Manuel Ă l'usage du vĂ©gĂ©ta*ien acculĂ© par des carnistes OU "de l'omnivore et fier de l'ĂȘtre" ayant envie de poutrer du vĂ©gĂ©' sur internet.
C'est en lisant « Qui a tué l'écologie » de Fabrice Nicolino que j'ai mis le doigt sur les retombées écologiques de l'élevage.
Cette motivation est celle qui me pousse à m'ouvrir au végétarisme. Depuis, d'autres lectures ont clairement conforté cette idée, comme « Biodiversité » (Patrick Blandin), « Le monde selon Monsanto » (Marie- Monique Robin), ou l'excellent « Une brÚve histoire de l'extinction en masse des espÚces » (Franz Broswimmer).
Bref, ça, c'était l'intro.
Avouer son végétarisme a plusieurs conséquences immédiates au sein d'une conversation.
PremiĂšrement, l'assemblĂ©e s'intĂ©resse soudainement Ă la santĂ© de la personne de qui vient l'aveu. « Mais tu vas ĂȘtre carencĂ©(e) !! » Comme c'est gentil de vous en soucier. Et le mec du fond, lĂ -bas, qui mange des pĂątes du CROUS tous les midi, personne ne s'inquiĂšte de son apport en vitamines... ?
S'en suit un « Moi, je... » souvent c'est « je ne pourrais pas me passer de... ». Je crois que je l'entends le plus, de toutes personnes, et j'ai dû aussi le dire fut un temps. C'est pas méchant souvent. Mais s'il fallait y répondre par une phrase simple, ce serait :
"C'est bien, ça me fait une belle jambe. Avec deux je pourrais mettre un short."Â
Parce que j'en ai un peu marre de cette rĂ©action du "moi je..." qui sous-entendu que la personne se trouve remise en question dans son comportement alimentaire. Â
Mais attendez les gars, j'ai encore rien dit.
Peu importe que vous n'ayez pas de lancé de critique à l'égard de la personne. Le végétarisme se traßne de tels boulets (injustifiés ?) notamment sur le fait que les végétariens seraient des personnes agressives cherchant à imposer leur mode de vie* (??) que le simple fait de l'admettre, c'est déjà insultant pour certains.
(* Des personnes comme ça, je n'en ai jamais rencontré.)
Au détour de la conversation, pour les plus bouchés, soudainement tous les cours de biologie s'envolent : « et la carotte, elle souffre pas ta pauvre petite carotte ? » Tout à fait Thierry.
On ne dénombre pas le nombre de posts/réponses qui justifient inlassablement la systématique de l'angiosperme moyen : une lignée bien différente de la nÎtre, et sans systÚme nerveux. Donc, sans moyen de ressentir la douleur.
A ces experts en biologie végétale, je préconise un soufflet avec un livre de SVT de 6Úme.
Je tairai les magnifiques inepties que j'ai pu lire, mais je tiens Ă dire que j'ai entendu de vive voix quelqu'un accuser les vĂ©gĂ©tariens de mener la planĂšte Ă sa perte, de ruiner l'Ă©cologie. Oui, parfaitement. Parce qu'on laisserait mourir des vaches, que ça ferait disparaĂźtre de la biodiversitĂ© et qu'il faudrait raser des forĂȘts pour nourrir tout le monde.
Ce qui m'Ă©tonne Ă chaque fois, et dans ce genre de cas, c'est l'incapacitĂ© notoire de ces personnes Ă revoir le fonctionnement du monde en entier vers une perspective diffĂ©rente.Â
A concevoir un amĂ©nagement de la planĂšte diffĂ©rent, qui ne nĂ©cessite pas d'abattre des hectares de forĂȘt pour les intĂ©rĂȘts d'une poignĂ©e, ni d'aller dans un supermarchĂ© toutes les semaines. Par exemple. Imaginer qu'on pourrait se dĂ©tacher de nos repĂšres actuels.Â
Non, le changement a trop le goĂ»t de monde post-apocalyptique pour certains (oui parce que j'ai aussi lu que dĂšs qu'on s'arrĂȘterait d'aliĂ©ner des animaux, ce serait l'apocalypse. Z'avez bien lu. Genre chaos sur Terre, et vaches meuglant l'oeil affolĂ© et courant dans tous les sens, mais pas celui de l'humour visiblement).  Que c'est bon de rester engoncĂ© dans ses petits repĂšres et de se prendre un petit paquet de jambon tous les samedis.
"Imposer", "forcer les enfants" : tout dans le discours sent la personne agressée et remise en question dans ses choix personnels.
Quid de la série d'arguments trÚs classique "l'ÎÎrdre des choses" ? Ou "le lion fait ceci, mange cela..." "va donc lui dire".
