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LâocĂ©anographe dresse un constat inquiĂ©tant de la pollution en merâŠ

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Selon des experts de trois universités américaines, jamais la planÚte n'a perdu ses espÚces animales à un rythme aussi effréné, depuis l'extinction des dinosaures. Et les humains feront probablement partie des espÚces qui disparaßtront.
Selon François De Siebenthal, économiste suisse, tout le systÚme financier actuel repose sur de la monnaie de singe !
Actuellement, on est assis sur un volcan !
Il y a un problÚme systémique sur les monnaies et ça peut exploser à tout moment !
On a crĂ©e du nĂ©ant beaucoup trop de masse monĂ©taire , ce sont les crĂ©dit qui font les dĂ©pĂŽts ! Les banquiers centraux crĂ©ent du nĂ©ant des masses monĂ©taires colossales et les gens ne lâont pas compris encoreâŠ
Le systÚme bancaire actuel crée une masse monétaire de maniÚre illimitée ce qui est contre nature !
L'histoire de la crise Ă©conomique de 2001 en Argentine depuis la dictature de Videla jusqu'aux Ă©vĂšnements tragiques de dĂ©cembre 2001. Toute ressemblance avec ce qui se passe en Europe actuellement n'est que pure coĂŻncidence. - - - - Durant ces 25 derniĂšres annĂ©es, de la dictature militaire Ă aujourd'hui, l'Argentine a subi l'un des effondrements Ă©conomique et social les plus brutaux qu'un pays ait pu connaĂźtre en temps de paix. Ce pays riche et sa population ont vĂ©cu l'ensemble des traumatismes dĂ©noncĂ©s par les altermondialistes. Tout cela avec l'aide et la connivence de multinationales occidentales et sous le regard complice des institutions internationales. Cette politique de la terre brĂ»lĂ©e a abouti Ă un vĂ©ritable gĂ©nocide social, un cataclysme inouĂŻ fait de famine, de maladies et de vies humaines sacrifiĂ©es. MĂ©moire d'un saccage dĂ©noue un Ă un les mĂ©canismes qui ont conduit Ă cette catastrophe. Ce film est dĂ©diĂ© Ă tous ceux qui rĂ©sistent avec dignitĂ© et courage. Les chemins de la misĂšre sont encore plus inacceptables lorsqu'ils sont prĂ©visibles et quÂčils se passent en terre abondante.
Le « Monsanto Protection Act » garantit la culture des OGM contre toute dĂ©cision de justice. L'adoption de cet amendement a fait scandale aux Ătats-Unis.
De la viande, oui, mais Ă lâacide !
Pendant que Bruxelles annonçait Ă grand bruit le retour des farines animales dans la gamelle des poissons, volailles et cochons, une autre bonne nouvelle est passĂ©e quasiment inaperçue. Il sâagit de la publication du rĂšglement europĂ©en 101/2013, qui autorise lâ« utilisation de lâacide lactique pour rĂ©duire la contamination microbiologique de surface des carcasses de bovins ».
Lâavantage du badigeonnage Ă lâacide lactique, câest quâon peut ainsi transformer une bidoche pas trĂšs nette en morceau de barbaque propre comme un sou neuf. Largement utilisĂ©e aux Ătats-Unis, cette Ă©ponge magique faisait envie Ă lâUnion EuropĂ©enne du commerce du bĂ©tail et de la viande (le lobby des industriels du steak), qui tentait depuis trois ans de nous lâimposer. Enfin, câest gagné !
Certes, toute la bidoche ne sera pas astiquĂ©e Ă lâacide lactique. Mais, comme le rĂšglement nâimpose pas de mettre au parfum le consommateur, les seuls qui seront informĂ©s que la barbaque quâils achĂštent a Ă©tĂ© nettoyĂ©e ainsi sont les grossistes et les semi-grossistes en viandes... Pourquoi sâarrĂȘter en si bon chemin ? Quand donc Bruxelles autorisera-t-elle aussi le poulet Javel, que les AmĂ©ricains tiennent absolument Ă nous faire dĂ©guster ? "Blanchir" les carcasses de volailles contaminĂ©es en leur faisant faire trempette dans des bains dâeau javellisĂ©e, ce serait pourtant trĂšs pratique.
