La priÚre et le cadeau de Yoham. La plume entourée de lavande. C'était un moment au dessus de tout. C'est là , pour la premiÚre fois, que j'ai ressenti l'envol. Bien avant de commencer la danse Rock'n'roll.
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La priÚre et le cadeau de Yoham. La plume entourée de lavande. C'était un moment au dessus de tout. C'est là , pour la premiÚre fois, que j'ai ressenti l'envol. Bien avant de commencer la danse Rock'n'roll.
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17 juillet 2019.
ECLIPSE
âą
Ce soir, il est nuit de pleine lune et dâĂ©clipse.
Nous sommes le 17 juillet 2019, 03h27.
Et moi, je viens en paix pour vous annoncer tendrementâŠ
Quâen cette nuit sainte, je suis Ă ma place en ce monde.
Et que quelques nuits auparavant, je lâai trouvé pour la premiĂšre fois, cet endroit de la terre presque entiĂšrement conçu pour moi.
Ăa fait vibrer lâintĂ©rieur.
Cet endroit est partout: dans les riviĂšres, sur les routes, dans les forĂȘts, au bord des ocĂ©ans et des lacs, prĂšs des bĂȘtes, chez les gens, entre les Ă©bats- puisque la terre est Ă nous pour ce court ou long moment. Ăa, ça dĂ©pend du point de vue.
Certains diront que jâai trouvĂ© la foi, je crois quâils ne sont pas trĂšs loin de la vĂ©ritĂ©.
La foi en quoi ?
En Dieu ?
En moi ?
Je crois que oui, si nous nous mettons dâaccord pour dire quâil est: la lune, sa clartĂ©, ses coĂŻncidences, la femme, lâenfant, la chaleur du soleil sur nos peaux en Ă©tĂ©, lâamour, la musique, la bonne volontĂ©, lâunivers et les planĂštes qui sâalignent en juillet dans les chansons de Fauve.
Fauve eux-mĂȘme, dâailleurs.
Jâaime ces moments de totale harmonie.
Vous les connaissez, nâest-ce pas ?
Je prie pour que vous les connaissiez.
Câest la rĂ©compense Ă toute souffrance, celle qui nous fait dire que ça en vaut la peine, quâil y a quelque chose de plus fort encore au dessus de nos corps.
Câest la magie, celle dont on rĂȘve pendant lâenfance, qui nous Ă©merveille encore bien aprĂšs- qui tient la vie en libertĂ©.
Sans elle, je crois quâon serait mort.
En attendant, vibrons et chantons cet amour, sans vĂȘtements, sur les collines.
Imprégnons nous des ressentis.
Embarquons, tous ensemble, vers les plus agréables des sensations.
La plénitude.
Ăa te dit, lâami ?
Amor sagrado.Â
â Je suis en gĂ©nĂ©ral trĂšs impressionnĂ© par les violons.

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PriĂšre
(Ou lettre Ă Dieu)
Je dĂ©bute ma deuxiĂšme vie et tu m'observes de lĂ -haut, toi crĂ©ateur du monde et de mon ĂȘtre. Tu as envoyĂ© sur mon chemin un amour auquel je ne m'attendais pas, qui a chamboulĂ© quelque peu ma rĂ©alitĂ©, marquĂ© le dĂ©but d'une Ă©poque et clĂŽturĂ© l'adolescence. J'ai dĂ» Ă ce mĂȘme moment me confronter Ă mes parents et Ă mes idĂ©es profondes. J'ai dĂ» me lever et commencer Ă briller. Depuis, chaque jour que le temps me donne, chaque minute que tu m'accordes, je m'Ă©lĂšve et je grandis. Chaque jour, parfois difficilement, mon cĆur se purifie et s'emplit de bonheur. Cette lettre n'est pas de l'ordre de l'intime priĂšre, elle ne vivra pas qu'entre toi et moi, elle vivra entre les mains du monde comme finiront par vivre toutes les Ćuvres d'art, comme finiront par ĂȘtre dĂ©voilĂ©es toutes les crĂ©ations faites pour durer. Nous sommes ton Ćuvre. Nous sommes tes enfants. Le fruit de ton travail, le fruit des tes entrailles. Puisqu'aucune boite postale n'est Ă ton nom, j'enverrais peut-ĂȘtre ces vĆux au plus susceptible de les entendre correctement et de te les transmettre. Tu sais qui il est, puisque lui aussi est nĂ© de toi. Puisqu'il est ton fils et mon plus fidĂšle frĂšre d'Ăąme. Mon plus proche humain. Puisqu'il a visitĂ© l'intĂ©rieur de mon corps, puisqu'il a visitĂ© l'intĂ©rieur de mon cĆur.
