Le sujet de Vers la lumière de Naomi Kawase était assez alléchant nous montrant ce qu’est de “voir” un film avec des “yeux” de malvoyants. Misako travaille sur le projet d’audiodescription d’un film qui va sortir au cinéma, à destination d’un public “aveugle”. La première partie du film s’articule ainsi autour de ce travail délicat qui doit donner à voir à ceux qui ne voient plus. Mais le travail de Misako est mis à mal par des critiques souvent constructives mais parfois dures. On lui reproche un coup sa trop grande implication, le trop grand nombre de détails qui empêchent l’imagination de chacun ou au contraire le manque de détails qui ne permet pas d’imaginer assez bien un lieu, une sculpture, ou encore les interprétations subjectives d’une scène que l’on juge intrusives. Les critiques les plus sèches viennent de Masaya Nakamori, un ancien photographe renommé, à l’allure particulièrement froide et dont les attaques vont blesser la jeune femme au point qu’elle en perdra son sang froid. Le propos premier est plutôt intéressant mais le film tombe trop facilement dans un scénario de bluette téléfimesque trop attendu. Par ailleurs, les continuelles réflexions de Misako en voix off qui commentent intérieurement tout au début du film donnent finalement le sentiment d’une sorte de journal intime presque adolescent. On pourrait reprocher au film ce que l’on reproche à Misako, ce côté trop bavard et un certain manque de profondeur. Il esquisse le problème sensoriel sans savoir nous le transmettre véritablement, il esquisse aussi le côté comédie romantique qui n’arrive jamais vraiment à nous toucher ou nous transporter. C’est dommage. Les deux acteurs principaux sont néanmoins très beaux, Ayame Misaki et son visage lumineux et Masatoshi Nagase plus sombre et ténébreux. Restent quelques scènes remarquables mais qui ne sauvent pas le film et quelques jolies répliques dans le film dans le film sur l’amour et le deuil.