BientĂŽt une micropile Ă combustible pour les smartphones ?
En Finlande, un Ă©tudiant-chercheur de lâuniversitĂ© dâAalto a mis au point une micropile Ă combustible qui peut fonctionner avec de lâhydrogĂšne, de lâĂ©thanol ou du mĂ©thanol. Plusieurs de ces micropiles pourraient suffire Ă alimenter un smartphone, voire des satellites miniatures.
La micropile Ă combustible mise au point Ă lâuniversitĂ© dâAalto, en Finlande, emploie de lâaluminium Ă la place du silicium. Ses dimensions sont de 14 mm2 pour une Ă©paisseur de 1 mm. © Department of Materials Science and Engineering, universitĂ© dâAalto
Trouver une alternative aux batteries actuelles qui alimentent les terminaux mobiles (smartphones,tablettes, objets connectĂ©s, etc.) est un dĂ©fi technique que de nombreux centres de recherche voudraient bien ĂȘtre les premiers Ă relever. Quâil sâagisse dâutiliser la chaleur du corps, des boĂźtes quantiques bio-organiques ou encore la technique de lâorigami, les pistes sont aussi variĂ©es que prometteuses. Reste Ă savoir quelle technologie Ă©mergera et sâimposera dans un avenir proche. Pourquoi pas une micropile Ă Â combustible dĂ©veloppĂ©e Ă lâuniversitĂ© dâAalto, en Finlande ? Il sâagit dâune petite galette dâaluminium de 14 mm2 et 1 mm dâĂ©paisseur qui peut produire entre 0,5 et 1volt selon quâelle est alimentĂ©e par de lâĂ©thanol, du mĂ©thanol ou de lâhydrogĂšne.
Il suffirait de quelques micropiles montĂ©es en sĂ©rie pour alimenter un smartphone, assure Gianmario Scotti, lâĂ©tudiant-chercheur qui a mis au point ce prototype dans le cadre de la thĂšse de doctorat quâil sâapprĂȘte Ă soutenir. Son innovation tient en particulier Ă la mĂ©thode de fabrication, qui consiste Ă remplacer le silicium habituellement utilisĂ© par de lâaluminium. Par ailleurs, le processus de dĂ©coupe avec un laser picoseconde a Ă©tĂ© simplifiĂ© pour rĂ©duire le nombre dâĂ©tapes afin de rĂ©duire le coĂ»t de production.
Vue agrandie de la structure de la micropile Ă combustible. LâĂ©lectrode (electrode grid) est taillĂ©e dans la masse (diffusion grid) avec un laser picoseconde. La barre dâĂ©chelle vaut 100 micromĂštres. © Department of Materials Science and Engineering, universitĂ© dâAalto
La qualitĂ© de lâair est dĂ©terminante
Cette micropile nâa pas encore Ă©tĂ© testĂ©e en conditions rĂ©elles pour alimenter un appareil. Et Gianmario Scotti reconnaĂźt quâil reste encore de nombreux problĂšmes Ă rĂ©soudre. Ă commencer par celui de la maniĂšre dâintroduire le carburant dans la micropile. Faut-il procĂ©der par injection ou parcapillarité ? La qualitĂ© de lâair ambiant, qui apporte lâoxygĂšne nĂ©cessaire Ă la rĂ©action, est Ă©galement un facteur dĂ©terminant. « Pour simplifier, on peut dire que ce qui est mauvais pour lespoumons est aussi mauvais pour les micropiles Ă combustible, explique le chercheur. En Finlande, lâair est propre, mais Ă Shanghai par exemple, la pollution pourrait causer des problĂšmes de fonctionnement, Ă moins que lâair ne soit filtrĂ©. »
Ce type de micropiles pourrait apporter beaucoup aux smartphones, en ouvrant de nouvelles possibilitĂ©s en matiĂšre de design et de miniaturisation. Sans compter le cĂŽtĂ© pratique de ne plus avoir Ă dĂ©pendre dâune prise dâĂ©lectricitĂ© pour recharger la batterie ! Gianmario Scotti envisage mĂȘme que cette technologie puisse un jour alimenter des microsatellites. Dans combien de temps ? Prudemment, il avance une Ă©chĂ©ance entre un an et dix ansâŠ