Une question est souvent revenue dans ma vie, en ce grand dĂ©but d'existence. Plus d'une fois tes enfants m'ont demandĂ© si je croyais en toi. Ils t'ont appelĂ© JĂ©sus, ils t'ont appelĂ© Allah. Des langues et des histoires diffĂ©rentes rien que pour toi. Comment pourrais-je savoir ? DĂ©battre de ton existence ? Qui pensent-ils ĂȘtre pour affirmer tant de choses sur ce que tu es ou non, sur tes volontĂ©s sur la terre comme au ciel ? Je ne crois en rien, Seigneur, j'imagine seulement. Je n'ai pas confiance en la parole des Hommes et en ces grands livres Ă©crits pour toi, par eux. Je n'ai pas confiance en mes semblables et encore moins en leur manie de confondre plaisir et pĂ©chĂ©. Dis moi, le Grand, Puissance, pourquoi ont-ils peur de nos corps et de leur sensualitĂ© ? Pourquoi dĂ©nigrent-ils la sexualitĂ©, l'une des plus belles choses que tu aies créé pour nous, en prĂ©tendant t'aimer plus que tout ? Comment donc ont-ils l'audace de parler Ă ta place, quand ils affirment encore te donner et te devoir le respect Ă©ternel ? Pardonne moi du jugement, s'il te plait, maĂźtre du temps; mais je dĂ©couvre chaque jour un peu plus de contradiction dans le discours des Hommes. Je sais que je ne suis pas parfaite et qu'Ă ce titre je ne devrais pas blĂąmer, mais tu le sais, ce comportement m'attriste et Ă jamais je continuerais de croire en la vertu de l'humilitĂ©. Je vais continuer Ă vivre cette vie en Ă©tant ce qui me semble ĂȘtre le mieux et le plus juste, en acceptant de ne pas dĂ©tenir toute la vĂ©ritĂ© et en admettant l'immensitĂ© de ton empire. Je ne suis qu'une poussiĂšre aux grands sentiments et Ă la spiritualitĂ© exacerbĂ©e, pas plus importante que la jolie coccinelle rouge des jardins d'Ă©tĂ©, bien moins sage que le grand arbre trĂŽnant sur tes terres. Oui, celles-lĂ , que les humains tentent de s'approprier. Celles pour qui ils se tuent entre frĂšres.
Je n'ai plus qu'à te demander ce qui m'importe le plus aujourd'hui: Veilles avant tout sur papa, maman, Bérenger et moi. Et sur tous les gens bienveillants. Si tu le peux, sinon t'en fais pas, on se démerdera.
Merci de vivre en moi et dans chaque Ă©lĂ©ment. Merci pour cette vie, mĂȘme si je n'ai pas encore trĂšs bien saisi son but et fonctionnement. Quoi qu'il en soit, ça aura Ă©tĂ© un joli tour de manĂšge.
Léa
-2019, 3: 00
Ă Dieu
Lâappel: I feel the Art
Je me sens appelĂ©e. Par qui, je n'en aurais jamais la rĂ©ponse. Illusion? RĂ©alitĂ©? Quelle importance? Pour quelle raison aurais je envie de le savoir? Casseurs de rĂȘves, ici n'entrez pas. C'est du domaine des Ă©lus. Du moins ceux qui ont envie de l'ĂȘtre, ceux qui y croient. Nous accueillons la vocation, et avec joie.
Des mots et des images me viennent, naturellement. Ils glissent en moi, comme le plaisir de l'homme dans ma gorge. Je n'ai pas peur de le dire, à ce moment. Je n'ai plus peur de rien, à cet instant. Car l'univers me protÚge. La force centrale est avec moi. Mon monde intérieur acclame, au son des guitares, un courage naissant. Et dans mon long manteau noir, je me sens artiste, je me sens capable, je me sens sincÚre, je me sens moi.
