OpenData, OpenAPI... et après ?
Le développement des TIC a fait explosé le volume de données produites dans le monde. Marc Andreessen dans un article déjà cité ici intitulé "Software is eating the world" rendait compte du premier mouvement. Certains on rapidement vu que ce développement du tout logiciel cachait une deuxième révolution, celle de la donnée : “data is eating software”. Cependant, il ne faut pas se tromper d’interprétation. Très vite, on a cru voir des océans de donnée. Cela a donné lieu à la vague du Big Data et au développement de nouveaux outils. Porté par l’engouement pour ces nouvelles technologies, il a fallu un peu de temps avant de cerner les usages et les impacts possibles. Maintenant, ce qui relève de la “datascience” est mieux compris et tout le monde semble avoir repris son sang froid.
Pourtant, une troisième rĂ©volution se prĂ©pare. En effet, deux tendances se sont dĂ©veloppĂ©es de manière continue sans que l'on en mesure encore pleinement les consĂ©quences et les possibilitĂ©s.Â
Open Data, pas si “open” que ça, et c’est tant mieux
En rĂ©alitĂ©, l'aspect "Open" n'est que la partie Ă©mergĂ©e de l'iceberg. Le vĂ©ritable point de dĂ©part est le constat que les producteurs de donnĂ©es ne sont pas les mieux placĂ©s pour exploiter ces donnĂ©es, et qu'il existe une valeur très importante dans les donnĂ©es qui peut ĂŞtre rĂ©vĂ©lĂ©e via des usages qui n'ont pas Ă©tĂ© imaginĂ©s au dĂ©part. L'Open Data a Ă©tĂ© poussĂ©e par une exigence de dĂ©mocratie et de transparence. Cela s'est traduit de manière Ă©vidente par la pression exercĂ©e sur les producteurs de donnĂ©es publiques Ă qui on a demandĂ© de mettre Ă disposition ce "bien commun". L'OpenData est une traduction dans la sphère publique d'un enjeu crucial pour toutes les organisations : le partage et la circulation de l'information.Â
Le dĂ©veloppement massif d'applications a eu pour consĂ©quence que l'essentiel de l'information est aujourd'hui structurĂ© et stockĂ© dans des bases de donnĂ©es. CentralisĂ©e et organisĂ©e, il est dès lors techniquement beaucoup plus facile d’y accĂ©der. Prenons l'exemple des dĂ©penses publiques. Les citoyens mettent la pression sur les Ă©lus pour avoir accès aux comptes publics. Ils ne se contentent plus d'avoir accès aux bilans, ils veulent avoir accès Ă la source mĂŞme des donnĂ©es, pour pouvoir eux mĂŞme explorer les donnĂ©es, chercher l'information qu'ils souhaitent et construire leur propre vision. Ainsi, les collectivitĂ©s ne peuvent plus se contenter de diffuser des rapports avec des histogrammes prĂ© Ă©tablis pour communiquer sur la manière dont elles utilisent leur budget. Elles doivent aujourd'hui rendre accessible ces donnĂ©es avec le plus de dĂ©tail possible (par abus de langage on parle des donnĂ©es "sources", ou donnĂ©es "brutes") et dans des formats ouverts. Et aujourd’hui tout le monde sait que c’est possible (bien que parfois compliquĂ©), car tout le monde considère comme acquis (et Ă raison) que les puissances publiques ont “informatisé” cette gestion des dĂ©penses. Qu'en est-il au sein des entreprises ? Il est clair que dans ce cas, le "Open" d'OpenData n'a que rarement sa place. Ouvrir ses donnĂ©es vers l’extĂ©rieur n’est très gĂ©nĂ©ralement pas souhaitable, et utile dans de rares cas. Ouvrir ses donnĂ©es en interne est une autre problĂ©matique. Qui peut dire que le service marketing n'a pas intĂ©rĂŞt d'avoir accès aux donnĂ©es des ventes ? La gĂ©nĂ©ralisation des CRM dans tous les types d'entreprise montre Ă quel point une part importante de l'information des entreprises, autrefois non consignĂ©e, devient donnĂ©e structurĂ©e. Les portails d’entreprise et le knowledge management n’ont de cesse de se dĂ©velopper. Parallèlement aux wiki d’entreprise, de nouvelles gĂ©nĂ©rations d’outils et de pratiques se dĂ©veloppent. Le coeur de la solution proposĂ©e par Opendatasoft, malgrĂ© son nom qui fait immĂ©diatement rĂ©fĂ©rence Ă la tendance OpenData, adresse en rĂ©alitĂ© le besoin de valorisation interne des donnĂ©es au sein des entreprises.Â
API is eating software ?
Une fois qu'on a fait le constat que les données créées à un endroit pouvait être valorisées à un autre, les techniciens ont développé des outils pour permettre d'automatiser ces échanges, afin de permettre aux applications de parler entre elles. Ainsi, il est possible de faire le lien de manière automatique entre un CRM et un logiciel de facturation ou un service de messagerie électronique. Aujourd'hui, c'est un non-sens d'imaginer une solution qui ne soit pas un minimum intégrée à un écosystème. Et si l'on a conscience que l'on ne peut anticiper sur les usages possibles des données, l'idée la plus intelligente est de développer des API. Cette architecture plus souple permet une relative indépendance entre les outils et facilite les intégrations futures.
De la même manière que l'OpenData a fait émerger des standards sur les formats de données (DataPackage, CSV, RTF...), l'OpenAPI est une tendance qui vise à faire émerger des standards, à la fois techniques (Rest, Soap) et métiers (OpenSocial, OpenBankProject...), dans le domaine des API.
Et après ?
Force est de se rendre compte que l'exploitation des données reste technique. Les Hackathons se développent autour de l'OpenData pour créer de nouvelles applications exploitant les nouveaux jeux de données offerts au public. Des services comme Zapier, IFTTT ou Busit permettent de connecter des applications entre elles via leurs API. Doit-on en conclure qu'exploiter des données passe forcément par la création d'une nouvelle application ou la connexion d'applications existantes ? Cela signifierait que tout nouvel usage, qui n’aurait pas été imaginé (ce qu’il est par définition) ne pourrait être exécuté autrement que par un développeur ?
 Au final, cela voudrait dire que je dois nécessairement apprendre à "coder" ma propre application à chaque fois que je souhaite tester une nouvelle idée ?
Les données prolifèrent de manière exponentielle et concentrent de plus en plus de valeur au sein des organisations. Pouvoir exploiter ces données est aujourd'hui plus qu'hier un enjeu stratégique.
Et si ?
Et si demain un expert mĂ©tier pouvait crĂ©er son application sans avoir Ă coder ?Â
De la mĂŞme manière qu'aujourd'hui on peut crĂ©er un site web sans rien savoir du HTML, avec wordpress par exemple.Â
Et si on pouvait travailler avec des donnĂ©es comme on Ă©crit un rapport ?Â
Cela veut dire par exemple que l'on peut travailler en mĂŞme temps l'architecture, le contenu et la mise en forme ?














