Quel avenir  pour la présipauté de #Groland aprÚs le décÚs de Christophe #Salengro ?
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Quel avenir  pour la présipauté de #Groland aprÚs le décÚs de Christophe #Salengro ?

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Olivier #Faure comme son nom lâindique
Faure câest le nouveau nom du patron du PS. Et il nâest pas nouveau en politique. Faure câest aussi celui dâune marque qui a fait de la paronymie un art publicitaire. Des slogans que je vous propose dâanalyser sous lâangle de lâusage politique que pourrait en faire Olivier Faure. Bref, je fais gagner du temps au dĂ©putĂ© de Seine-et-Marne et aux tireurs de LibĂ©.
âFaure: la qualitĂ© câest notre fortâ
Câest le slogan dâune pub de 1979 dans laquelle on retrouve Michel Leeb en vendeur de lave-linge. Slogan Ă©crit Ă la fin de la pub mais qui nâest pas prononcĂ©. La pub se moque de des slogans de la marque, lâhumour relatif consistant Ă essayer dâĂ©viter lâemploi du mot fort.Â
http://www.ina.fr/video/PUB3213293074/faure-lave-linge-fort-video.html
Câest un slogan qui conviendrait bien Ă une Ă©lection municipale. Une campagne de dĂ©fense et non dâattaque, qui vante autant un bilan quâune image. Un slogan pour socialisme municipal pĂ©pĂšre. Pas vraiment le contexte de 2020. A dĂ©conseiller.
âFaure : pour vivre heureuxâ
Câest le slogan du milieu des annĂ©es 80. On ne vante plus une qualitĂ© française mais un art de vivre. Dans une des pubs, on voit un groupe dâindividus sâennuyer ferme et chanter triste avant dâĂȘtre sauvĂ© par une batterie de cuisine
http://www.ina.fr/video/PUB3784046089/faure-gamme-arthur-martin-ufam-lave-linge-refrigerateur-four-video.html
Un slogan qui est dans la plus pure tradition des campagnes prĂ©sidentielles socialistes. Pas trĂšs loin du futur dĂ©sirable, puisque lâhomme aspire naturellement au bonheur. Avant de changer la vie, il faut refaire sa cuisine. Slogan Ă conserver et Ă mettre en attente de validation pour la prĂ©sidentielle de 2022.Â
âFaure : le mot est faibleâ
On trouve ce slogan Ă la fin des annĂ©es 80. Faure se lance dans la pub comparĂ©e. Le film se passe chez les concurrents. Leur prĂ©sident prĂ©sentĂ© de façon ridicule, comme une sorte dâenfant-roi qui aime se dĂ©guiser (suivez mon regard), sâexclame âje suis ruinĂ©â quand ses conseillers lui prĂ©sentent les progrĂšs technologiques des modĂšles Faure. Vous mettez Macron Ă la place, ça fonctionne plutĂŽt bien.Â
http://www.ina.fr/video/PUB3784094032/faure-lave-linge-video.html
Slogan Ă manier avec prĂ©caution. Il convient plutĂŽt Ă une campagne de réélection Ă la prĂ©sidence de la RĂ©publique. Trop prĂ©tentieux pour un parti en reconstruction. A tester peut-ĂȘtre lors dâ une lĂ©gislative partielle.Â
âFaure comme son nom lâindiqueâ
CâĂ©tait le slogan idĂ©al pour la campagne qui vient de se dĂ©rouler. Une campagne oĂč il Ă©tait connu et identifiĂ© par les Ă©lecteurs. Comme son nom lâindique, un gage de sĂ©rieux et un label de qualitĂ© socialiste. BrevetĂ© SolfĂ©.
Maintenant, le nouveau patron doit se prĂ©senter au grand public. Il devra emprunter la dĂ©clinaison Ă©ternelle de la prĂ©sentation de la marque. Faure: F,A,U,R,E. Le martĂšlement.Â
En 1974, dans une rĂ©clame de Molinaro, la marque communiquait par son histoire. Le film retraçait la vie de ThĂ©odore, le fondateur de la fonderie. Tour Ă tour en redingote et en bleu de chauffe dix-neuviĂšme siĂšcle. La valeur refuge dâun socialiste en plein doute, les mĂąnes de Blum, Mitterrand et ..... François Hollande. A rĂ©flĂ©chir pour les europĂ©ennes.Â
Sinon en 2001, la marque crĂ©ait un jeu vidĂ©o en ligne sur son site, baptisĂ© Captain Faure Invaders.Â
Eh les gars vous ĂȘtes sĂ»rs. On nâavait dit pas le sauveur. Ouais mais maintenant tu es Ă©lu.Â
#congrĂšsPS Les mousquetaires du PS Ă lâassaut du duc de lâInstagram
Ils sont quatre. Quatre candidats mousquetaires Ă lâassaut du duc de lâInstagram, du cardinal Philippe et des redoutables gardes emmenĂ©s par le comte de Forcalquier. La gauche de gouvernement est en rĂ©gence. Ils ont une mission. Ramener un membre de leur famille sur le trĂŽne.Â
Stéphane Le Foll est Porthos
Entre colĂšres bougonnantes et tapes sur lâĂ©paule, le bon gĂ©ant de la Hollandie a rengainĂ© lâestoc du garde rapprochĂ©. Le verbe haut ne menace plus, ni ne vitupĂšre. Il prophĂ©tise et redonne espoir. Les coups de menton ne sont plus lĂ que pour indiquer une direction qui nâest plus celle du retour dans le rang. Les Ă©paules roulent toujours. Mais câest leurs rondeurs quâil faut apercevoir, plus les muscles. Capital sympathie et fidĂ©litĂ© Ă toute Ă©preuve, le grognard (anachronisme assumĂ©) charge enfin pour son compte. Le PS a-t-il besoin dâun ambianceur ?
Luc Carvounas est DâArtagnan
Carvounas ça vient de GrĂšce. Mais vous y ajoutez une particule, ça sent tout de suite son cadet de Gascogne. Luc de Carvounas est donc le dernier arrivĂ© sur la scĂšne mĂ©diatique. Et le plus impĂ©tueux. AussitĂŽt dĂ©barquĂ© Ă Paris de sa province catalane dâadoption, il provoque tout le monde en duel. Sa botte pas si secrĂšte passe par la gauche pour remonter au centre. Le PS a-t-il besoin dâun bretteur fou ?
Emmanuel Maurel est Athos.
Les correspondances, baudelairiennes ou autres, ont toujours leurs limites.  Athos est le plus vieux des mousquetaires, Maurel le plus jeune des candidats. Mais ĂȘtre disciple de Poperen, ça vous met vingt ans dans la vue. Non ? Athos câest une certaine idĂ©e de la tradition. Maurel nâest pas nĂ© un dix mai Ă Epinay-sur-Seine pour rien.  Il encadre ses trois autres compagnons. Câest le sage du quatuor mais qui ne laisse pas sa lame aux chiens quand il le faut. Gaucher qui ne veut pas ĂȘtre contrariĂ©, sa botte ne brille par lâoriginalitĂ©. Le PS a-t-il besoin dâune caution morale ?