Sauf que nous ne somme pas des lions, et que ces personnes oublient souvent que nous sommes des ĂȘtres Ă©voluĂ©s (quoique vu certains j'en doute), douĂ©s de raison, de jugement, d'Ă©motion. Qu'en tant que "super-prĂ©dateur", l'avenir de notre Terre dĂ©pend en grande mesure de nos choix, puisque nous, espĂšce humaine, dĂ©tenons les clefs de oĂč et comment et quand dĂ©truire -ou reconstruire- des parties du globe. Mais certainement pas ĂȘtre soumis Ă des instincts excusables parce qu'animaux, incontrĂŽlables. Que je sache ce n'est pas une hormone ou un signal du cerveau qui vous donne une frĂ©nĂ©tique envie de rentrer dans un supermarchĂ© acheter un gigot, votre survie ne dĂ©pend pas de la rĂ©ussite de cette "chasse".
C'est marrant, parce que ça me rappelle l'excuse moyenne du pervers qui reluque une fille ("j'y peux rien c'est l'instinct".) Quoi. J'vais pas me gĂȘner. Vu les raccourcis "hitler => vĂ©gĂ©tarien donc vĂ©gĂ©tarien => nazi".
Je passerai sur le cĂŽtĂ© « effet de mode » reprochĂ© au vĂ©gĂ©tarisme. C'est peut-ĂȘtre le cas, mais quand une mode permet de s'ouvrir Ă l'alter-mondialisme, Ă la pensĂ©e dissidente et permet de prendre en main Ă son Ă©chelle le souci Ă©cologique, y'a pas de quoi le reprocher au pratiquant, sauf si on est justement Ă la tĂȘte d'un puissant lobby « carniste ».
Ceux qui osent comparer les drama-queen du gluten-free n'ont pas vraiment compris la diffĂ©rence d'enjeux. Le premier, c'est le souci du bien-ĂȘtre de son intestin grĂȘle (nĂ©cessaire pour certains, intolĂ©rants. Sans fondement pour le reste, sauf s'ils prĂ©fĂšrent payer deux fois plus cher leurs pĂątes). Le second dĂ©lire, le vĂ©gĂ©tarisme, c'est un peu plus l'idĂ©e de mettre son ego et son plaisir de cĂŽtĂ© pour le souci planĂ©taire et/ou de la condition animale, actuellement d'une logique et d'une dignitĂ© Ă causer une "mort par facepalm avec la table".Â
Bref, le vĂ©gĂ©ta*isme est ce qu'on appelle un "faux-dĂ©bat". Qu'on prenne les vĂ©gĂ©tarisme pour une religion, une maladie (si si j'ai bien lu ça), une idĂ©ologie dangereuse ou non, essayer de dire Ă un vĂ©gĂ©tarien "tu as tord", aller le chercher pour l'emmerder, c'est clairement inutile (en plus d'ĂȘtre irrespectueux au possible) parce que ça ne fera pas changer la personne de position d'un iota.
(ça, ça vient d'ici) , personne qui a par ailleurs brillamment illustré le débat-type par là . Fendard et criant de vérité.)
L'inverse est valable, mais faut surtout pas susciter l'ire du carniste.Â
Je crois avoir une chance folle d'ĂȘtre entourĂ©e de personnes bienveillantes Ă cet Ă©gard, qui ne m'ont jamais forcĂ©e Ă me justifier (et au contraire se montrent toujours curieuses plutĂŽt), qui ne m'ont jamais fait sentir mal par rapport Ă mes choix.
Il est cependant triste de constater combien sur les réseaux sociaux un « aveu » de végétarisme/lisme peut coûter cher à l'internaute.
Parce qu'Internet a de ça qu'on dirait un micro-trottoir dans un pays entier, voire plus grand. Tout le monde l'ouvre, contrairement Ă une rue oĂč chacun marche, tĂȘte ailleurs, profil bas, prĂ©occupĂ©. On peut donc entendre l'avis du quidam moyen (comme ici, ni plus ni moins).
L'ingĂ©rence de tout un chacun dans la vie d'autrui, heh... La prochaine fois, aux « carnistes », vous pouvez leur dire d'arrĂȘter les crĂȘpes, les gĂąteaux, le petit-dĂ©jeuner, le pain... c'est vĂ©gĂ©tarien. (Mais oĂč va le monde ! Le vĂ©gĂ©tarisme s'IMPOSE chez nous !)
Pour les personnes qui veulent de vrai chiffres, je vous encourage à lire les ouvrages cités au-dessus.
En attendant si vous voulez rigoler ou vous navrer, vous pouvez toujours faire un tour ici :Â http://levegetarismematuer.tumblr.com/
Des fois j'y ri(z) jaune...