BMW R90/6 with my R75/5 peeking out from behind on the Distinguished Gentleman's Ride, Grand Junction, CO. 2026

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I'm making my fiance watch Dgrayman and he's asking all these questions about the earl and I'm like I CAN TELL YOU SOME CRAZY SHIT and he says *don't tell me i want to wait and find out when the manga ends and becomes another anime*
Hahahahahahhahahaha AHAHAHAHAHAHHAHAH
Ha
Ha
T . T oh my sweet sweet summer child
tbh im getting really super excited for 2x2 âŠâŠâŠ.. gonna be on my switch playing that shit at work on campus on the bus EVERYWHERE idc.
Loveless Prisoner
Despite everything, this supposed god is nothing more than a loveless prisoner shackled by means unknown to many. One who oh so desparately chases after that which is impossible to grasp...
Hiiii I am double dipping in art posts today BAHAH. Been fixating on YOUR HOUSE V2 so so much I cranked out this coloured art after I looped it enough to have the freedom motif section seared into my brain...
The chains are the main part of the video that inspired this. The first time I ain't drawn this goober manically smiling in some way...
Also a few bonus doodles below the cut because I couldn't help myself (done caught Tennacolour fever and needed to expel it via arting)
Gabon : Bilie-By-Nze arrĂȘtĂ©, l'Ătat de droit en question
Le 15 avril 2026, l'ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie By Nze, principal opposant au rĂ©gime d'Oligui Nguema, est arrĂȘtĂ© pour une dette de 5 millions de FCFA remontant Ă 2008. L'Ătat de droit est en question. La rĂ©daction | 17 avril 2026 Un fils du peuple devenu Premier ministre Pour mesurer la portĂ©e de cette arrestation, il faut connaĂźtre le parcours de l'homme arrĂȘtĂ©. Alain-Claude Bilie By Nze effectue ses Ă©tudes primaires dans sa province natale de l'OgoouĂ©-Ivindo, puis rejoint l'Ăcole secondaire des cadets de la police Ă Libreville pour son cycle secondaire. AprĂšs le baccalaurĂ©at, il poursuit des Ă©tudes de lettres Ă l'UniversitĂ© Omar-Bongo. Durant ses annĂ©es universitaires, il s'illustre par son activisme Ă©tudiant en fondant le Syndicat des Ătudiants Gabonais, premiĂšre organisation syndicale Ă©tudiante du pays. Son engagement lui vaut une exclusion de l'universitĂ© en 1994 aprĂšs une grĂšve ayant dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. AprĂšs son exclusion, il entre dans la vie active comme clerc d'huissier, animateur de radio, pompiste, puis cadre dans une major pĂ©troliĂšre. Il s'engage en politique avec le Rassemblement national des bĂ»cherons de Paul Mba Abessole. En 2006, il est nommĂ© ministre dĂ©lĂ©guĂ© aux Communications dans le gouvernement Jean Eyeghe Ndong et Ă©lu Ă l'AssemblĂ©e nationale pour la circonscription de Makokou. En septembre 2015, il revient au gouvernement comme ministre de la Communication. En juin 2019, il prend le portefeuille des Affaires Ă©trangĂšres. En juillet 2020, il dirige l'Ănergie et les Ressources hydrauliques. Le 9 janvier 2023, il est nommĂ© Premier ministre du Gabon, succĂ©dant Ă Rose Christiane Ossouka Raponda. Son mandat dure sept mois et demi : le coup d'Ătat du 30 aoĂ»t 2023 met fin Ă ses fonctions. RenversĂ© avec Ali Bongo, il ne disparaĂźt pas. Ă la prĂ©sidentielle d'avril 2025, il se positionne comme la principale figure d'opposition face Ă Brice Clotaire Oligui Nguema et termine deuxiĂšme avec 3,11 % des suffrages. Depuis, il multiplie les prises de position publiques contre la suspension des rĂ©seaux sociaux, la modification du code de la nationalitĂ©, la loi de finances 2026 et les