Olivier Faure est Aramis
Aramis câest lâhomme dâĂ©glise et lâhomme dâintrigues. DâecclĂ©siastique, Olivier Faure peut en avoir lâallure mĂȘme si ce nâest pas faire preuve de beaucoup dâimagination. Mais sâengager en politique, câest un peu entrer dans les ordres. LâabbĂ© Faure espĂšre aujourdâhui en donner. Aramis est un jĂ©suite. RĂ©fĂ©rence qui fera sourire les adversaires du dĂ©putĂ© de Seine-et-Marne, volontiers pourfendeur de ses palinodies subtiles par rapport au duc de lâInstagram (le duc du Facebook Live , ça ne fait pas trĂšs 17 Ăšme). Au centre de toutes les intrigues comme peut lâĂȘtre un homme dâappareil partisan. Le PS a-t-il besoin dâun stratĂšge florentin ?Â
En attendant le retour Ă©ventuel de Milady, les militants PS vont devoir choisir lâun de ces quatre hommes. Un candidat idĂ©al mixerait sans doute les qualitĂ©s de chacun. Mais le plus dur reste lâhistoire Ă Ă©crire. Et Ă inventer. Et peut-on imaginer Dumas Ă©crire âVingt ans aprĂšsâ, avant les âLes Trois mousquetairesâ ?
Ma famille nâhabite pas le Loir-et-Cher
Je lâavoue sans honte. Ca me gĂȘne de marcher dans la boue. La boue, je lâaime propre, Ă©talĂ©e sur mon visage dans une thalasso. Maculant mon jean slim Kooples, je goĂ»te moins. Et puis dans les maisons de campagne oĂč je sĂ©journe, il nây a jamais de bottes Ă ma taille. Trop petites ou trop grandes, comme sâil Ă©tait Ă©crit quâaucun rural ne chausse du 41. La beautĂ© des petits matins dans la brume et la rosĂ©e. TrĂšs peu pour moi. Jâai lâimpression de marcher sur un champ de chewing-gum dans un hangar rĂ©frigĂ©rĂ©. Et pour faire de la fumĂ©e avec ma bouche, je prĂ©fĂšre encore les cigarettes. Avec filtres.
Je lâavoue sans honte. Jâai peur de conduire sur une route dĂ©partementale. Je me fiche un peu du dĂ©bat sur la limitation de vitesse. Moi je ne dĂ©passe pas le 30 km/h/. Vous savez, le gars qui est derriĂšre le tracteur et qui nâose pas doubler câest moi. Celui qui fait ressembler le RD 392 entre Couilly-la-Cerise et Vergerville au pĂ©riphĂ©rique Ă 8 h du matin. Jâai lâimpression que je joue Ă la roulette berrichonne Ă chaque fois que jâactionne le clignotant.Â
Je lâavoue sans honte. Je sursaute Ă chaque fois quâun chien aboie quand je passe le long dâun bĂątiment. Câest Ă dire tout le temps. Jâai moyennement confiance dans les grillages de trois mĂštres de haut. Car jâai bien regardĂ©, il y a toujours des trous dans ces grillages. Sans parler des laisses dont la rupture de stock apparente doit traduire lâabandon des services publics. Chien libre, toujours tu chĂ©riras la campagne. Mais ta libertĂ© me fait faire des cauchemars.
Je lâavoue sans honte. Je ne comprends pas que quand jâouvre mon appli Uber, le GPS mâindique que le chauffeur le plus proche est Ă 45 km. Ni que le dernier vainqueur de la ronde cycliste de Saint-Christophe le Jalolet ne fasse pas le livreur pour mâapporter le chĂšvre frais de la ferme de la CousiniĂšre.Â
Je lâavoue sans honte. Mes parents nâhabitent pas le Loir-et-Cher. Et pas plus lâIndre-et-Loire. Je suis un urbain. Ce privilĂ©giĂ© de lâamĂ©nagement du territoire. Ce cador de la DATAR. Le bĂ©ni des dieux du service public. Le ravi de la crĂšche de proximitĂ©. Ce petit roi des bĂ©tons qui mentent et des tours qui dissimulent.Â
Cet hologramme mĂ©tropolitain qui ne peut pas comprendre la vraie vie. Cet homme sans racine qui nâa pas de noms Ă glorifier sur le monument aux morts du village. Ce condescendant Ă pass navigo. Ce mĂ©prisant aux 1000 mĂ©decins au kilomĂštre carrĂ©.Â
Je lâavoue sans honte. Je ne connais rien Ă la ruralitĂ©. Je vis sans voir de cheval ou de hibou. Et je nâai pas le QI de Stephen Hawking pour regarder les Ă©toiles dans des observatoires. Cela fait-il de moi un homme mauvais ?
Comment je nâai pas vu grandir Marion MarĂ©chal-Le Pen ?
Juin 2012. Place du Palais Bourbon, le soleil rappelle quâau-dessus de celle des hommes, la loi de la nature gouverne. Et elle est clĂ©mente en cette journĂ©e de premiĂšre sĂ©ance inaugurale de la nouvelle mandature. Je fume une cigarette en attendant le rush des premiĂšres Ă©motions. Un taxi sâarrĂȘte.
Marion MarĂ©chal-Le Pen en sort, trop bien habillĂ©e pour la circonstance. Ses deux parents lui emboĂźtent le pas talonnĂ© de haut. Echanges de banalitĂ©s sur la fiertĂ© quâils Ă©prouvent pour leur fille. Je les laisse partir rejoindre les huissiers postĂ©s Ă lâentrĂ©e de lâAssemblĂ©e. Image attendrissante dâune famille qui accompagne son petit dernier Ă la rentrĂ©e des classes.
Difficile avec ce tableau dâoublier que la benjamine de lâAssemblĂ©e est une toute jeune femme. Surtout que je la revois quelques mois plus tĂŽt courir, toute joie juvĂ©nile dehors, dans les travĂ©es des salles de meeting de la prĂ©sidentielle. Tee-shirt FNJ et jean slim, plus prĂ©occupĂ©e, semble-t-il, de rigoler avec ses camarades que dâĂ©couter les discours de sa tante.Â
Elle mâexplique alors quâelle nâenvisage pas dâĂȘtre candidate Ă la dĂ©putation. Quâelle prĂ©fĂšre achever ses Ă©tudes et connaĂźtre autre chose que la politique. Bien sĂ»r, je lâai vue sâaffirmer sur les bancs de lâhĂ©micycle. Jâai appris quâelle sâĂ©tait mariĂ©e, quâelle avait eu un enfant et quâelle sâĂ©tait sĂ©parĂ©e du pĂšre de ce dernier. Autant dâexpĂ©riences qui accĂ©lĂšrent une maturation. Jâai surtout Ă©coutĂ© et regardĂ© ses interviews, tranchantes et efficaces.Â
Pour autant, difficile de me dĂ©partir de cette impression premiĂšre de juin 2012. Une dĂ©putĂ©e accompagnĂ©e par ses parents pour aller en sĂ©ance. Jâai des circonstances attĂ©nuantes.Â
Marion MarĂ©chal-Le Pen, jâai rĂ©alisĂ© sa premiĂšre interview tĂ©lĂ© lors dâun reportage. CâĂ©tait en dĂ©cembre 2009. Marie-Christine Arnautu prĂ©sentait ses listes pour les rĂ©gionales en Ile-de-France. A ses cĂŽtĂ©s, une jeune fille dont la blondeur ne dĂ©mentait pas le nom Ă©crit dans le dossier de presse. Marion Le Pen (point de MarĂ©chal Ă lâĂ©poque), n°2 sur la liste des Yvelines. Et  âniĂšce deâ donc.Â
Et les rares journalistes prĂ©sents - elle nâĂ©tait pas encore un point dâattraction- dĂ©couvrent une jeune femme plutĂŽt timide, polie, soucieuse de son expression sans que celle-çi soit dĂ©faillante. Pas encore la bonne cliente, mais pas non plus le boulet quâil sâagit de rayer des listes dâinvitĂ©s potentiels. Nous sommes en pleine affaire Jean Sarkozy Ă lâEpad. Assez bĂȘtement, je tente un parallĂšle. Elle me renvoie dans mes 22, gentiment, sans agressivitĂ© en mode âpas de commentairesâ.Â
Câest toujours un privilĂšge de connaĂźtre une personnalitĂ© politique Ă ses dĂ©buts. Câest aussi un piĂšge. Car jâai eu du mal Ă la voir grandir. Et je pense que câest la mĂȘme chose pour Marine Le Pen.
