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[Post-scriptum]
Poison d’été
Il y a des histoires qui marquent plus que d’autres. Enfin, je crois bien que toutes les histoires marquent mais, certaines, différemment. C’est surtout des histoires d’amour que j’ai envie de parler aujourd’hui et surtout de l’impact qu’elles peuvent avoir sur nous. Je pense qu’il y a les histoires qui s’achèvent par désamour. C’est classique, c’est peut-être même le plus difficile à vivre. Les sentiments qui jadis ont liés deux êtres si forts qui, petit à petit ou, du jour au lendemain, se sont éteints. Il y a les erreurs de parcours, les différences, les obstacles insurmontables qui peuvent être également les responsables. Adultère, éloignement géographique, je crois bien qu’il est très facile de citer des raisons qui ont éloignés deux êtres. Dans mon cas, je n’ai pas été à l’initiative de cette rupture. C’était une histoire absurde, tirée par les cheveux et je pense bien que c’est la raison pour laquelle je me suis acharné à vouloir la « construire ».Alors que la plupart des ruptures te feront dire « c’était une belle histoire », « tu vas me manquer ». Pour moi, ma première réflexion fut « Comment ai-je pu être aussi con ? ». Mais plutôt que de tourner autour du pot, le mieux est encore d’exposer cette fameuse amourette destructrice : vous en jugerez par vous-même.
Retour d’un séjour en Belgique avec des amis, ma libido qui m’avait laissée tranquille depuis quelques mois vient titiller l’intérieur de mon boxer. Sur le chemin du retour, je me lance alors dans une quête digitale acharnée visant à trouver un (ou des) partenaires de jeu m’assurant un retour à la réalité en « douceur » après ce week-end dépaysant. En quelques clics, échanges de photos et discours dont je vous épargnerai sa familiarité, je trouve 2 compagnons de jeu et je monte un véritable scénario pour nous retrouver. Dans le lot, l’un avait plus particulièrement retenu mon attention, cumulant subtilement beaucoup des atouts qui étaient mes coups de cœur : brun, viril, assumant ses envies, un côté outsider… Au milieu de nos ébats triangulaires, je n’avais d’yeux que pour lui. Il avait le regard vif, un léger sourire en coin quand mon regard croisait le sien ; j’ai senti comme une complicité se lier entre nous. Alors, quand le plaisir charnel prit fin, j’ai tout de suite pensé qu’il me suivrait dans mes moindres faits et gestes avant de quitte notre hôte. Il n’e fut rien (même si j’ai su par la suite qu’il en mourrait d’envie). J’ai du alors forcer un peu les choses et, après avoir remercier notre hôte et quitter son appartement, nous nous sommes retrouvés dans sa voiture à flirter. C’était le début de longues semaines de hauts et bas émotionnels.
Il était charmeur, sans même le vouloir ni le savoir, et il était doué. Il avait d’ailleurs terminé cette première entrevue par un acte digne d’un film à l’eau de rose. Alors on a gardé contact. J’ai très vite compris qu’il souffrait de la solitude. Il était entouré ce n’était pas le problème, mais la plupart de ses relations étaient toxiques. On s’appelait souvent, et très vite c’est même devenu un rituel. On parlait de tout et de rien, ma compagnie était visiblement importante à ses yeux. Mais très vite les premières zones d’ombre se sont faites ressentir. Il avait en effet vécu une relation castratrice de 20 ans et il en payait inconsciemment, aujourd’hui encore les frais. Nouveau citadin, après une vie en campagne à vivre du soin de ses animaux et du jardinage, il avait retrouvé la ville, son effervescence et ses tentations. Mon flirt s’adonnait donc très régulièrement à des parties de jambes en l’air avec ses amants. Et il en avait un certain nombre ! Il a fallu d’ailleurs que j’accepte la situation. Souvent, j’entendais des « Le mec que j’ai eu après mon ex m’a laissé croire que nous pouvions entretenir une relation ouverte. Mais il faisait tout pour que je ne puisse pas avoir d’autres mecs. Des fois, dans tes propos, tu me fais penser à lui. Sauf qu’avec toi, je me sens rassuré parce que je sais que tu essaies de me comprendre et m’apaiser ». Quand bien même il pouvait tenir ce genre de tirade, il n’en demeurait pas moins que je devais accepter sans négociation possible le fait que mon presque amoureux avait un besoin incompressible d’exprimer sa sexualité. J’aurais pu fermer les yeux sur un plan cul par ci par-là, mais à suivre ses aventures quotidiennement, c’est très vite devenu un jour sur 2. Je me suis alors habitué à ne pas avoir de nouvelles de lui un jour pour le ramasser à la petite cuillère le lendemain. « Je ne sais pas pourquoi je fais ça », « j’ai peur de finir seul, « tu penses que c’est une addiction ? » étaient ses lamentations préférées quand le trop plein de consommation sexuelle n‘était plus tolérable. Dans ces moments-là, mon petit cœur de midinette partait au quart de tour. J’avais le droit à des sérénades en bonne et due forme et des promesses d’un demain meilleur à ses côtés. Mais tout devenait de plus en plus grand gros et surtout, il me mettait en danger. Il s’était en effet lancé dans la PREP, un traitement préventif du VIH qui avait largement conquis la communauté homosexuelle ces derniers mois. Sous prétexte qu’il s’administrait ce traitement, il avait donc totalement banni la capote de ses pratiques sexuelles avec moi… et les autres. J’en ai fait les frais, alors il m’a alors promis d’être plus vigilant, uniquement avec moi. Le reste ? Ce n’était pas négociable. Alors quand bien même nous étions prudent lors de nos rapports, il devenait totalement imprudent quand il prenait du bon temps avec ses camarades de jeu. Une fois même, la drogue s’est mêlée à ses galipettes frénétiques. Mais je restais, m’accrochant à l’espoir d’un message, d’un appel, habitué à ce surlendemain d’un soir d’excès, où il me confierait ses envies de rédemption. Et ça marchait, presque toujours. Et quand nos retrouvailles frôlaient la rupture nette, il arrivait toujours à sortir de son chapeau la phrase choc qui me clouait sur place. Ça a duré plusieurs semaines.
