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Je suis un être aux corps comme un arbre sans tronc Des branches, des racines sans directionÂ
Un espace pour un voyageur exclusif J'en parcours même les traits les moins expressifs
Si je me déplace en dedans et non avec C'est qu'il s'agit là du plus grand de mes échecs
Chronos n'a pas prise sur lui, mais sur moi si Je reste soumis au temps, je suis en sursis
Incapable de parcourir ce corps d'un coup J'aimerais le percevoir tel qu'il est, un tout
Me voir et me comprendre sans secrets aucuns Cesser l'errance, aussi paisible qu'un requin
Pourtant cette simple idée me glace le sang Je veux naviguer, ne pas rester dans les rangs
Creuser l'écart, parachever ma liberté Tromper mon ennui, désir de mortalité
Alors je vais, suivant le rythme de la vague Bercé d'illusions, vivre une vaste blague - Python d’Apollon
Aujourd’hui, la quête de notre identité est la quête de nos chaînes. Larguez l’ancre ! Laissez-vous, ô navire capable de parcourir le vaste monde, ballotter par les vagues sans jamais les suivre. Voilà ce qu’ils vous demandent, ces hommes et femmes, vous penser comme un autre, comme une image, comme votre ombre. Vous n’êtes pas un autre, vous n’êtes pas une image, vous n’êtes pas votre ombre. Vous êtes un être total et singulier dans lequel se noie le monde tout entier. Vous êtes une contradiction, un bug dans leurs mondes voués au culte des noms, des termes. Si vous n’êtes pas nommé, vous n’existez pas et pourtant vous êtes. Naturellement, vos actions, vos paroles engendrent la confusion dans leurs esprits. Chacune de vos inspirations, chaque expiration, révèle leurs limites. Mais eux ne peuvent vous figurer. L’orgueil les aveugle, ils ne perçoivent chez vous que d’incessants changements, un chaos indéchiffrable. C’est pourquoi, alors qu’ils prétendent chercher à vous saisir, vous comprendre, ils tentent en vérité de vous soumettre. - Régis Attila
https://www.youtube.com/watch?v=8f8MqYYk_yQ Image : The Androgynous by Mariana Palova
La sueur sur son front glisse sur ses joues humides. Perle cristalline vient surprendre la grasse traînée. Au coin d’une lèvre, un goût salé, ses sentiments à la dérive. Au large, navire se débat sous une tempête Et sur mer, les vagues déchaînées attaquent de toutes parts. Contre terre ferme, la certitude d'abysses marins. Vain espoir.
https://www.youtube.com/watch?v=f2Mn3AMWsiE Image : Harry Clarke
Se sentir courir
Nager entre deux terres,
Impossible de se noyer
Et pourtant se laisser faire
Se laisser dévoyer
Perdu sans un foyer
Dans un ailleurs où j’erre
Ne cessant de côtoyer
Lieux où je ne peux vivre
Lieux où je ne veux vivre
Alors comme les vagues
Je flotte sur l’eau et divague
M’abandonnant entier
Au mouvement, au changementÂ
Je suis un vide
Je suis le vide
Un Être à tout jamaisÂ
Et fondu dans les flots

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L'assurance du sujet qui subit pour un peu de sûreté est surprenante. Il sue, il suffoque, suivant ces voix suaves, pour quelques sucreries. On le persuade de survenir à sa survie et le voilà déjà supportant les coups de massue, les morsures, les insultes. Quel supplice. Sur-vivre cela seul est sublime. C'est là l'issue. La subtilité qui suffit à fissurer la superficialité, le superflu de cette vaste supercherie. Je vous l'assure le reste n'est que succinct, rien qu'un sursis. Succombez et c'est le suicide. https://youtu.be/0iOuiVP3ip4 Image : Esao Andrews
Les gens passent comme passe le temps, trépassent les vies s’en passe le monde. Une existence pour une vie pour un temps qui s’écoule et se fane. S’en fout le temps de ces folles vies des fous qui passent. Mais le temps a tort, éphémères par essence et par forme sont les fous explorateurs du tore. Et passent les vies comme le temps passe, trépasse le monde quand passent les gens.