dĂ©rives institutionnelles de la Ve RĂ©publique. C'est prĂ©cisĂ©ment cet homme, figure tutĂ©laire d'une opposition encore fragile, que la Direction gĂ©nĂ©rale des recherches a arrĂȘtĂ© le 15 avril 2026, pour une dette de 5 millions de FCFA datant de 2008. Une dette de 2008, une arrestation en 2026 Le mercredi 15 avril 2026, aux alentours de 18 heures, des agents de la Direction gĂ©nĂ©rale des recherches ont procĂ©dĂ© Ă l'arrestation d'Alain-Claude Bilie By Nze Ă la sortie de sa rĂ©sidence Ă Libreville. L'ancien chef du gouvernement a Ă©tĂ© immĂ©diatement placĂ© en garde Ă vue dans les locaux de ce service de renseignement. Le lendemain, le procureur de la RĂ©publique, Dick Fabrice Boungou Mikolo, a confirmĂ© dans un communiquĂ© que l'ancien Premier ministre fait l'objet d'une enquĂȘte pour des faits prĂ©sumĂ©s d'escroquerie et d'abus de confiance, portant sur le non-remboursement allĂ©guĂ© d'une somme de cinq millions de francs CFA remise en 2008. Les faits remontent Ă la 9e Ă©dition de la FĂȘte nationale des cultures. Ă l'Ă©poque, Bilie By Nze prĂ©sidait le comitĂ© d'organisation de cet Ă©vĂ©nement. ChargĂ© d'organiser une manifestation institutionnelle sans que les fonds publics soient disponibles Ă temps, il avait sollicitĂ© des avances auprĂšs de connaissances, dont Madame "Baba Ramatou Amadou", qui avança 5 millions de FCFA, dans l'attente d'un remboursement par le TrĂ©sor public. Le TrĂ©sor refusa, indiquant ne pouvoir honorer que des factures, non des reconnaissances de dette. Le parti EPG confirme cette lecture : "Une tierce personne en rĂ©clamerait aujourd'hui le paiement, en l'imputant Ă titre individuel Ă Alain-Claude Bilie ByNze, alors mĂȘme qu'il agissait dans un cadre institutionnel." Dix-huit ans aprĂšs les faits, la plaignante a refusĂ© un remboursement tardif proposĂ© par l'avocat de Bilie By Nze, estimant le prĂ©judice, dĂ©sormais supĂ©rieur Ă la dette initiale. Des versements partiels antĂ©rieurs, deux paiements de 500 000 FCFA, et des documents reconnaissant la dette, attestent de la rĂ©alitĂ© du litige. Mais ils attestent aussi que la procĂ©dure pĂ©nale pour des faits prescrits depuis au moins 2013, que l'on applique la prescription de 3, 5 ou 10 ans en vigueur dans le droit gabonais et le droit OHADA directement applicable, pose un problĂšme juridique que la communication du parquet n'a pas rĂ©solu. Elle l'a exposĂ©. Des conditions d'arrestation qui interpellent Les conditions de l'arrestation ont choquĂ© l'opposition et une partie de la sociĂ©tĂ© gabonaise. L'Ă©pouse d'Alain-Claude Bilie By Nze, Yolande, a fait le pied de grue devant les locaux de la DGR pendant des heures, lui apportant un drap pour la nuit passĂ©e en garde Ă vue, sans pouvoir approcher son mari. Ses avocats ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s tout au long de la garde Ă vue. Deux d'entre eux ont finalement Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă l'assister lors de sa prĂ©sentation au parquet, le troisiĂšme a Ă©tĂ© refoulĂ©. L'ancien chef du gouvernement a ensuite Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ© devant le parquet avant que la dĂ©cision de son placement en dĂ©tention provisoire ne soit prise. Le parti EPG a dĂ©noncĂ© une arrestation dans des conditions "arbitraires, brutales et manifestement contraires aux principes fondamentaux de l'Ătat de droit", qualifiant l'affaire de "manĆuvre politique grave" visant Ă "faire taire une voix critique majeure, affaiblir l'opposition et instaurer un climat d'intimidation incompatible avec les exigences dĂ©mocratiques." Face aux rumeurs, le parquet