La dernière fut mon ultime ascenseur émotionnel. Il avait décidé de me suivre en Bretagne pour passer quelques jours en vacances chez moi pour finir les siennes. J’étais tellement heureux ! Mon bonheur fut de courte durée. Premier jour, premier coup de canif dans ce beau tableau de vacances ensoleillées. Alors que mon prétendant pensais qu’en me confiant ses questionnement sexuels j’avais accepté sans remise en question, aucune, ses incartades, il m’en confia une le premier jour. Il faisait plutôt beau, je travaillais en journée. Je l’avais convié à me rejoindre le premier midi pour que l’on déjeune ensemble. Etrangement, la conversation s'est très vite dirigée vers les plages à proximité, mais par plage il avait très bien ciblé le type qu’il souhaitait fréquenter : une plage naturiste. Je savais qu’il y en avait eu, à quelques kilomètres d’ici. Je voulais lui cacher, alors je me suis lancé dans une petite joute verbale avec lui, prétextant que la plage, c’était aussi très bien en maillot de bain. Mais, quand bien même je me serais gardé de lui révéler cette adresse, je sais que par ses propres moyens il aurait trouvé son El Dorado. Ce fut un très long après-midi, j’étais pendu à mon téléphone, sautant sur la moindre notification. Alors il a essayé de me rassurer, pour finalement, le soir venu, en rentrant à la maison, mon état des lieux quotidien me fasse découvrir qu’il avait “fait un petit truc” mais que je pouvais être fier de lui parce qu’”on lui avait proposé plus” mais il avait refusé. Tu veux une médaille ?
C’est à partir de là, que la fin s’est accélérée, très vite. Malgré des moments agréables passés à deux arrosés d'un verre de vin et de projets d’avenir, de vacances, cette image de mon brun ténébreux s’amusant dans les dunes n’arrivait pas à chasser mon esprit. Alors je l’ai confronté à ce moment. Je ne pouvais pas accepter que pendant que je travaillais, mon mec allait s'amuser dans les dunes et que le soir venu, il n’avait plus d’énergie pour moi. Non, c’était clairement, ni plus ni moins qu’un manque de respect total à mes yeux. Le ton est monté, mais il avait, une fois de plus, mis sur son visage son masque de “ne me parle pas, ce n’est pas le moment, tu m’as bloqué”. Tellement facile ! Ais-je oublié de dire que ce valeureux jeune homme était plutôt un homme d’une quarantaine d’années ? J’épargnerai mon moment “drama queen” en réaction à son “je pense qu’il est mieux qu’on en reste là”. J’aurais dû hurler “Mais ouiiiii mec !” à ce moment là. Mais non ! J’ai préféré m’accrocher comme une moule à son rocher, risquant par la même occasion de totalement me ridiculiser. Les dernières confrontations sous mon toit furent très froides. Les semaines qui suivirent, nous avons tenté de s’expliquer, d'échanger. Il me disait régulièrement qu’il appréciait beaucoup ma compagnie dans sa vie. Involontairement, ses messages laissaient une sorte de porte ouverte que je m'empresserais systématiquement de saisir… Classique !
Aujourd’hui, après une entrevue où il n’a pas daigné me saluer, je sais que je peux passer à autre chose. J’en garde un souvenir fort, très présent ! Plus que la déception d’une histoire qui ne fonctionne pas, c’est surtout les questionnements que cette histoire a générés en moi qui m’a le plus perturbé. Comment, alors que j’avais mis un point d’honneur à apporter de l'équilibre dans ma vie, un sens, une direction, j’avais pu, en si peu de temps, laisser mon château de cartes s’écrouler pour un mec aussi vicieux que lui ? Je me pose la question encore aujourd’hui. Ça fait sûrement partie du chemin sinueux qui me mènera au véritable amour. J’avais besoin de l’écrire. Écrire ces quelques lignes, m’aide un peu et, j’espère que de là où il est aujourd’hui, mon amour raté en entendra les échos.
[Post-scriptum]
Parasite
L’autre soir, en rentrant de mon entraînement de volley, je me suis fait la réflexion qu’il y avait parfois, dans notre entourage, des personnes profondément nocives. Pourtant, ces personnes ne semblent pas de prime abord, être désobligeantes. Cependant, en les côtoyant quotidiennement leurs répliques perverses et calculées, leur manigances dissimulées sont autant d’attaques collatérales vouées volontairement (ou non) à nuire.