Et, pendant quâon y est, pourquoi pas la colle Ă viande ? Il y a trois ans, le Parlement europĂ©en avait, in extremis, retoquĂ© la proposition de la commission europĂ©enne dâautoriser la thrombine comme additif alimentaire. Cet enzyme extrait du sang de bĆuf ou de porc peut servir de colle pour agglomĂ©rer des chutes de dĂ©coupes Ă lâabattoir et reconstituer ainsi la viande quâon trouve dans les plats cuisinĂ©s.
Pratique pour donner au consommateur lâillusion quâil a des morceaux entiers dans sa barquette de cassoulet, alors quâil sâagit de bouts de barbaque provenant de diffĂ©rents animaux recollĂ©s ensemble ! Il a des jours comme ça oĂč lâEurope ça colle aux dents...
Le Canard Enchaßné N° 4819 du 6 mars 2013

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Vers une crise de régime ?
Les sondages indiquent un effondrement de la popularitĂ© du PrĂ©sident, mais aussi du Premier Ministre et des ministres du gouvernement. Moins dâun an aprĂšs lâĂ©lection prĂ©sidentielle, et les Ă©lections lĂ©gislatives, câest un phĂ©nomĂšne trĂšs rare de dĂ©saffection massive[1], qui conduit certains commentateurs Ă parler « dâenfer ». François Hollande se retrouve avec seulement 33% de rĂ©ponses lui accordant leur confiance pour rĂ©soudre les problĂšmes du pays. Il est au plus bas dâun PrĂ©sident dans lâannĂ©e suivant lâĂ©lection[2]. Jean-Marc Ayrault, avec pour sa part 30% dâopinions favorables, enregistre un record absolu. De maniĂšre significative, la chute des opinions favorables est la plus forte chez les ouvriers et les employĂ©s ainsi que chez les jeunes (avec 30%), et la plus faible chez les cadres. Notons enfin le faible nombre de rĂ©ponses « ne se prononce pas » avec 5% de lâĂ©chantillon. Les rĂ©sultats du sondage sont donc reprĂ©sentatifs de lâopinion des Français. Des rĂ©sultats Ă peu prĂšs similaires avaient Ă©tĂ© obtenus dans un sondage IFOP-Paris Match rĂ©alisĂ©s quelques jours auparavant[3]. On dira que ce gouvernement et ce PrĂ©sident lâont bien cherchĂ©. Rarement a-t-on vu en aussi peu de temps autant de promesses se transformer en leurs contraires. Rarement aussi aura-t-on vu sâĂ©tablir, dans le cadre dâune supposĂ©e alternance politique, une telle continuitĂ© avec la politique du prĂ©cĂ©dent gouvernement, politique qui avait Ă©tĂ© rejetĂ©e tant aux Ă©lections prĂ©sidentielles que lĂ©gislatives du printemps dernier. Ceci explique sans doute la chute de François Hollande dans les sondages, chute Ă la hauteur des espĂ©rances qui sâĂ©taient portĂ©es sur sa personne. Ă cela ajoutons un style de gouvernement quelque peu dĂ©routant. Et lâon sait bien que « le style câest lâhomme » (ou la femme).
