Je vais enfin mieux! Jâai completement dĂ©laissĂ© lâĂ©criture depuis deux semaines car jâĂ©tais soit trop mal, soit trop fatiguĂ©e.
On est rĂ©veillĂ©s par le tĂ©lephone Ă 7h30 du matin. Câest le mec de lâagence qui nous dit quâon doit ĂȘtre Ă lâaĂ©roport dans 30 minutes. Notre vol de 16h45 aurait Ă©tĂ© annulĂ© et remplacĂ© par un de 10h30. On Ă©tait censĂ©s avoir du temps donc rien nâest prĂȘt, on doit se laver, faire le check-out Ă lâhotel, bref on nây arrivera jamais.
Je deviens dingue, rien ne va plus depuis notre arrivée en Bolivie!
Jâinsiste pour que Carl refuse. Il raccroche. Le mec lui a dit quâil allait essayer de nous trouver un autre vol. Une nouvelle fois, les plans foireux sâenchaĂźnent lorsquâil sâagit dâAmazonie. Pour parler vulgairement, jâen ai carrĂ©ment plein le cul des incompĂ©tents: banques, assurances, agences de tourisme⊠On dĂ©cide dâaller dĂ©jeuner et dâattendre des nouvelles de lâagence mais une heure aprĂšs, toujours rien. On dĂ©cide alors dâaller directement Ă lâagence en prĂ©venant lâhotel de rĂ©ceptionner quelconque coup de fil. Lâagence est Ă deux pas, on y arrive au bout de 5 minutes mais elle est fermĂ©e.
Je commence vraiment à perdre patience. Je préfÚre que Carl les appelle car je me réserve le pétage de cable de dernier recours.
Tant quâon ne sait pas, la diplomatie de Carl est prĂ©fĂ©rable. Il arrive Ă joindre le portable de la patronne qui lui annonce quâelle aurait trouvĂ© et modifiĂ© notre vol pour 14h30. On redescend un peu et on retourne Ă lâhotel. Carl est confiant mais moi, je mâattends Ă tout. On a donc jusquâau check-out pour sâorganiser. Le tĂ©lĂ©phone sonne. Lâheure a de nouveau changĂ© et est de nouveau programmĂ© Ă 16h45.
Câest le moment de me faire entendre.
Carl me tend le combinĂ©. Je me lance dans un monologue histĂ©rique de 30 minutes sans le laisser parler. La discution se termine avec 1000 excuses de sa part et il me garantit de tout me rembourser en cas de pĂ©pin. Je lui dis quâil me remboursera aussi le taxi si jamais il nây a pas dâavion Ă 16h45.
Pour passer le temps, on se remet Ă la recherche de la meilleure affaire dans la calle SagĂĄrnaga et illampu, les deux rues principales dĂ©diĂ©es Ă lâartisanat. On tue le temps et on va manger en attendant le taxi. Il est lĂ Ă 14h30 pile. Il faut plus ou moins 30 minutes pour rejoindre lâaĂ©roport international situĂ© dans le quartier dâEl Alto Ă La Paz. Etonnement, lâaĂ©roport est super moderne. Le mini-avion est Ă lâheure.
La traversĂ©e est impressionante, lâavion fait beaucoup de bruit et passe juste au dessus des montagnes et sommets enneigĂ©s qui entourent La Paz.
MĂȘme pas une heure plus tard, on attĂ©rit dans la pampa: changement total de paysage et de climat. De la vĂ©gĂ©tation danse nous entoure et la tempĂ©rature frole les 40 degrĂ©s avec 90% dâhumiditĂ©.
Jâai la sensation dâĂȘtre dans un rĂȘve, jâai du mal Ă en croire mes yeux, ils Ă©taient trop habituĂ©s Ă la montagne.
Je retrouve les palmiers et la chaleur chers Ă mon coeur⊠et dire que je ne sentais pas trop cette expĂ©dition dans la pampa! Un combi de 10 bolivianos par personne nous amĂšne directement au centre de Rurrenabaque. La fille du Dolphin nous accueille directement. On rejoint lâagence et on se dit Ă demain. On trouvera un hotel pour 50 bolivianos par personne. Los tucanes de Rurre: chambre privĂ©e, eau chaude (mĂȘme si pas trĂšs utile ici), ventilo (indispensable) et chambre qui pue lâhumiditĂ©. Pas trop mal pour une seule nuit.