a assurĂ© que le dossier sera traitĂ©"sans considĂ©ration de la qualitĂ© de la personne concernĂ©e." Cette dĂ©claration est celle attendue d'une institution dans un Ătat de droit. Mais, elle ne rĂ©pond pas aux questions posĂ©es par la procĂ©dure elle-mĂȘme. Sur quelle base juridique prĂ©cise une procĂ©dure pĂ©nale est-elle engagĂ©e en 2026 pour des faits de 2008 ? Et pourquoi mobiliser la Direction gĂ©nĂ©rale des recherches, un service de renseignement placĂ© sous l'autoritĂ© directe du prĂ©sident de la RĂ©publique, Brice Clotaire Oligui Nguema lui-mĂȘme, pour un litige portant sur 5 millions de FCFA entre deux personnes privĂ©es ? Le dĂ©calage entre la nature des faits allĂ©guĂ©s, le stade de la procĂ©dure, oĂč rien n'est encore prouvĂ©, et les moyens dĂ©ployĂ©s, n'est pas une opinion. C'est un constat juridique. Le judiciaire au service du politique Le terme existe dans la littĂ©rature juridique et politique comparĂ©e depuis les annĂ©es 2000. Le lawfare, contraction de law et de warfare, dĂ©signe l'usage systĂ©matique de la procĂ©dure judiciaire comme arme de neutralisation politique. L'objectif n'est pas de condamner. Il est d'occuper, d'Ă©puiser, de salir. Un adversaire qui passe ses journĂ©es Ă constituer un dossier de dĂ©fense, Ă gĂ©rer ses avocats, Ă rĂ©pondre aux journalistes sur une affaire judiciaire, ne fait pas campagne. Le calendrier de cette action judiciaire alimente de nombreuses spĂ©culations Ă Libreville. Cette mise en cause intervient peu de temps aprĂšs plusieurs sorties mĂ©diatiques de Bilie-By-Nze contre le gouvernement, sur la reddition des comptes de campagne, la loi sur les partis politiques, la loi de finances 2026, la modification de la Constitution, la taxe forfaitaire d'habitation, la suspension des rĂ©seaux sociaux et la modification du code de la nationalitĂ©. La configuration objective est celle-ci : une affaire dormante depuis 18 ans, rĂ©activĂ©e au moment prĂ©cis oĂč l'opposant dĂ©range le plus. Les prĂ©cĂ©dents africains sont nombreux et documentĂ©s. En Tanzanie, l'opposant Tundu Lissu a survĂ©cu Ă une tentative d'assassinat en 2017 avant de se voir poursuivi pĂ©nalement dĂšs son retour d'exil. Au Rwanda, Victoire Ingabire Umuhoza est rentrĂ©e en 2010 pour se prĂ©senter Ă la prĂ©sidentielle : elle a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e, jugĂ©e pour "idĂ©ologie gĂ©nocidaire" et condamnĂ©e Ă 15 ans de prison. Au SĂ©nĂ©gal, Ousmane Sonko a Ă©tĂ© poursuivi pour viol et diffusion de fausses nouvelles Ă deux reprises entre 2021 et 2023, dans une sĂ©quence judiciaire que ses partisans ont lue comme un lawfare d'Ătat, avant qu'il ne devienne Premier ministre. En CĂŽte d'Ivoire, Laurent Gbagbo a passĂ© dix ans dans les geĂŽles de la CPI avant d'ĂȘtre acquittĂ©. Dans tous ces cas, le schĂ©ma est identique : une figure d'opposition montante, une procĂ©dure judiciaire d'apparence ordinaire, un moment politique soigneusement choisi, un service de sĂ©curitĂ© comme bras armĂ© de l'arrestation. Hors du continent, le phĂ©nomĂšne est tout aussi documentĂ©. En Russie, MikhaĂŻl Khodorkovski, finançant des partis d'opposition, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en 2003 pour fraude et Ă©vasion fiscale et a passĂ© dix ans en prison. AlexeĂŻ Navalny a subi des dizaines de poursuites pĂ©nales toutes prĂ©sentĂ©es comme des affaires de droit commun, avant d'ĂȘtre empoisonnĂ© puis tuĂ© en dĂ©tention en 2024. En BiĂ©lorussie, Viktor Babariko, candidat Ă la prĂ©sidentielle de 2020, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© pour corruption deux semaines avant le scrutin et