Le dernier jour d'une Pluie
Entre le visage d'un homme et la pluie au-dehors, venait s'abattre sur une vitre une armée de gouttes.  Lui, ses yeux bleus levés au ciel, la suivait du regard et elle, dansant, tournoyant, s'étalait à la surface de ce monde. L'espace d'un instant, la pluie fatiguée vint s’asseoir sur le rebord d'un immense immeuble non loin de cet homme qui la regardait toujours. « Que fait-il ? Que me veut-il ? se demandait-elle ». Alors, pour lui offrir une réponse, de l’autre côté, les lèvres de l'étrange personnage se mirent à se mouvoir. Mais le bruit de l'eau, écho de sa propre manifestation l’empêchait toujours d’entendre la voix qui peinait déjà à s’échapper au travers du verre. Intriguée et curieuse d'entendre ce qu'il avait de si important à lui dire la pluie prit courageusement la décision de se taire. « Je dois tendre l’oreille, disait-elle ».  C'est pourquoi son bruissement, peu à peu, devint un silence. Un silence qui n’était plus troublé que par le clip-clap de gouttes tombant de-ci de-là dans les petites flaques laissées par-ci, par-là . Ce fut donc avec la faiblesse de n’être plus qu’une de ces dernières gouttes, gisante et glissant le long de la vitre, qu’elle l’entendit murmurer pour la première et dernière fois : « Je t’aime » à l’arc-en-ciel surgissant au ciel.  https://www.youtube.com/watch?v=jfz-XDWPt-M
D’abord, ils sentirent l’attrait tendrissant
Et de la contemplation naquit le désir
Le désir de connaître
Et pour connaître ils s’approprièrent la chose
La chose de l’arbre
Enfin vint le temps de la dissection
Le temps du savoir
Et là , il fallut goûter
Goûter pour sentir, s’approprier, savoir
Tout d’un seul
Pour porter une telle entreprise
L’acte ne fut que trop timide
Pour porter la mission
Il eût fallu l’engloutir
Quote
"Il est écrit Bershit. Avant toutes choses, le Roi a permis la transformation du vide en un éther transparent ... ensuite ceci se transforma en quelque chose dépourvu de toute configuration ... ni blanc ni noir, ni rouge ni vert ni d'aucune couleur ... ce n'est qu'avec l'apparition des formes que seront saisissables les couleurs qui n'existent pas en soi." - Zohar I, 15a
"Un point qui donne naissance à toutes lettres." - Zohar I, 15b

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Verre de jade trouvé sous le tapis
Valse Esquisse Rêve Résurrection Éphémère Dépression perdue Échec d’un vendu Je plie Abnégation De tout ce que je suis Être perdu dans la nuit Trouver le chemin Récupérer la vue Ouvrir son cœur Unifier ses craintes Vautré dans ses songes Épuisé par la course Soulevé par les cœurs Oublié des âmes heureuses Uchronique histoire Soumettons-nous à nos passions Le temps que ma lettre à Apophis Endigue l’ennui Travers de la vie Accord de jouissances Permis d’aimer Instinct que les mots Soufflent.
Du corps de nos étants
S'échappe ma vie
Le sentier qui s'étend
Sous mes yeux ébahis
Terrorise tout mon être
Je fuis
Me perd
Dans une forêt d’hêtres
Où vient s'écraser la pluie
Qu’y suis-je venu faire ?
Attendre
Atteindre
Quelques buts mystérieux
Un désir impérieux
Oui, c'est cela sans doute
Ce que supporte ma voûte
Cent espoirs
Sans clé
Ils me restent étrangers
Ses cieux criant de gloire
Contemplant de leur superbe
L’écarlate et acerbe
Étangs où se meurt mon âme
Corps ! Laisse-moi donc au Styx.
Offre toi
Libère-moi
De cette infâme
Monde aux contours fixes
Ce Monde qui m'étrangle
Étrangle mes espoirs
Comme mes rêves de victoires
Et qui fait s’enfoncer mes ongles
Au coeur m’aime,
De ma chair
De son sang
test lité
Sur le bord d'une rivière se tient l’homme. Les mains jointes derrière son dos droit, il contemple de ses yeux hautains et le menton relevé, la misère qui s'est abattue sur le monde. De cette misère il est la cause, de forces jusqu'alors ignorées il est l'instrument. Et jusqu'à ce qu'advienne la disparition de la moindre présence humaine à ses côtés, il ne cessera son oeuvre. Les hurlements des enfants que les flammes de l'enfer lèchent avidement ne parviennent à l’émouvoir, lui qui, loin de détourner le regard du fameux spectacle, en inscrit le moindre détail, la moindre subtilité dans sa mémoire. Chaque visage, chaque regard, chaque larme, fera en son esprit l'objet d'un culte, sera un autel, un souvenir, un témoignage à la gloire de ce qui doit être fait, de ce qu'il doit faire. « Que de la folie naisse ma jouissance, que de la mesure naisse ta misère ! » s’écrit-il nourri par le feu de sa passion. Et le monde doit se consumer, le monde de l’autre car c’est bien de ses cendres que sa Terre à lui verra le jour se lever, le soleil rayonner et le vent tracer des ondes à la surface encore bouillonnante de ces rivières écarlates, nerfs de sa propre existence.
