Comment vivre lorsque l’extinction (de l’espèce, du monde, de la culture…) n’est plus un thème de science-fiction, mais fait la manchette des quotidiens ?
Chaque époque a sa conception de l’apocalypse. La nôtre se trouve dans le cahier  « mode de vie » du samedi.
Pourtant, se pourrait-il que la Fin donne du sens à l’existence dans un monde où la guerre et les catastrophes orchestrées par les humains sont des menaces constantes ? Le récit est depuis longtemps la meilleure façon que les humains ont trouvé pour tenter de faire de l’ordre dans le chaos. Exposition,  développement, chute et Fin qui donne son sens à l’histoire.
Le mot de la Fin, la Fin justifie les moyens, toute bonne chose a une Fin, qui veut la Fin veut les moyens…
La Fin a perdu son imminence naïve décrite dans les  mythes passés. Mais son ombre continue de s’étendre sur les crises politiques et les scénarios de nos fictions. Dans notre culture, la Fin imminente est immanente, l’art une quête eschatologique, chaque roman une littérature apocalyptique.
L’anxiété devant l’apocalypse n’est plus une tragédie intérieure, mais une comédie quotidienne. Une comédie dont les accessoires, pouvoir, argent, célébrité, ressources, même l’air sont épuisables. Le récit du monde contemporain s’articule autour de la précarité.
Si chaque époque a sa propre version de l’apocalypse, la nôtre ne peut être reléguée au futur. La Fin rampe furtivement parmi nous, se conjugue au présent, et nous force à constater qu’un endroit agréable pourrait rapidement devenir invivable.
(ref : Dan Zak)














