CAN FÉMININE 2026 : LE MAROC SACRE LE FOOTBALL FÉMININ
La CAN féminine 2026 s'achève ce 16 août à Rabat, avec une finale inédite entre Cameroun et Malawi. Retour sur un tournoi qui a changé d'échelle et rapproché le football féminin africain du masculin. Par la rédaction | Format long | 14 août 2026 Une compétition qui change d'échelle La Coupe d'Afrique des nations féminine de football 2026 en est à sa quatorzième édition, un tournoi qui s'est ouvert le 26 juillet et qui s'achève ce dimanche 16 août au Maroc. Depuis sa création en 1998, la compétition a connu une trajectoire spectaculaire : elle s'ouvrait alors à huit équipes, avant que la CAF ne décide en 2019 d'élargir le plateau à douze sélections. En 2026, une nouvelle page s'écrit au Maroc, puisque pour la première fois de son histoire, la compétition passe à seize équipes, décision actée par la CAF le 4 novembre 2025 et rendue possible par le repêchage des quatre meilleures nations éliminées lors des qualifications, le Cameroun, la Côte d'Ivoire, le Mali et l'Égypte. Le Maroc, qui accueille la CAN féminine pour la troisième fois consécutive après 2022 et 2024, devient ainsi le premier pays à organiser trois éditions de suite, un exploit logistique et symbolique fort pour le royaume chérifien. Initialement programmée du 17 mars au 3 avril 2026, la compétition a été reportée par la CAF, en concertation avec la FIFA, afin que les stades marocains puissent d'abord accueillir la fin de saison du championnat national. Le tournoi s'est finalement disputé du 26 juillet au 16 août, avec un total de trente-quatre matchs répartis dans cinq enceintes, trois à Rabat et deux à Casablanca, dont le Stade Moulay El Hassan, le Stade Olympique, le Stade Al Medina, le Stade Larbi Zaouli et le Stade Moulay Rachid. Cette édition marque également un tournant qualificatif, puisqu'elle sert désormais de sésame pour la Coupe du monde féminine 2027, prévue au Brésil. Diffusée dans plus de cent vingt pays lors de l'édition précédente, la CAN féminine a acquis une visibilité médiatique inédite, portée par des chaînes nationales comme la SNRT au Maroc. Ce cadre renouvelé témoigne de la volonté de la CAF de professionnaliser durablement la compétition et de lui offrir une vitrine comparable à celle du football masculin, même si l'écart entre les deux disciplines reste encore important, comme l'illustrent les chiffres financiers du tournoi. Le récit sportif : chutes, exploits et révélations Sur le terrain, cette CAN féminine 2026 a offert son lot de surprises et de récits marquants. Le Nigeria, tenant du titre et ogre incontesté du football féminin africain avec dix sacres continentaux depuis 1998, faisait figure de grandissime favori. Pourtant, les Super Falcons ont vécu une élimination retentissante dès les quarts de finale face au Cameroun (1-0), mettant fin à une hégémonie qui semblait indéboulonnable et propulsant les Camerounaises vers leur quatrième finale de l'histoire, après celles de 2004, 2014 et 2016. Le Malawi, novice absolu dans la compétition, a lui incarné la révélation du tournoi. Portées par les sœurs Chawinga, Tabitha et Temwa, toutes deux évoluant à l'Olympique Lyonnais, les Scorchers ont créé la sensation en battant l'Égypte dès la phase de groupes, puis en éliminant l'Algérie en demi-finale sur le score de 3 buts à 1, une première historique pour cette sélection qui découvrait la phase finale de la CAN. Le Maroc, pays hôte porté par sa capitaine emblématique Ghizlane Chebbak, Ballon d'or africain 2025, a une nouvelle fois brillé en atteignant sa troisième demi-finale consécutive, avant de s'incliner aux tirs au but face au Cameroun, le 12 août dernier, au terme d'un match nul et vierge à l'issue des prolongations (0-0, 3 tab à 1), disputé au Stade Moulay El Hassan devant un public en fusion. La Marocaine Fatima Tagnaout avait pourtant manqué un penalty décisif à la cent dix-huitième minute, qui aurait pu envoyer les Lionnes de l'Atlas vers une troisième finale de rang. Côté buteuses, la Zambienne Barbra Banda s'est imposée comme la révélation offensive du tournoi, terminant la phase de groupes avec cinq réalisations en seulement trois matchs après un quadruplé inaugural face à l'Égypte, un total resté inégalé jusqu'aux demi-finales malgré l'élimination précoce de sa sélection. La finale, disputée ce 16 août au Stade Olympique de Rabat, oppose donc le Cameroun, repêché in extremis après avoir manqué sa qualification directe, au Malawi, sélection débutante portée par son incroyable parcours. Un choc totalement inédit dans l'histoire de la compétition, symbole de l'ouverture et de l'imprévisibilité apportées par le passage à seize équipes. Entraîneurs, arbitres et ferveur des tribunes Les bancs de touche ont eux aussi marqué cette édition, notamment grâce à une forte présence d'entraîneurs français passés par l'Olympique Lyonnais. Farid Benstiti, à la tête de l'Algérie, et Dimitri Lipoff, arrivé en urgence quelques semaines avant le tournoi pour épauler la sélection camerounaise, se sont tous deux hissés en demi-finale, un symbole fort de l'influence grandissante du