condamnĂ© Ă 14 ans de prison. En Turquie, le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, principal adversaire d'Erdogan, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en mars 2025 pour corruption dans une procĂ©dure que l'opposition et une partie de la communautĂ© internationale ont immĂ©diatement qualifiĂ©e de politiquement motivĂ©e. Le dĂ©nominateur commun de tous ces cas est structurel : l'usage du parquet comme instrument de neutralisation politique prĂ©suppose un appareil judiciaire insuffisamment indĂ©pendant du pouvoir exĂ©cutif. Au Gabon, en janvier 2025, les magistrats avaient lancĂ© une grĂšve gĂ©nĂ©rale pour exiger l'application de leur statut garantissant l'indĂ©pendance de la justice, rappelant qu'Oligui Nguema avait promis cette indĂ©pendance en septembre 2023. Le Synamag l'avait interpellĂ© solennellement : "Nous vous demandons de respecter la parole donnĂ©e." Un an plus tard, la DGR arrĂȘte le principal opposant pour une dette de 5 millions de FCFA vieille de 18 ans. La promesse reste non tenue, et cette affaire en est l'illustration la plus visible. Ce dossier ne surgit pas dans un vide. Depuis le coup d'Ătat du 30 aoĂ»t 2023, plusieurs signaux ont installĂ© un malaise profond sur l'Ă©tat des libertĂ©s au Gabon. Un jeune homme de Moanda arrĂȘtĂ©e pour avoir dĂ©noncĂ© les conditions de logement des ouvriers gabonais de Comilog. Des syndicalistes de la SEEG incarcĂ©rĂ©s et les cranes rasĂ©s ensuite. Le frĂšre d'un activiste torturĂ©. La mort du soldat Bounda. L'arrestation de Pascal Siphon, ancien ministre du Tourisme, devenu sĂ©nateur. La dissolution des syndicats des douanes et des Eaux et ForĂȘts. La mort du jeune Karl Stecy Akue AngouĂ©, 30 ans, battu Ă mort par des militaires pour violation de couvre-feu, etc... Ces faits ne sont pas des opinions politiques. Ils forment un tableau que personne, au palais de la RĂ©novation, personne n'a eu le temps d'expliquer quoi que ce soit. OĂč va le Gabon ? "En politique, rien n'arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que c'Ă©tait prĂ©vu ainsi." Franklin D. Roosevelt, 1945. L'Ătat de droit n'est pas un luxe que le pouvoir accorde au peuple selon l'humeur du moment. Il est le socle sans lequel toute lĂ©gitimitĂ© politique s'effondre, quelle que soit l'origine du pouvoir, Ă©lective ou putschiste. Le Gabon de la Ve RĂ©publique ne peut pas, en mĂȘme temps, se rĂ©clamer d'un renouveau dĂ©mocratique et utiliser un service de renseignement prĂ©sidentiel pour placer en dĂ©tention le principal leader de l'opposition sur la base d'un litige de droit commun prescrit depuis au moins une dĂ©cennie. La Coalition pour la nouvelle RĂ©publique et plusieurs partis alliĂ©s ont appelĂ© Ă la libĂ©ration de Bilie By Nze, tandis que l'EPG annonce qu'il "prendra toutes ses responsabilitĂ©s face Ă toute tentative de remise en cause des principes dĂ©mocratiques." La communautĂ© internationale suivra de prĂšs le traitement de cette affaire. Le jugement ne portera ni sur les dĂ©clarations du parquet, ni sur la communication des dirigeants, la ruse semblant dominer la gestion publique depuis le 30 aoĂ»t 2023, mais sur les actes de procĂ©dure concrets : la validitĂ© des actes interruptifs de prescription, le respect rigoureux des droits de la dĂ©fense et la mise en adĂ©quation des principes de la Ve RĂ©publique avec la rĂ©alitĂ©. Alors que la "restauration des institutions" et la "dignitĂ© des Gabonais" Ă©taient les piliers du changement de rĂ©gime, les citoyens exigent une transparence totale sur la base juridique de cette procĂ©dure, ainsi qu'une protection absolue des droits de la dĂ©fense. Chaque jour, l'Ă©tat de droit s'effrite sous le magistĂšre d'Oligui Nguema, et une question s'impose : le Gabon n'est pas une caserne et sa population n'est pas composĂ©e de soldats. OĂč va le pays ? Suivez l'Ă©volution de cette situation sur DB News, votre source d'information fiable sur l'actualitĂ© africaine et internationale.  