I feel the art. Ces quatre mots sont apparus sur le papier devant mes yeux Ă©merveillĂ©s et mon visage sonnĂ©. Je tenais un stylo, j'ai tracĂ© les lettres et les courbes, et pourtant je peux vous assurer qu'ils ne sont pas de moi. Je ne les ai pas pensĂ©. J'ai Ă©coutĂ© l'instinct et je l'ai volontiers laissĂ© danser. Ils sont apparus dans cette autre langue, la reine des langages, l'internationale. J'ai essayĂ© de les traduire, mais ils perdaient en puissance. Alors je les ai laissĂ© vibrer en anglais, je les ai Ă©coutĂ©s et j'ai essayĂ© de prendre soin de leur Ă©panouissement. Parce que lâinspiration est fragile, c'est important. Presque autant que moi, je la comprend.
Ce texte rejoint les quatre mots sacrĂ©s. Et je veux les rĂ©pĂ©ter, pour qu'il s'en imprĂšgne totalement. I feel the art. Je le sens au plus profond de mon ĂȘtre, et tout prend un sens. Je n'existe plus pour rien. Je ne me pose plus la question existentielle, je ne cherche plus Ă ĂȘtre confortĂ©e et rassurĂ©e. Je me laisse guider, j'ai confiance en ce je ne sais quoi, et plus j'avance plus je ressens une soif intense de plus. Plus d'ivresse, plus de sensations, plus d'euphorie. J'Ă©coute, avec prudence. Mais je veux produire encore. Du contenu fort, pendant que la flamme brĂ»le. Je joui de cette Ă©criture. Et je la chĂ©ri, et je veux la voir grandir, et je veux qu'elle parle Ă d'autres. Je veux qu'on se rassemble, entre appelĂ©s, entre Ă©lus, entre frĂšres d'Ăąme. Nous, qui aimons aimer. Nous, qui aimons crĂ©er. Sans jugement, des poĂšmes, guidĂ©s par un clair de lune.
Entends-tu l'appel? Le sens tu qui caresse, l'air de rien, ton Ăąme en quĂȘte de vertige? Le sens tu en toi, quand les mots viennent, jouir de la voltige? Comprends-le tu? Acceptes-le tu?
-12 fev. 2019, 1:05
DeuxiĂšme lettre de lâalphabet
Je l'ai pendant longtemps surnommĂ© HĂ©ra, en rĂ©fĂ©rence Ă la chanson de Georgio plus qu'au mythe grecque, je l'avoue. A cette Ă©poque, il Ă©tait mon secret et de s'aimer nous vivions l'interdiction. A raison, j'imagine. Nous sommes de bons joueurs, du respect des rĂšgles nous avons donc fait notre prioritĂ©. La patience aura Ă©tĂ© notre mot d'ordre, et du temps loin de ses bras j'ai grandement rĂȘvĂ©.
Un jour le 7 s'est transformé en 8 et pour un chiffre, j'ai pu dévoiler son nom. Héra s'appelait Bérenger. Héra se prénommait Bé. Héra était la deuxiÚme lettre de l'alphabet. Le plan B du monde, la solution excise à tout problÚme, la lettre bénie.
Il paraĂźt que j'idĂ©alise trop. Lui, le monde et sa nature. Mais au fond qu'est ce que nous n'idĂ©alisons pas? Et est ce que sans idĂ©al nous pourrions survivre, au beau milieu de la grande hostilitĂ©? La vie est un cadeau ou un poison, il est question de perception. J'ai choisi mon camp. Chaque chose, chaque ĂȘtre que nous aimons, nous paraĂźt merveilleux quand il nous touche. La lettre B, du bout de ses doigts, me donne le grand frisson. Et j'ai le fou dĂ©sir de clamer sa magie. L'irrationalitĂ© de ce ressenti et sa mystĂ©rieuse rĂ©alitĂ©.
Le temps passe et contre le creux de son ventre, je grandi. La passion nous mĂšne Ă des frictions, l'amour nous remet en chemin. On avance main dans la main. Sa peau est blanche et douce, ses Ă©paules recouvertes de tĂąches rousses. Ăa fait comme des Ă©toiles, il est le ciel. Et Ă eux seuls ces points dorĂ©s, ils nous rappellent les nuits d'Ă©tĂ©. Sa peau est voyage, et contre deux caresses, nous nous retrouvons dans l'autre monde. Celui des rĂȘves. Celui des lettres. Celui que nous avons créé.