Bien sĂ»r, il faut analyser les propos de la patronne du FN sur sa niĂšce en termes politiques, en fonctions des rapports de force et des dangers ou des aides que MMLP reprĂ©sentent. Mais en lâĂ©coutant lâautre jour, avouer une forme dâadmiration pour la pratique de lâanglais de sa niĂšce, jâai cru repĂ©rer un peu du dĂ©voilement soudain que lâon Ă©prouve vis Ă vis de son enfant grandi. Waouh, dire quâil y a trente ans, câĂ©tait cette toute petite chose que jâai Ă©tĂ© cherchĂ© Ă la maternitĂ©.Â
âJe suis lĂ pour rendre serviceâ, rĂ©pĂ©tait Ă lâenvi, Marion MarĂ©chal Le Pen, pendant les rĂ©gionales de 2010, alors que les mĂ©dias autour dâelle Ă©taient toujours plus nombreux au fil de la campagne.Â
Il y a dix ans, Marion MarĂ©chal Le Pen, câĂ©tait Katniss Everdeen, lâhĂ©roĂŻne de âHunger Gamesâ, alias âle geai moqueurâ. Figure de propagande manipulĂ©e par les responsables de la rĂ©bellion  contre un pouvoir dictatorial. ManipulĂ©e mais guĂšre manipulable comme ils sâen rendront vite compte. MĂȘme si elle accepte au final de ârendre serviceâ, jusquâĂ un certain point. (si vous ne voulez pas connaĂźtre la fin de Hunger Games, qui est un grand livre, arrĂȘtez la lecture)
ATTENTION SPOILER.
Quel est lâavenir de Marion MarĂ©chal-Le Pen ? Toutes les rĂ©ponses sont dans âHunger Gamesâ. A la fin de la trilogie, elle vit retirĂ©e des tumultes politiques. Non sans avoir accompli un dernier acte. Tuer la cheffe de la rĂ©bellion de son arc.
Comme quoi, pour saisir la rĂ©alitĂ© et comprendre quâune jeune fille a grandi, il faut parfois passer par la lecture des mythes.

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Marine #LePen, la Guéparde
« Il faut que tout change pour que rien ne change ». Nous sommes nombreux ce matin Ă penser Ă cette phrase du âGuĂ©pardâ, en regardant la situation de lâex FN pas encore RN. Ce nâest pas la citation la plus originale de la place publique et son usage intensif en a galvaudĂ© le sens et amoindri la percussion.Â
Est-elle si juste que cela ? Car au FN si TOUT nâa pas changĂ©, cela veut-il dire que RIEN nâa changĂ©. Et dans cette zone subtile se trouve peut-ĂȘtre la rĂ©ponse Ă la vraie question : le FN a-t-il besoin de changer ?
Un changement de nom doit symboliser un changement plus profond. Marine Le Pen lâa expliquĂ© en long et en large durant tout ce week-end. Câest un changement de stratĂ©gie Ă©lectorale, alliance pour gouverner, et non un changement de programme. Si le FN Ă©tait un âfrein psychologiqueâ, le RN devra Ă©manciper les pudeurs. Â
Une astuce onomastique, un tour de passe-passe sĂ©mantique dont la portĂ©e semble limitĂ© par le fond idĂ©ologique du mĂȘme granit, les agissements toujours racistes de quelques uns et surtout le maintien de lâautre marque de la holding: lâappellation Le Pen. Tout change donc mais rien ne change.Â
PlutĂŽt que dây voir une ruse grossiĂšre ou un cynisme politicien, ne faut-il pas considĂ©rer cet entre-deux comme lâexpression du dĂ©sarroi de la patronne ?
Le FN va-t-il si mal ? Arriver au second tour de la prĂ©sidentielle, rĂ©unir plus de dix millions de suffrages, dĂ©passer 30% des voix, ce nâest pas rien. DĂ©cevant peut-ĂȘtre mais Marine Le Pen nâest pas la seule dirigeante politique Ă avoir mĂ©sestimĂ© Emmanuel Macron dans sa stratĂ©gie prĂ©sidentielle.
8 dĂ©putĂ©s aux lĂ©gislatives. Ennuyeux sans doute mais la dĂ©perdition entre le score de la prĂ©sidentielle et celui des lĂ©gislatives est un phĂ©nomĂšne structurel au FN. Enfin les idĂ©es dâextrĂȘme-droite ou populistes triomphent et progressent partout ailleurs. Tout changer serait donc une idĂ©e stupide. Se dĂ©diaboliser, Ă rebours du sens de lâhistoire comme lâa rappelĂ© Steve Bannon.
Mais si le FN ne va pas si mal, Marine Le Pen va-t-elle si bien ?
Ce changement, câest elle qui lâa appelĂ© de ses voeux au soir du second tour de la prĂ©sidentielle. De façon trop prĂ©cipitĂ©e. CâĂ©tait une maniĂšre dâanticiper la levĂ©e des couteaux contre elle et dâaimanter leurs lames aiguisĂ©es vers dâautres cibles.Â
Mettons tout sur la table. On discutera du design des couverts pas de la compĂ©tence du majordome. Changeons la calligraphie du menu, ne virons pas la chef dĂ©setoilĂ©e. Comme si Bocuse avait fait du Bulli. Impensable.Â
Le changement ne pouvait donc quâĂȘtre mineur et invisible pour une opinion publique qui ne va pas Ă©plucher les subtilitĂ©s des nouveaux statuts ou commenter la dixiĂšme place de Mme Arnautu au palmarĂšs des cadres prĂ©fĂ©rĂ©s des militants.Â
Parler de politique les annĂ©es sans Ă©lections câest de la littĂ©rature. Comment va le FN ? On aura la rĂ©ponse aux europĂ©ennes de 2019.Â
Il sera temps alors de consulter le dictionnaire des citations pour prĂ©parer le premier congrĂšs dâun RN, dans une impasse, une voie de garage ou un boulevard vers lâElysĂ©e.Â
Je vous propose ce vers de Malherbe si jamais Marine Le Pen devait passer la main, car lĂ serait le grand changement. Il lui reste Ă trouver son Burt Lancaster.
âEt rien, afin que tout dure, ne dure Ă©ternellementâ.Â
Emmanuel #Macron est-il un indigent  de la République ?
âLa colonisation, un crime contre lâhumanitĂ©â.
On comprend bien les arriĂšres-pensĂ©es dâEmmanuel Macron. SĂ©duire lâĂ©lectorat abstentionniste des Français issus de lâimmigration, notamment les jeunes, Ă qui il promet, rompant avec le paternalisme classique des politiques de gauche, un Ă©panouissement personnel y compris via la rĂ©ussite Ă©conomique et matĂ©rielle.