DB News, votre source dâinformation fiable sur lâactualitĂ© africaine et du monde. DBNews Sources : - RFI (16 avril 2026), Info241 (16 avril 2026) - Gabonactu.com (16 avril 2026) - L'Union/Lunion.ga (16 avril 2026) - Infos Gabon (16 avril 2026) - Le Confidentiel du Gabon (16 avril 2026) - La Libre/Belga (16 avril 2026), 237online.com (16 avril 2026) - communiquĂ© EPG (16 avril 2026) - communiquĂ© procureur Dick Fabrice Boungou Mikolo (16 avril 2026) - Wikipedia Alain-Claude Bilie-By-Nze (avril 2026) - Tendance241 biographie ACBBN (avril 2025) - Jeune Afrique (janvier 2023, aoĂ»t 2025) - Gabonreview.com grĂšve magistrats (fĂ©vrier 2025) - Info241 mort Karl Stecy Akue (info241.com/8490) © DB News 2026 â Tous droits rĂ©servĂ©s  Read the full article

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Gabon : Bilie-By-Nze arrĂȘtĂ©, l'Ătat de droit en question
Le 15 avril 2026, l'ancien Premier ministre Alain-Claude Bilie By Nze, principal opposant au rĂ©gime d'Oligui Nguema, est arrĂȘtĂ© pour une dette de 5 millions de FCFA remontant Ă 2008. L'Ătat de droit est en question. La rĂ©daction | 17 avril 2026 Un fils du peuple devenu Premier ministre Pour mesurer la portĂ©e de cette arrestation, il faut connaĂźtre le parcours de l'homme arrĂȘtĂ©. Alain-Claude Bilie By Nze effectue ses Ă©tudes primaires dans sa province natale de l'OgoouĂ©-Ivindo, puis rejoint l'Ăcole secondaire des cadets de la police Ă Libreville pour son cycle secondaire. AprĂšs le baccalaurĂ©at, il poursuit des Ă©tudes de lettres Ă l'UniversitĂ© Omar-Bongo. Durant ses annĂ©es universitaires, il s'illustre par son activisme Ă©tudiant en fondant le Syndicat des Ătudiants Gabonais, premiĂšre organisation syndicale Ă©tudiante du pays. Son engagement lui vaut une exclusion de l'universitĂ© en 1994 aprĂšs une grĂšve ayant dĂ©gĂ©nĂ©rĂ©. AprĂšs son exclusion, il entre dans la vie active comme clerc d'huissier, animateur de radio, pompiste, puis cadre dans une major pĂ©troliĂšre. Il s'engage en politique avec le Rassemblement national des bĂ»cherons de Paul Mba Abessole. En 2006, il est nommĂ© ministre dĂ©lĂ©guĂ© aux Communications dans le gouvernement Jean Eyeghe Ndong et Ă©lu Ă l'AssemblĂ©e nationale pour la circonscription de Makokou. En septembre 2015, il revient au gouvernement comme ministre de la Communication. En juin 2019, il prend le portefeuille des Affaires Ă©trangĂšres. En juillet 2020, il dirige l'Ănergie et les Ressources hydrauliques. Le 9 janvier 2023, il est nommĂ© Premier ministre du Gabon, succĂ©dant Ă Rose Christiane Ossouka Raponda. Son mandat dure sept mois et demi : le coup d'Ătat du 30 aoĂ»t 2023 met fin Ă ses fonctions. RenversĂ© avec Ali Bongo, il ne disparaĂźt pas. Ă la prĂ©sidentielle d'avril 2025, il se positionne comme la principale figure d'opposition face Ă Brice Clotaire Oligui Nguema et termine deuxiĂšme avec 3,11 % des suffrages. Depuis, il multiplie les prises de position publiques contre la suspension des rĂ©seaux sociaux, la modification du code de la nationalitĂ©, la loi de finances 2026 et les dĂ©rives institutionnelles de la Ve RĂ©publique. C'est prĂ©cisĂ©ment cet homme, figure tutĂ©laire d'une opposition encore fragile, que la Direction gĂ©nĂ©rale des recherches a arrĂȘtĂ© le 15 avril 