Le B, je dois vous en parler, a tant de choses à m'apprendre. Il sait comment me faire frémir, et dans son regard à l'intérieur, je sens qu'il a encore un milliard de choses à m'offrir.
Nos ùges diffÚrent, et c'est le grand problÚme des gens. Les chiffres ne concordent pas. B de 18 ou 40 ans, pour moi c'est le fond qu'est important. C'est ce qui m'émeut et qui chaque jour, rempli ma vie de plus d'amour.
Sur son bras droit est gravĂ© la mĂ©moire: âN'oublie Jamaisâ Ă l'encre noire. Sur son bras gauche une carte Ă jouer, inscrit dans son corps Ă jamais. Un point virgule sur son poignet, pour qu'Ă jamais il soit marquĂ©. Chaque soir d'hiver mon amoureux, Il coupait du bois, faisait du feu. Pour rĂ©chauffer corps et Ăąmes, des Ă©corchĂ©s, des grands blessĂ©s. De ceux qui Ă©crivent, ceux qui embrassent, et les autres lettres de l'alphabet.
L. (Je suis la douziĂšme)
-12 fev. 2019, 0:39
Ă B
La Sandre
Je dois vous parler de la femme mĂȘme, la mĂšre du monde.
Elle ne sait sans doute pas pourquoi elle existe entre ces pages, elle ne sait sans doute pas Ă quel point elle y a sa place. Ăa l'effrayerait peut-ĂȘtre, Ă mon grand espoir elle ne le saurait jamais. Mais elle doit faire partie de mon livre, comme elle fait partie de ma construction, et je dois avouer son nom.
Grande, autant par la taille que par l'esprit. Elle est le modÚle de ma vie. J'ai eu du mal à distinguer mon amour pour elle. Ou se trouve t-il sur le spectre des sentiments ? Parfois je me demande bien en quoi cela est important, mais on m'a souvent posé la question alors j'ai fini par trouver une réponse.
J'ai compris grĂące Ă ces recherches, qu'elle reprĂ©sentait l'image mĂȘme de ce que j'attends d'ĂȘtre plus tard, dans mes rĂȘves et mes volontĂ©s les plus chĂšres: Une donneuse d'amour. La bontĂ© mĂȘme. La force mĂȘlĂ©e Ă la bienveillance. La libertĂ©.
Elle est celle qui casse la rĂšgle selon laquelle tu dois choisir entre ĂȘtre victime ou bourreau. Se protĂ©ger n'est pas faire du mal. Faire le bien n'est pas s'affaiblir. Le bien ne rime pas avec fragilitĂ©. Le mal ne rime pas avec tĂ©nacitĂ©. Il existe une puissante limite, parfois difficile Ă situer.
C'est un des objectifs que je tend Ă toucher.
Fauve en parle dans Loterie.
Ma Dame l'incarne.
-11 fev. 2019, 15:20
Ă la Sandre
Allumeuse de réverbÚres
Je suis une allumeuse De rĂ©verbĂšres, quâest-ce que tu crois ? Aussi interprĂšte De rĂȘves berbĂšres, quâest-ce que tâen dis ?