Lâeffondrement de la popularitĂ© du pouvoir et ses consĂ©quences. Le problĂšme posĂ© par cet effondrement de la cote de popularitĂ© tant du PrĂ©sident que du gouvernement est quâĂ priori ceci ne devrait pas avoir de consĂ©quences. Les prochaines Ă©chĂ©ances Ă©lectorales sont en 2014. Et câest lâun des raisons pour lesquelles le pouvoir fait actuellement le dos rond, espĂ©rant quâune amĂ©lioration de la situation Ă©conomique se produira entre la fin de cette annĂ©e et le dĂ©but de lâannĂ©e prochaine. On a dĂ©jĂ , et Ă plusieurs reprises, expliquĂ© pourquoi une telle hypothĂšse avait trĂšs peu de chance de se rĂ©aliser. La France sâenfoncera progressivement dans la rĂ©cession, Ă moins quâun effondrement de la consommation des mĂ©nages ne provoque un basculement de la rĂ©cession vers la dĂ©pression, et une accĂ©lĂ©ration brutale de la progression du chĂŽmage (ChĂŽmage, la marĂ©e noire qui nous menace). Les implications politiques de la trajectoire Ă©conomique doivent donc ĂȘtre Ă©tudiĂ©es avec attention. Au mieux, les Ă©lections prĂ©vues en 2014 se transformeront en un vote sanction qui sera dâautant plus massif que les enjeux Ă©lectoraux sont limitĂ©s. Car en matiĂšre dâĂ©lections, nous serons servis pour 2014. Tout dâabord nous aurons en mars 2014 des Ă©lections municipales, cantonales et rĂ©gionales. Dans ces Ă©lections, le facteur « local » a traditionnellement une grande importance. Câest ce qui explique quâĂ lâheure actuelle on ne prĂ©voit pas de grands dĂ©placements de voix[4]. Mais, ceci pourrait changer dâici Ă Ă©lections. Dans le contexte probable qui dominera en France, il nâest pas impossible quâelles puissent prendre lâallure dâun test national. Puis, en juin 2014, se tiendront les Ă©lections europĂ©ennes. Ces Ă©lections prendront elles, naturellement, la dimension dâun test national. Mais, elles auront aussi des enjeux limitĂ©s, compte tenu des faibles pouvoirs du Parlement europĂ©en. Il est donc probable que le message envoyĂ© par les Ă©lecteurs soit trĂšs clair, mais quâil soit ignorĂ© par le pouvoir et les Ă©tats-majors politiques. On voit trĂšs bien quâil nâest pas impossible que le Front National, ou lâun de ses avatars, se hisse Ă plus de 30% des suffrages dans une Ă©lection marquĂ©e par ailleurs par une faible participation. Ce serait un coup de tonnerre dans la vie politique française, mais un coup de tonnerre que les mĂ©dias nâauraient de cesse de transformer en coup de cymbales. Tout sera mis en Ćuvre pour que les leçons dâun tel scrutin ne soient pas entendues, et nous continuerons, en brinquebalant, Ă aller jusquâaux Ă©lections prĂ©sidentielles de 2017. Tel est, fondamentalement, le scĂ©nario dans lequel François Hollande met ses espĂ©rances, comptant bien ĂȘtre réélu, en dĂ©pit de tout ce quâil a fait et nâa pas fait, sâil devait affronter au deuxiĂšme tour Marine Le Pen. Ce pari est risqué ; bien de choses peuvent changer dâici 2017. Cependant, convenons quâil est tentable. Il est en tout cas dans la logique « mitterrandienne » qui inspire aujourdâhui François Hollande. Mais une autre hypothĂšse, tout aussi et mĂȘme plus probable, est aujourdâhui parfaitement possible. Elle reprĂ©sente le pire, du point de vue du pouvoir actuel, et ne doit pas ĂȘtre Ă©cartĂ©e Ă la lĂ©gĂšre. Si lâĂ©conomie française connaĂźt une chute brutale dâactivitĂ© dans le cours de 2013, la perte de crĂ©dibilitĂ© du gouvernement et du PrĂ©sident se transformera en une perte de lĂ©gitimitĂ©. Cette crise de lĂ©gitimitĂ© pourrait survenir de la conjonction de trois mouvements dont on sent dĂšs aujourdâhui la montĂ©e dans la sociĂ©té : une colĂšre politique, une colĂšre sociale, une colĂšre issue dâun sentiment de la perte dâidentitĂ©. Câest lĂ lâhypothĂšse la plus sĂ©rieuse sur laquelle il convient de rĂ©flĂ©chir, car la crise de lĂ©gitimitĂ© implique une crise de rĂ©gime.