On ira voir le coucher de soleil sur le rio Beni, une pure merveille.
Je me lĂšve, me lave et me tartine de deet (anti-moustiques). Ătant donnĂ© ma mauvaise expĂ©rience avec les moustiques, je mets la dose. Jâai la sensation que ça brule un peu mais tant pis. On vient nous chercher Ă 10h Ă lâhotel. On va ensuite Ă lâaĂ©roport chercher les 4 autres participantes au tour. Finalement, on attendra plus que prĂ©vu car leur vol aura du retard. On dĂ©marre donc Ă 11h30 au lieu de 9h.
Le chemin entre Rurre et Santa Rosa est de loin le pire quâon ait jamais vu jusquâalors. Il faut normalement 3 heures pour y arriver mais le chauffeur veut tellement rattrapper son retard quâil roule comme un fou sur le chemin endommagĂ©. On nous a dit quâil y avait eu des innondations mortelles il y a un mois. Câest peut-ĂȘtre la cause de lâĂ©tat des routes, qui en rĂ©alitĂ© nâen sont pas. Le chemin est Ă©puisant mais nous finissons par arriver Ă bon port.
Câest trĂšs paisible, ici, il ne semble pas y avoir de stress.
On avale un repas pas trĂšs bon et on arrive au port sur le fleuve Yacuma. Difficile de dĂ©crire le paysage incroyable. Un ciel bleu avec quelques nuages parfaitement symĂ©triques comme sâils Ă©taient dessinĂ©s par des enfants, un fleuve calme et haut, dĂ» Ă la saison des pluies. Des arbres innondĂ©s et recouverts dâeau jusquâau sommet des troncs. Puis le plus beau, le parfait reflet du ciel et des arbres Ă la surface, ce qui donne une constante impression de double image⊠magnifique! Par contre, le niveau de lâeau est anormalement haut et il y a donc beaucoup moins dâanimaux. Ceux-ci ont migrĂ© sur la terre ferme car ici, tout est innondĂ©âŠ
On est donc pas trop sĂ»rs de voir quelque chose. Dans un premier temps, on voit surtout des oiseaux: el pato corbo, el pato serpiente, diffĂ©rents aigles, le cerere qui fait un bruit de toux de fumeur. Le clou du spectacle, câest tout de mĂȘme les singes. On croise dâabord une famille perchĂ©e au dessus dâun arbre: le pĂšre, la mĂšre, et le petit sur son dos. Ils sont diffĂ©rents car le mal est entiĂšrement noir tandis que la mĂšre et le petit sont bruns. Un peu plus tard, on fait la connaissance du chichillo, beaucoup plus sociable. Ce sont les plus petits singes de la pampa mais ce sont aussi ceux qui sâapprochent le plus.
Pas du tout mĂ©fiants, ils entrent mĂȘme dans le bateau en quĂȘte de nourriture. Ils attrapent tout ce quâils trouvent sur leur chemin, il faut donc bien faire gaffe Ă son sac et son appareil photo! Oscar, notre guide, les attire avec une banane. Ils deviennent fous. Mais il ne faut en aucun cas les nourrir car cela perturberait leur mode de vie habituel. Un petit arrive tout de mĂȘme Ă sâemparer dâun morceau de banane avec une rapiditĂ© dĂ©concertante.
Au bout de deux heures, on arrive finalement au fameux lodge du Dolphin travel. Des cabanes sur pilotis rudimentaires, des dortoirs et une cuisine, le tout encerclé de moustiquaires.
On sâinstalle et on fait la connaissance de Benito et ses amis: les caĂŻmans qui entourent et nagent paisiblement autour du lodge⊠Dâailleurs, en voulant faire une photo prĂšs de lâun dâentre eux, Carl tombera dans lâeau juste Ă cĂŽtĂ©. Le bois craquera sous son poids, câest dire si le lodge est solide! On peut le dire, il se chiera bien dessus mais peut-ĂȘtre pas autant que le caĂŻman qui sâenfuira effrayĂ© par le vacarme.