football féminin français sur le continent. Lipoff, qui a côtoyé les sœurs Chawinga en Chine, s'est ainsi retrouvé face à d'anciennes joueuses en finale, un scénario improbable qu'il n'aurait pu imaginer en prenant ses fonctions dans la précipitation. Côté malawite, Lovemore Fazili, ancien attaquant international reconverti entraîneur, a conduit les Scorchers vers leur toute première finale continentale, après les avoir déjà menées au sacre lors de la COSAFA Women's Cup en 2023. Le sélectionneur marocain, l'Espagnol Jorge Vilda, a lui aussi laissé sa marque en emmenant les Lionnes de l'Atlas jusqu'en demi-finale, confirmant la solidité du projet marocain malgré l'échec en demi-finale cette année, après deux finales perdues consécutives en 2022 et 2024. Son choix tactique de placer sur le banc, lors des deux premières rencontres, sa capitaine Ghizlane Chebbak, pourtant Ballon d'or africain en titre, au profit de la jeune Kaoutar Azraf, dix-huit ans et formée au FC Barcelone, aura également marqué les esprits. Concernant l'arbitrage, la CAF a mobilisé un corps arbitral panafricain renforcé, avec l'appui de la vidéo déployée dans les phases finales, un dispositif encore rare pour le football féminin africain mais jugé nécessaire pour fiabiliser les décisions dans les moments les plus disputés, comme les séances de tirs au but. Quant au public, l'engouement a dépassé les attentes : les stades de Rabat et Casablanca ont souvent affiché des tribunes bien remplies, notamment lors des matchs du Maroc, porté par une ferveur populaire nouvelle pour cette discipline, longtemps restée dans l'ombre du football masculin sur le plan de la couverture médiatique et de l'affluence. L'argent, nerf de la guerre : le grand écart avec les hommes L'écart financier entre la CAN masculine et la CAN féminine demeure considérable, même si la trajectoire est encourageante. Lors de la CAN masculine 2025, disputée elle aussi au Maroc, la CAF a distribué une enveloppe totale de trente-deux millions de dollars entre les vingt-quatre sélections participantes, avec une prime record de dix millions de dollars pour le vainqueur, quatre millions pour le finaliste et deux millions cinq cent mille pour chaque demi-finaliste. À titre de comparaison, la CAN féminine 2026 a vu son enveloppe globale portée à cinq millions huit cent mille dollars pour seize équipes, soit près de six fois moins que côté masculin, malgré une hausse de soixante-sept pour cent par rapport à l'édition précédente. Le vainqueur de la CAN féminine empochera deux millions de dollars, contre sept cent cinquante mille dollars pour le finaliste, cinq cent mille pour le troisième et quatre cent mille pour l'autre demi-finaliste, tandis que chacune des seize nations qualifiées touche une prime de participation de cent cinquante mille dollars. Le contraste est frappant : la prime remise à la championne d'Afrique féminine équivaut à peine à un cinquième de celle du vainqueur masculin. Reste que la dynamique de rattrapage est réelle. Depuis l'arrivée de Patrice Motsepe à la présidence de la CAF, la prime au vainqueur de la CAN féminine est passée de deux cent mille à deux millions de dollars, soit une progression de neuf cents pour cent, tandis que l'enveloppe globale a bondi de près de quatre cent quatre-vingt-quinze pour cent en quelques années. Le passage à seize équipes, aligné sur le format masculin historique, symbolise également ce rapprochement structurel. Mais au-delà des chiffres, c'est tout un écosystème qui reste à construire pour le football féminin africain : professionnalisation des championnats nationaux, couverture médiatique pérenne, infrastructures dédiées et droits télévisés valorisés. La CAN féminine 2026 aura, à ce titre, posé une pierre supplémentaire vers une reconnaissance encore inégale mais en nette progression. DB News, votre source d'information fiable, libre et indépendante sur l'actualité africaine et du monde depuis 18 ans. DB News Sources : - Wikipédia, "Coupe d'Afrique des nations féminine de football 2026", consulté août 2026 - AllAfrica, "CAN féminine 2026 - Le Cameroun s'offre la finale face au Maroc, pays hôte", 13 août 2026 - beIN Sports, "Résumé CAN féminine 2026 : Le Cameroun élimine le Maroc aux tirs au but et rejoint le Malawi en finale", 12 août 2026 - Cameroun Online, "CAN féminine : le Cameroun sort le Maroc aux tirs au but et rejoint le Malawi en finale", 12 août 2026 - Sport News Africa, "CAN Féminine 2026 : calendrier complet, programme des matchs et dates", août 2026 - AllAfrica, "CAN Féminine 2026 - Barbra Banda toujours seule en tête du classement des buteuses", 11 août 2026 - France 24, "CAN 2026 : qui sont les joueuses à suivre ?", 25 juillet 2026 - Afrik-Foot, "Maroc : la drôle de CAN féminine de Ghizlane Chebbak, Ballon d'Or africain poussée sur le banc", août 2026 - AllAfrica, "CAN féminine 2026 - La CAF étend la compétition à 16 nations", 6 novembre 2025 - AllAfrica, "CAN-Dames 2026 - Le début de la phase finale reporté au 25 juillet", mars 2026 © DB News 2026 — Tous droits réservés. 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