Les trois colĂšres La colĂšre politique est facile Ă prĂ©voir. Elle sâenracine sur un mĂ©contentement allant sâapprofondissant et sur le fait que ce dernier ne peut, en thĂ©orie, trouver de solution dâici 2017. Ce mĂ©contentement est redoublĂ© du fait quâune partie des Ă©lecteurs qui font partie du socle traditionnel de la gauche sâestime flouĂ©e par la politique actuelle du PrĂ©sident et du gouvernement. Ceci est visible dans les sondages rĂ©cents oĂč le recul de François Hollande est le plus important dans les catĂ©gories qui lâont le plus soutenu : les ouvriers, employĂ©s, les professions intermĂ©diaires et les jeunes. Une partie des responsables du Parti Socialiste sâen inquiĂšte dâailleurs. Cette dĂ©ception pourrait, si elle sâenracinait dâici les prochains mois, se transformer en un mouvement dâabstention massif lors des Ă©lections de mars 2014, modifiant ainsi brutalement les rapports de force. Mais, il convient immĂ©diatement de dire que la droite traditionnel nâest pas une alternative, et quâelle est encore trĂšs peu audible sur les prĂ©occupations de cet Ă©lectorat. VoilĂ qui incite Ă penser que cette colĂšre politique pourrait sâexprimer hors du cadre Ă©lectoral, ou sâincarner dans tout mouvement rejetant dâemblĂ©e les partis traditionnels.
La colĂšre sociale est elle aussi facilement prĂ©visible. Elle sâexprime Ă la fois dans la montĂ©e de la violence sur des sites qui sont devenus emblĂ©matiques de la crise (PSA-Aulnay, Continental-Amiens) et dans une dĂ©sespĂ©rance trĂšs sensible dans des milliers de petits sites oĂč, Ă une Ă©chelle plus rĂ©duite, se rejoue le mĂȘme drame. LâĂ©chec relatif de la mobilisation syndicale contre le projet dâaccord ANI entre le MEDEF et quelques syndicats minoritaires ne doit pas faire illusion. Il nây a eu Ă©chec que parce que lâon a proposĂ© Ă des gens en colĂšre et dĂ©sespĂ©rĂ©s des formes bien trop traditionnelles dâexpression de leur colĂšre et de leur dĂ©sespĂ©rance. Cet Ă©chec est avant tout celui des formes classiques de mobilisation syndicale. Notons dĂ©jĂ que la conjonction de la colĂšre politique et de la colĂšre sociale est redoutable. Le potentiel dâune explosion massive ne fait donc que se renforcer, mais cette explosion suivra des voies diffĂ©rentes de celles qui ont Ă©tĂ© tracĂ©es par les syndicats. Seuls ceux qui sauront sây adapter y survivront. Cette explosion sera, selon toute vraisemblance, violente. Elle confrontera directement les organes du maintien de lâordre (Police et Gendarmerie) au choc frontal avec cette colĂšre. Comme ces organismes sont eux aussi travaillĂ©s, pour des raisons gĂ©nĂ©rales mais aussi des raisons particuliĂšres, par un fort mĂ©contentement, nul ne peut dire quelle sera lâissue de ce choc. Si le gouvernement met en Ćuvre une politique directement rĂ©pressive, il risque dâaggraver dans des proportions considĂ©rables la fracture politique qui se dessine. Sâil tergiverse, il peut ĂȘtre emportĂ© par une succession de mouvements se renforçant lâun lâautre.