La bouffe est plutĂŽt bonne et fraiche On va se coucher super tĂŽt car il y a trop de moustiques et il nây a rien Ă faire. On se sent en pleine nature et mĂȘme temps prisonniers dâelle-mĂȘme. EntourĂ©s dâeau, il nây a aucune libertĂ© de mouvement en cette saison.
Je nâai pas dormi de la nuit.
Jamais de ma vie je nâavais senti une chaleur pareille. De plus, les dortoirs sont constituĂ©s dâune telle façon quâil nây a pas dâair. Le matelas est ultra fin et Ă peine posĂ© sur du bois, câest donc comme si on dormait sur le sol. Et pas de drap pour se couvrir, juste une couverture⊠Comme beaucoup, je fais partie de ces gens qui ne savent pas dormir sans rien sur eux mĂȘme quand il fait 40 degrĂ©s. Pour finir, Ă©videment, câest truffĂ© de moustiques et dâinsectes en tous genres mais aussi de chauve-souris qui volent au dessus de nos lits.
Non, je nâai pas dormi de la nuit.
Comme on sait que ça ne va durer que deux jours, on peut facilement relativiser lâinconfort du lieu. De plus, malgrĂ© les dĂ©sagrĂ©ments, se rĂ©veiller au milieu de lâAmazonie est tout de mĂȘme une expĂ©rience unique, un peu comparable Ă une nuit dans la savane mais sans le confort des lodges de luxe africains. On est quand mĂȘme traitĂ©s comme des rois. Le matin, on a droit Ă un petit dej incroyable avec des crĂšpes, pancakes, beignets, fruits frais, marmelades, pain, etc⊠De quoi bien se mettre en forme.
La journĂ©e commence cependant mal. On doit enfiler des bottes pour aller Ă la recherche de lâanaconda. Comme lâeau arrive au dessus du genoux dans la zone des anacondas, pour notre sĂ©curitĂ©, il faut porter des bottes. Depuis toujours, jâai ce problĂšme de mollets trop larges⊠Je sens le mauvais plan arriver. Effectivement, je nâentre dans aucune botte et je ne peux donc pas y aller. Je suis carrĂ©ment dĂ©goutĂ©e, jâai les larmes aux yeux de nerfs mĂȘme si je sais quâaucun groupe avant nous nâa vu dâanaconda en cette saison. Heureusement, les 4 allemandes qui partagent notre tour partent pour seulement deux heures et reviennent plutĂŽt déçues et ennuyĂ©es de la recherche de lâanaconda, quâelles ne verront pas!
On mange et on a droit Ă une petite sieste avant de repartir Ă la recherche des dauphins roses cette fois.
Beaucoup plus faciles Ă trouver que les serpents, on navigue Ă leur cĂČtĂ©. Ils se trouvent dans les sortes de lagunes formĂ©es au milieu du fleuve par lâĂ©largissement de celui-ci. Comme les dauphins se nourrissent de piranhas, il est en principe impossible quâils soient prĂ©sents sur leur territoire. Cela dit, Oscar nous informe quâil est possible quâil y ait quelques caĂŻmans dans les parages, et que les dauphins peuvent mordre.
Comme je ne veux pas ruiner le moment, je dĂ©cide ce coup-ci de ne pas faire la brave et de ne pas aller dans lâeau. Elle est marron, trouble, on y voit rien et je nâai pas envie de passer un mauvais moment. Câest la meilleure dĂ©cision que jâai prise de ma vie! Jâai tendance Ă toujours vouloir dĂ©passer mes peurs mais sur ce coup-ci, je ne le sens pas du tout. Carl nâest pas trĂšs chaud non plus. De plus, les dauphins sont partis. Au bout de 20 minutes, ils reviennent prĂšs du groupe Ă lâeau avec le guide. Carl se dĂ©cide alors et plonge dâun coup pour rejoindre les autres. Il nây restera que quelques minutes. Dans le bateau, avec une autre fille, je commence Ă rigoler car je vois dĂ©jĂ Ă sa tĂȘte quâil stresse. Il revient. Il a flippĂ© Ă mort et me dit que câest super angoissant. Je suis contente dâavoir pris la dĂ©cision de rester sur la barque. De plus, il est trĂšs difficile dâapprocher les dauphins qui ne font que passer furtivement. Je ne suis pas frustrĂ©e car jâai dĂ©jĂ eu la chance de nager avec les dauphins Ă Zanzibar. LâexpĂ©rience est tout Ă fait diffĂ©rente ici mais je nâai vraiment pas lâaudace dây aller.