Disant cela, il prend le risque de rompre un autre de ses engagements: rassembler une sociĂ©tĂ© française aux mĂ©moires fracturĂ©es. Et de raviver ce dĂ©bat stĂ©rile sur les bienfaits ou les mĂ©faits de la dite colonisation. StĂ©rile car anti-historique et aporĂ©tique quant Ă ses conclusions.Â
Mais, gĂ©nĂ©raliser ainsi la colonisation est stupide et indigent intellectuellement. La colonisation est un concept historique qui sâest exprimĂ© au 19 Ăšme siĂšcle mais qui existe depuis lâAntiquitĂ©. Le crime contre lâhumanitĂ© est un concept juridique qui date de 1945. Sortons nĂ©anmoins du cadre Ă©troit mais RIGOUREUX  du droit pour se placer sur celui de la morale et de lâidĂ©ologie.Â
DĂ©finir la colonisation comme un crime contre lâhumanitĂ© a-t-il un sens ? La colonisation est-elle la conquĂȘte dâun territoire dâune puissance par une puissance Ă©trangĂšre ? Elle rejoint alors la longue liste des entreprises guerriĂšres et des catastrophes et des atrocitĂ©s humaines qui les accompagnent. Tout conflit serait alors un crime contre lâhumanitĂ©. Des guerres puniques (colonisation Ă Â lâenvers) Ă la Guerre de 30 ans, derniĂšre queue de comĂšte des si âfunâ guerres de religion. La guerre câest pas bien. Dommage quâEmmanuel Macron ait travaillĂ© avec Ricoeur pour parler comme Miss France.Â
La colonisation est-elle lâadministration du territoire conquis sous un rĂ©gime dâinĂ©galitĂ© de droit ou de fait entre occupants ou occupĂ©s justifiĂ©e Ă priori ou Ă postĂ©riori par un mission de âcivilisationâ ? Plus clairement, la colonisation française a-t-elle dĂ©truit une culture indigĂšne? Elle nâa jamais interdit le culte musulman. Elle a certes promu lâusage de la langue française et dĂ©structurĂ© les organisations locales du pouvoir. Pour rĂ©sumer trĂšs grossiĂšrement, elle a abaissĂ© lâinfluence de la culture dâorigine pour tenter dâimposer la sienne. Mais on ne peut parler de destruction. Et lâEtat français a-t-il agi de façon si diffĂ©rente avec la culture bretonne par exemple ?
La colonisation est-elle lâappropriation des ressources en matiĂšres premiĂšres des pays colonisĂ©s Ă des fins dâenrichissement privĂ© ou public des puissances occupantes ? Inutile de nier la domination Ă©conomique. Elle est Ă©vidente. Mais est-elle un crime conte lâhumanitĂ© ?  Le dĂ©bat appartient aux juristes pour un concept qui est constante Ă©volution.Â
Et surtout de quel moment colonial parle Emmanuel Macron ? Quand il dit  crime contre lâhumanitĂ©, on pense tout de suite Ă lâesclavage. Crime irrĂ©futable, atroce, massif et organisĂ©. Sauf quâil correspond au premier empire colonial français de lâĂąge classique. Or en sâexprimant dâAlgĂ©rie, Emmanuel Macron Ă©voque lâempire colonial du 19 Ăšme siĂšcle oĂč lâesclavagisme, du moins du point de vue du droit, nâexiste plus depuis 1848.Â
Bref, en gĂ©nĂ©ralisant, Emmanuel Macron est bien un indigent intellectuel de la RĂ©publique. Il aurait Ă©tĂ©  plus sage de dire que dans la cadre de la colonisation, des crimes contre lâhumanitĂ© ont Ă©tĂ© commis et de citer lesquels. On saurait alors de quoi il parle.Â
Surtout, il commet une faute politique. Alors mĂȘme que dans son discours de Lyon, il expliquait que les moments historiques cruciaux, comme celui dâaujourdâhui, nĂ©cessitaient le dĂ©passement du clivage gauche/droite, il use de rĂ©fĂ©rences historiques pour raviver un autre clivage, sans parvenir Ă la rĂ©conciliation faute de donner des faits.Â
Il ouvre un dĂ©bat de Pandore au lieu de le clore, comme avait su le faire Jacques Chirac avec le Vel dâHiv.Â
Hommage à #Todorov façon Delerm (pour les khùgneux des années 90)
Le degré zéro
De lâĂ©criture
Pour les orauxÂ
De littérature
Point seuil
En poche
Cornées les feuilles
Câest moche
En soirée un Todorov
Arrosé de Smirnoff
Starobinski
Sur le télé-ski
Jean-Pierre Richard
Comme star
20 ans en khagne
DrĂŽle de vie
Encore merci
Tzvetan
Pourquoi 2017 ne marque pas le dĂ©part dâune gĂ©nĂ©ration politique
Hollande, Sarkozy et JuppĂ© : out ! Cela suffit pour que les papiers fleurissent sur le thĂšme de la fin dâune gĂ©nĂ©ration politique. Tarte Ă la crĂšme dĂ©mentie par les faits.Â
Pour marquer une gĂ©nĂ©ration, on sâattachera Ă la date du premier mandat politique. Hollande (1983), Sarkozy (1977), JuppĂ© (1983).Â
On est dâaccord que si une gĂ©nĂ©ration sâen va, on ne doit plus trouver de ses reprĂ©sentants dans la course prĂ©sidentielle.Â
François Fillon a eu son premier mandat en 1981 et Jean-Luc MĂ©lenchon en 1983. Ils ne sont pas les moins bien placĂ©s dans les sondages. Si jamais François Bayrou se prĂ©sentait, il rejoindra le club avec son premier mandat de conseiller gĂ©nĂ©ral en 1982.Â
Et si Gérard Larcher (premier mandat 1979) devenait premier ministre, cela renforcerait la résistance des expérimentés.
Les dinosaures ne se portent pas si mal.Â
Pour le PS, la situation apparaĂźt diffĂ©rente. François Hollande parti, ses possibles successeurs semblent bien appartenir Ă une autre gĂ©nĂ©ration. Sauf quâĂ regarder de plus prĂšs le CV de Manuel Valls, on sâaperçoit que son premier mandat date de 1986. GuĂšre Ă©loignĂ© de celui du prĂ©sident de la RĂ©publique. Câest bien la mĂȘme gĂ©nĂ©ration. Les annĂ©es Mitterand/Rocard comme petites mains, les annĂ©es Jospin en lieutenants (avec des rĂŽles publics diffĂ©rents) et le quinquennat 2012-2017 Ă la barre.Â
Arnaud Montebourg (premier mandat en 1997) et Benoit Hamon (premier mandat en 2001) incarnent eux vĂ©ritablement une gĂ©nĂ©ration politique diffĂ©rente. Tout comme Macron, Dupont-Aignan (premier mandat 1995), Marine Le Pen (premier mandat 1998) Arthaud ou Poutou.  Les 4 derniers citĂ©s en sont nĂ©anmoins Ă leur deuxiĂšme candidature Ă la prĂ©sidentielle. Il sâagit pas bien dâune autre gĂ©nĂ©ration politique mais pas dâune nouvelle gĂ©nĂ©ration politique.Â
Bref, cette idĂ©e dâune gĂ©nĂ©ration politique qui tire sa rĂ©vĂ©rence est certes sĂ©duisante pour tenter de donner une cohĂ©rence Ă des Ă©vĂ©nements dĂ©penaillĂ©s, mais elle relĂšve plus dâune vue de lâesprit que dâune rĂ©alitĂ©.