La colĂšre issue du sentiment de perte de lâidentitĂ© est un phĂ©nomĂšne encore plus complexe Ă dĂ©crypter. Elle a, bien entendu, une dimension politique, qui sâenracine dans le dĂ©ni de dĂ©mocratie auquel on a assistĂ© en 2005 lors du rĂ©fĂ©rendum sur le projet de constitution europĂ©enne. Les partisans du « non », largement victorieux, ont Ă©tĂ© dĂ©possĂ©dĂ©s de leur victoire, une manĆuvre Ă laquelle François Hollande a Ă©tĂ© connivent. Les Français ont eu, Ă ce moment, le sentiment dâĂȘtre dĂ©possĂ©dĂ©s de la dĂ©mocratie, de leur dĂ©mocratie. Les gouvernants et une partie de lâopposition ont cru que ce sentiment serait passager. CâĂ©tait oublier le lien trĂšs profond, enracinĂ© dans lâhistoire, qui unit en France le peuple avec le principe de la dĂ©mocratie (et non nĂ©cessairement ses formes). De lĂ date une fracture symbolique[5]. Cette fracture sâest transformĂ©e en une facture quâil faudra bien solder. Il nâest pas sans une certaine ironie que cette facture retombe sur François Hollande qui, en tant que dirigeant du Parti Socialiste, a beaucoup fait pour lâexistence de cette fracture et de cette facture. Cette colĂšre a aussi une dimension sociale, en ceci que le mouvement de dĂ©sindustrialisation qui sâaccĂ©lĂšre aujourdâhui nous confronte Ă lâimage dâune France qui nâest plus celle que nous connaissions, ou que nous pensions connaĂźtre : un pays fier de ses rĂ©alisations industrielles. Une partie importante de la population, qui excĂšde de loin le nombre des simples ouvriers dâindustrie, est trĂšs profondĂ©ment attachĂ©e Ă cette image de la France. Câest ce qui explique le succĂšs initial du MinistĂšre du « Redressement Productif ». Mais la maĂźtrise du verbe ne masque quâun instant les rĂ©alitĂ©s. Lâimportance de ce sentiment de perte de lâidentitĂ©, qui peut sâincarner passagĂšrement dans un rejet de « lâautre », tient en ce que sâarticulant avec la colĂšre politique et la colĂšre sociale, il va provoquer provoquer une dĂ©lĂ©gitimation massive du pouvoir.
Vers la guerre civile ? La crise qui sâannonce va faire voler en Ă©clats lâidĂ©e dâune « dĂ©mocratie apaisĂ©e ». Dâune part, cette expression est une contradiction dans les termes. Les intĂ©rĂȘts qui divisent une sociĂ©tĂ© ne sont pas de ceux qui peuvent se rĂ©gler dans le calme feutrĂ© des cĂ©nacles privĂ©s. Leur exposition au grand jour, qui est lâune des conditions nĂ©cessaires Ă lâexistence dâune vĂ©ritable dĂ©mocratie, implique un degrĂ© dâaffrontement qui rend illusoire toute idĂ©e dâapaisement. Dâautre part, quand les conditions dâexercice de la dĂ©mocratie sont Ă ce point fautives que des colĂšres convergentes ne trouveront pas de formes institutionnelles dâexpression, il est illusoire de chercher Ă sâabriter derriĂšre lâidĂ©e dâune « dĂ©mocratie apaisĂ©e ». Il faut dâailleurs remarquer que, de ce point de vue, la France nâest nullement une exception. Câest Ă un phĂ©nomĂšne du mĂȘme ordre que lâon a assistĂ© lors des rĂ©centes Ă©lections italiennes. DĂšs lors, le pouvoir actuel a devant lui trois options. Il peut rester « droit dans ses bottes », et supporter la totalitĂ© du choc de ces trois colĂšres. Il est possible quâil y survive, mais au prix dâune rĂ©pression qui le fera changer de nature et se transformer en Tyrannie. Il est aussi possible, et câest lâhypothĂšse la plus probable, quâil soit brisĂ© par cet affrontement, ouvrant alors une pĂ©riode dâincertitudes politiques et institutionnelles comme la France nâen a pas connues depuis 1958. Il peut chercher Ă dĂ©vier la lame de fond qui monte, en organisant des Ă©lections anticipĂ©es, donnant ainsi une forme dâexpression dans le cadre institutionnel actuel Ă ces trois colĂšres. Mais, le systĂšme Ă©lectoral français est ici mal adaptĂ©. Rien ne serait pire que lâĂ©lection dâun nouveau Parlement qui ne soit pas Ă lâunisson des sentiments de la majoritĂ© de la population. Il peut, enfin, chercher Ă anticiper sur ces Ă©vĂ©nements et changer radicalement de politique, apaisant ainsi la colĂšre sociale et la colĂšre identitaire. Câest la voie de la logique et de la raison, chose dit-on la plus mal partagĂ©e au monde⊠Par Jacques Sapir I 9 mars 2013 [1] Ici [2] Nicolas Sarkozy Ă©tait tombĂ© Ă 38% dâopinions favorables en mars 2008. [3] Ici [4] Municipales : premier sondage avant le scrutin [5] J. Sapir, La Fin de lâeurolibĂ©ralisme, Paris, Le Seuil, 2006.
