𝗝͟𝗨͟𝗡͟𝗚͟ 𝗖͟𝗔͟𝗠͟𝗜͟𝗟 ;
Camil ne sait pas ce que c’est d’avoir une vie normale. Il ne connaît pas l’amitié simple, les jeux avec des copains ou même la découverte insouciante de la vie d’adolescent. Depuis qu'il a l'âge de marcher, il consacre toute son énergie à sa passion pour l'escrime. Son père, ancien sportif devenu coach de basket, l’introduit dans le monde du sport, mais ce n’est pas le basket qui attire Camil. Aucun autre sport ne l’intéresse. Il passe des heures à étudier des listes d’activités, testant plusieurs sports avant de trouver celui qui le fera vibrer ; l’escrime. Dès qu’il prend une épée en main, il a l’impression d'avoir toujours été destiné à ça.
Au début, sa passion semble saine, mais rapidement, elle se transforme en obsession. Camil devient pris dans une routine de travail intense. Son coach ne cesse de gonfler son ego, lui répétant à quel point il est bon, ce qui nourrit encore plus son besoin de perfection. Il abandonne progressivement tout le reste ; il sèche les cours, délaisse ses études et réduit ses interactions sociales, se consacrant uniquement à l’entraînement. Ses parents s’inquiètent pour lui, mais il refuse d'écouter leurs conseils, convaincu que l’escrime est la seule chose qui compte. Mais cette obsession a un prix. Ses notes chutent, son corps commence à se fatiguer, et il se coupe du monde extérieur. Lors d'un championnat important, alors qu’il n’a pas mangé depuis deux jours et qu’il est épuisé, il fait un malaise et tombe lors d’un match. Ce fut une défaite humiliante, mais ce n'est pas la plus grande souffrance. Le vrai combat se passe dans sa tête, rongé par la culpabilité. Au lieu de prendre une pause, il redouble d’efforts, se renfermant de plus en plus sur lui-même, incapable de remettre en question sa relation toxique avec l’escrime.
À dix-sept ans, Camil choisit d'intégrer une académie stricte, promettant de faire la part des choses entre étude et passion pour l’escrime. Bien que ses parents soient réticents, ils ne peuvent l’empêcher de partir. À son arrivée, il se heurte à une réalité bien différente de celle qu'il imaginait. Les règles sont strictes ; un comportement exemplaire, de bonnes notes, et de longues heures d’entraînement. Mais Camil n’est pas là pour les cours, il est là pour l’escrime. Ses notes chutent encore, et il se fait rapidement remarquer pour son attitude rebelle. Son caractère de plus en plus solitaire l’amène à passer beaucoup de temps dans le bureau du directeur, où les punitions sont fréquentes. Il se souvient de chaque fois où la canne du directeur a frappé son dos, laissant des cicatrices invisibles mais persistantes.
Puis il y a Charlie. Dès le départ, ils ne s’entendent pas, mais une sorte de tension se crée entre eux. Camil ne le réalise pas immédiatement, mais il est attiré par elle. Une rivalité se forme au fur et à mesure que leurs performances respectives se confrontent, notamment dans leurs domaines respectifs ; l’escrime pour lui, le badminton pour elle. Bien qu'ils se détestent, ils finissent par se soutenir discrètement lors des compétitions, comme un lien silencieux de respect et de compétition. Au fil du temps, Camil se rend compte qu’il doit évoluer. Son obsession pour l’escrime l’isole, et il commence à rééquilibrer sa vie. Il écoute enfin en cours, commence à travailler sérieusement et à obtenir de bons résultats académiques. Il n’a toujours pas conscience du changement profond qui s’opère en lui, mais peu à peu, il s’ouvre à d'autres aspects de la vie, sans pour autant abandonner sa passion. Sa relation avec Charlie, d’abord marquée par la compétition, devient un terrain de jeu complexe, mais aussi un élément important pour son évolution personnelle.