Halte à la niaiserie: pourquoi il faut retirer les affiches de prévention contre le #sida
Bravo aux maires dâAulnay, Chaville ou Angers. Oui, vous avez raison de retirer les affiches de prĂ©vention contre le sida. Tant de niaiseries est insoutenable pour le regard de nos jeunes enfants.Â
Des couples homosexuels qui sâĂ©treignent avec un sourire bĂ©at. Le regard vidĂ© de toute concupiscence. Des couples pas trĂšs hardis dâailleurs. Ca se regarde, ça se touchotte. Mais il faut avoir un peu dâimagination pour voir dans ces hugs Ă peine appuyĂ©s les prĂ©liminaires de pĂ©nĂ©trations sauvages. Â
Il faudra aussi mâexpliquer ce que les concepteurs de cette campagne ont contre les chemises ou les pulls. Mais le tee-shirt doit ĂȘtre la limite de la suggestion sensuelle autorisĂ©e par la morale publique.Â
Et ce filtre pastel. Que câest mignon. Il ne manque que le logo Hello Kitty au bas de lâaffiche.Â
Oui, messieurs les maires, vous avez raison de vous opposer Ă cette affiche qui coĂ»te de lâargent public et ne sert Ă rien. Car elle manque sa cible. A qui sâadresse-t-elle ? Aux homosexuels qui ont des partenaires multiples et adoptent des comportements Ă risques en baisant sans protection.Â
Oui vous avez raison. Une belle fellation avec un sexe bien rigide, tout veinĂ© dâafflux sanguin, encapuchonnĂ© de plastique aurait Ă©tĂ© tellement plus efficace. Une paire de fesses offertes Ă la saillie abrupte dâun Ă©talon en rut avec deux pilules de Truvada sur la table de chevet aurait Ă©tĂ© tellement Ă©tĂ© plus forte.Â
Et un gloryhole avec un bareback qui sucerait la Mort. Là ça fouterait bien les jetons et ça ferait rĂ©flechir.Â
Alors, oui vous avez raison de demander le retrait de ces affiches. Tellement choquantes par leur naĂŻvetĂ©, leur dĂ©cence, leurs lĂ©gendes inoffensives. Merci dans ce monde anesthĂ©siĂ© par lâ iconiquement correct de rĂ©veiller nos consciences.Â

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Quand @hugoclement enfonce les portes ouvertes.
Hugo ClĂ©ment a beaucoup de talent ..... pour enfoncer les portes ouvertes. Dans un post Facebook, abondamment likĂ© et commentĂ©, le reporter de lâĂ©mission âQuotidienâ dĂ©nonce le discours anti-Ă©lites des politiques. Non tellement parce que ces propos seraient populistes mais parce quâils ne seraient pas des Ă©metteurs crĂ©dibles, ces politiques lĂ appartenant Ă lâĂ©lite et au systĂšme.Â
Il leur reproche de ne pas nommer les membres de lâĂ©lite. Sous-entendu, ils restent dans le vague pour ne pas se dĂ©noncer eux-mĂȘmes. Sauf que lui-mĂȘme ne dĂ©finit pas prĂ©cisĂ©ment ce quâest lâĂ©lite mĂȘlant allĂšgrement lâĂ©lite financiĂšre, politique ou culturelle. Il a lâhonnĂȘtetĂ© rhĂ©torique de se ranger dans cette derniĂšre au vu de son parcours professionnel et de ses origines familiales.Â
Il cite quatre figures politiques (Marine Le Pen, Florian Philippot, Nicolas Sarkozy et Jean-Christophe CambadĂ©lis). Et il tente dâinvalider leurs propos anti-Ă©lites en les confrontant Ă leurs parcours. Une sorte de fact-checking biographique aux relents dâultra-dĂ©terminisme bourdieusien. Encore une fois, il ne sâagit pas dâinterroger la pertinence du discours anti-Ă©lites (est-il juste ou non?) mais de ridiculiser les messagers avec le fameux âdâoĂč parles-tuâ.Â
Nicolas Sarkozy pourra toujours lui objecter quâil nâ a pas grandi dans les quartiers chics parisiens et quâil nâest pas issu de lâultra-bourgeoisie. Florian Philippot pourra toujours lui rĂ©torquer quâil Ă©tait assez courageux de sa part de quitter les chemins tout tracĂ©s de haut-fonctionnaire pour rejoindre assez jeune Marine Le Pen. Cette derniĂšre, hĂ©ritiĂšre Ă©videmment, objectera quâelle a fait fructifier cet hĂ©ritage. Quant Ă Jean-Christophe CambadĂ©lis, il sâexcusera dâavoir Ă©tĂ© un apparatchik parce quâil en faut bien.Â
Autant de nuances qui nâadouciront pas lâire de notre pourfendeur des faux-semblants. Car aprĂšs, il enfile le discours hyper convenu et entendu de la reproduction des Ă©lites . Parlant de la quasi totalitĂ© puis plus loin de centaines de politiques, âproduit dâun systĂšme de domination et de reproduction sociale, contrĂŽlĂ© par et pour les Ă©litesâ. De Bourdieu, on arrive Ă la thĂ©orie du complot.
Ce texte est  faible intellectuellement. Mais câest un coup de gueule, une rĂ©action Ă©pidermique. Pourquoi pas ? Câest le droit dâHugo ClĂ©ment. Mais il est abondamment commentĂ© et apprĂ©ciĂ©. Bref, ce texte lui Ă©chappe et quelque part va dans le sens de ce quâil veut dĂ©noncer.Â
Son texte qui est Ă la base, en creux, une dĂ©fense des Ă©lites dans lâabsolu contre le populisme, gĂ©nĂšre les commentaires les plus anti-Ă©lites et populistes qui soient. Et finalement valide les stratĂ©gies politiques du discours anti-Ă©lites. Ou comment dĂ©montrer quâen ayant tort, ils ont raison.
#ledebatlaprimaire. Et si #Hanouna animait le troisiÚme débat ?
Laurence Ferrari et Ruth Elkrief voulaient du clash. Elles lâont eu. Pas de fausses pudeurs ou de circonvolutions euphĂ©mistiques. Elles vont chercher la petite phrase pas la hauteur de vue.Â
CâĂ©tait distrayant. Une sorte de âTouche Pas A Mon Posteâ. En plus raffinĂ© et plus intelligent. Mais aussi vain.Â
Certains comme Jean-Michel Apathie ont apprĂ©ciĂ©, estimant quâon avait assistĂ© un exercice de vĂ©ritĂ© dĂ©mocratique, chacun montrant ce quâil est .Â
On a donc dĂ©couvert que NKM et Nicolas Sarkozy Ă©taient deux grands vanneurs. A lâaise dans la rĂ©partie improvisĂ©e et la punchline meurtriĂšre. Que Jean-François CopĂ© dans un registre dâauto-dĂ©rision de la derniĂšre chance sâen sortait pas mal. Que cet exercice ne convenait pas du tout Ă Bruno Le Maire, en retard dans toute ses saillies et enchaĂźnant bides sur bides.Â
QuâAlain JuppĂ© tĂątait de la pointe de la langue, ce nouveau ton. Un ton que le marmorĂ©en François Fillon rĂ©cusait en bloc, sâattachant Ă afficher une impĂ©nĂ©trable âpoker faceâ tout au long du dĂ©bat.Â
Un dĂ©bat dans lequel Jean-FrĂ©dĂ©ric Poisson coula dĂšs le dĂ©but. Aussi incomprĂ©hensible quâun texte dâHeidegger sur lâĂȘtre de ses convictions et lâĂ©tant de sa stratĂ©gie Ă©lectorale future.Â
VoilĂ pour les notes de lâEquipe Ă la fin du match. Reste lâimpression gĂ©nĂ©rale.Â
Le sentiment pĂ©nible dâavoir assistĂ© Ă un dĂźner entre vieux potes de promo qui sâenvoient de lâacide en pleine figure, en mĂȘme temps quâils se resservent un petit coup de blanc. Vous savez ce genre de dĂźner, quand vous accompagnez votre compagne ou votre compagnon Ă une soirĂ©e âCopains dâAvantâ.Â
Câest amusant avec les cacahouĂštes. Vous avez envie de partir au moment du tiramisu framboise.Â
Un peu comme un prime dâHanouna qui vous a fait sourire quand Jean-Luc Lemoine est Ă lâantenne et qui vous Ă©coeure quand Jean-Michel Maire parle pour la dixiĂšme fois de sa bite.