Quand l'Europe sauve ses banques, qui paye ?
50 milliards d'euros en GrĂšce, 70 milliards en Irlande, 40 milliards en Espagne : au sein de la zone euro, les Ătats se sont vus contraint les uns aprĂšs les autres - moyennant des sommes astronomiques - de venir en aide aux banques pour compenser les pertes subies suite Ă des prĂȘts pourris. Mais qui sont les bĂ©nĂ©ficiaires de telles opĂ©rations ? C'est en posant cette question trĂšs simple qu'Harald Schumann, essayiste en Ă©conomie et brillant journaliste, sillonne l'Europe. Et obtient des rĂ©ponses pour le moins sidĂ©rantes. Car ceux qui ont Ă©tĂ© "sauvĂ©s" ne se trouvent pas - comme on tend Ă vouloir nous le faire croire - dans les pays en dĂ©tresse, mais surtout en Allemagne et en France. En effet, une part importante des sommes dĂ©bloquĂ©es finit dans les caisses des crĂ©anciers de ces banques sauvĂ©es. Quant aux financiers qui ont fait de mauvais investissements, ils se retrouvent protĂ©gĂ©s contre toute perte aux frais de la collectivitĂ©. Et ce contrairement aux rĂšgles de l'Ă©conomie de marchĂ©.
Quelques mois seulement aprĂšs quâune Ă©tude aujourdâhui cĂ©lĂšbre ait dĂ©couvert que le maĂŻs NK603 gĂ©nĂ©tiquement modifiĂ© de Monsanto entraĂźne de sĂ©rieux dommages et des tumeurs sur les mammifĂšres, un article publié par lâAutoritĂ© EuropĂ©enne de SĂ©curitĂ© Alimentaire (AESA) a mis au jour que la plupart des OGM dâusage commercial actuels contiennent un gĂšne viral dissimulĂ© qui semble dangereux Ă consommer par les humains.
La reÌvolution ne sera pas teÌleÌviseÌe (HQ) - Coup d'Etat contre Hugo Chavez
Un accident nucléaire, c'est la fin de la démocratie.
AprĂšs deux ans de photojournalisme intensif sur les consĂ©quences des catastrophes nuclĂ©aires de Fukushima, certaines conclusions se sont imposĂ©es qui rendent obsolĂštes tous les dĂ©bats sur le coĂ»t du mĂ©gawatt Ă©lectronuclĂ©aire et sur la sĂ»retĂ© de fonctionnement des centrales nuclĂ©aires. Prenons l'hypothĂšse d'un accident nuclĂ©aire en France : les consĂ©quences ne seraient pas seulement Ă©conomiques â le coĂ»t s'Ă©lĂšverait Ă 430 milliards d'euros par rĂ©acteur explosĂ©, selon un rapport de l'IRSN. Ni vitales ou Ă©cologiques : avant l'irradiation de la population et la contamination de l'environnement, le premier danger auquel il faudrait parer serait d'ordre social et politique : l'effondrement de l'Etat, pesant sur la dĂ©mocratie, voire sur la RĂ©publique. Le gouvernement se trouverait alors face Ă un choix ici sommairement rĂ©sumĂ© : vendre le chĂąteau de Versailles pour dĂ©dommager les victimes ou abandonner la population irradiĂ©e Ă elle-mĂȘme afin d'Ă©viter la faillite de l'Etat. Que nous apprend le cas Fukushima ? Aujourd'hui, dans la zone touchĂ©e par le panache radioactif, c'est l'abandon de la population qui prĂ©vaut : elle n'a pas Ă©tĂ© Ă©vacuĂ©e, elle est restĂ©e confinĂ©e dans les villes contaminĂ©es : Minami-soma, Koriyama, Nihonmatsu, Hirono et la ville Fukushima (homonyme de la prĂ©fecture qui en tire son nom). Le dĂ©ni du danger est l'aboutissement d'une campagne de