fort du PS en IsĂšre.Â
Sur ce socle, que peut-il advenir ? 4 hypothĂšses dans lâagglomĂ©ration grenobloise :
1) Michel Destot reprend le leadership local avec une belle victoire aux lĂ©gislatives : il sâimpose comme celui qui ânâaurait pas Ă©tĂ© battu en mars 2014 sâil avait Ă©tĂ© candidatâ et qui peut construire les bases nouvelles dâune large union locale pour 2020.Â
2) La concurrence gronde pour les investitures pour les lĂ©gislatives 2017 et la nouvelle gĂ©nĂ©ration qui a beaucoup patientĂ© montre quâelle nâa plus la volontĂ© de rester dans la salle dâattente. Olivier VĂ©ran, Olivier Noblecourt Fabrice HugelĂ© notamment mais aussi tant dâautres disputent les investitures pour les lĂ©gislatives et les votes internes deviennent incertains.
3) le PS sâinstalle dans une logique de seconde position au sein des forces de gauche dans lâagglomĂ©ration grenobloise. Lors des rĂ©gionales de dĂ©cembre 2015 (dernier vote), le PS a fait 30 % sur Grenoble. Les Verts ont fait 21 %. La gauche de la gauche a fait 5 %. Il y a 5 Ă 6 points dâĂ©cart entre les âdeux gauchesâ. Avant les lĂ©gislatives, la prĂ©sidentielle va passer. La âgauche radicaleâ (JL MĂ©lenchon) pourrait prendre du poids face Ă une âgauche molleâ (Hollande). Sur des bases post-prĂ©sidentielles, la concurrence pourrait ĂȘtre trĂšs forte entre ces deux sensibilitĂ©s.Â
4) LâĂ©clatement total : câest le schĂ©ma du pire. Les attentats reprennent de plus belle Ă la rentrĂ©e. La candidature Hollande sâĂ©loigne tant elle est vouĂ©e Ă la catastrophe Ă©lectorale. La tendance sociale-libĂ©rale (Macron) ne veut pas sauter 2017 et le PS version traditionnelle Ă©clate totalement. Câest un scĂ©nario peu probable tant il semble suicidaire. Mais depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ , les Ă©lĂ©ments passionnels ou personnels semblent avoir pris tant de poids au sein du PS que rien ne semble Ă exclure ...
Par consĂ©quent, comme dans toutes les phases de dĂ©sĂ©quilibres des pouvoirs classiques, câest un rĂ©el nouvel Ă©quilibre qui est Ă construire pour le PS dans des circonstances particuliĂšrement incertaines.