Je suis l'Empire à la fin de la décadence, Qui regarde passer les grands Barbares blancs En composant des acrostiches indolents D'un style d'or où la langueur du soleil danse.
L'âme seulette a mal au coeur d'un ennui dense. Là -bas on dit qu'il est de longs combats sanglants. O n'y pouvoir, étant si faible aux voeux si lents, O n'y vouloir fleurir un peu de cette existence!
O n'y vouloir, ô n'y pouvoir mourir un peu! Ah! tout est bu! Bathylle, as-tu fini de rire? Ah! tout est bu, tout est mangé! Plus rien à dire!
Seul, un poème un peu niais qu'on jette au feu, Seul, un esclave un peu coureur qui vous néglige, Seul, un ennui d'on ne sait quoi qui vous afflige!
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I am the Empire in the last of its decline, That sees the tall, fair-haired Barbarians pass,--the while Composing indolent acrostics, in a style Of gold, with languid sunshine dancing in each line.
The solitary soul is heart-sick with a vile Ennui. Down yon, they say, War's torches bloody shine. Alas, to be so faint of will, one must resign The chance of brave adventure in the splendid file,--
Of death, perchance! Alas, so lagging in desire! Ah, all is drunk! Bathyllus, hast done laughing, pray? Ah, all is drunk,--all eaten! Nothing more to say!
Alone, a vapid verse one tosses in the fire; Alone, a somewhat thievish slave neglecting one; Alone, a vague disgust of all beneath the sun!
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Langueur
Paul Marie Verlaine  1844-1896
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Graphic - Jean-Pierre Cassigneul  (B.1935)
