JâĂ©cris ces mots Ă vous les belles, Ă vous les beaux Ă la tendresse qui rĂ©gnera Ă la douleur quâon piĂ©tinera Ă la douceur quâon vivra (promis) Ă la vĂ©ritĂ© quâon brandira
Jâexiste toujours, nue sous la pluie Je marche longuement, faisant les cĆurs Pour retrouver les grands esprits  Mes sĆurs, mes frĂšres, partis ailleurs Fuyant froideur, peur et conflits
A vous, grands fous, r-allumeurs dâĂ©toiles Un cris dâamour, opâ une toile Artistes nĂ©s, loups acharnĂ©s Qui peignent la scintillante bergĂšre pour nous guider
Jolie enfant, oui je tâentends Prends ces paroles comme un murmure Porte ce discours comme une armure Aimons plus fort Je te le jure Et elle brillera, lâĂ©toile peinture
Mes sĆurs, mes frĂšres, mes amoureuses Je vous dĂ©die cette chanson Tendez lâoreille et vous trouverez De quoi donner, sâabandonner Mes bras je crois existent pour ça Pour entourer les Ă©garĂ©s Les grands sensibles, amants dâĂ©tĂ©
Je vous le dis, je nâai plus peur Je lâai trouvĂ©, le cachotier Le grand amour, le grand bonheur
Câest un village aux mille tambours Qui font des boom et baume au cĆur Câest la langue des sages et des chanteurs Les voix sacrĂ©s des grands sorciers Ne tâinquiĂšte pas, je te le promets Ils pourront dire ce quâils veulent bien, Cânâest que du rĂȘve quâon en tirera
Danse avec moi Le corps Ă lâair Aux oubliettes le superflu A bas les filtres A bas le faux
Pour la nature jâexpose mon corps A la vue des gicleurs de sang Par la nature je donne mon corps Et joue des mains contre le tien
Petite crois toi, câest important Et nâaie plus peur de toi, du reste « Carton fragile » je suis, je reste On gravera bientĂŽt ton ĂȘtre La peau frisson, les yeux alertes Au creux de ton sein ces quelques lettres
Cris avec moi Quâon les embrasse Cris avec moi Cette petite phrase Cris avec moi Pour tout ceux lĂ Ă qui ça parle, la tendre phase
Force et paix Ă ceux qui en sont lĂ /
-9 nov. 2018, 5: 46

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-fev, 2019
Ă B
Fusion
Jây ai presque cru, cette semaine lĂ , quand nous marchions main dans la main dans la nuit noire. Que nous allions nous envoler, scintiller dans les airs, puis retomber, et fusionner. Je me suis surprise Ă nous imaginer Ă jamais l'un en l'autre, ne faisant qu'un, formant un tout. Je crois mĂȘme que nous avions essayĂ©, le soir mĂȘme sur le canapĂ©. Sans succĂšs. Tu as eu beau t'enfoncer, j'ai eu beau te serrer: ça n'est pas arrivĂ©. Nous Ă©tions toujours deux. Les yeux dans les yeux. Ce n'est pas l'Ă©nergie, ni la volontĂ©, qui a manquĂ©. Plus que deux amants, nous Ă©tions deux aimants. Et ça a Ă©tĂ© fort. âšComme toutes les autres tentatives. Parce qu'Ă©videment, nous ne nous en sommes pas arrĂȘtĂ© lĂ . Nous sommes des acharnĂ©s. Nous sommes des loups. Malheureusement, et malgrĂ© tout ce quâon a beau dire pour apaiser nos Ăąmes en souffrance, il y a bel et bien des choses qui sont et resteront impossibles. Ce nâest pas si grave. Il faut lâaccepter, et continuer Ă aimer. Câest la clĂ©.
Outre ce fait qui nous attriste, j'ai relevĂ© une bonne nouvelle. âšParmi toutes les conclusions que j'ai tirĂ© de cette merveilleuse semaine, il en existe une particuliĂšrement rĂ©jouissanteâŠ
3, 2, 1: prĂ©parez vousâŠ
La magie existe.
Oui. Je vous assure, c'est vrai. Suffit de chercher dans son cĆur. Bon, d'accord. C'est surement pas si simple. âšMoi j'ai eu la chance de trouver quelqu'un qui sait la faire jaillir. Je vous le prĂ©senterais un jour.
âšC'est un magicien. Il est un peu fou. Dans le bon sens du terme. Mieux que ça: il appelle la lumiĂšre, parle Ă des robots, crĂ©e des ambiances, comprend la douceur, fait jouir en un toucher du petit doigt, donne des ailes imaginaires, tire les lĂšvres en sourire sans mĂȘme qu'on soit d'accord. Toi non plus, tu pourras pas rĂ©sister, je t'assure. Si tu le dĂ©couvres, tu craqueras.
