mère poussière
L'odeur de sa mère était là. Ce qui l'étrangla d'abord.
Elle resta sur le seuil, un peu.
Des particules volaient dans le salon, éclairées par le soleil qui touchait tout ce qui avait la chance d'exister. Léo ne sentit pas sa chance.
Elle respira sa mère un grand coup, ses pieds se retirèrent de ses sandales sans y penser et arpentèrent la maison afin d'ouvrir toutes les fenêtres du rez-de-chaussé.
Ils avaient sur leur passage ramassé toute la poussière qui s’accumulait depuis mars, pour enfin la mener au canapé où elle s’allongea.
Par deux fois le soleil vint poindre sur ses orteils crasseux que Léo gigotait en tout sens.
Le sommeil lui caressait les yeux, quand elle se vit, petite. Sa mère était à ses pieds dans la lumière, embrassant de son corps ses jeunes jambes.
Un coup de paupière, poussière, un coup de paupière, mère.
Elle était cet amas de fibres épidermiques, s'accumulant sous les pieds de son enfant, adoucissant chacun de ses pas.
Léo aima immédiatement, immédiatement aima la poussière.
dustsceawung : contemplation of the fact that dust used to be other things - the walls of a city, the chief of the guards, a book, a great tree: dust is always the ultimate destination. Such contemplation may loosen the grip of our worldly desires. From dūst (“dust”) + sċēawung (“inspection, contemplation”)














