⚜ Le Cabinet Noir | N°54 | Francesim, Versailles, 15 Vendémiaire An 231
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The Secret Cabinet meets at Versailles ahead of the state visit to Thornolia: Charlemagne, Jean Schulmeister, Imperial Prince Henry, and Napoleon V. The emperor, who had intended to review files on the Thornolian royal family, finds himself being questioned about "his relationship" with Laura. After a difficult exchange for him, the young sovereign formally forbids the Cabinet from interfering in his love life.
Charlemagne: Gentlemen… Sire, we must settle the Delcroix affair. Jean: Before anything else… we must understand the exact nature of the situation. Do you intend to pursue your relationship with Miss Delcroix? Napoleon: Pursue…? It has not even begun, and you know that perfectly well. Charlemagne: That is not an answer, Sire.
(Napoleon pauses to think.)
Napoleon: If Miss Delcroix were to return my feelings, then yes, I would wish to “pursue” it.
(The members of the cabinet exchange glances.)
Henri: You do understand what that would imply, my nephew.
Napoleon: She rejects me anyway.
Charlemagne: We must control what can still be controlled.
Jean: From the information I have gathered… Miss Delcroix has no hidden political ambition. She possesses neither fortune nor influence. And she would not even have the sympathy of the people.
Napoleon (irritated): I merely promised her family my protection.
Jean: The Delcroix family has already refused all assistance from the Imperial Household.
Henri: What we wish to suggest, my nephew, may be difficult at first. It would mean distancing Delcroix — through a major promotion, for example. She would gain—
Napoleon: Absolutely out of the question.
Charlemagne: We all know that you and Delcroix are about to spend six months aboard the same ship during the Jeanne d’Arc mission, on the other side of the world. We fear…
Henri: …that it may distance you from the Empress permanently. And if it becomes public — which it most certainly will — people will talk.
Jean: Sire, the Empress suspects nothing for the moment. We should take advantage of that to resolve the situation. These are merely solutions to—
Napoleon: You call these solutions?! Then why am I the one losing in every one of your scenarios?
Jean: In truth… there is most likely no good ending to this story.
Napoleon: God help me.
Henri: Do you no longer have any feelings for the Empress? Why not try instead to rekindle the flame? Perhaps this is only temporary—
Napoleon (losing his temper): Because I love Miss Delcroix!
Charlemagne: Sire… If you wish to continue seeing Miss Delcroix, then at the very least, rules must be established.
Napoleon: Enough!
Charlemagne: Sire, this is a matter of stability—
Napoleon: You call it stability?!
Jean: Sire… she has neither position, nor network, nor any real protection.
Napoleon: Yes, she does. She has me.
(A heavy silence falls.)
Napoleon: There will be no distancing, no discreet arrangement, none of your "solutions." Miss Delcroix and I will depart together on the Jeanne d’Arc mission, as planned.
⚜ TRADUCTION FRANCAISE
Le cabinet noir se réunit à Versailles avant la visite d’Etat en Thornolie : Charlemagne, Jean Schulmeister, le prince impérial Henri et Napoléon V. L'empereur, qui pensait examiner les dossiers sur la famille royale thornolienne, se retrouve interrogé par son cabinet secret sur "sa relation" avec Laura. Après un échange difficile pour lui, le jeune souverain interdit formellement au cabinet noir d'interférer dans sa vie sentimentale.
Charlemagne : Messieurs… Sire, nous devons éclaircir l’affaire Delcroix.
Jean : Avant toute chose… nous devons comprendre la situation exacte. Avez-vous l’intention de poursuivre votre relation avec Mademoiselle Delcroix ?
Napoléon : Poursuivre… ? Elle n’a même pas commencé, vous le savez très bien.
Charlemagne : Ce n’est pas une réponse, Sire.
(Napoléon réfléchit.)
Napoléon : Si Mademoiselle Delcroix répond à mes avances, oui, je souhaiterais « poursuivre ».
(Les membres du cabinet se regardent.)
Henri : Tu dois bien comprendre ce que cela implique, mon neveu.
Napoléon : Elle me repousse, de toute façon. Il n’y a pas lieu à se réunir pour ce sujet trivial.
Charlemagne : Nous devons contrôler ce qui peut encore l’être.
Jean : Des informations que j’ai réunies… Mademoiselle Delcroix n’a pas d’ambition politique cachée. Elle n’a aucune fortune, ni influence. Nous ne savons pas si elle pourrait supporter le rôle de consort. Et elle n’aurait pas même la sympathie du peuple.
Napoléon (agacé) : J’ai seulement promis à sa famille de leur offrir ma protection.
Jean : La famille Delcroix a déjà refusé toute assistance de la Maison de l’Empereur.
Henri : Nous voulons simplement éviter qu’une affaire sentimentale devienne une affaire d’Etat, avant qu’il ne soit trop tard.
Napoléon : Que proposez-vous alors ?
Henri : Ce que nous voulons te proposer mon neveu sera peut-être difficile au début. C’est éloigner Delcroix, avec une grande promotion par exemple. Elle gagnerait-
Napoléon : C’est hors de question.
Charlemagne : Nous savons tous que vous et Delcroix allez passer six mois sur le même navire pour la mission Jeanne d’Arc, à l’autre bout du monde. Nous craignons…
Henri : … Que cela ne t’éloigne définitivement de l’impératrice. Et si cela s’apprend, ce qui sera sûrement le cas, fera jaser.
Jean : Sire, l’impératrice ne se doute de rien pour le moment. Il faut en profiter pour régler la situation. Il ne s’agit que de solutions pour-
Napoléon : Vous appelez ça des solutions ?! Alors pourquoi suis-je perdant dans tous vos scénarios ?
Jean : En vérité… Il n’existe vraisemblablement pas de bonne fin à cette histoire.
Napoléon : Dieu aide moi.
Charlemagne : Sire… permettez-moi de parler non comme conseiller, mais comme homme qui a servi votre père.
Napoléon : Je vous écoute.
Charlemagne : Napoléon IV savait compartimenter sa vie. Vous, non. Lorsque vous aimez quelqu’un, cela se voit immédiatement. Si vous voulez continuer à fréquenter Mademoiselle Delcroix, alors il faut au minimum établir des règles.
Henri : N’as-tu aucun sentiment pour l’impératrice ? Pourquoi ne pas tenter plutôt de raviver la flamme ? Ce n’est peut-être que passager-
Napoléon (s’énerve) : Parce que j’aime Mademoiselle Delcroix !
Charlemagne : Je ne vois que deux possibilités. Soit, vous assumez cette relation au point d’en accepter les conséquences publiques… Soit, vous la protégez au point de la rendre invisible.
Napoléon : Il suffit ! Vous parlez de Laura comme d’un problème à neutraliser.
Charlemagne : Sire, c’est une question de stabilité—
Napoléon : De stabilité ?! Vous appelez stabilité le fait d’écraser une femme qui n’a rien demandé ?
Jean : Sire… Elle n’a ni position, ni réseau, ni protection réelle.
Napoléon : Si. Elle m’a moi.
(Un silence tombe.)
Napoléon : Il n’y aura ni éloignement, ni arrangement discret, ni aucune de vos « solutions ». Mademoiselle Delcroix et moi-même partiront ensemble en mission Jeanne d’Arc, comme prévu.










