La cour de récré mondiale
Notre sociĂ©tĂ© mondialisĂ©e me semble bien Ă©trange souvent. Chaque jour apporte son lot de sidĂ©ration. Le matin, je me lĂšve et jâouvre mon appli France Inter. Jâavoue, je suis une transfuge radiophonique, mes parents Ă©coutaient RTL.
Vaquant à mes occupations matinales, mon oreille est agressée par cette info :
Trump veut faire de la bande de Gaza, une « cĂŽte dâAzur » du Moyen-Orient mais sans les Palestiniens et sous contrĂŽle Ă©tasunien !
« Ouaouhhhh ! » est la seule rĂ©action de mon cerveau. Je suis sidĂ©rĂ©e. MĂȘme Netanyahou lâa regardĂ©, hĂ©bĂ©tĂ©, lors de cette dĂ©claration. Pourtant, il lui a bien machĂ© le travail ces derniers mois, destruction totale de tous les bĂątiments, dĂ©frichage. Efficace, le mec ! Il a, certes, laissĂ© quelques Gazaouis. Mais bon, ils iront habiter chez les voisins ! (Humour noir)
Le monde ressemble de plus en plus Ă une grande cour de rĂ©crĂ©. Câest mon cĂŽtĂ© prof qui ressort, sĂ»rement !
Donald joue aux billes avec Vlad, Manu et quelques autres. Pas de filles. Câest dĂ©goutant les filles et ça ne sert Ă rien ! Ils jouent Ă dâautres jeux aussi, des jeux de garçons, comme Ă celui qui fait pipi le plus loin. Plus tard, au collĂšge et au lycĂ©e, ce sera, celui qui a la plus grosse.
Donald adore inventer de nouvelles rĂšgles du jeu, on ne sâennuie jamais avec lui. Parfois, les autres protestent car les changements lui profitent toujours. De plus, lorsquâon le contrarie, il devient tout rouge et menace de frapper. Vlad est celui qui parle le mieux le «Donald », il lâobserve depuis la crĂšche. Il sâapproche doucement du petit gros et lui susurre Ă lâoreille :
« Tu as raison, ce sont tous des couilles molles, toi tu es le plus fort, câest normal que tu sois le chef, mais laisse-leur un petit truc », en lui glissant un petit sac de billes discrĂštement.
Donald, admire Vlad, il lâa vu un jour faire du cheval torse nu : un homme, un vrai. Alors, Donald sâadoucit, prend la parole et Ă tĂ©moin, la cour entiĂšre :
« Bon, dâaccord, je change un peu mes nouvelles rĂšgles !Â
Ouaiiiis !!! Merci Dodo ! Câest toi le plus fort ! » clament tous les enfants.
Quelquefois, le petit Manu se rebelle, il prend une chaise, monte dessus et dĂ©clame en feignant la colĂšre. Manu, quand il sera grand, il veut ĂȘtre acteur :
« Donald, tu heurtes mon Ăąme Ă©prise de justice et dâĂ©galitĂ©. Songe Ă tous nos camarades, ils mĂ©ritent dâavoir autant de billes que toi. Au fond de mon ĂȘtre, je suis convaincu que tu es bon, altruiste⊠!»
Les autres le laissent déblatérer un certain temps, puis ils éclatent de rire :
« Hé, Manu, tu descends ! » (Réf de Boomer, ou plutÎt de génération X !)
Il quitte alors son piĂ©destal, lâair digne et indignĂ© et sâen va donner sa contribution Ă Donald. Vlad, le roi de la discrĂ©tion, lui file en douce un petit sac, en lui tapant gentiment sur lâĂ©paule, dâun air entendu.
Xi rĂ©guliĂšrement, sâapproche du groupe et demande :
- « Hé, les gars, je peux jouer avec vous ?
- Nannn, va jouer aux billes avec ta mÚre ! », gloussent-ils en lui balançant quelques billes en aumÎne.
Xi les ramasse la tĂȘte basse. Il retourne dans son petit coin de cour, argileux. Il façonne alors des billes en terre, en rageant intĂ©rieurement :
« Vous verrez, quand je serai grand, ce sera moi le roi des billes ! »
Dans, le coin des filles, une blonde intrigue particuliĂšrement Donald. Elle sâappelle Ursula et elle joue aux Legos dans la cour.
« Comment, ose-t-elle ? peste Donald, Câest un truc de garçon et le seul jeu autorisĂ©, ce sont les billes. » Bien que dans le secret de sa chambre, il construise des "cĂŽte dâAzur" en Legos.
A une rĂ©crĂ© du matin, Donald, entourĂ© de ses acolytes, sâapproche sournoisement dâUrsula et crie, bien fort pour que tout le monde entende :
« HĂ©, tu sais, que les Legos, je nâen veux pas ici et puis câest pas un jeu de filles, donne-les moi ! »
Ursula aimerait hurler NON, toujours est-il quâun seul oui quasi inaudible sort de sa bouche. Elle sait, en tant que fille que si elle nâobĂ©it pas, les insultes et les coups pleuvront. Alors, elle serre les dents et tend son sac Ă Donald, violemment et en pleurant intĂ©rieurement.
Donald est définitivement le roi de la cour de récré.
Dans les prochains épisodes :
Jean-Luc et Olivier se réconcilieront-ils ou une nouvelle guerre des boutons est inévitable ?
Vlad harcĂšle le petit Zelinsky. Donald lui accordera-t-il sa protection ? A quel prix ?