La vĂ©ritĂ© Jean-Michel Apathie ? Peut-ĂȘtre celle qui subsiste dans le dĂ©braillement des tenues et les reliefs de la table.Â
Attention Ă la gueule de bois. Si on sort le samedi soir, câest le dimanche quâon vote.Â
François #Bayrou est-il le mauvais gĂ©nie dâAlain #JuppĂ© ?
Il nâest pas certain quâAlain JuppĂ© apprĂ©cie beaucoup la tribune de François Bayrou sur Nicolas Sarkozy.Â
A court terme, elle appuie sa stratĂ©gie de diffĂ©renciation avec lâancien prĂ©sident de la RĂ©publique. Mais Ă long terme, elle agrandit les fractures avec la famille sarkozyste.Â
Durant cette campagne de la primaire, François Bayrou est un prĂ©cieux alliĂ© qui pourra se rĂ©vĂ©ler encombrant pour la suite. Et dans cette tribune, le prĂ©sident du MoDem ne prend pas seulement de la hauteur, il fait Ă©galement de la politique.Â
Le maire de Pau tente de tordre un peu la main Ă celui de Bordeaux. Une pression lĂ©gĂšre mais pression quand mĂȘme. Car Alain JuppĂ©, sâil gagne la primaire, devra travailler avec les sarkozystes. Pendant la campagne prĂ©sidentielle mais surtout aprĂšs. Il sait dĂ©jĂ que sa majoritĂ© Ă lâAssemblĂ©e nationale sera sans doute plus Ă droite que lui. Et que sur les questions dâidentitĂ©, il aura face Ă lui des frondeurs. Dâautant que sa promesse de nâaccomplir quâun seul mandat avivera les ambitions. Le coup dâenvoi de la primaire de 2022 sera donnĂ© au soir du second tour des lĂ©gislatives. Au minimum. Et quelquâun se lĂšvera pour prendre la tĂȘte de ses potentiels frondeurs. Surement Laurent Wauquiez, peut-ĂȘtre Bruno Le Maire.Â
DâoĂč, lâimportance de lâenjeu dâune rediscussion des investitures pour les lĂ©gislatives et de lâimportance Ă accorder aux centristes. Alain JuppĂ© ne pourra pas refaire une assemblĂ©e Ă sa main mais il va tenter de limiter les risques.Â
François Bayrou le sait parfaitement. Et en soufflant sur les braises anti-sarkozystes, il ne fait pas que rĂ©pondre lĂ©gitimement Ă des attaques personnelles. Il tente aussi de brĂ»ler quelques vaisseaux et de dĂ©placer le socle de gravitĂ© majoritaire dâAlain JuppĂ© du cĂŽtĂ© du centre. Bref ĂȘtre une famille dâaccueil pour le maire de Bordeaux et non plus les lointains cousins en visite. Il tente dâinverser le rapport de force. DâalliĂ©s bienvenus Ă faiseurs de prĂ©sident incontournables.Â
Frankenstein JuppĂ© a peut-ĂȘtre crĂ©e son monstre incontrĂŽlable. Mais avait-il le choix ?
DĂ©fense de  @jf_cope: un pays ce nâest pas 60 millions de bouffeurs de #painauchocolat
Jean-François CopĂ© ne connaĂźt pas le prix dâun pain au chocolat en boulangerie. Une rĂ©vĂ©lation bien plus dĂ©vastatrice que lâaffaire Bygmalion. Et aucun juge ne pourra le disculper de cette infamie. Alors je mây colle dans ma grande tradition dâavocat des causes dĂ©sespĂ©rĂ©es. Â
(http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/et-si-foutait-la-paix-emmanuelle-cosse-951727.html, Â http://france3-regions.francetvinfo.fr/paris-ile-de-france/2013/11/21/metro-rigolo-rococo-les-3-graces-de-nkm-362493.html)
Jean-François CopĂ© ne connait pas le prix dâun pain au chocolat. Cela voudrait dire quâil ne connaĂźt pas la vraie vie. Parce que la vraie vie câest de sâenfiler des viennoiseries au rĂ©veil ? Peut-ĂȘtre chasse-t-il les mauvaises graisses ? Cela veut peut-ĂȘtre aussi dire quâil ne va pas chercher sa petite fille Ă lâĂ©cole.  Et quâen chemin devant la boulangerie .... vous connaissez lâhistoire. Câest dommage pour lui car ce sont des moments tendres. Mais malheureusement câest le cas pour beaucoup dâentre nous. Je sais. Cela ne nous empĂȘche pas de savoir quâun pain au chocolat câest autour dâun euro.Â
Jâen vois dĂ©jĂ qui analysent ce foodfail en termes de lutte des classes et des bacs de rĂ©frigĂ©rateurs. La mĂȘme question sur le caviar sauvage de Caspienne, le homard violet de la baie de Kerploumagnac-sur-LĂ©on ou la tonne dâonglet chez Le Bourdonnec, il aurait su rĂ©pondre.Â
Je vous parie que non. Je vous parie quâil nâa aucune idĂ©e du prix de la moindre denrĂ©e alimentaire. Parce quâil nâa pas du faire ses courses lui-mĂȘme depuis le 12 mars 1991.Heureux homme ! Je lâenvie. Etre dĂ©barrassĂ© de cette corvĂ©e. Quelle chance ! Ah oui, mais se faire chier avec des contingences matĂ©rielles câest la vraie vie. Jolie perspective !
AprĂšs, câest vrai quâil nâest plus crĂ©dible quand il parle de ses administrĂ©s qui ont du mal Ă boucler leurs fins de mois. Câest mĂȘme plus inquiĂ©tant quand il propose dâaugmenter la TVA. Sâil ne connait pas le vrai prix des choses, la valeur de lâargent.Â
Parce que vous, vous connaissez le coĂ»t du ravalement dâune Ă©cole Ă©lĂ©mentaire, de lâentretien de votre parc prĂ©fĂ©rĂ©, ou le montant des travaux pour refaire la chaussĂ©e de votre rue. Non, sans doute.  Lui, jâose espĂ©rer que oui mĂȘme si rien nâest sĂ»r. Câest pourtant la vraie vie. Pas celle de nos relevĂ©s de banque mensuels certes, mais un peu de vraie vie quand mĂȘme. Cela ne vous empĂȘche pas dâavoir un avis et mĂȘme de le donner. Mais lâĂ©lu politique ne vous questionne pas sans cesse comme un prof dâĂ©conomie pour vous humilier.Â
Ce sont deux rĂ©alitĂ©s qui sâinterpĂ©nĂštrent. Vous comme moi, que connaĂźt-on de la valeur de lâargent ?  Quelques centaines de milliers dâeuros pour les plus chanceux dâentre nous qui possĂ©dons un logement. DĂšs quâon dĂ©passe le million, on rentre dans lâabstraction comme Descartes qui tente dâimaginer une forme gĂ©omĂ©trique Ă mille cĂŽtĂ©s. Une abstraction un peu plus rĂ©elle pour les grands argentiers du pays dont fut Jean-François CopĂ©. Une rĂ©alitĂ© un peu Ă©trange, faite de colonnes et de tableaux et non de farine et de beurre (pas trop de beurre sâil vous plait). Mais une rĂ©alitĂ© quand mĂȘme. Et nâest-ce pas plus important, crucial, grave que ce soit celle-çi que CopĂ© connaisse ?
Que demande-t-on Ă un politique ? Passer sa  vie sur les comparateurs de prix, type âTwengaâ et avoir un profil sur le Boncoin ou lire les rapports de la Cour des Comptes ?
Le cardinal Vingt-Trois yoyote-t-il?
