« Quand il arrive qu'une société a surmonté des périls nombreux et graves, quand elle a acquis une puissance et une domination incontestables, de nouveaux facteurs entrent en jeu. La prospérité s'installe dans la société et la vie s'oriente vers le luxe. Les hommes deviennent ambitieux et rivalisent pour obtenir les magistratures et autres distinctions. À la longue, l'aspiration aux honneurs et les protestations de ceux qui se voient évincés, l'orgueil et le luxe entraîneront la décadence. Les masses du peuple seront responsables de la crise. Elles seront enflées de vanité et flattées de tromperies démagogiques. Excitées et mises en mouvement, elles ne voudront plus persister dans l'obéissance ni rester dans les limites de la loi imposée par les patriciens. Après quoi la constitution aura le plus beau nom qui soit : liberté et démocratie. En fait, ce sera la pire possible, c'est-à-dire le règne des masses. »
— Polybe, "Histoires, VI, 3-9" (Les Belles Lettres, Paris).











