Un dernier verre Ă Bruxelles, avant lâopĂ©ration 230620 1215 ;
Lundi 22 juin, Ă La Brocante, prĂšs de la Place du Jeu de Balle (la seule et lâunique) ! â Brussels.
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Un dernier verre Ă Bruxelles, avant lâopĂ©ration 230620 1215 ;
Lundi 22 juin, Ă La Brocante, prĂšs de la Place du Jeu de Balle (la seule et lâunique) ! â Brussels.

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Cher journal, Je sais bien quâon tâa dĂ©laissĂ© un peu ces derniĂšres 72h, mais comprends nous, on avait une grande victoire Ă cĂ©lĂ©brer dignement, et on sâen est pas privĂ©s. Mais nâallons pas trop vite en Bourgogne, pour lâinstant on est dans le Pas de Calais, chez lâami Schmuggi qui nous a accueillis de la plus belle maniĂšre. On avait dâailleurs oubliĂ© dans le prĂ©cĂ©dent Ă©pisode un dĂ©tail amusant (surtout pour nous). Nous nous sommes prĂ©sentĂ©s chez Schmuggi chez un ami, et nous en avons donc profitĂ© pour lui poser la question qui trotte dans toutes les tĂȘtes : "Schmuggi, dis-nous la vĂ©ritĂ©, ne nous Ă©pargne pas : est-ce que nous puons". Sa rĂ©ponse fut simple et sans appel, marque de la grande sincĂ©ritĂ© qui frappe de son sceau les grandes amitiĂ©s : "oui". Il a mĂȘme insistĂ© pour quâon prenne rapidement notre douche et quâon planque nos vĂȘtements sales, et on a Ă©tĂ© touchĂ©s par cet Ă©lan de transparence. Bref, le dĂ©jeuner pris, nous avons laissĂ© Schmuggi travailler tranquillement et nous sommes allĂ©s vadrouiller dans Dourges. Il nous avait indiquĂ© deux bars, que nous avons inaugurĂ©s tous les deux. MĂȘme sans alcool lâenvironnement du bar est rassurant. Nous alternons entre Schweppes (tonic ou autres) et Perrier (tranche ou nature). Toute une palette de plaisirs que nous dĂ©couvrons. RentrĂ©s chez notre hĂŽte pile Ă lâheure pour lâaccompagner faire les courses. Acheter le dĂźner du soir, une spĂ©cialitĂ© locale, Ă savoir "amĂ©ricain maroilles" (pour les non-nordistes, il sâagit dâun extrĂȘmement copieux sandwich baguette rempli de steaks hachĂ©s, de maroilles, et de frites). Clairement on refait le stock des calories quâon a brĂ»lĂ©es. AprĂšs avoir fanfaronnĂ© suite au coup de barre de Thomas la veille, Julien semble accuser le coup lui aussi. Comme quoi, il y a une justice. On commence Ă se sentir Ă©puisĂ©s, vidĂ©s et un peu malades. Nous supposons quâĂ lâapproche de la fin du parcours, le corps se relĂąche et subit de plein fouet la fatigue accumulĂ©e de la semaine. La derniĂšre Ă©tape, qui nous semblait devoir ĂȘtre une formalitĂ©, va peut-ĂȘtre finalement ĂȘtre une Ă©preuve. Alors que nous souhaitions faire honneur Ă lâaccueil que nous avaient rĂ©servĂ© nos hĂŽtes en nous couchant un peu plus tard que les autres jours, la nature en dĂ©cidera autrement et nous serons au lit Ă 21h, encore une fois. Nous savourons une longue nuit, puisque nous avons dĂ©cidĂ© de retarder le dĂ©part Ă 11h au lieu des 9h30 habituels. RĂ©veil Ă 8h, petit dĂ©jeuner copieux, et digestion tranquille en lisant et en prĂ©parant lâĂ©tape du jour. Nous savions devoir ĂȘtre accueillis Ă lâarrivĂ©e, mais nous ne savions pas comment. Un sentiment trĂšs confus nous habitait : une part de fiertĂ© anticipĂ©e, une part de joie, une part de nostalgie aussi, et une trĂšs grande fatigue. En termes dâenvironnement, on ne peut pas dire que cette course ait Ă©tĂ© la plus enthousiasmante. Elle Ă©tait un peu Ă lâimage de sa symĂ©trique de Saint Denis et Pierrefitte : des grands axes de pĂ©riphĂ©rie de mĂ©tropoles. Il y a trĂšs vraisemblablement des voisinages charmants Ă Wattignies ou Ă Templemars, mais manifestement pas aux abords directs de la D549. Nous avons rĂ©ussi tout de mĂȘme Ă traverser un bout de terrain boisĂ©, sur les recommandations de lâIGN. Ăa aurait Ă©tĂ© super apprĂ©ciable si on ne sâĂ©tait pas retrouvĂ©s coincĂ©s au milieu dâune propriĂ©tĂ© privĂ©e, rĂ©duits Ă rebrousser chemin et Ă faire un dĂ©tour de plus de 2km (ça semble pas grand chose comme ça, mais quand ces deux kilomĂštres se trouvent ĂȘtre le deux-cent-vingt-neuviĂšme et le deux-cent-trentiĂšme dâune course de 240km, eh bien câest tout de suite beaucoup plus "grand chose"). Sportivement non plus câĂ©tait pas la panacĂ©e. Toutes les petites douleurs semblaient se rĂ©veiller. Le mal de crĂąne aussi un peu. La fatigue musculaire. Au point que vers la fin chaque pas Ă©tait une Ă©preuve. La fin, donc. Nous sommes arrivĂ©s au terme de cette course. Accueillis par un comitĂ© dâamis et de famille dĂ©chaĂźnĂ©s. Une vraie grande joie, un vrai moment dâĂ©motion. Dâautant plus lorsque nous avons appris quâencore autant dâamis nous attendaient le long de la route sur laquelle ils pensaient nous voir faire notre dernier km. A quelques centaines de mĂštres de lĂ oĂč nous traĂźnions pĂ©niblement nos cannes, suite Ă un changement de parcours pas vraiment anticipĂ©. Bref. Une grosse Ă©motion. On en profite dâailleurs pour leur redire Ă tous un grand merci. Inutile de vous dire que nous avons fĂȘtĂ© ça. Dignement. Pendant 48h. En luttant pour retarder les symptĂŽmes de ce qui se promettait dâĂȘtre une crĂšve carabinĂ©e, pour nous deux. Le corps paye. Il y a une justice. Nos sinusites sont lĂ pour en tĂ©moigner. Aujourdâhui Julien est au bureau. Thomas prolonge ses vacances Ă Barcelone. Une aventure se termine, une page se tourne. Comme une longue hallucination nĂ©e dans la Chimay Bleue un soir de cuite Ă Bruxelles, Ă©vanouie dans la Chimay Bleue un soir de cuite Ă Lille. Six mois dâentraĂźnement, six semaines dâhygiĂšne de vie draconienne, huit jours sur la route, deux-cent-quarante kilomĂštres. Et une question qui demeure. Pourquoi ? Cher journal, je te fais des adieux Ă©mus. Peut-ĂȘtre nous retrouverons-nous un jour. Dans le cadre dâune autre aventure. Paris-Londres en pĂ©dalo ? Amsterdam-Boston en montgolfiĂšre ? Les paris sont ouverts.
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