Alors tant pis, si les nuages n'ont pas voulu coopĂ©rer un soir plus tard. Qu'on a attendu dans ce grand champs une Ă©clipse jamais venue, elle non plus. Il y avait la flamme, le rire des autres, et câĂ©tait beau malgrĂ© cette boule dans ma gorge qui apparaissait quand je me rappelais que demain j'allais remonter dans le train direction le nord sans son corps Ă portĂ© de mes mains. Alors je repensais, lĂ dans ses bras, Ă ses caresses. Et ça dĂ©filait dans ma tĂȘte. Ces souvenirs gravĂ©s Ă jamais. Nos corps entremĂȘlĂ©s. Midnight City Ă fond dans la voiture, sa main sur ma cuisse, cheveux au vent et amour dans lâair. Les doux rĂ©veils et son souffle sur mon visage. Ses lĂšvres effleurant les miennes. Les soirĂ©es et la biĂšre qui faisait un peu tourner la tĂȘte. La bougie au chocolat, qui faisait presque le mĂȘme effet. Le mieux c'Ă©tait nous deux comme des gamins insouciants, Ă poil dans le jardin. Puis notre copain le chien. La balade pour aller le baigner, la petite grotte cachĂ©e, la place de l'Ă©glise et l'anti-moustique. Le Dobble et ce moment ou je me suis enfin libĂ©rĂ©e. Ce moment partagĂ© avec deux autres amoureux, presque aussi beaux que nous. Et puis l'aprĂšs⊠Nos rires, nos baisers et mon corps Ă moitiĂ© nu en contre jour sous les lumiĂšres colorĂ©es. Sans oublier la soirĂ©e du bal, la tendresse et ma bouche sous la lune.
Je pourrais citer encore un millions d'instants, tellement les dĂ©tails se bousculent dans ma mĂ©moire. Ceux de cette fois, d'autres Ă Paris, d'autres au pied du volcan. Je crois que c'est lui qui nous a liĂ©. Faudrait qu'on retourne le voir un de ces jours. J'aimerais bien monter au sommet, qu'on en profite pour crier Ă l'univers combien on s'aime une bonne fois pour toutes. Des vagues de belles choses me retombent dessus au fur et Ă mesure que j'Ă©cris. C'est surement qu'on en a vĂ©cu pas mal. Faut que j'arrĂȘte, le papier pourra pas tout absorber. Parait que moi mĂȘme j'ai du mal. ParaĂźt que câest quand mĂȘme beaucoup de bonheur pour mon si petit cĆur.
Et pourtant, je veux que ça dure. Parce que, entre nous, qui dirait non Ă un surplus de ce genre ? Je veux qu'on soit solide. Je veux que le ânousâ existe, jusqu'Ă la fin des temps. Lui comme ĂȘtre Ă part entier, moi comme ĂȘtre Ă part entier, et nous comme un mĂ©lange magique qui fait des Ă©tincelles. Nous comme mĂ©lange magique qui fait briller les yeux. Je veux plus de doutes. Dans la nuit comme des sauvages. Que nos cris rĂ©sonnent jusqu'aux Ă©toiles. Ceux de plaisir. Que le berger nous entende. Que ça le fasse rĂȘver. Qu'il soit touchĂ©. Et que ça le fasse grandir en mĂȘme temps que nous.
-14 dec. 2018, 1:28
Ă B
Mon vieux, tu savais que le verbe cristallisait la pensée ? Un mot sur une idée foireuse, c'est exactement comme un baiser, t'as pas remarqué ?
Fauve â
Pour le bien du monde, procurez vous ce livre et jouissez de ses pages.
//(Because) I Feel The Art
Jour aprĂšs jour douce torture, de jour en jour je meurs d'amour.
2016, Pierre de Jade

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Ăveil
Il existe des moments sacrés, provoqués par un élément, une ùme⊠deux, parfois. J'ai aperçu la vie dans leurs yeux. S'en est suivi la découverte d'une musique appelée Deixa A Gira Girar. Je n'ai pas encore idée de ce que cela signifie. J'écoute seulement sans jugement les instruments, je me laisse imprégner, et c'est l'apothéose.