Le monstre des Walter
L’horloge affiche vingt-trois heures ; dans la nuit un craquement sonore, strident, comme sortant d’un rêve. Tiré de son sommeil, le jeune garçon s’éveille, le bruit l’a surpris, altère la perception de son entourage. C’est donc avec empressement qu’il se frotte les yeux et sort de sous sa couette à la chaleur pourtant si douce. Quelle plaie de devoir la quitter. La lune et sa lumière peinent à traverser les vitres tachées de sa fenêtre ; malgré tout, on distingue de nombreux objets, des jeux de constructions, des billes, quelques figurines et des vêtements sales éparpillés un peu partout. Mais c’est au pied du lit, qu’un livre ouvert attire étrangement le regard ; on peut y lire « Le voyage dans le temps consiste en la capacité de transporter un corps à un instant donné, il s’agit donc de joindre des coordonnées précises et distinctes afin que » la phrase est brutalement coupée par une annotation des plus singulières. En lettres sombres, tremblantes et profondes, se trouve inscrit « M-O- N-S- T-R- O » et ce d’une telle manière qu’il semble que l’auteur ait voulu faire saigner ce bout de papier à la mine de son crayon.
 L’enfant se lève, il ne mesure pas plus d’un mètre cinquante et n’a pas huit ans, ses yeux plissés ne sont pas encore sortis de leur léthargie. Il est un peu perdu. Que s’est-il passé dehors ? Quelques pas vers la fenêtre, en prenant bien soin d’éviter ses affaires, suffisent à distinguer les contours des champs de sa ferme. Champs qui s’étendent sans fin pour finir noyés dans un épais brouillard. Le paysage qui s’offre à lui semble irréel. Peut-être est-ce la fatigue, car qui pourrait croire que derrière la brume la lune scintille, à la manière d’un néon dysfonctionnel. Quelque chose ne va pas, mais quoi ? Son esprit encore peu enclin à s’adonner, à une heure si tardive, à un travail de réflexion intense, l’empêche de percevoir ce qui passe dans l’instant. Au loin, apparaît une lueur blanche, elle appartient certainement à une lampe de poche, de celles qu’on achète pour un rien au drugstore du coin. Mais qui peut bien être dans son jardin et surtout, pourquoi ? Prenant son courage à deux mains, il allume sa lumière ; puis, les yeux brûlants, s’habille, attrape son petit manteau, et se précipite dans le couloir. Un silence de mort y règne, c’est donc avec précaution qu’il descend les escaliers, atteint la porte d'entrée. Il se retourne, tend l’oreille et constate avec satisfaction que personne ne semble avoir été réveillé. « Parfait, chuchote-t- il, il est temps d’aller voir ce qui peut bien se passer dehors. » Prenant la poignée dans sa main, il la fait pivoter le plus lentement possible et crispe légèrement son dos afin d’atténuer le léger grincement de la porte qui s’ouvre. Lorsqu’enfin il est sorti, il entend le dernier claquement du bec-de- cane et tout en espérant que le bruit n’ait réveillé personne, il se met en route.