Yoyoter. DĂ©finition du Robert: âperdre la tĂȘte, divaguerâ.Â
Ce mot, câest le cardinal Vingt-Trois qui me lâa appris. CâĂ©tait lors dâune interview en 2006. Nous discutions de lâuniversalitĂ© ou non du blasphĂšme lors dâun dĂ©bat avec Philippe Val.Â
JâĂ©voquais le cas dâune caricature fictive reprĂ©sentant la Vierge Marie en train de faire lâamour. Jâexpliquai que pour une part de la population ce ne serait pas un blasphĂšme. âMais, vous vous yoyotezâ, me rĂ©pondit-il, expliquant en substance que lâattachement Ă la Vierge dĂ©passait le seul cadre des croyants.Â
Monseigneur Vingt-Trois a-t-il yoyotĂ© hier lors de son homĂ©lie au cours de la messe en hommage au pĂšre Hamel ? âSilence des Ă©lites devant les dĂ©viances des mĆurs et lĂ©galisation des dĂ©viancesâ a-t-il dĂ©clarĂ© Ă la fin de son discours.Â
Un passage qui a blessĂ© ou choquĂ© beaucoup de monde, chacun lâanalysant comme une attaque contre le mariage gay qui nâavait rien Ă faire dans un moment dâunitĂ© nationale contre le terrorisme.Â
Yoyotage, maladresse, ou opportunisme conscient? Il faut resituer ce passage dans lâensemble du texte disponible sur ce lien.
Dans son homĂ©lie, le cardinal ne multiplie pas les rĂ©fĂ©rences Ă©vangĂ©liques ou thĂ©ologiques. Il sâadresse clairement autant Ă lâopinion quâĂ la communautĂ© des croyants. Câest un texte politique.Â
De façon classique, pour un catholique, il commence par demander des comptes Ă Dieu sur le mal et cite le prophĂšte JĂ©rĂ©mie plutĂŽt que le plus habituel cri du Christ en croix: âPĂšre pourquoi mâas-tu abandonnĂ©?â. Il enchaĂźne de façon tout aussi classique dans la nĂ©cessitĂ© de la foi et de sâen remettre Ă Dieu.
Câest la seconde partie qui est plus politique. Il appelle Ă une redĂ©finition des valeurs qui nous rassemblent pour lutter contre la âculture de mortâ des terroristes. Une forme de transcendance âspirituelleâ qui nâest pas seulement thĂ©ologique mais qui va plus loin dans son esprit que âje vais boire des coups en terrasseâ.
Il dresse la liste des peurs contemporaines (Ă©cologiques, Ă©conomiques et sociĂ©tales). âAngoisse du bĂ©bĂ© non-conformeâ par exemple dans une premiĂšre allusion aux ârevendications politiquesâ de lâEglise.
Il fustige ensuite la rĂ©ponse Ă©goĂŻste du repli sur soi face Ă ces peurs dont lâultime expression serait le silence. âProtection des murs, protection des frontiĂšres, protection du silence. Surtout ne pas Ă©nerver les autres, ne pas dĂ©clencher de conflits, de lâagressivitĂ©, voire des violences, par des propos inconsidĂ©rĂ©s ou simplement lâexpression dâune opinion qui ne suit pas lâimage que lâon veut nous donner de la pensĂ©e uniqueâ.Â
Il poursuit avec son anaphore sur le silence dans lequel se situe le passage polĂ©mique sur le mariage gay. âSilence des parents devant leurs enfants et panne de la transmission des valeurs communes. Silence des Ă©lites devant les dĂ©viances des mĆurs et lĂ©galisation des dĂ©viances. Silence des votes par lâabstention. Silence au travail, silence Ă la maison, silence dans la citĂ© ! A quoi bon parler ? Les peurs multiples construisent la peur collective, et la peur enferme. Elle pousse Ă se cacher et Ă cacherâ.
âNâayez pas peurâ, disait en son temps Jean-Paul II. âNe fermez plus vos gueulesâ ajoute AndrĂ© Vingt-Trois en Ă©cho au âFaĂźtes du bruitâ du pape François au JMJ.Â
Cette homĂ©lie ne concerne donc pas seulement le terrorisme. Elle sâinscrit dans un discours plus large de lâEglise qui appelle les catholiques Ă sâengager dans la vie de la citĂ© contre, pour aller trĂšs vite, les valeurs individualistes et (libĂ©rales ?) issues de mai 68.
Le cardinal de Paris y va donc aussi de sa rĂ©cupĂ©ration politique comme ses âcamaradesâ des premiers rangs de Notre-Dame. Un discours entendable par tous les non-croyants et les acculturĂ©s du religieux sur les âbonnes vieilles valeursâ. A ce titre, lâemploi du mot dĂ©viance est symptomatique.  Tout droit issu de lâhygiĂ©nisme dâun autre siĂšcle. Dans un contexte catholique, on attendrait le mot pĂ©chĂ© pour lâhomosexualitĂ©. On rappelle que si le pĂ©chĂ© est condamnĂ© par lâEglise, le pĂȘcheur a droit Ă lâinfinie misĂ©ricorde du Christ. Cela a son importance, car cela âadoucitâ le propos. Le dĂ©viant, lui, nâa droit quâau recadrage normatif de la sociĂ©tĂ© et aux Ă©lectrochocs dâune remise dans le droit chemin.Â
A sa maniĂšre, AndrĂ© Vingt-Trois a rĂ©pondu Ă la demande de lâopinion. Finis les bougies, le recueillement et les priĂšres. Le jeun et la mĂ©ditation, ce sera pour vendredi. Mercredi soir, il a tenu son discours de combat.Â
Sa façon Ă lui de ne pas cĂ©der Ă lâimpĂ©ratif dâune unitĂ© nationale, au cours dâune cĂ©rĂ©monie qui en avait toutes les apparences. Bref, il yoyotait bien. Non au sens figurĂ© de divagation, mais au sens propre de tenir lâĂ©quilibre des deux boules du yo-yo.Â

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Pourquoi il ne faut pas rendre anonymes les terroristes ?
Faut-il taire le nom des terroristes islamistes ? Les jeter Ă tout jamais dans les oubliettes de lâHistoire ? Câest une des idĂ©es qui font jour pour lutter contre les attentats. RelayĂ©e encore ce matin par Geoffroy Didier sur sa page Facebook.Â
Pourquoi pas ? Toutes les propositions doivent ĂȘtre mises sur la table. Elles mĂ©ritent mieux quâun ricanement. NĂ©anmoins, câest le type mĂȘme de la fausse bonne idĂ©e. Parce quâest elle est inefficace et au bout du compte dangereuse.Â
Inefficace et inoffensive. Câest un peu naĂŻf de croire que tout recalĂ© au casting de Secret Story est un terroriste potentiel. Certes, Erostrate en brĂ»lant le temple dâEphĂšse a posĂ© les bases du premier cinglĂ© en soif de cĂ©lĂ©britĂ©, mais les terroristes ne sâinscrivent pas dans cette lignĂ©e.Â
Sauf erreur de ma part, aucun terroriste dans les diffĂ©rentes vidĂ©os de revendication, nâexprime un dĂ©sir de postĂ©ritĂ© individuelle. De rĂ©compense dans un au-delĂ , peut-ĂȘtre, mais ce nâest pas la mĂȘme chose. Leur acte est plus fort que leur personne. Il sâagit de la gloire dâAllah et non de la leur. Dans leur tĂȘtes, ce sont des combattants avec le sentiment dâaventure collective. Cette derniĂšre phrase est Ă nuancer suivant les profils (je pense Ă Nice).