2026, pour une dette de 5 millions de FCFA datant de 2008. Une dette de 2008, une arrestation en 2026 Le mercredi 15 avril 2026, aux alentours de 18 heures, des agents de la Direction gĂ©nĂ©rale des recherches ont procĂ©dĂ© Ă l'arrestation d'Alain-Claude Bilie By Nze Ă la sortie de sa rĂ©sidence Ă Libreville. L'ancien chef du gouvernement a Ă©tĂ© immĂ©diatement placĂ© en garde Ă vue dans les locaux de ce service de renseignement. Le lendemain, le procureur de la RĂ©publique, Dick Fabrice Boungou Mikolo, a confirmĂ© dans un communiquĂ© que l'ancien Premier ministre fait l'objet d'une enquĂȘte pour des faits prĂ©sumĂ©s d'escroquerie et d'abus de confiance, portant sur le non-remboursement allĂ©guĂ© d'une somme de cinq millions de francs CFA remise en 2008. Les faits remontent Ă la 9e Ă©dition de la FĂȘte nationale des cultures. Ă l'Ă©poque, Bilie By Nze prĂ©sidait le comitĂ© d'organisation de cet Ă©vĂ©nement. ChargĂ© d'organiser une manifestation institutionnelle sans que les fonds publics soient disponibles Ă temps, il avait sollicitĂ© des avances auprĂšs de connaissances, dont Madame "Baba Ramatou Amadou", qui avança 5 millions de FCFA, dans l'attente d'un remboursement par le TrĂ©sor public. Le TrĂ©sor refusa, indiquant ne pouvoir honorer que des factures, non des reconnaissances de dette. Le parti EPG confirme cette lecture : "Une tierce personne en rĂ©clamerait aujourd'hui le paiement, en l'imputant Ă titre individuel Ă Alain-Claude Bilie ByNze, alors mĂȘme qu'il agissait dans un cadre institutionnel." Dix-huit ans aprĂšs les faits, la plaignante a refusĂ© un remboursement tardif proposĂ© par l'avocat de Bilie By Nze, estimant le prĂ©judice, dĂ©sormais supĂ©rieur Ă la dette initiale. Des versements partiels antĂ©rieurs, deux paiements de 500 000 FCFA, et des documents reconnaissant la dette, attestent de la rĂ©alitĂ© du litige. Mais ils attestent aussi que la procĂ©dure pĂ©nale pour des faits prescrits depuis au moins 2013, que l'on applique la prescription de 3, 5 ou 10 ans en vigueur dans le droit gabonais et le droit OHADA directement applicable, pose un problĂšme juridique que la communication du parquet n'a pas rĂ©solu. Elle l'a exposĂ©. Des conditions d'arrestation qui interpellent Les conditions de l'arrestation ont choquĂ© l'opposition et une partie de la sociĂ©tĂ© gabonaise. L'Ă©pouse d'Alain-Claude Bilie By Nze, Yolande, a fait le pied de grue devant les locaux de la DGR pendant des heures, lui apportant un drap pour la nuit passĂ©e en garde Ă vue, sans pouvoir approcher son mari. Ses avocats ont Ă©tĂ© Ă©cartĂ©s tout au long de la garde Ă vue. Deux d'entre eux ont finalement Ă©tĂ© autorisĂ©s Ă l'assister lors de sa prĂ©sentation au parquet, le troisiĂšme a Ă©tĂ© refoulĂ©. L'ancien chef du gouvernement a ensuite Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ© devant le parquet avant que la dĂ©cision de son placement en dĂ©tention provisoire ne soit prise. Le parti EPG a dĂ©noncĂ© une arrestation dans des conditions "arbitraires, brutales et manifestement contraires aux principes fondamentaux de l'Ătat de droit", qualifiant l'affaire de "manĆuvre politique grave" visant Ă "faire taire une voix critique majeure, affaiblir l'opposition et instaurer un climat d'intimidation incompatible avec les exigences dĂ©mocratiques." Face aux rumeurs, le parquet a assurĂ© que le dossier sera traitĂ©"sans considĂ©ration de la qualitĂ© de la personne concernĂ©e." Cette dĂ©claration est celle attendue d'une institution dans un Ătat de droit. Mais, elle ne rĂ©pond pas aux questions posĂ©es par la procĂ©dure elle-mĂȘme. Sur quelle