 Au-dehors, l’ambiance est pesante, propice à l’horreur. Pourtant l’enfant reste calme. Il peut encore distinguer la lueur tremblante à travers le voile de brouillard. « Qui cela peut-il bien être ? Que fait-il chez moi ? » Les mêmes questions s’échappent de ses lèvres, questions auxquelles il apportera une réponse, il en est certain. En s’enfonçant dans le champ il s’aperçoit, après avoir jeté un regard derrière son épaule, que sa maison n’est encore visible que par la lumière qui s’échappe toujours par la fenêtre de sa chambre. C’est à cet instant que, dans le vide sonore, naît un second craquement, son singulier qu’il attribue à des épis de blés écrasés sous les pas d’un homme. Un frisson lui parcourt la nuque, et dans un rapide mouvement, il s’accroupit, scrute l’obscurité au travers des innombrables tiges noires. Alors Zéphyr se lève et tout le champ est parcouru d’un souffle froid. Les blés se plissent sous son effet et les reflets du scintillement de la lune matérialisent sur leur épi des vagues dansantes. Le garçon ne bouge plus ; il cherche l’homme qu’il a entendu. La lueur qu’il avait aperçue de sa chambre est introuvable. Alors, sans prévenir, il se met à courir les yeux fermés, une envie irrépressible de pleurer lui tordant son cœur. Ses jambes mues par une volonté propre ne cessent leur avancée, fendant le brouillard, traçant un sillon à travers la culture. L’enfant finit par arriver à la sortie de son domaine et n’y découvre non pas un homme mais deux. Le souffle court, il prend une grande bouffée d’air et se concentre sur la scène qui lui fait face. Des éclats dans le noir attirent son regard, l’un des deux individus se tient debout tandis que l’autre est à terre presque couché face au sol. Le premier tient un objet pointé en direction de l’autre, le gosse reconnaît une arme, une arme d’un genre qu’il n’a jamais vu, son allure est étrange, tout en ressemblant à un banal pistolet, des étincelles d’un bleu fluorescent en émanent. Qui sont ces gens, que font-ils, là , chez lui ? Doit-il avoir peur ? Le petit sent une larme couler incompréhensiblement le long de son visage. L’arme hurle. Un cri de tonnerre résonne dans le silence de la nuit et l’un des hommes tombent à terre sous le regard assourdi du jeune garçon. Un homme est mort, assassiné. Sans trop savoir pourquoi, il se jette sur l’adulte encore debout. « Qui êtes-vous ? Pourquoi avez-vous fait ça ? crie-t- il en larmes.
— Occupe-toi de tes affaires, petit. Tu n’as rien à faire là . Cette histoire ne te concerne pas retourne d’où tu viens. » La froideur sèche avec laquelle il avait prononcé cette phrase suffit à ébranler un peu plus l’enfant qui vidé de toute force, s’effondre à terre. En silence, il prend son visage dans ses mains tremblantes. Quelque chose n’allait pas, tout cela ne pouvait être réel. C’est alors que Séléné se fit de sang.
 Crack ! Une brindille se brise sous les bottes d’un homme aux pas rapides, autour de lui, des champs de blés à perte de vue avec la moissonneuse-batteuse qui, une trentaine de mètres plus loin, s’occupe seule de la récolte. Que de souvenir pour l’homme, il est pourtant loin ce temps où il vit la campagne pour la dernière fois. Positionnant sa main en visière, il lève ses grands yeux couleur noisette au ciel et dans un souffle il murmure, « Tout ça me rappelle un tableau d’un célèbre peintre. ». Mais après avoir constaté l’absence presque dérangeante de toute vie organique aux alentours, il ajoute tristement, « mais sans les corbeaux ». Les rayons orangés, d'un fabuleux coucher de soleil viennent embraser la couleur d'or des épis de blé qui se balancent tel des vagues au gré du vent. L'homme ralenti le pas, il est troublé. « Que fais-tu ?! Plus vite ! As-tu oublié ? » Il regarde sa montre « Il est déjà six heures ! crie-t- elle ». L’homme grogne, il lui reste encore trois bonnes heures de marche, sa putain de machine a encore du mal avec le positionnement géographique, mais le temps n’est plus à la nostalgie ni à la complainte, il lui faut se dépêcher.
 Le temps passe, la lumière laisse lentement place à l'ombre et la chaleur du soleil à la froideur de la lune. Walter finit par distinguer la fameuse ferme, « Enfin ! s’exclame-t-il, Ce voyage n’aura pas été vain. » Au loin on peut entendre des cloches sonner dix heures. « C'est le moment ! Trouve-le ! » L'homme court puis, brusquement, s'arrête lorsqu’un inconnu apparaît soudainement face à lui. Le visage de ce dernier se décompose, laissant s’exprimer une profonde terreur, sa réaction ne se fait pas attendre, de la main il fait un geste brusque et disparaît. « Que fais-tu Walter ! C’était notre homme et tu l’as bêtement laissé s’envoler ! — Du calme Kirbi, je vais me le faire, rien ne presse. — Tu parles ! Il nous a encore échappé, c’est la troisième fois ce mois-ci quelle perte temps ! — Tu te trompes, s’il est venu ici ce n’est pas pour rien. Il n’a plus assez d’énergie pour passer à côté. Je suis même prêt à parier qu’il n’est pas allé bien loin. »  Kirbi n’est pas convaincu, mais Walter n’en a que faire, son androïde peut bien posséder une IA particulièrement sophistiquée, la sensibilité, l’intuition lui sont encore un mystère et la panique qu’il avait lu sur le visage de sa cible n’était pas celle d’un homme qui s’échappe de nouveau avec brio, c’était celle d’une proie acculée. Un frisson d’excitation lui traverse la nuque. Cette fois Walter ne laissera pas passer sa chance. Un épais nuage passe dans le ciel cachant à l’horizon, une lune parfaitement pleine. Ce soir cet homme va mourir.