Cette annĂ©e, j'ai vĂ©cu quelques temps pour la premiĂšre fois sans mes parents dans un appartement de l'autre cotĂ© de la capitale, pour mes Ă©tudes. Des Ă©tudes dont je ne retiens finalement rien. Ce qui aurait du ĂȘtre le centre de mon attention a fini par se reconvertir en dĂ©tail. Ăa a Ă©tĂ© une annĂ©e fade. Je respirais la mort Ă chaque pas dans la ville, manque d'oxygĂšne et de fĂȘte, envahie par la solitude dont j'avais pourtant bien besoin. J'en ai profitĂ© pour me construire un cocon, vue sur la pointe de la tour Eiffel. Ce cocon, je le pensais sans importance et comme un simple moyen de combler, d'apaiser mon mal de vivre. J'ai pourtant versĂ© ma petite larme en le quittant la semaine derniĂšre. Ăa ne devait pas si peu importer. Toute cette annĂ©e s'est formĂ©e sur une illusion de malheur. Je me trompais. Elle a marquĂ© le dĂ©but de l'histoire.
C'est là qu'on s'est croisé, eux sur leur route, moi sur la mienne. Je crois qu'on se trouvait au milieu d'un carrefour.
Je ne vivais pas complĂštement seule. Deux charmantes personnes partageaient cet espace quand je suis arrivĂ©e. Je me suis doucement appropriĂ©e les lieux: la salle de bain lumineuse dont j'avais tellement manquĂ© jusqu'Ă prĂ©sent, le grand salon ou j'ai finalement passĂ© si peu de temps, et surtout la douce fenĂȘtre de la cuisine donnant sur l'Ă©glise. Ce monument qui avait le don merveilleux d'apaiser mes maux. Nous nous sommes vite retrouvĂ© Ă deux. Enfin trois en fait. Ma colocataire, moi, et son chat. On ne peut oublier la boule de poils qui a adouci mes nuits tortueuses en recouvrant le dur silence par ses chauds miaulements. Je ne me suis sentie aussi proche d'aucune autre Ăąme durant cette annĂ©e. Ce chat Ă©tait plein de contradiction, aussi rempli d'amour que d'agressivitĂ©. En creusant, on se rendait facilement compte que c'est la difficultĂ© Ă s'exprimer qui le rongeait. Je me suis par la suite souvent demandĂ© pourquoi avoir crĂ©e autant de langues diffĂ©rentes entre nous, humains, quand on sait dĂ©jĂ combien il est difficile de communiquer avec les autres espĂšces animale. Se compliquer la vie, je crois que c'est une particularitĂ© humaine qu'inconsciemment, on s'efforce de cultiver. Il faudrait qu'on combatte ça un jour.
C'est donc sans plus de surprise ce qui a compliquĂ© les rapports avec notre nouvelle coloc, tout droit arrivĂ©e du BrĂ©sil. MĂȘme si elle parlait bien le français, la barriĂšre se faisait toujours ressentir quand je vivais avec cette dĂ©licieuse impression qu'on avait un milliard de choses Ă se dire. Aujourd'hui, je le crois toujours, mais au dessus de ça je pense que le langage n'est plus un obstacle. J'estime que le regard suffit et que de toute façon, pour exprimer certaines choses les mots manqueront toujours. Par une soirĂ©e, le partage d'une citation qui m'a touchĂ©e, elle m'a dĂ©jĂ transmis l'essentiel. Le reste, c'est et ça restera du bonus. Moi secrĂštement, je rĂȘve qu'on en vive encore tout un tas.
Entre temps, est arrivĂ© Ă lâappartement un nouveau personnage: il est son amour. Avant de l'ĂȘtre, et avant toute chose, c'est un musicien. Il est restĂ© chez nous quelques temps. J'en suis heureuse. Me rĂ©veiller au son de la guitare, c'Ă©tait... Ă©lectrique. Des le dĂ©but, je l'ai trouvĂ© beau. Autant qu'elle. C'est rare, pour un garçon. J'ai ressenti une fragilitĂ© dingue Ă©maner de lui. Ăa m'a bouleversĂ©. Ses tatouages aussi. Mais j'ai gardĂ© ça pour moi.
Le temps a passĂ© Ă lâappartement, et je me suis un peu rapprochĂ©e dâelle. Je ne sais mĂȘme plus comment ça s'est produit, naturellement, on a exprimĂ© des choses l'une Ă l'autre et je l'ai dĂ©couverte. Elle et son fort caractĂšre, cachĂ©e derriĂšre une bienveillance et une douceur inĂ©branlable qui m'a de suite transpercĂ© le cĆur de bonheur. J'Ă©tais simplement heureuse de notre rencontre, mais je n'avais pas encore saisi l'ampleur que celle-ci prendrait.