base juridique prĂ©cise une procĂ©dure pĂ©nale est-elle engagĂ©e en 2026 pour des faits de 2008 ? Et pourquoi mobiliser la Direction gĂ©nĂ©rale des recherches, un service de renseignement placĂ© sous l'autoritĂ© directe du prĂ©sident de la RĂ©publique, Brice Clotaire Oligui Nguema lui-mĂȘme, pour un litige portant sur 5 millions de FCFA entre deux personnes privĂ©es ? Le dĂ©calage entre la nature des faits allĂ©guĂ©s, le stade de la procĂ©dure, oĂč rien n'est encore prouvĂ©, et les moyens dĂ©ployĂ©s, n'est pas une opinion. C'est un constat juridique. Le judiciaire au service du politique Le terme existe dans la littĂ©rature juridique et politique comparĂ©e depuis les annĂ©es 2000. Le lawfare, contraction de law et de warfare, dĂ©signe l'usage systĂ©matique de la procĂ©dure judiciaire comme arme de neutralisation politique. L'objectif n'est pas de condamner. Il est d'occuper, d'Ă©puiser, de salir. Un adversaire qui passe ses journĂ©es Ă constituer un dossier de dĂ©fense, Ă gĂ©rer ses avocats, Ă rĂ©pondre aux journalistes sur une affaire judiciaire, ne fait pas campagne. Le calendrier de cette action judiciaire alimente de nombreuses spĂ©culations Ă Libreville. Cette mise en cause intervient peu de temps aprĂšs plusieurs sorties mĂ©diatiques de Bilie-By-Nze contre le gouvernement, sur la reddition des comptes de campagne, la loi sur les partis politiques, la loi de finances 2026, la modification de la Constitution, la taxe forfaitaire d'habitation, la suspension des rĂ©seaux sociaux et la modification du code de la nationalitĂ©. La configuration objective est celle-ci : une affaire dormante depuis 18 ans, rĂ©activĂ©e au moment prĂ©cis oĂč l'opposant dĂ©range le plus. Les prĂ©cĂ©dents africains sont nombreux et documentĂ©s. En Tanzanie, l'opposant Tundu Lissu a survĂ©cu Ă une tentative d'assassinat en 2017 avant de se voir poursuivi pĂ©nalement dĂšs son retour d'exil. Au Rwanda, Victoire Ingabire Umuhoza est rentrĂ©e en 2010 pour se prĂ©senter Ă la prĂ©sidentielle : elle a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©e, jugĂ©e pour "idĂ©ologie gĂ©nocidaire" et condamnĂ©e Ă 15 ans de prison. Au SĂ©nĂ©gal, Ousmane Sonko a Ă©tĂ© poursuivi pour viol et diffusion de fausses nouvelles Ă deux reprises entre 2021 et 2023, dans une sĂ©quence judiciaire que ses partisans ont lue comme un lawfare d'Ătat, avant qu'il ne devienne Premier ministre. En CĂŽte d'Ivoire, Laurent Gbagbo a passĂ© dix ans dans les geĂŽles de la CPI avant d'ĂȘtre acquittĂ©. Dans tous ces cas, le schĂ©ma est identique : une figure d'opposition montante, une procĂ©dure judiciaire d'apparence ordinaire, un moment politique soigneusement choisi, un service de sĂ©curitĂ© comme bras armĂ© de l'arrestation. Hors du continent, le phĂ©nomĂšne est tout aussi documentĂ©. En Russie, MikhaĂŻl Khodorkovski, finançant des partis d'opposition, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en 2003 pour fraude et Ă©vasion fiscale et a passĂ© dix ans en prison. AlexeĂŻ Navalny a subi des dizaines de poursuites pĂ©nales toutes prĂ©sentĂ©es comme des affaires de droit commun, avant d'ĂȘtre empoisonnĂ© puis tuĂ© en dĂ©tention en 2024. En BiĂ©lorussie, Viktor Babariko, candidat Ă la prĂ©sidentielle de 2020, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© pour corruption deux semaines avant le scrutin et condamnĂ© Ă 14 ans de prison. En Turquie, le maire d'Istanbul Ekrem Imamoglu, principal adversaire d'Erdogan, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© en mars 2025 pour corruption dans une procĂ©dure que l'opposition et une partie de la communautĂ© internationale