communication intensive de l'Etat Japonais, relayĂ©e par tous les mĂ©dias. Si bien que ce danger a Ă©tĂ©, au mieux, intĂ©riorisĂ© par les habitants de ces villes, au pire, imposĂ©. (En 2013, s'agissant de la libertĂ© de la presse, le Japon a chutĂ© de la 22e place Ă la 53e, selon le classement de Reporters sans frontiĂšres). Dans cette cathĂ©drale de dĂ©ni, le rĂ©veil face aux maladies et Ă la mort n'en sera que plus douloureux. LES IRRADIĂS SONT TRAITĂS COMME DES PARIAS Dans la prĂ©fecture de Fukushima, l'Etat s'est effondrĂ© et n'offre plus aucune protection aux citoyens. Les irradiĂ©s sont traitĂ©s comme des parias lorsqu'ils demandent le respect de leurs droits, Ă commencer par l'accĂšs Ă un air sain et Ă une nourriture sans radiation. Les seniors, les plus de 50 ans, s'affrontent avec la jeune gĂ©nĂ©ration. Conscients du risque d'effondrement du pays, les anciens nĂ©s dans la notion du sacrifice personnel pour le groupe, intiment aux jeunes de se taire pour ne pas endommager davantage la nation. Bien que le Japon soit le seul pays au monde Ă avoir subi deux bombardements atomiques, pour la jeune gĂ©nĂ©ration, la situation se rĂ©sume en une phrase : "A Hiroshima ce fut la colĂšre, Ă Nagasaki la priĂšre, et aujourd'hui Ă Fukushima, on exige notre silence." Dans le cas d'une fusion de cĆur de rĂ©acteur nuclĂ©aire en France, il serait impossible Ă l'Etat de dĂ©bourser les 430 milliards d'euros nĂ©cessaires (pour 2013 son budget votĂ© est d'Ă peine 395,5 milliards euros). Comme il serait impossible de compter sur la soumission des Français devant les mesures draconiennes imposĂ©es par la force : verrouillage de la zone rouge pour Ă©viter la propagation de la contamination, loi martiale sur la rĂ©gion pour Ă©viter les pillages, censure sur l'information pour Ă©viter la panique. Les Français sont plus "subversifs" que les Japonais qui n'ont jamais pris une seule Bastille. L'Etat serait alors pris en Ă©tau entre risques de faillite et chaos social, et n'aurait d'autre solution, pour survivre, qu'appliquer les drastiques et cruelles normes sanitaires imposĂ©es Ă Fukushima. Une mini-zone d'Ă©vacuation de 20 km de diamĂštre autour la centrale sinistrĂ©e (deux fois le territoire de Belfort, soit 1200 km2), dĂ©crĂ©ter que les zones de 20 millisieverts par an (soit le niveau de radiations acceptĂ©e pour les travailleurs du nuclĂ©aire) restent habitables et autoriser des taux Ă©levĂ©s de radiations dans la nourriture, dont les aliments pour bĂ©bĂ©s. Les populations irradiĂ©es seraient abandonnĂ©es Ă leur sort, c'est-Ă -dire que, face aux radiations, elles n'auraient d'autres recours que l'autoprotection. C'est la tragique conclusion tirĂ©e de ces deux annĂ©es de reportages sur le dĂ©sastre de Fukushima. Parmi les risques les plus redoutables de l'industrie nuclĂ©aire, rĂŽde la menace politique. En cas de dĂ©sastre, l'Ă©lectronuclĂ©aire mettrait assurĂ©ment en danger la RĂ©publique et la dĂ©mocratie. Antonio Pagnotta, photojournaliste Le Monde.fr | 10.03.2013

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