Avec lui, c'Ă©tait diffĂ©rent. Je l'Ă©coutais jouer souvent, je l'admirais, assise sur le canapĂ©. On Ă©changeait des sourires, mais toujours de loin. L'amitiĂ© a Ă©mergĂ© beaucoup plus progressivement. En harmonie avec sa personnalitĂ©. J'en suis mĂȘme pas sĂ»re mais, je crois qu'aujourd'hui on peut dire qu'on est amis. Et cela depuis un moment prĂ©cis. Les Ă©crits que vous ĂȘtes entrain de lire sont nĂ©s pour ce moment, par ce moment.
CâĂ©tait une douce journĂ©e ensoleillĂ©e. Ma mĂšre les avait invitĂ© Ă la maison pour quâon puisse se dire au revoir, ou bien fĂȘter un nouveau dĂ©part. Je nâĂ©tais pas enchantĂ©e par cette idĂ©e, et pourtant aujourdâhui je nâai pas peur dâaffirmer que ça a Ă©tĂ© la meilleure de sa vie. Nous profitions du jardin et de la nature, simplement, chose qui nous avait tellement manquĂ© Ă Saint Denis. Puis est venu le moment bĂ©ni.
Il mâappelle tendrement, avec cet accent qui me rappelle toujours mes plus jolis instants dâenfance au Portugal. A genoux, dans lâherbe, une plume et des fleurs Ă la main. Je mâapproche. Il me fait signe de mâagenouiller prĂšs de lui avec un sourire plus puissant que toutes les armes du monde, pendant quâil tente dâentourer le bouquet avec une brindille dâherbe. Je mâexĂ©cute et le regarde, comme on regarderait un grand oiseau majestueux, avec une petitesse folle. Il bouge ses lĂšvres doucement, comme entrain de rĂ©citer une priĂšre, un mantra qui briserait toutes les guerres. Une fois le tout attachĂ©, il me tend lâamulette en cadeau. Ce geste a caressĂ© le plus profond de mon ĂȘtre. Il a ensuite embrassĂ© ma joue, comme en signe de protection et dâaffection. Depuis ce moment, je crois que nous sommes amis. Depuis ce moment, je lâappelle le Grand Esprit.
La forte connexion avec eux s'est rĂ©vĂ©lĂ© Ă moi dĂšs notre premiĂšre rencontre, et je me suis d'instinct surprise Ă penser que la magie existait. Je me suis retrouvĂ©e en eux, comme s'ils Ă©taient mes frĂšres d'Ăąme. C'est une sensation tellement rassurante, de ne plus se sentir seule au monde Ă ĂȘtre un peu Ă©corchĂ©e, aussi sensible qu'un nerf Ă vif. Mon amoureux caractĂ©riserait ces moments de Fauve, moi je pense que plus qu'un instant magique, ça a Ă©tĂ© un Ă©veil spirituel. Ils ont formĂ© en moi une confiance en la vie presque inĂ©branlable, une connexion Ă l'univers, et ont changĂ© pour le restant de mes jours ma vision du monde. Plus que ça, ils m'ont donnĂ© l'Ă©nergie qui permet d'exprimer la beautĂ©.
Ils m'ont inspirĂ© l'art. Ce livre quâelle mâa offert pour mon anniversaire a fait jaillir toute la crĂ©ativitĂ© en moi. Jâai du mal Ă la retrouver, mais je le lis tranquillement en espĂ©rant quâelle rejaillisse et transperce tous les cĆurs de la terre. Je me concentre en tenant fermement dans ma main le cĆur en fer que Grand Esprit mâa offert, histoire de retrouver l'ailleurs, l'Ă©tat second de l'artiste. Il y a aussi la rose de Amandinha, enfermĂ©e dans un tube, qui veille sur mon royaume. Et la plume porte bonheur, qui trĂŽnera le plus longtemps possible sur ma vie.
Pour tout ça, je leur dit merci. A eux, et à Dieu pour cette caresse.
Ce que je nomme Dieu, c'est l'univers.
-2018, 3:38
Ă Y&A
Tu sais l'éternité est bien trop courte pour nous, mon amour
2017, Ă B