J’avais en tête cette métaphore d’un gravier qui se serait glissé dans une chaussure. Nous avons tous vécu cette expérience, elle est particulièrement désagréable. A l’arrêt, le gravier est presque imperceptible. On sent une légère gêne, qui peut parfois carrément se transformer en petite douleur. Mais finalement, on fait avec, parce que c’est plus commode que de devoir délasser ces chaussures pour s’en débarrasser. Par contre, si l’envie de courir te prends, la douleur est beaucoup plus vive ; pour ne pas devenir insupportable. Au risque de subir quelques blessures sur le plante des pieds, il devient alors urgent de se débarrasser de cet indésirable. Cela illustre parfaitement l’image que j’ai des “parasites”. Dans mon environnement quotidien, si je ne fais pas trop de vagues, je ne sentirais que peu la volonté néfaste de mon détracteur. D’ailleurs, le mot détracteur est presque brutal, ces individus se rendant rarement compte de la portée de leur actes et même, ne les effectuant pas forcément dans une volonté de nuire. Pourtant, le bruit de fond est bel et bien présent. Une réplique piquante lors d’une soirée entres amis, un acte manqué qui nous met dans des situations délicates sont les parfaits témoins de cette relation toxique. Les manifestations vont étrangement être en adéquation avec nos agissements. Il suffit que l’on s’illustre un peu trop, qu’on s’oppose publiquement à notre adversaire fraîchement désigné pour que ces dernières deviennent plus fréquentes ou plus virulentes. A l’usure, les petites attaques quotidiennes finissent par devenir un fléau, un flux inconscient à peine maîtrisé qui sous-estime les impacts sur nous. C’est là que cela devient dangereux. Au final, notre interlocuteur qui pour des raisons plus ou moins obscures s’est toujours manifesté dans l’opposition, la défiance, devient réellement, à nos yeux une cible, un parasite, un indésirable. Le quotidien s'empoisonne alors doucement, baignant dans un climat faussement calme alors que la tension est très souvent palpable.
Je me suis questionné sur les motivations de mes assaillants. Peut-être est-ce une forme déguisée de jalousie ? Peut-être que c’est leur réponse à un coups bas que je leur aurais involontairement fait subir ? Quoiqu’il en soit, il est fort dommage de se dire qu’une relation entre deux individus peut se détériorer de la sorte, plus ou moins consciemment. Fut un temps, j’aurai gaspillé beaucoup d’énergie pour essayer d’arrondir les angles, parce que mon moi profond n’aime pas évoluer dans des environnements ambigus. Aujourd'hui, même s’il est parfois très difficile de prendre sur moi, j’essaie de prendre du recul, de répliquer avec humour à ces attaques. Finalement, je me dis que le plus triste dans l’histoire ce n’est pas la victime mais bel et bien l'assaillant qui, pour des raisons inconnues, satisfait son besoin en rabaissant autrui. Et ça, c’est pour moi la plus belle des consolation !
[Post-scriptum]
3 (partie 1)
C’est la deuxième fois que ça m’arrive. Je pourrais croire, avec le recul, que j’avais prémédité ça. Bercé par mes programmes TV qui nourrissent toujours plus mon imagination ? Peu importe, concentrons-nous plutôt sur les bienfaits de cette aventure répétée.
L’un était mon ex petit ami. Une relation compliquée, déséquilibrée, intéressée et surtout, une erreur de timing. L’autre était une aventure de fac. Une aventure brève mais qui m’avait laissé le loisir de rencontrer un homme fort intéressant, dont je m’étais épris, un temps. Il m’aura fallu quelques années pour que ces deux hommes croisent à nouveau mon chemin. Depuis, j’étais devenu un adulte. Une personne un peu plus brisée qu’à l’époque où ils m’avaient connu. A moins que cela ne soit le recul, le temps et l’introspection qui m’avaient ouvert les yeux. Grâce aux réseaux sociaux ou parce que nous vivions tout bonnement dans la même ville, j’ai retrouvé la trace de ces personnes qui avaient laissées en moi un souvenir plutôt chaleureux et agréable. L’un comme l’autre étaient engagés dans des relations amoureuses visiblement très épanouissantes. L’un d’entre eux était marié, l’autre était sur le point de le devenir. Forcément, ces « données » ont aiguisé ma curiosité tout en provoquant ma jalousie. Le jeune adulte, hanté par ses échecs que j’étais, a eu besoin de temps pour dépasser les rancœurs. Mais, il était désormais prêt à entamer une nouvelle étape de ces histoires.
