Vie privée, on t'aime toujours, jurent les fondateurs de WhatsApp
Les crĂ©ateurs de WhatsApp le promettent, ils restent attachĂ©s Ă leur modĂšle, Ă savoir offrir un moyen de communication aux individus et dĂ©sormais aussi aux entreprises. Toutefois, toujours avec Ă lâesprit la confidentialitĂ©.
Jan Koum et Brian Acton se sont efforcĂ©s de faire passer le message Ă lâoccasion dâune confĂ©rence technologique organisĂ©e par le Wall Street Journal, le WSJ.D Live. Alors oui, ils font rentrer les entreprises dans lâapplication mobile de communication entre individus, mais il sâagit avant tout dâune nĂ©cessitĂ© et dâune demande.
Pas de spam et vie privée préservée, juré
 « Je nâai jamais rencontrĂ© quelquâun qui soit mis en attente et qui soit heureux Ă ce sujet » a dĂ©clarĂ© Koum. « Si nous pouvons appliquer les communications aux entreprises, la vie des gens en sera largement amĂ©liorĂ©e. »
Acton a ajouté: « Il y avait une demande latente. Cela veut dire que nous avons vraiment besoin de construire cela. »
A quoi ressembleront potentiellement ces messages Ă©manant dâentreprise ? Une banque pourra par exemple diffuser un avertissement au sujet dâune transaction frauduleuse. Un utilisateur pourra Ă©galement ĂȘtre informĂ© du retard de son vol. PrĂ©sentĂ© ainsiâŠ
Mais voilĂ , pour rendre ce service rĂ©el, WhatsApp partage les numĂ©ros de tĂ©lĂ©phone de ses utilisateurs avec sa maison-mĂšre, Facebook, dont la rĂ©putation en matiĂšre de respect de la vie privĂ©e est loin dâĂȘtre sans tĂąche.
Cette Ă©volution nâallait pas de soi. Deux ans plus tĂŽt, Ă lâoccasion du rachat de WhatsApp, ses dirigeants comme ceux de Facebook promettaient, la main sur le cĆur, que la confidentialitĂ© des donnĂ©es resterait une valeur centrale. Il est permis dâen douter dĂ©sormais.
Des donnĂ©es personnelles ? Nous en avons tellement peu dâabord
Koum et Acton promettent cependant que la vie privĂ©e des utilisateurs de WhatsApp nâest pas remise en cause et quâil ne sâagit en aucune façon de leur envoyer du spam. Plusieurs autoritĂ©s de protection europĂ©ennes ont visiblement suffisamment de doutes Ă ce sujet pour justifier lâouverture dâune enquĂȘte. LâAllemagne a mĂȘme exigĂ© la fin de la collecte de ces donnĂ©es par Facebook.
A sa façon, Jan Koum tente de rassurer. « On nâa jamais vraiment eu beaucoup dâinformations sur nos utilisateurs, pour commencer » dĂ©clare-t-il. « On nâa jamais demandĂ© Ă nos utilisateurs leurs noms, leur sexe, leur Ăąge ou leur lieu de rĂ©sidence. Et donc, ce nâest pas comme si nous sommes assis sur une mine dâinformations. »
WhatsApp peut-ĂȘtre pas, mais Facebook oui. Et en croisant les donnĂ©es du rĂ©seau social avec celle de lâapplication mobile, le gĂ©ant peut espĂ©rer en apprendre encore plus sur ses utilisateurs et monĂ©tiser ce savoir. En outre, parmi les donnĂ©es transmises Ă Facebook figurent Ă©galement les carnets de contacts des utilisateurs. Pour le rĂ©gulateur allemand, câest tout simplement une violation de la protection des donnĂ©es.
« Nous avons toujours construit notre systĂšme de maniĂšre Ă dĂ©tenir aussi peu dâinformations sur nos utilisateurs que possible » prĂ©fĂšre nĂ©anmoins retenir Koum. Les deux fondateurs de WhatsApp assurent enfin que leur entreprise continue dâopĂ©rer de façon indĂ©pendante.
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