Lettre aux amis, lettre au temps qui passe et qui façonne les vies sans même qu’on s’en rende compte.
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J’ai le cœur brisé en deux de ne pas savoir où poser mes valises.
Vos visages et vos cœurs, comme la chaleur des briques rouges sont ma joie mais aussi ce qui m’entoure, me berce et me console depuis maintenant quatorze ans. C’est bien trop pour partir.
Ici c’est chez moi parce que c’est chez vous mais aussi parce que j’y ai mes habitudes, mes petits coins, mes préférences, mes repères. Parce que chaque endroit a son histoire, parce que chaque pas n’est que le frère d’un autre.
Revenir en n’habitant plus ici c’est comme une tempête qui rabat le temps qui passe contre ma tête, tantôt comme une claque, tantôt comme une caresse. Dans ce grand fracas, revenir devient revivre, ce qui était commun hier se transforme en souvenir et je réalise que je ne suis qu’elle, que tout ici m’a fait.
Quatorze ans. Y’a le temps de devenir. Depuis, tout a changé, en moi comme dans la ville.
On a changé ensemble
et c’est peut-être ça que je refuse de quitter. Le chemin, comme une trace, le témoignage du temps, ce qui nous façonne et nous destine. Perdre ce fil c’est pas écrire une nouvelle page, c’est fermer tout un livre.