La première fois fut très surprenante. Retour de vacances, la tête quelque peu embrouillée, je suis convié à la table de mes jeunes mariés. Content de retrouver mon camarde de campus, tout en apprivoisant son mari. Comme à l’accoutumée, je me jouais de mon propre personnage, oscillant entre une provocation verbale légère et des moments de sincérité. Je me suis même surpris, ce soir-là, à ouvrir un peu plus mon jardin secret que d’habitude. Rien ne laissait présager que mes interlocuteurs étaient plus dignes de confiance qu’autrui. Mais je me suis laissé aller…Les épisodes les plus traumatiques de ma vie ont donc été passés au crible, malgré une légère gêne, une peur de terroriser mes hôtes. Il n’en était rien. La soirée se poursuit, à parler de tout et de rien en sirotant de bons vins. Puis, vint l’heure du coucher. J’avais déjà eu droit au tour du propriétaire et à l’inventaire des chambres, sûrement une façon de me rassurer sur la raison de ma venue ici. Quand je me suis retrouvé entre mes deux jeunes époux, face à une de leur chambre d’ami qu’ils me présentaient comme possiblement la mienne, j’ai senti qu’une autre alternative pouvait se présenter à nous. Cela n’a pas tardé, mon lointain souvenir de fac, s’est de suite empressé de me proposer de « dormir avec eux ». Dans ma tête, l’idée n’a fait qu’un tour et, j’ai accepté. Je suis alors entré dans leur chambre, pénétrant dès lors dans l’intimité du couple. Comme si, j’étais passé de l’autre côté de l’écran, que j’étais dans cette pièce sans vraiment y être. Chaque époux, se préparait à aller se coucher, chacun d’un côté du lit. J’étais là, les bras ballants, au pied du lit. J’ai dû esquisser des sourires gênés, puis, rassuré par leurs regards encourageants, je me suis installé sousl a couette, bien au milieu du lit. Cette situation était terriblement excitante. Quand je tournais la tête d’un côté, je voyais un homme, séduisant et, quand je la tournais de l’autre côté, je voyais la même chose. S’en est suivi une nuit étonnante, dépassant mes pensées où je me suis senti incroyablement fort. Porté par leur désirs, forcément doublé, par ses sensations, elles aussi beaucoup plus fortes, je me suis senti incroyablement bien. Au petit matin, quand leurs boulots respectifs les rappelaient à la réalité, les bonnes attentions étaient toujours présentes. Leur désir était toujours bien présent et leur sincérité tout autant. Comme s’il était tout à fait normal que je sois ici, chez eux, dans leur petit nid. J’ai alors commencé moi aussi ma journée. Evoluant dans leur quotidien, naturellement, sans gêne. J’ai dû du garder bêtement mon sourire sur toute la route du retour, fantasmant sur des scénarios qui ne pourraient probablement jamais voir le jour. Mais, pour une fois, j’avais été désiré, pour mon corps tout autant que pour mon esprit. Ca n’avait pas été un plan à trois sordide que j’aurais pu organiser, non ! C’était une belle expérience, désirée et qui, j’en étais sûr allait avoir des effets bénéfiques sur moi.
(Fin de cette première partie)
[Post-scriptum]
Autocombustion
J’ai une boule au ventre. Une boule de feu en perpétuellement en combustion. J’ai des nœuds de violence en moi. Des nœuds qui s’entremêlent et s’accrochent. J’ai placé au sommet de mon système de valeurs la justice. Je pense d’ailleurs que j’y accorde aujourd’hui trop d’importance. Gifle-moi, je te répondrai d’un coup de poing ! Peut-être que j’aime ça, peut-être que j’ai besoin de ça pour me sentir vibrer. Peut-être…
Des souvenirs brumeux reviennent à ma mémoire. Des situations anxyogènes, des rencontres malheureuses, des traumatismes toujours en trame de fond… Comment ne pas « sublimer » en colère les abus, une enfance volée ? Comment apaiser un volcan en ébullition que l’on a bridé et bafoué pendant des années ? Alors oui, mon corps contient de la lave en ébullition. Un bouleversement émotionnel, une injustice professionnelle ou sociale et ce magma pourrait éclater. Les années ont passées, ma patience, mon corps, ne parviennent plus à contenir cette mélasse acide. Parfois, quand on s’attarde à scruter les plus petites parcelles de ma peau, on peut y voir les cicatrices de ce conflit.
On ne peut s’opposer à ce que les tornades se déchaînent, à ce que les vagues viennent s’écraser contre la falaise, alors comment pourrait-on apaiser le feu enfoui dans mes entrailles de s’embraser ? Il faut apprendre à le dompter, à perpétuellement éviter la moindre brindille qui pourrait faire naître l’incendie. C’est une attention particulière qu’il est difficile de faire comprendre à autrui. Il est difficile d’argumenter quand la colère a pris le dessus et que les paroles ont dépassées les pensées. J’essaie donc de me concentrer sur les choses apaisantes, qui me font du bien au moment présent. Il y a tellement de pièges qui pourrait tout faire s’écrouler… Alors, soyons bienveillant et attentif pour éviter un incendie meurtrier.

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[Post-scriptum]
Sombre dissonance
Dans une série que je viens récemment de regarder – et que je vous recommande d’ailleurs, c’est par ici – j’ai été surpris par la représentation qu’il était fait du sexe. Le personnage principal, dès le premier épisode, répliquait que notre génération était complètement perdue. A coup de contes de fées idéalisés et de films pornographiques bien trop violents, nous nous étions totalement perdu au carrefour de l’amour, du désir, du sexe cachant parfois la violence.
