FRESQUE: cadre et paysage
I. HABITAT
Ile d’argile et de cuivre, l’Ethernel s'élève dans toute son extravagance au milieu d’une infinie mer de sable. Entre ciel et terre, elle touche les nuages du bout de ses fenêtres et enterre ses galeries sous-terraines dans les dunes. Sa forme de cocon cuivré et les nuées d’insectes qui peuplent ses murs lui valent l’affectueux surnom de ‘‘Chrysalide’’.
Cette étrange silhouette, elle l’a doit surtout à ses tours tordues, ses petites maisons biscornues et ses engins volants saugrenus, reliés les uns aux autres par un réseau de ruelles tortueuses, d’escaliers accidentés et de ponts aériens insensés. La forteresse est un étrange patchwork disparate de couleurs et de difformités.
Pourtant loin d’être aussi désorganisée que son allure ne le laisse penser, la ville se découpe en trois zones, classées selon leur hauteur: Extase, Accalmie, Méandres. Plus on en grimpe les étages, plus les édifices brillent de finesse et de lumière. Au contraire, plus on s’approche du sol, plus l’air encombré par la poussière assombri les frêles bâtisses.
II. DESERT
Le désert, appelé la Fournaise, déploie ses dunes meurtrières. Le sable s'étale à perte de vue. Par sa faute, la planète est devenue aride, infertile et impraticable. D'une trop faible densité, presque rien ni personne, à l’exception de l’Ethernel, ne peut s'y aventurer sans s'y enfoncer. Les sables mouvants avalent inéluctablement tout ce qui passe à leur portée.
Pour sauver son corps de la dune, il faut constamment avancer à vitesse élevée. Les gratte-ciels, les océans et les forêts ne peuplent donc plus que les berceuses pour enfants. Puisque les plantes ne poussent plus à même le sol, elles sont abritées et préservées dans de grandes serres et de petites pots à bord de l’îlot - la tradition veut que chaque habitant veille sur au moins un représentant de cette précieuse flore.
Heureusement, quelques rares parcelles de terrain se distinguent de ces terres désertiques et affamées. Bien plus solides, les Rocheuses sont dispersées dans le paysage, semblables à de minuscules îlots de pierre s'extirpant du désert. Il est facile de les déceler puisque, contrairement à la plupart des dunes qui s'habillent d'un jaune clair et lumineux, ces refuges compacts arborent des nuances marrons et noires. Il n’est d’ailleurs pas rare d’y découvrir quelques ruines d’un passé égaré.Â
III. CIEL
Perché sur sa voûte céleste, le Soleil est le nouveau roi d'un été éternel entrecoupé de pluies torrentielles. Parfois, l’astre refuse de se coucher pendant plusieurs jours d'affilée. D'autres fois, il ne daigne même pas se montrer, condamnant le monde à l’obscurité - le pire cauchemar que la citadelle puisse imaginer. La nuit, objet de terreur, dévoile pourtant une voie lactée qui irradie de couleurs au côté d’une imposante Lune. Les aurores boréales dévoilent même régulièrement l'incroyable éclat coloré de leur ballet synchronisé.
Malheureusement, une poignée de tempêtes de sable baptisées les Déferlantes, reliquats de l’apocalypse, menacent le calme et l’harmonie de cet été éternel. Rares mais fatales, elles suivent les chemins que tracent les vents, ce qui permet aux spécialistes d'en prédire vaguement la trajectoire.
Aux yeux des plus superstitieux, c’est pourtant le petit peuple des insectes et des invertébrés, derniers êtres-vivants en dehors des humains, qui se font les messagers de la nature divine et de sa météorologie. Beaucoup leurs prêtent des pouvoirs féeriques, et leurs comportements sont étudiés et interprétés en conséquence.














