Armoire et Tartine, une histoire de testostérone et de combat de fronts
LĂ , t'as le mec juste avant moi, une armoire avec une bonne tĂȘte d'agglo qui lui dit : arrĂȘte de foutre le bordel. L'autre, visiblement beurrĂ© comme une tartine : quoi, qu'est-ce que tu me parles lĂ toi ? L'armoire le prĂ©vient, si tu fermes pas ta gueule tu vas t'en prendre une, la tartine qui dit bah viens, viens m'en mettre une. Ăa dure une minute entre celui qui dit je vais te taper et celui qui dit tape moi. LĂ t'as l'armoire qui va coller son front au front de l'autre qui fait plus trop le malin et qui bĂ©gaie comme un perdu avec ses litres d'alcool dans le sang qui se mĂ©langent Ă l'adrĂ©naline. Je commence un peu Ă avoir envie que ça se tape quand j'entends la caissiĂšre appeler la sĂ©curitĂ© dans son micro. Le grand, ça lui remet les idĂ©es en place. Personne n'arrive alors je me demande si c'Ă©tait pas du bluff le coup de la sĂ©curitĂ©.
Il revient devant moi, je me sens un peu coconne avec ma salade en sachet dans les mains et ma déception sordide de pas avoir assisté à un combat de coq. J'ai jamais compris le délire du front à front, c'est beaucoup d'intimité, je me dis que les mecs ne savent plus quoi inventer pour se comparer la bite mais ok. Quand l'armoire passe à la caisse et rÚgle son flacon de petit marseillais et son basilic ducros qui se décarcasse, il fait une remarque du genre c'est de pire en pire, un truc un peu vieille france alors qu'il n'a pas 30 ans. Je pose ma salade et je dis bonjour à la caissiÚre et je dis eh ben, ils sont chauds là les gars.
Elle me dit oui, je fais mĂȘme plus attention.
Je paye et elle ajoute, c'est un bidasse le grand. J'adore qu'elle dise bidasse. Mon pĂšre c'Ă©tait un bidasse aussi sauf qu'il faisait pas du front Ă front. Je dis, ah oui, la coupe de cheveux ça fait bidasse. LĂ je lui tends mon billet de 5 et je dis bonne journĂ©e, bon courage. Elle dit ça me passe au dessus de la tĂȘte tout ça. J'ai regardĂ© autour de moi en sortant des fois qu'ils soient en train de se terminer dans un coin. Je pense que la tartine s'est barrĂ© fissa pour pas que ça se finisse par une grosse mandale. Faut quand mĂȘme ĂȘtre con pour passer une minute Ă dire : je vais te taper, ben viens, je vais t'en mettre une, bah vas-y
Tout ça pour faire un combat de fronts avec les masques sous le nez.
Mais je reconnais qu'il faut sĂ»rement ĂȘtre aussi un peu con pour sortir les pop corn et se rĂ©jouir d'une embrouille.