Cette réplique a tout de suite capté mon attention. Parce que oui, je me retrouvais moi aussi, coincé entre cette profusion crue de sexe et mes sentiments à fleur de peau : deux choses bien évidement difficilement compatible.
A force de m’enfoncer dans le chemin hasardeux de la quête sexuelle, je me suis perdu. Creusant le sillon toujours plus morbide nourrit d’une escalade sans fin de vibrations toujours plus intenses les unes que les autres. Comme un drogué qui aurait eu besoin de sa dose, sa piqûre, son shot pour planer quelques instants. Cette ascension menant à toujours plus… toujours plus de partenaires, toujours plus d’immédiateté, toujours plus d’animalité et parfois, toujours plus de violences. La réflexion, les sentiments, dans ces moments là sont bien dissimulés. Parce qu’ils ne feraient que gâcher ce moment, parce qu’ils viendraient jeter leur (bon ?) jugement dans cet amas de luxure. Au final, incapable de dire si cela a été bénéfique, au-delà, bien entendu, de la jouissance purement physique. On pourrait très bien faire le parallèle avec une machine. Une machine industrielle programmée pour effectuer une tâche bien précise et qui, une fois de plus, l’aurait réalisée, avec une précision mécanique. J’entrevois parfois une once d’autodestruction, celle qui a marqué mes jeunes années. Cette envie malsaine de se faire du mal, se punir, s’écorcher à vif pour mieux se sentir vivre : ce qui a été mon mode de survie pendant tellement longtemps. Non, il est clair que l’acte le plus jouissif que la vie nous avait offert était devenu pour moi une énième arme pour me salir. Alors j’ai développé un rapport élastique avec le sexe. Parfois faussement assumée, parfois totalement ignoré. Mais ni l’un ni l’autre n’était bénéfique pour moi. La profusion de sexe me conduisant systématiquement à m’auto-flageller, à me sentir salit et triste. L’abnégation me conduisant elle à me renfermer voire à trouver anxiogène toute situation érotique gay.
D’un autre côté, j’exprime mon hypersensibilité différemment. Comme un cri que j’aurais lancé à la terre entière et qui aurait pu dire « Aimez-moi, regardez-moi, prenez soin de moi ». Collectionnant les amourettes maladroites, les flirts superficiels, trop vite commencés, jamais vraiment assimilés et toujours en conflit avec cette sexualité « noire ». A force d’être en totale inadéquation entre amour et sexe, j’ai échaudé des jeunes hommes et suis forcément passé à côté de belles histoires. Dans le monde de J. amour et sexe ont du mal à se côtoyer.
A 30 ans, à coups de psychothérapies, introspections, hypnoses, micro kinésie et tous autres exercices de tortures mentales, j’ai réalisé cette dissonance. Sans la combattre, il y a peu de chance que je puisse un jour atteindre le bonheur que j’ai en tête depuis si longtemps. Celui après lequel je cours désespérément. Progressivement, j’explore différemment mon plaisir, le manifeste mieux et surtout, je m’écoute plus. Au final, ce n’est déjà pas si mal de s’en être rendu compte avant que la situation ne se soit trop aggravée. C’est un peu comme si je retournais sur les bancs de l’école pour redécouvrir ce qu’est l’amour et sexe, vraiment et sainement !
[Post-scriptum]
Mes amours adolescents perdus
En regardant les couples autour de moi, je me dis que moi aussi, j’aurais pu vivre une belle histoire très jeune. Vous savez, ces adolescents qui se sont rencontrés dans la cours du lycée et qui, au final, ne se sont jamais quittés. Je constate, dans mon entourage, qu’il y a quelques couples comme ceux-là. Des histoires parfois timides, fortifiées par la force des années et façonnées dans une complicité indéfectible.
Je suis jaloux des personnes qui ont pu construire de telles histoires. Ces histoires, presque romanesques, m’ont toujours fasciné. Deux êtres qui se rencontrent et qui, par la force du temps passé ensemble et du désir naissant se sont lancés timidement dans une relation. Leur relation peut sûrement être empreinte d’une forte dose innocence. C’est sûrement ça que je jalouse le plus.
Avec les années, les rencontres, l’enclin aux plaisirs faciles, je constate aujourd’hui que je ne peux plus prétendre à de telles romances. Mes romances sont aujourd’hui calculées, anxiogène, pressées… Parce que le compte à rebours du « gay way of life » tourne et que les années qui s’accumulent au compteur ne sont jamais bonnes. Chaque personne rencontrées est une nouvelle chance d’apercevoir un rayon de soleil tout autant que de creuser un peu plus mon abysse.
Si, alors que je passais difficilement mon BAC, j’étais tombé sur la bonne personne ? Et surtout, si j’avais cru en l’amour et aux bonnes choses qui pourraient m’arriver ? Les choses auraient pu être différentes. Je n’aurais peut-être pas été exposé à ce monde de désirs, de compétition sur un fond insoutenable de tristesse et de solitude.
Mais j’ai choisis d’emprunter une autre voie. Une voie sûrement plus chaotique et semée d’embûches. Un chemin hasardeux et incertain ponctuées d’erreurs répétées, d’une inertie angoissante avec un goût toujours plus inquiétant d’autodestruction.
