Cartel diseñado para el evento de presentación de las novelas "Resquicios" de Mariano Zurdo y "Memorias del cementerio" de José Naveiras
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Evohe Skincare
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Ahhh o frio trazendo a elegĂąncia novamente para nossas vidas đđđ #social #frio #outono #winter2017 #evohe

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E hoje Ă© dia de agradecer tudo oque foi feito e colhido na Ășltima roda. Dia de celebrar as conquistas mesmo que pequenas e de fazer aquele jantar especial e sentir o quanto nos superamos nas lutas do Ășltimo ano. Seja grato aos Deuses pelos caminhos alcançados , as guerras vencidas, as liçÔes aprendidas e ao fato de conquistar aquilo que lhe pareceu impossĂvel e mesmo assim vocĂȘ lutou e conquistou. #bessedbe #evohe #bençao #agradecimento #honra #luta
# 60 - â...droit vers la  hauteurâ
Montagnes : Ă©normes mouvements incarnĂ©s, pures manifestations de la violence terrestre... Sursauts, rehauts, rires figĂ©s juste avant de disparaĂźtre... Grandeur faite chair... Comment ne pas ĂȘtre comme Ă©touffĂ© de beautĂ© devant lâĂ©normitĂ© rayonnante dâune chaĂźne comme celle des Alpes, devant la magnificence du Mont-Blanc, de ses crĂȘtes toujours enneigĂ©es, de la puissance retenue de ses glaciers dâun bleu lactĂ© ? Comment avons-nous pu considĂ©rer quâil nous Ă©tait permis dâen creuser les entrailles pour y faire un tunnel â et dâen monnayer lâaccĂšs ? Sans doute faut-il nâavoir ni dieu ni maĂźtre, sans doute fallait-il, et faudrait-il encore davantage, nous affranchir des prisons et des stĂ©rilisations de lâesprit que nous imposent les religions, plus violemment encore que les Ă©tats ; mais nous couper Ă ce point de la force forte du monde quand il sâexclame purement, ĂȘtre si sĂ»rs de nous, ĂȘtre si forts dâorgueil et de bĂȘtise que nous nous imaginions autorisĂ©s Ă faire nâimporte quoi, dĂ©considĂ©rer quâil puisse y avoir du numineux dans ce qui nous entoure, et quâil nous faille nous faire tout petit face Ă cet Ă©norme Tout â quelle tristesse, quel crime... Que les Ćuvres des hommes nous aient oppressĂ©s et quâil soit souhaitable de nous en dĂ©faire â bien sĂ»r ! Mais que rien ne vaille, que tout puisse ĂȘtre foulĂ©, Ă©crasĂ© et mĂ©prisĂ© â non.
MĂąle ou femelle, une chose qui nous dĂ©passe, une divinité a pris la forme du Mont Blanc ; et, mĂąle ou femelle, chaque mont est le corps dâune chose divine, dâun chose dĂ©passante... Flanc de roche Ă nu, zones dâĂ©boulis tranchĂ©es de torrents, pentes plus douces plantĂ©es de pin (rĂ©sine merveilleusement odorante) ; et ces crĂąnes pelĂ©s, dĂ©coupĂ©s de dents acĂ©rĂ©es sur lesquels les nuages se dĂ©chirent... Il y a des âdieuxâ partout, ici, des petits et des grands, des mĂąles  et des femelles â qui rĂŽdent et courent et caracolent, qui grondent et hurlent et rient, Ă peine repoussĂ©s par la prĂ©sence des hommes (rĂ©duite, de toute façon, Ă de petits villages reliĂ©s par dâĂ©troites routes). Certains, sous la forme de chevreuils couronnĂ©s de feuilles, sont mĂȘme si bien disposĂ©s Ă notre Ă©gard quâils nous visitent au cours dâune randonnĂ©e, et au lieu de sâenfuir, nous regardent dâun Ćil noir et doux dâanimal curieux. âPANâ, le Tout quand il bande, souffle dans ses cornes, et rit de nous voir tant peiner pour gravir ; ParvatĂź-Shiva dĂ©truit perpĂ©tuellement, gĂ©nĂ©reux/se, ce quâ(il)le crĂ©e ; Dionysos met dans le cĆur des pierres des envies cannibales, et fait voler des papillons... Et lâon monte encore, transportĂ© par ce quelque chose impossible Ă nommer, appelĂ© par le son, la magnifique musique qui sourd des sommets. On laisse derriĂšre soi les forĂȘts sĂšches et lâon entre dans les alpages oĂč mille fleurs poussent â blanches, jaunes, mauves, oĂč le vert est trĂšs tendre, et oĂč rien ne nous sĂ©pare plus du ciel ouvert devant nous immense et pur, et lâon continue dâavancer : le sommet est encore loin. Lâair se rafraĂźchit, le vent sâoppose Ă nous â mais calmement, comme par espiĂšglerie, sans mauvaise intention, avec la mĂȘme joie qui lui fait agiter les clochettes des fleurs. Les cailloux glissent sous nos semelles, il faut franchir des rus. En contrebas, au fond de la combe, les eaux de retenue sont encore claires, dâun bleu magnifique, turquoise-Ă©meraude pĂąle â malgrĂ© les immenses cumulus qui occultent dĂ©sormais les pics adverses, cĂŽtĂ© sud. Et lâorage nous tombera dessus quelques minutes aprĂšs que nous ayons atteint ce petit lac translucide, nichĂ© dans un cirque rocailleux, au milieu des tas de neige qui ne fondent pas, mĂȘme en juillet ; un orage comme une grimace courroucĂ©e et un ultime pied de nez : pluie de petits grĂȘlons coupant comme des tessons de silex. Alors, aussi vite que nos jambes fatiguĂ©es nous le permettront, nous fuirons ces hauteurs dĂ©sertes, effrayĂ©s pour nos vies, et les dieux de la montagne, une derniĂšre fois, se moqueront de nous : Ă mi chemin de la vallĂ©e, au loin, un moment de soleil dĂ©chirera le ciel de plomb, et des rayons dorĂ©s tomberont sur un glacier. Oh, Pure Merveille !
