La plupart des universitĂ©s n'ont pas la culture d'un centre de coĂ»ts. Or, si on est autonome, si on gĂšre son budget, on est un centre de coĂ»ts et un centre de profits. Il faut qu'elles acquiĂšrent cette culture [...] Il faut savoir formater une offre et faire payer les factures. Et ne pas considĂ©rer que, lorsqu'on fait une prestation pour l'hĂŽpital ou le CNRS, elle doit ĂȘtre gratuite parce qu'on fait partie du service public !
GeneviĂšve Fioraso, ministre de l'Enseignement supĂ©rieur, 21 janvier 2014. La rĂ©forme PĂ©cresse a ouvert la boĂźte de la libĂ©ralisation et son successeur, celle-lĂ mĂȘme qui anglicise l'enseignement supĂ©rieur,  s'y engouffre sans Ă©tat d'Ăąme.
Demain la hausse drastique des droits d'inscription et la multiplication des chaires "parrainĂ©es" par les multinationales achĂšveront de bouleverser un modĂšle français qui, s'il a depuis longtemps besoin d'une rationalisation, repose sur des fondements de service public d'intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral qu'il serait dangereux d'abandonner Ă la logique de la rentabilitĂ© pure.
Ensuite, demain peut-ĂȘtre, une prochaine Fioraso viendra nous expliquer qu'il est socialement plus Ă©quitable de dĂ©cupler les frais d'inscription Ă l'universitĂ© car cela fera supporter la charge que reprĂ©sente cette derniĂšre, non plus Ă la collectivitĂ© de maniĂšre indistincte mais Ă ceux qui profitent effectivement de ses enseignements. Les familles des catĂ©gories moyennes et supĂ©rieures â majoritairement reprĂ©sentĂ©es Ă l'universitĂ© âpourront toujours faire des emprunts et le bourses assureront le financement des frais pour les quelques rejetons de prolĂ©taires Ă©garĂ©s dans les amphithéùtres ou amenĂ©s lĂ par le jeu des programmes de discrimination positive.