Alors je regarde ces couples, heureux, épanouis. Et, de temps en temps, l’image à l’eau de rose s’écaille. Ainsi, derrière les rideaux, on fait alors face à d’autres angoisses, d’autres questionnements. Au final, personne n’est à l’abri. Alors, il ne reste plus qu’à s’accrocher à ceux que l’on aime, à se remémorer aussi souvent que possible pourquoi on les affectionne et à continuer envers et contre tout !
[Musik’hall]
Stressed Out @ Twenty One Pilots
J’t’emmerde Sébastian. C’est normal que des types comme toi et Kurt baisent le monde entier mais moi si j’le fais, on me largue pour une petite écervelée genre Cécile. Il manquerait plus que j’ai l’air de m’assumer et d’adorer le sexe. Est-ce que tu crois que ça me réjouis moi de prendre tout le temps l’air béat de sœur Sourire pour être considérée comme une véritable lady ? C’est moi la plus grande baisée pour compte des beaux quartiers et par moment j’aurai bien envie d’me flinguer. Voilà pour la psychanalyse Dr. Freud. Maintenant dis moi, tu es partant ou tu déclares forfait ?
[TV'addiction]
La mort de Beth dans TWD
Je crois que la TV redevient mon exutoire quand j’ai besoin de verser quelques larmes. En même temps, nous serons tous d’accord pour dire que cette scène était terrible, non ?

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[Post-scriptum]
2nd rôle
Dans les films il y a toujours des seconds rôles. Parfois un brin stéréotypés (le grand comique que rien n’atteint, la blonde écervelé…) ou bien des rôles sombres et complexes qui attirent de suite la sympathie du public. Dans la vie c’est un peu la même chose, il y a les personnes destinées à crever l’écran et… il y a les autres.
Je fais partie de cette seconde catégorie, un peu « outsider ». Est-ce le fait d’être doté d’une personnalité un brin ambigu qui m’auto-qualifie en pole position de ce rang ? Est-ce que mon charisme n’est pas suffisant pour espérer le premier rôle ? La vie m’a appris qu’il fallait batailler pour tirer son épingle du jeu. Mais, quand bien même nous tentons de donner le meilleur de nous-même, de « crier » dans cette univers pour se sentir exister, il semblerait que dans les rôles ne soient pas distribués comme nous le souhaitions.
Certains de mes amis brillent par leur lucidité et leur intelligence. Ces êtres qui imposent le respect en ouvrant simplement la bouche et qui pourraient convertir n’importe quel réfractaire grâce à leur prose et leur rhétorique.
D’autres jouissent d’un charme naturel. Un charisme indéniable, un style désinvolte qui imposent au premier regard respect et admiration. Pour ceux-là, même pas besoin d’user de leurs neurones en ébullition ou d’être le boute en train de l’assemblée, leur simple aura suffi à électriser.
Il y a aussi les « grandes gueules ». Ceux qui ont des avis sur tout, qui rigolent plus fort que les autres et qui ont tendance à prendre le lead.
Dans ce paysage un brin poussif il est parfois difficile de trouver sa place. Il y a ces personnes qui sont dans le « background ». Je me suis souvent senti dans cette position. Frustré par l’intelligence de mes amis qui ont des avis sur tout, une culture générale imparable qui me pousse souvent à me cacher derrière mon silence ou qui, au contraire, débride mon humour pour masquer mes lacunes. Quand il s’agit de physique c’est le même refrain. Ma petite taille, mon gros fessier, mes cheveux crépus, tout est une bonne raison pour me dévaloriser auprès des miens. Et c’est encore pire quand on s’attache à séduire un jeune homme. Là, la plastique quasi parfaite de pseudos « gym queen » et autre baroudeurs au bronzage tout frais me glace et propulse tous mes espoirs d’une quelconque conquête.
Oui, très souvent j’ai le sentiment d’être le deuxième, le presque bien, le quasiment complet… un jeune homme sûrement doté d’une multitude de qualité mais… qui nage au sein une concurrence folle. Je suis une sorte de bonbon acidulé qui pétille fortement au début dans la bouche et qui, au bout de quelques temps, perd toute sa saveur et devient fade. Ça doit sûrement être la raison pour laquelle je peine à trouver chaussure à mon pied ? A moins que finalement je ne sois tombé, dans la majorité, que sur des pseudos princes charmants qui ne concourraient pas dans la même cours que moi ? (Ego.. booste toi !)
J’ai souvent eu ce sentiment d’infériorité. Ce dernier me pousse souvent à faire preuve d’un humour démesurée, d’une présence quasi écrasante en société pour éviter que mes « faiblesses » ne soient détectées par mes congénères. C’est idiot. Je sais qu’au fond ce comparatif n’as pas du tout lieu d’être, que je suis une personne avec ses qualités et défaut comme n’importe qui. Mais, des fois, la raison a du mal à suivre et nos comparses deviennent les prétextes un peu faciles pour se faire violence. C’est mon petit esprit tordu qui ne sommeille jamais… prisonnier de l’image qu’il est censé représenter et torturé par ses démons qui l’affaiblissent. Mais, ne vous inquiétez pas, un jour je l’aurais ce premier rôle. Il suffira juste d’être vigilent sur le casting !