 Crack ! L’espace et le temps se déchirent. Projeté au sol, un homme perd conscience. Il s’est perdu. Comment en est-il arrivé là ? Nous n’en savons rien. Le temps glisse. À peine une heure plus tard, il reprend ses esprits, se lève et prend une grande bouffée d’air frais. « Quelle plaie ! s’écrit-il, je suis à peine arrivé qu’il est déjà sur mes pas, il ne me laisse plus une seconde. » Il jette un regard à sa montre silencieuse, elle affiche vingt et une heures. « Il faut, absolument que je récupère de quoi charger mon transporteur. » En observant les alentours, il comprend qu’il est dans le garage de son ancienne maison, jadis il avait habité entre ces murs, il y avait grandi, entouré de son père, de sa mère et de ses deux sœurs. Issu d’une famille de fermiers son père était ingénieur et sa mère opératrice en gestion des automates de récoltes ; autant dire qu’ils avaient du temps à consacrer à leurs enfants, c’est pourquoi, plutôt que de les envoyer en ville pour leur étude, ils ont préféré leur faire des cours à domicile. Que de temps passé en ces lieux, que de souvenir. Mais l’heure n’est plus à la nostalgie, où avait-il caché sa vieille batterie en graphène ? Elle devrait pouvoir faire l’affaire. Il ouvre quelques caisses, cherche entre les outils parfaitement entretenus de son père, mais rien. « Elle n’est clairement plus là . Bon sang ! Fait un effort, souvient en. »
 Le vent souffle et le brouillard se lève, de même que le voile sur ses souvenirs. C’était un peu avant ses huit ans, à cette époque il s’était intéressé de près à la possibilité du voyage dans le temps et l’espace. Il avait certainement dû piquer du matériel à son père dans l’espoir de construire sa propre machine et peut-être avait-il récupéré la batterie par la même occasion, ne reste plus qu’à chercher le fameux prototype. Le seul endroit où il avait pu s’essayer à une telle expérience se trouve être sa vieille cabane. Mais existait – elle déjà ? Dehors le brouillard s’épaissit et la lune peine à éclairer le vaste champ. L’homme s’empare alors de la première lampe de poche qu’il trouve chargé, puis quitte la remise. Il sait parfaitement où devait se trouver son ancienne cabane. Un rapide coup d’œil à sa montre, il est vingt-deux heures trente. Une fois sortie, l’homme s’acharne à retrouver la cabane et l’heure passe sans qu’il n’en aperçoive une quelconque trace. S'était-il trompé de temps ? Avait-il caché cette putain de batterie quelques jours, mois, années plus tard ? Vite ! Derrière lui, on entend les pas rapides d’un homme à travers les blés. Plus vite ! Il finit par trébucher et vient s’écraser au sol. Légèrement sonné il ouvre lentement les yeux, les frottes avec ses mains pleines de terres et face à lui, un crâne apparaît, un crâne humain à moitié enfoui sous terre, un crâne qui le regarde de ses yeux creux. Il hurle. « C’est quoi encore ce truc !
— C’est toi, sans qu’il s’en soit rendu compte l’autre Walter avait retrouvé sa trace et pointait une arme dans sa direction.