ont immĂ©diatement qualifiĂ©e de politiquement motivĂ©e. Le dĂ©nominateur commun de tous ces cas est structurel : l'usage du parquet comme instrument de neutralisation politique prĂ©suppose un appareil judiciaire insuffisamment indĂ©pendant du pouvoir exĂ©cutif. Au Gabon, en janvier 2025, les magistrats avaient lancĂ© une grĂšve gĂ©nĂ©rale pour exiger l'application de leur statut garantissant l'indĂ©pendance de la justice, rappelant qu'Oligui Nguema avait promis cette indĂ©pendance en septembre 2023. Le Synamag l'avait interpellĂ© solennellement : "Nous vous demandons de respecter la parole donnĂ©e." Un an plus tard, la DGR arrĂȘte le principal opposant pour une dette de 5 millions de FCFA vieille de 18 ans. La promesse reste non tenue, et cette affaire en est l'illustration la plus visible. Ce dossier ne surgit pas dans un vide. Depuis le coup d'Ătat du 30 aoĂ»t 2023, plusieurs signaux ont installĂ© un malaise profond sur l'Ă©tat des libertĂ©s au Gabon. Un jeune homme de Moanda arrĂȘtĂ©e pour avoir dĂ©noncĂ© les conditions de logement des ouvriers gabonais de Comilog. Des syndicalistes de la SEEG incarcĂ©rĂ©s et les cranes rasĂ©s ensuite. Le frĂšre d'un activiste torturĂ©. La mort du soldat Bounda. L'arrestation de Pascal Siphon, ancien ministre du Tourisme, devenu sĂ©nateur. La dissolution des syndicats des douanes et des Eaux et ForĂȘts. La mort du jeune Karl Stecy Akue AngouĂ©, 30 ans, battu Ă mort par des militaires pour violation de couvre-feu, etc... Ces faits ne sont pas des opinions politiques. Ils forment un tableau que personne, au palais de la RĂ©novation, personne n'a eu le temps d'expliquer quoi que ce soit. OĂč va le Gabon ? "En politique, rien n'arrive par accident. Si quelque chose se produit, vous pouvez parier que c'Ă©tait prĂ©vu ainsi." Franklin D. Roosevelt, 1945. L'Ătat de droit n'est pas un luxe que le pouvoir accorde au peuple selon l'humeur du moment. Il est le socle sans lequel toute lĂ©gitimitĂ© politique s'effondre, quelle que soit l'origine du pouvoir, Ă©lective ou putschiste. Le Gabon de la Ve RĂ©publique ne peut pas, en mĂȘme temps, se rĂ©clamer d'un renouveau dĂ©mocratique et utiliser un service de renseignement prĂ©sidentiel pour placer en dĂ©tention le principal leader de l'opposition sur la base d'un litige de droit commun prescrit depuis au moins une dĂ©cennie. La Coalition pour la nouvelle RĂ©publique et plusieurs partis alliĂ©s ont appelĂ© Ă la libĂ©ration de Bilie By Nze, tandis que l'EPG annonce qu'il "prendra toutes ses responsabilitĂ©s face Ă toute tentative de remise en cause des principes dĂ©mocratiques." La communautĂ© internationale suivra de prĂšs le traitement de cette affaire. Le jugement ne portera ni sur les dĂ©clarations du parquet, ni sur la communication des dirigeants, la ruse semblant dominer la gestion publique depuis le 30 aoĂ»t 2023, mais sur les actes de procĂ©dure concrets : la validitĂ© des actes interruptifs de prescription, le respect rigoureux des droits de la dĂ©fense et la mise en adĂ©quation des principes de la Ve RĂ©publique avec la rĂ©alitĂ©. Alors que la "restauration des institutions" et la "dignitĂ© des Gabonais" Ă©taient les piliers du changement de rĂ©gime, les citoyens exigent une transparence totale sur la base juridique de cette procĂ©dure, ainsi qu'une protection absolue des droits de la dĂ©fense. Chaque jour, l'Ă©tat de droit s'effrite sous le magistĂšre d'Oligui Nguema, et une question s'impose : le Gabon n'est pas une caserne et sa population n'est pas composĂ©e de soldats. OĂč va le pays ? 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