[Musik’hall]
Colors @ Halsey
♫ Everything was blue His pills, his hands, his jeans And now I'm covered in the colors Pulled apart at the seams And makes me blue And makes me blue ♫
[Post-scriptum]
Le verre à moitié plein - le verre à moitié vide
Vous connaissez sûrement l’expression « Le verre à moitié plein le verre à moitié vide ». Plus jeune, je trouvais cette expression un peu creuse. J’avais le sentiment qu’elle avait été inventée pour donner des coups de pieds aux fesses à des malheureux qui avaient tendance à baisser les bras un peu trop fréquemment. Et puis j’ai grandis. J’ai vécu de belles expériences, j’ai essuyé quelques échecs, j’ai pleuré, j’ai ris (parfois un peu trop). J’ai grandis et j’ai « affronté » la vie tout simplement. Aujourd’hui, cette expression revêt une toute autre saveur pour moi. Avec le recul je la trouve d’une justesse incroyable. En effet, comme vous vous avez pu souvent le lire sur mon Tumblr, mon existence n’est pas de tout repos et j’ai souvent fait face à différentes déconvenues. Les garçons, l’argent, la recherche de ma « voie professionnelle », les amis… Souvent je me suis plains, j’ai pleuré, j’ai noyé mon chagrin dans des litres d’alcool ou dans des soirées survoltées. Sur le moment, je suis sûr que cela m’a aidé. Ça m’a apporté l’électrochoc dont j’avais besoin… comme une dose de drogue qui m’apaise, un temps ! Et puis, comme le dit si bien une personne qui m’est très chère et qui doit me connaître par cœur, j’aime mon spleen, j’aime ma tristesse. Ces moments où l’on s’enferme dans sa chambre en lançant en « repeat » la playlist « Je suis l’homme le plus triste de la terre entière» en se délectant secrètement des larmes salées qui viennent se réfugier aux coins de nos lèvres.
Si je suis encore debout aujourd’hui c’est que finalement, toutes ces épreuves ne m’ont pas anéanti. Je vais, une fois de plus sombrer dans les dictons faciles mais, je suis aussi très fan du « Ce qui ne te tues pas te rends plus fort ».
Et c’est là où je reviens à notre histoire de verre. Quand on fait face à une situation elle peut systématiquement être interprétée de façons diamétralement opposées. Par exemple, je pourrais très bien recevoir une promotion dans mon job demain. Le verre à moitié plein me pousserait à être très enthousiaste de cette situation. Je me surprendrais à rêver à de nouvelles responsabilités, à une meilleure rémunération et à une carrière dorée. Je pourrais tout aussi bien voir le verre à moitié vide et craindre une multitude de choses. « Est-ce que je vais être à la hauteur ? » ; « Est-ce que je mérite vraiment ce qu’il m’arrive ? » ; « Ne suis-je pas en train de prendre la place de quelqu’un d’autre ? ». Demain (oui oui, ça fait beaucoup d’événements à vivre demain !), je pourrai découvrir qu’un ami m’a trahit. Ma réaction première serait sûrement la colère, la tristesse. Je me ruerai sûrement sur mon téléphone pour incendier cet ami de longue date qui m’aurait planté un poignard dans le dos. Je me monterais sûrement la tête en me disant qu’il devait préméditer son acte déloyal depuis des lustres… et pour couronner le tout, que c’est sûrement le fruit d’une conspiration plus grande et que tout ma bande de potes est sûrement de mèche. Ça c’est la théorie du verre à moitié vide. Mais pourquoi ne pas penser autrement ? Pourquoi ne pas se dire que ce faux ami qui va très probablement disparaître du paysage c’est une occasion rêvée d’aller mieux ? D’ouvrir les yeux et de réaliser que notre complicité n’était que vent et que finalement les moments passés avec lui étaient soporifiques ? Et dire donc de cette personne rencontrée récemment, plus que séduisante ? Est-ce un énième Casanova ayant pour seul but de se rassasier de quelques parties de jambes en l’air ou pourrait-il partager avec moi un bout de chemin?
Aujourd’hui, j’ai envie d’être optimiste et d’adopter une attitude positive qui me poussera à aller de l’avant. La vie est ainsi faite. Parfois nous causons notre propre perte, parfois la simple « malchance » s’acharne sur nous. A quoi bon crier à l’injustice, se lamenter sur son sort ou nourrir une haine stérile pour autrui. N’est-ce pas en essayant de déceler l’autre versant de l’histoire, celui qui est, de prime abord le moins évident que l’on avance ? Vous me direz, vous qui commencez à me connaître un peu, que c’est un défi de taille pour le petit être frêle et sensible que je suis. Mais justement, peut-être que j’en ai assez de gaspiller mon énergie à nourrir des énergies négatives… et finalement, peut-être que cette attitude m’ouvrira des portes inattendues ?