— Bien joué ! s’extasie Kirbi, maintenant tue le ! »Â
 Un regard désespéré à droite, à gauche et il découvre l’enfant. Il ne se souvient pourtant pas avoir assisté à tout ceci. Sans rien ajouter, il entend tout juste le coup de canon. Sous le regard froid de son assassin, il se sent mourir. Ne sachant pourquoi, ne sachant comment, il se vide de son sang. « Qui êtes-vous ? entend-t- il l’enfant crier. Pourquoi faites-vous ça ? » Si seulement il savait. « Occupe-toi de tes affaires, petit. Tu n’as rien à faire là . Cette histoire ne te concerne plus retourne d’où tu viens. »  La froideur, sèche du sol sous le ciel nocturne suffit à l’ébranler un peu plus. Vidé de toute force, il reste au sol, immobile. En silence, la joue contre terre, il découvre un second crâne juste avant de s’oublier.
 Un battement de cœur, un autre puis encore un. Dans le ciel, la lune se fait de sang. Elle respire. Alors le temps décélère et lorsqu’on entend raisonner le sixième battement, une onde de choc traverse l’espace, le temps, les blés deviennent noirs, le brouillard rouge. Voyez là un tableau à la John Martin, un cataclysme en devenir ou bien passé. Encore trois battements, Walter contemple cette lune, elle enfante, par son sang, un être informe, une créature de cauchemar indescriptible. Mais bon sang, qu’est-ce qu’elle lui, leur ressemble. Le monstre se lève sur ses pattes arrière, tend un bras et saisit une gerbe de blé. « Walter, Walter et Walter » dit-elle, d’une voix éthérée, étranglée, plaintive mais vibrante. « Walter, je t’aime, ne m’aimes-tu pas ? »  Et les Walter encore debout ne peuvent que fixer les yeux de la bête, cette bête aux yeux couleur noisette, ces yeux qui sont les siens. Finalement, en l’absence de réponse, elle se jette sur l’enfant, le dévore tout entier.
Prisonnier de son temps, il n’est plus question de fuir, le voilà piégé, fait comme un rat. Walter, ne sera plus, n’a plus été, ne sachant même plus, lui-même, s’il est. Toute cette histoire ne fut qu’une vaste comédie. image : Vincent van Gogh
"Un renard affamé, voyant des grappes de raisin pendre à une treille, voulut les attraper ; mais ne pouvant y parvenir, il s’éloigna en se disant à lui-même : « C’est du verjus. »" ( Ésope)                                                                                       Pareillement les hommes ne sachant obtenir ce que leur volonté désir, font mine que son objet possède en lui quelques propriétés qu'ils déclarent indésirables. Mais lorsque, enfin, la satisfaction est rendue possible, certaines personnes ayant fini par croire à ce mensonge, n'ont d'autre but que d'en interdire idéalement, moralement, ou par quelques autres fantaisies, l'accès.
Plaidoyer pour l’évolutionÂ

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Test
  « Étrange » fut le premier mot auquel il pensa avant de, lentement, reprendre connaissance. Étrange, il ouvre enfin les yeux, tout est d’un bleu sombre. Doucement, les contours d’un monde se dessinent sous son regard. La nuit lui fait face et à l’horizon on distingue un ciel étoilé. Il relève la tête et retrouve ces mêmes cieux. Alors le jeune homme se redresse et regarde autour de lui découvrant ce qui semble être une plaine parfaitement plate, recouverte de fines herbes s’étendant à perte de vue, et cela, où que son regard se porte. Ces herbes sont bleues ou du moins lui apparaissent comme tel. Il tend alors un bras en avant, le contemple et se dit :
-      Je ne suis plus dans la forêt.
  Il avait prononcé ces mots sans même en percevoir l’inutilité. Il n’était, de tout évidence, plus dans le même monde. Le paysage surréaliste qui lui fait désormais face en est la preuve. Le regard toujours fixé sur son bras tendu, il réalise une chose, ce bras, cette main, ont quelque chose d’anormal, ils paraissent plus petits, plus fins. Cherchant son sac des yeux, il le retrouve à deux pas, saisi le petit miroir qui s’y trouve et contemple son reflet.
-      Impossible ! s’écria-t-il.
  Son visage n’avait plus rien d’habituel, c’est celui d’un enfant et non le sien. Pourtant, à mieux y regarder il se rend compte qu’il s’agit bien de lui, du moins de lui il y a onze ans.
