Le jour oĂč jâai sorti les couteaux.
Le jour oĂč jâai regardĂ© le faucon fondre sur sa proie depuis ma fenĂȘtre.
Le jour oĂč la proie a fini dĂ©vorĂ©e.
Le jour oĂč jâai Ă©garĂ© mon sourire.
Le jour oĂč jâai ri au tĂ©lĂ©phone.
Le jour oĂč jâai vu brĂ»ler le nid des gardiens du toit.
Le jour oĂč jâai acceptĂ©.
Le jour oĂč jâai dit non.
Le jour oĂč je nâai pas travaillĂ©.
Le jour oĂč je me suis dĂ©fendue.
Le jour oĂč je nâai pas votĂ©.
Le jour oĂč jâai regardĂ© le puits de lumiĂšre depuis le fond du ravin.
Le jour oĂč jâavais des bougies et une Ă©chelle.
Le jour oĂč je me suis souvenue de la loi.
Le jour oĂč je ne lâai plus dĂ©lĂ©guĂ©e.
Le jour oĂč je me suis mise du cĂŽtĂ© de celui Ă qui jâavais tout pardonnĂ©. Et pas pour cette raison-lĂ .
Le jour oĂč jâai comptĂ© les victimes.
Le jour oĂč lâenfant est arrivĂ© en retard.
Le jour oĂč jâai pensĂ© fugacement Ă la pierre froide tout lĂ -haut.
Le jour oĂč je nâai pas hĂ©sitĂ©.
Le jour oĂč jâai ouvert la porte en faisant confiance. Il Ă©tait dĂ©raisonnablement tard. Jâai eu raison.
Le jour oĂč « quâest-ce que tâes conne ». Et y avait rien Ă rajouter.
Le jour oĂč jâai vu tout dĂ©filer.
Le jour oĂč derriĂšre le rideau je savais quâil Ă©tait encore capable de me soulever. Jâai refusĂ© et jâai remerciĂ©.
Le jour oĂč la guerre sâest mise en pause de façon tacite. On ne tire pas sur les ambulances, on nâachĂšve pas les moribonds. Ăa ne dure quâune journĂ©e les rĂ©pits. Mais Ă vaincre sans pĂ©ril on triomphe sans gloire. Il reste certains honneurs.
Le jour oĂč rien nâa Ă©tĂ© attendu en retour.
Le jour oĂč jâai remboursĂ© quelques dettes. Autant faire ce peu.
Le jour oĂč je ne suis pas sortie.
Le jour oĂč les forces de lâordre ont Ă©tĂ© courtoises.
Le jour oĂč je me suis souvenue que tant que lâon est en vie, on peut toujours choisir un chemin.
Ce jour-lĂ .
Et tous les autres aussi.
MGBV
#féminisme