Il rĂšgne ici une Ă©trange tranquillitĂ© inquiĂšte : quand leurs frĂšres des vallĂ©es Ă©talent sans retenue leurs champs de blĂ©s sous le soleil puissant, et sculptent les dĂ©clivitĂ©s pour y planter des vignes, et hissent toujours plus haut leurs tours, les gens dâici vivent humbles, doucement. Peut-ĂȘtre, Ă©crasĂ©s quâils sont par toutes ces roches dressĂ©es et ces nuages compactĂ©s, y sont-ils forcĂ©s. Peut-ĂȘtre est-ce parce quâils habitent plus prĂšs du ciel. Peut-ĂȘtre est-ce parce quâils savent que tout peut basculer dâun instant Ă lâautre : quâun sommet peut se dĂ©tacher et sâabattre sur eux. Ou peut-ĂȘtre, au contraire, est-ce cette BeautĂ© Ă©vidente, numineuse mais lumineuse, au sein de laquelle ils coulent leurs jours, qui les rend si patients, silencieux, et hospitaliers : on ne vit pas intact au contact dâun tel Tout, on est forcĂ© de se mettre au diapason. Ici, on vous accueille, on parle votre langue, on veut votre amitiĂ©, votre confort, votre repos ; on vous demande si tout va bien, on remplit votre verre, on vous ressert du risotto, gĂ©nĂ©reusement, copieusement. Les petits clochers sonnent pour marquer les heures, et les quarts entre, jusquâĂ ce que la nuit tombe. Et lâon vous souhaite le sommeil bon.
Oh, gravir, se hisser â mais Ă la force de ses jambes, en tirant sur ses cuisses, ses genoux, ses mollets : monter si haut, ainsi, transforme : rabaisse et Ă©lĂšve Ă Â la fois. A mesure que lâon monte, on sent fleurir en soi le mĂȘme Ă©lan, la mĂȘme poussĂ©e qui a soulevĂ© ces masses de roches, dressĂ© ces pics, formĂ© ces monts. On devient masse et tout petit, on re-bouillonne, on se reconnecte : Ascension, ascension ! On revient au principe, au pur, Ă lâessentiel : ĂVOHĂ !
Oh, Monts, faces/formes Ă©crasantes, danger : chaque glissĂ©e, mĂȘme figĂ©e et recouverte dâherbe, rappelle Ă quel point nous sommes exposĂ©s, infimes, combien notre existence est prĂ©caire, menacĂ©e. Et pourtant : oh, Montagnes, pentes et sommets, sources cristallines auxquelles appliquer sa bouche et boire, odeurs des plantes, sĂšve et pollens, couleurs, lait : accueil aux bras grands ouverts, puretĂ© du don permanent, beautĂ© bleue et gratuite, ne demandant quâĂ sâoffrir !
... Matin brĂ»lant. Ciel lavĂ© oĂč tournoie un rapace, oĂč paissent des nuages placides. Roches noires dans lâombre, pentes vert cru, falaises grises, zones de neiges Ă©ternelles : taches blanches... Crissements des sauterelles et des criquets dans les pelouses sĂšches... Tuiles de pierre chauffĂ©es par le soleil... Au loin aboie un chien... Et les amis reviennent... Il est temps de redescendre... âDroit vers la vallĂ©e...â
(25 juillet 2016Â â Val dâAoste â A mes trois camarades.)
Et derriĂšre est lâĂ©tĂ©, orageux quand il faut â mais lumiĂšre et chaleur, invitant au partage : Lâarbre joue Ă jaillir quand il trouve son sol ! Le blĂ© rit de roussir quand il sâouvre au soleil ! Lâoiseau aime la branche et y tresse son nid ! Sur le quartz le rayon se souvient quâil est corps ! Une fleur devient miel dĂšs quây tombe une abeille ! Le lierre aime le tronc ! Le vin coule du fruit ! Le bois ouvre le roc et le roc le reçoit ! Le pluie aime le sec ! Le sec aime la pluie ! Tout est beau de sâunir, de cĂ©lĂ©brer ses noces, avec lâinverse en face, avec qui nous complĂšte : Le mercure et le soufre, et le sable et la mer, La montagne et la brume, et le sucre et le sel, Le soleil et la lune, et le Vert et le Rouge ! EvohĂ© ! EVOHE ! Il est temps de sâouvrir et dâatteindre cet autre Ă portĂ©e de nos doigts, attendant quâon lâaccueille : Deux ĂȘtres se croisant demeureront entiers en dĂ©pit des frimas, des alĂ©as retors, tant quâune mĂȘme envie, quâune mĂȘme poussĂ©e les nourrira et les liera â quâils sâaileront !
T.T.d.F. - Invocation Ă Dionysos (Cantique pour les noces dâA. & B.) - extrait.