L’amour est une envie de se noyer, une tentation de la profondeur, en cela, il ressemble à la mort.
- Emil Cioron
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L’amour est une envie de se noyer, une tentation de la profondeur, en cela, il ressemble à la mort.
- Emil Cioron

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« Où se tourner pour trouver quelque chose de propre ? De quelque côté qu’on pose les pieds on marche sur la merde. Nous allons encore descendre longtemps dans cette latrine. On deviendra si bête d’ici à quelques années que, dans vingt ans, je suppose, les bourgeois du temps de Louis−Philippe sembleront élégants et talons rouges… Ah ! les tyrannies ont cela de bon qu’elles réalisent au moins bien des vengeances impuissantes. Je suis si harassé par la bêtise de la multitude que je trouve justes tous les coups qui tombent sur elle. »
— Gustave Flaubert, "Lettres à Louise Colet", 1852–1853
« Obermann représente la sensibilité maladive monstrueusement isolée en l'absence d'une volonté avide d'action. C'est la rêverie de l'impuissance, la perpétuité du désir ébauché. Ses lettres sont un chant triste et monotone sur lui-même, sur sa grandeur invisible, irrévélable, sur son irrémédiable faiblesse. « J'ai connu l'enthousiasme des vertus difficiles, dit-il; je me tenais assuré d'être le plus heureux des hommes si j'en étais le plus vertueux... l'illusion a duré près d'un mois dans sa force. » Désabusé de l'enthousiasme, vieilli de bonne heure par le contact insupportable de la société, Obermann se retire sur les Alpes pour gémir seul au sein de la nature. Cette âme tôt flétrie ne reprend un peu de vie qu'au sein de la solitude, en face des grands spectacles alpestres. L'idée rousseauiste: l'antithèse de la société et de la nature, l'une menteuse et cruelle, l'autre maternelle et consolatrice, est traitée ici dans une note grisaille et terne qui convient bien à cette sensibilité épuisée et à cette vie déclinante. L'individualisme d'Obermann procède de son pessimisme intime. C'est un reploiement douloureux sur soi, une fuite apeurée du monde, une abstention sociale faite de lassitude, de dégoût, de défiance des autres et de soi-même. C'est un individualisme passif, oisif, contemplatif, qui jouit de lui-même, trouvant que l'éloignement de la société est déjà un assez grand bien. »
Georges Palante - Pessimisme et individualisme
Toen ik ooit lesgaf, poëzie, aan jongens die daar helemaal niet om gevraagd hadden, was de eerste vraag: moeten we dat kennen voor het examen? Nee, voor het leven, zei ik. En de tweede vraag was: waartoe dient dat dan? Ik vond dat een erg domme vraag, en probeerde kwaadaardig te onthouden wie ze gesteld had. Poëzie dient namelijk nergens toe, en dat is op zich al een verdienste. Deze wereld wordt verpest door zijn utilitarisme, als iets niet meer meteen winstgevend is, deugt het niet. Dus leve het nutteloze. Waartoe dient een wandeling door het bos? Hoeveel is dat waard? Wat mag zo'n bos kosten? Hoeveel kost stilte? Precies de nutteloosheid van poëzie is een protest tegen al wat in deze wereld aan de orde is. Dit is een maatschappij van hebben. Poëzie hoort tot het rijk van het zijn.
Herman de Coninck, Over de troost van pessimisme
ÇA VA EMPIRER

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« Je refuse de partager l'inertie et le pessimisme universels. Je suis de ceux qui seront abattus en dansant. »
Anaïs Nin
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« Si elle n’a pas pour but immédiat la douleur, on peut dire que notre existence n’a aucune raison d’être dans le monde. Car il est absurde d’admettre que la douleur sans fin qui naît de la misère inhérente à la vie et qui remplit le monde, ne soit qu’un pur accident et non le but même. Chaque malheur particulier paraît, il est vrai, une exception ; mais le malheur général est la règle. »
——
Arthur Schopeanhauer, Les douleurs du monde, traduit par J. Bourdeau
Ce n'est que dans la perspective de cette utopie que les notions de pessimisme et d'optimisme ont un sens : l'optimiste, c'est celui qui se figure que l'histoire humaine sera moins sanglante sur la planète numéro cinq. Le pessimiste, c'est celui qui ne le croit pas.
Kundera (L’insoutenable légèreté de l’être)