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[Post-scriptum]
You’re so gay
Il y a une multitude de façon de vivre son homosexualité et, cela va de paire avec, une multitude d’ « état d’être ». Les plus perfectionnés pourront vous sortir une liste de la typologie homosexuelle avec une terminologie incompréhensible : twink, bear, dady etc. Et puis il y a aussi toutes ces caractéristiques qui seraient censées nous permettre de s’identifier entre nous et de permettre aux autres de nous définir comme gays. J’entends par là la caractéristique qui m’horripile plus que tout, qui est pourtant avérée chez certains d’entre nous, notre côté efféminé.
Depuis toujours j’entends régulièrement « Oui ça se voit que tu es gay, tu as quand même quelques manières ». Je sais pertinemment que je ne devrais pas me froisser pour des commentaires comme ceux-là. Pourtant, c’est le cas. Cette caractéristique ferait donc référence à toute une palette de comportements, manières, intonations et autres préférences culturelles qui dicterait que oui, nous avons un coté féminin plus affirmé que la moyenne. Cette idée m’attriste et m’énerve parce que je ne parviens pas à y trouver quelque chose de positif. Loin de moi l’idée de vous minimiser les filles. J’aime votre façon d’être… le débat n’est clairement pas là. Quand on me dit ce genre de chose, j’ai l’impression que c’est une agression à la personne que je suis. Comme ci ces traits faisaient de moi un mec moins mec, un mec moins viril, un mec qui n’a pas de couilles et finalement, qui serait très préjudiciable à mon pouvoir de séduction. Quand on me caractérise de la sorte, je suis très affecté et parfois tout ça me donne envie de « corriger » cette tare. Il faudrait alors que je transforme ma voix pour qu’elle soit plus roque, que je marche en écartant plus les jambes façon cowboy de Western, que je fume ma cigarette du bout des deux doigts et que je la jette en faisant une pirouette incompréhensible avec mes doigts pour être un vrai mec. Je sais, au fond de moi, que je ne devrais pas penser cela. Nous sommes en 2015, il y a une multitude d’être différents, avec des millions de façon d’être et de manières différentes qu’elles soient connotées de façon masculine ou féminine. Pourtant ça ne passe pas. Le pire, c’est quand, au milieu d’un groupe d’autres comparses gays, des gens osent se lancer dans une comparaison. Ok, vous avouerez comme moi que cet exercice est particulièrement humiliant mais, certains n’ont peur de rien et surtout pas des conséquences de ce qu’ils provoquent.
Cela a aussi des incidences sur le ressenti des autres jeunes hommes, que je pourrais éventuellement convoiter. Entre nous, il y a toute une catégorie de personne qui n’aime pas les gays efféminés. Ils ont un terme bien à eux pour dire cela… « grosse follasse ». Et c’est là où le bât blesse ! Au-delà de l’image que cela peut me renvoyer mêlée de superficialité, d’insultes féminisées et autre considérations esthétiques cela m’affecte parce que je ne conçois pas que cela puisse être un élément rédhibitoire pour autrui. Je peux le comprendre mais, c’est très difficile à vivre pour moi. Il semblerait donc que je fasse partie de cette catégorie. Certains se sentent bien comme ça, voire en jouent. Peut-être qu’ils y trouvent une certaine satisfaction à se jouer des codes, à caricaturer les clichés que l’on peut avoir de nous. Personnellement, je n’aime pas ça. J’ai l’impression que ça me réduit aux yeux des autres, que cela fait de moi une « moitié de personne ». Aux yeux des autres garçons, c’est encore pire. Ils ont fait de ce critère un élément rédhibitoire dans leur chasse. Combien de fois j’ai vu des annonces sur des sites de rencontres « pas de follasses, pas de mecs efféminés ». En même temps je comprends. Dans une relation hétérosexuelle, un mec a son type de fille féminine ou moins. On ne peut décemment pas le forcer à jeter son dévolu sur un type de fille qui ne lui plaît pas un tant soit peu. Le souci c’est que j’aime les garçons qui, justement, ne sont pas efféminé. Seulement, comme il semblerait que je le sois un peu trop aux yeux des autres, c’est le serpent qui se mord la queue. Je ne peux pas plaire à des garçons qui ont un poil trop de testostérones et, excusez-moi mais, mes attirances ne vont pas à destination des jeunes hommes qui sont un brin trop féminins. Je m’en veux de tenir ses propos et pourtant c’est mon sentiment. Alors j’essaie d’avancer en encaissant cette double « sentence ». Celle d’être en quelque sorte catalogué parce que l’on a des manières qui ne sont pas le reflet exact de ce qu’un mâle devrait être et ; l’incompatibilité avec mes prétendants, parce que justement cette attirail ne leur plaît pas. Plus le temps passe et plus j’essaie de l’encaisser positivement. Je me dis que je ne peux pas m’en vouloir d’être comme je suis, que, dans le lot, il y a mes amis qui m’apprécient comme je suis et, peut-être, des mecs à qui je pourrais plaire. C’est sûrement ça « s’accepter »… Pourtant, il y a de ça quelques semaines, j’ai entendu un gay me dire qu’il avait fait un travail sur lui ces dernières années pour faire « taire » ce côté féminin qui le gênait. Ironie du sort, il envoie aujourd’hui balader les mecs qui, justement, sont ce que lui a plus ou moins « été ». Comme quoi, la question ne taraude pas que mon esprit torturé !
[Musik’hall]
No Parade @ Jordin Sparks