  C’est alors que le monde comme prit d’une violente folie se mit à tournoyer. L’homme a le regard figé, levé vers le ciel et l’espace. Les étoiles s’y organisent pour ne former qu’un anneau perdu dans le noir. Le temps n’est plus. Le cercle d’étoiles chute dans un mouvement sans temps, sans fin. Impuissant l’enfant assiste à la collision de ces entités célestes avec la plate surface de la terre. Il assiste à la disparition du ciel puis le temps reprend sa course. Comme privé de sol, l’enfant chute dans ces herbes, dans cette terre qui se tord, se plie, s’enroule et se défait de toutes contraintes dans des mouvements incompréhensibles, allant même jusqu’à combler de toute sa masse le vide laissé par la chute du ciel. Rien n’a plus d’importance, plus de sens, ne reste plus qu’un corps, son corps, celui d’un enfant. Mais qu’elle est cette folie ? Qu’est-ce qui se passe ? S’efforça-t-il de penser avant que ce qui restait devienne de plus en plus sombre et finalement disparaisse.
 Il fait bon, il fait doux. Les jambes repliées sur son torse, les bras serrant les jambes, il n’est plus ni haut ni bas qui soi. Il n’est plus aucune surface, il n’est plus aucune lumière. Tout est paisible, même le temps semble s’être emparé d’une léthargie rafraîchissante. Mais l’homme bougea, ses mains lâchèrent ses jambes, se lièrent l’une à l’autre et en leur sein la lumière fut, pas plus grande qu’un œuf, d’un éclat faible mais certain. Difficilement, il ouvre les yeux et se fut l’explosion. De noir tout devint d’un blanc immaculé. Alors se mirent à pleuvoir des formes puis des mondes. Des amas de roches, grands comme des montagnes, décorent l’espace naissant où se lève un léger brouillard. L’éclat primordial toujours entre ses mains, un enfant contemple des créatures flotter et se déplacer autour d’un lierre géant qui continu seul son incompréhensible course. Ce monde n’avait encore ni de bas ni de haut et tout s’y déplaçaient en toute liberté, les choses animées comme inanimées venaient et passaient librement. L’homme décida alors d’explorer ce qu’il avait sous les yeux. Il s’approcha d’une masse à la fois végétale et minérale particulièrement belle. Il flotta dans sa direction et lorsque enfin il eut posé un pied à sa surface, tout se fige. Le monde sembla alors pivoter sur lui-même et lorsque les mouvements reprirent, le haut et le bas étaient et les amas de matière s’écrasèrent les uns contre les autres. Après quelque temps, le monde est, avec ses îles dans le ciel, ce ciel qui après avoir vaincu la terre devint le monde. Un enfant le contemple, s’émerveille de tant de beauté puis s’évanouit.
test 1
L’horloge de la maison affichait vingt-trois heures lorsque, dans la nuit, un craquement sonore se fit entendre, tirant aussitôt un jeune garçon de son profond sommeil. Le bruit l’avait surpris et c’est avec empressement qu’il se frotta les yeux et sortit de sous sa couette, libérant de tendres rêves. La lumière émise par la lune éclairait difficilement la chambre mais on pouvait tout de même distinguer nombre de jouets au sol, des legos, des billes et quelques figurines en plus des vêtements sales éparpillés un peu partout. Au pied de son lit se trouvait un livre où était écrit « Le voyage dans le temps consiste en la capacité de transporter un corps à un instant donné, il s’agit donc de joindre des coordonnées précises et distinctes afin que » mais le reste était caché dans la pénombre. Plus loin encore, sur une feuille, on pouvait voir griffonné les mots suivants « le temps n’a aucune réalité holographique. Par holographie, on désigne une description des positions de tous les objets que composent l’univers aux instants » cette fois c’était un pantalon en boule qui empêchait d’en lire plus. L’enfant désormais debout ne mesurait pas plus d’un mètre cinquante et ne devait pas encore avoir huit ans. Il semblait un peu perdu, que faisait-il debout ? Ah oui, respirer, il avait besoin de respirer, seulement trois ou quatre pas pour atteindre la fenêtre et ça y est, la poignée était dans sa main. Mais pourquoi tremblait-elle ? Lorsque le souffle du vent se fit sentir sur son visage, il lui glaça les joues. Respire, se dit-il en prenant une bouffée d'air frais. Au dehors, des éclats dans le noir attirent son regard. Deux individus, deux hommes se tienne face à face et malgré le manque de clarté, le garçon perçoit que l’un d’eux pointe quelque chose en direction de l’autre. Une arme ? Mais que font-ils là , chez lui, dans son jardin ? Dois-je avoir peur ? Que vont-ils faire ? Incompréhensiblement, une perle glisse le long de mon visage.