Les filles se font mordre les pieds et Carl dit quâon sent plein de choses sous lâeau vous toucher et vous froler⊠Câest trop pour moi!
On revient ensuite au lodge mais avant on va boire une biĂšre au bar âdu coinâ, au coucher du soleil. Au bout de 10 minutes, une dizaine de groupes nous rejoignent. Ils proposent tous le mĂȘme programme. LâAmazonie câest super mais ça perd clairement de son charme quand le bruit nausĂ©abond des jeunes touristes type israĂ©liens et amĂ©ricains viennent faire irruption dans le calme de la pampa. On demandera Ă Oscar pour partir⊠On ira Ă©galement se coucher tĂŽt, aprĂšs avoir observĂ© les yeux des caĂŻmans, rouges dans le noir.
Inutile de le dire, on a encore mal dormi, mais câĂ©tait la derniĂšre nuit. MĂȘme Carl commencait Ă avoir sa dose. La chaleur est vraiment insuportable et il faut prendre trois douches froides par jour pour ĂȘtre plus ou moins frais. On est alors contents de retrouver la montagne, et mĂȘme le froid de La Paz.
Le programme de la journĂ©e est court, puisquâon doit reprendre le bateau et les trois horribles heures qui rejoignent Santa Rosa Ă Rurrenabaque. Carl attend ce moment depuis longtemps: la pĂȘche aux piranhas. Moi-mĂȘme, déçue des autres activitĂ©s, jâattends ce moment avec impatience. Comme dâhab, on part en bateau, cette fois dans des chemins super Ă©troits jusquâĂ arriver dans la zone oĂč Oscar estime quâil y a des piranhas.
Câest de la pĂȘche Ă lâancienne, avec uniquement un fil et un morceau de viande.
Mais Oscar en pĂȘche un directement. Donc, ça nâa pas lâair si compliquĂ©. Malheureusement, comme dit Carl, on aime la pĂȘche, mais la pĂȘche ne semble pas nous aimer. Pas moyen de sortir un foutu piranha⊠Au bout dâune heure, on a un peu la haine (comme des gamins). On a lâimpression dâĂȘtre du mauvais cĂŽtĂ© de la barque, car tous les piranhas que les autres pĂȘchent viennent du mĂȘme endroit, Ă lâopposĂ© de nous. Carl finit par en choper un, et câest encore du mĂȘme cĂŽtĂ©! Je suis plutĂŽt contente pour lui, câĂ©tait carrĂ©ment son rĂȘve ;-) On est finalement contents de rentrer, tant la chaleur nous rend fous. En fait, ce nâest pas tant la chaleur, mais lâhumiditĂ© qui fait que tu es trempĂ© toute la journĂ©e.
On prend notre dernier repas et on quitte le lodge pour retrouver la terre ferme. Avant ça, 1h30 de bateau nous attend. On est tellement crevĂ©s quâon sâendort comme des merdes. Le problĂšme, câest quâon perd alors lâĂ©quilibre et que la pirogue flanche facilement. Carl se concentre sur les arbres, pour tenter dâapercevoir un paresseux quâon ne verra jamais.
ArrivĂ©s Ă Santa Rosa, câest encore parti pour 3 heures de 4X4 sur la pire route quâil soit. Ensuite, place Ă 50 minutes dâavion pour retrouver La Paz.
DĂ©cidĂ©dement, dans ce voyage, on aura eu notre dose de transports en communâŠ
On voulait du froid, on est servis. On est gelĂ©s quand on dĂ©barque en tongs sur le tarmac de lâaĂ©roport de La Paz. Il est tard, on a besoin dâune nuit de plus avant de repartir. De plus, on nâa plus une seule fringue propre.
Le cĂŽtĂ© positif au fait de rester, câest que demain câest dimanche, le jour du catch des Cholitas, si populaire ici. Ăa prometâŠ
                L'Amazonie, enfin! La Paz, 16/04/2014 Je vais enfin mieux! J'ai completement dĂ©laissĂ© l'Ă©criture depuis deux semaines car j'Ă©taisâŠ