 Je ne suis pas psychologue et je me trompe peut-ĂȘtre. Mais leur sentiment de toute puissance repose avant tout sur la nature de lâacte. Que leur nom ne soit pas en une de BFMTV, ne les dissuadera pas de commettre lâhorrible. Et cela nâempĂȘchera pas Daech de revendiquer et de communiquer sur un attentat. Jâoserais ajouter de maniĂšre plus cynique, que ces terroristes deviennent tellement nombreux, que lâon mĂ©lange les noms, quâon ne sait plus trĂšs bien qui Ă fait quoi. Que lâeffet de masse prend le pas sur la revendication dâun droit dâauteur Ă la Sacem des massacreurs.Â
Et cette confusion renforce lâeffet de terreur et de peur. Ca arrive tout le temps. Cet effet sera renforcĂ© par lâanonymisation des auteurs. Cela dĂ©rĂ©alise. Si ce nâest personne, cela peut ĂȘtre nâimporte qui. Le on ânâest plus un conâ, le on âdevient un dangerâ. Lui ou elle que je croise dans la rue, pour peu quâil soit basanĂ©.Â
Or justement, le terroriste nâest pas nâimporte qui. Il a une histoire, un parcours. Les connaĂźtre, Ă travers la publication de son nom, câest ĂȘtre rassurĂ©. Il nây a pas de fatalitĂ©. Comprendre ce nâest pas excuser, câest rappeler la responsabilitĂ© individuelle du terroriste. Ce nâest pas un monstre mais un humain qui sâest placĂ© en dehors de lâhumanitĂ©. Lui donner son nom, son identitĂ©, câest le confronter Ă son libre arbitre, Ă sa conscience mĂȘme de façon posthume. Ce nâest pas une armĂ©e de zombies ou de marcheurs blancs que nous combattons mais des hommes avec un visage et une identitĂ©.Â
Lâaffirmer me semble plus efficace, plus utile et plus sensĂ© que de lutter contre un dĂ©sir de notoriĂ©tĂ© qui sâil existe ne me semble pas dĂ©terminant dans le passage Ă lâacte
Ajout
Jâai appris aprĂšs lâĂ©criture de ce texte la dĂ©cision de BFM ou du Monde de ne pas publier les photos des terroristes. Cela me semble ĂȘtre un bon compromis entre la nĂ©cessitĂ© dâinformer et le souci de ne pas susciter des vocations. NĂ©anmoins, câest une rĂ©ponse un peu rapide aux injonctions des politiques et de lâopinion. Une façon dâavoir la paix. Car je pense que cela nâaura aucune incidence sur les terroristes les plus dĂ©terminĂ©s. Mais symboliquement, cette dĂ©cision a au moins le mĂ©rite de ne pas mettre sur le mĂȘme plan les terroristes et les victimes. Câest nĂ©anmoins mettre le doigt dans un engrenage dont la logique absurde serait ne plus parler du tout des attentats si on ne veut pas faire de pub Ă Daech.
De la difficultĂ© dâĂȘtre journaliste tĂ©lĂ© sous lâĂ©galitĂ© des temps de parole
Quelle durĂ©e pour la pĂ©riode dâĂ©galitĂ© des temps de parole pendant la campagne prĂ©sidentielle ? Le lĂ©gislateur dĂ©cidera et je mâadapterai. Mais pour aider au dĂ©bat (#assisdevantmonordinateur), je vous fais partager mon expĂ©rience personnelle de suivi de 3 Ă©lections prĂ©sidentielles Ă France 3 Ile-de-France.Â
Plus on est de fous, plus on rit. Pas de souci avec cela. Mais sâil faut regarder tout le temps sa montre, ça complique les choses. Le problĂšme de la pĂ©riode dâĂ©galitĂ© des temps de parole, câest quâil sâapplique Ă tous les mĂ©dias audiovisuels. Lapalissade qui Ă ses consĂ©quences. Les petits candidats Ă©tant les seuls porte-parole de leurs candidatures, ils passent leur temps Ă ĂȘtre invitĂ© dans les mĂ©dias pour respecter la dite Ă©galitĂ©. TrĂšs peu de meetings, quelques visites de terrain. Si je veux faire un reportage sur eux, je nâai dâautres choix que de les suivre faire le tour des autres mĂ©dias.Â
Câest plutĂŽt sympa. Je visite les autres rĂ©dactions. Je salue des camarades. Jâaperçois des vedettes dans les loges de maquillage et je peux comparer mes locaux avec les leurs. Mais en termes de sĂ©quences câest assez monotone. MĂȘme si en 2007, dans les bureaux de BFM qui donnent sur le pĂ©riphĂ©rique, jâavais fait une super interview de FrĂ©dĂ©ric Nihous, regardant les embouteillages et magnifiant en comparaison lâespace rural quâil dĂ©fendait dans la campagne. Lâimage et le propos se rencontraient. Câest le secret dâun reportage tĂ©lĂ© rĂ©ussi. Cela reste rare.Â
Car le tour des mĂ©dias induit un angle. Comment rĂ©agissent les petits candidats face Ă leur notoriĂ©tĂ© naissante ? Comment organisent-t-ils leur communication ? Sujet toujours intĂ©ressant, mais pour des Ă©missions type MĂ©dias Le Mag. Pour un JT, traiter la politique que par la communication est rĂ©ducteur.Â
Comme tu ne peux pas faire un reportage quâavec une sĂ©quence mĂ©dia, tu suis le candidat vers une autre rendez-vous mĂ©dia en te disant que tu vas faire une interview dans la voiture. Pour varier. Jusquâau moment oĂč tu dĂ©couvres que Corinne Lepage conduit une Smart.Â
Jâai une contrainte supplĂ©mentaire. Je ne peux traiter les candidats que dans leur campagne en Ile-de-France. Certes, il y a beaucoup dâĂ©lecteurs, mais Paris nâest pas la France hein. Ainsi en 2002, jâavais recommentĂ© un sujet sur un meeting de Daniel Gluckstein Ă OrlĂ©ans tournĂ© par France 3 Centre que lâon avait diffusĂ© pour rattraper le temps de parole du candidat du PDT. Sur le fond, ce nâest pas trĂšs grave. Si ça avait Ă©té un meeting Ă CrĂ©teil, il aurait dit la mĂȘme chose. Mais câest un peu absurde.
Lâautre contrainte des chaĂźnes gĂ©nĂ©ralistes, câest que nous nâavons que deux rendez-vous dâinformations. Pour ma part, 20 minutes dans le 12/13, 20 minutes dans le 19/20 et une interview politique de 12 minutes le samedi. Pas de longues plages de diffusion la nuit par exemple. Et on ne peut pas saturer nos JT de reportages politiques. Il faut laisser de la place au sport, Ă la culture, Ă lâĂ©co, au patrimoine, aux faits divers et Ă la vie quotidienne.Â
Cela nous oblige Ă sous-traiter lâactualitĂ© politique pendant la pĂ©riode dâĂ©galitĂ© des temps de parole. Nous sommes obligĂ©s de nous aligner sur lâactualitĂ© des petits candidats, moins tumultueuse, et non sur celle mouvementĂ©e des plus importants. On passe donc Ă cĂŽtĂ© de certains sujets dâactu  des âgrosâvolontairement parce quâon ne pourrait pas rattraper le temps de parole avec les âpetitsâ. A moins de refaire un autre reportage sur son tour des mĂ©dias. Lâune des solutions est de faire une chronique quotidienne par un journaliste en plateau plutĂŽt quâun reportage. On peut mieux doser les temps de parole. Mais du coup, lâaccent est mis sur les polĂ©miques, les petites phrases (mettre un tweet Ă lâantenne nâest pas considĂ©rĂ© comme du temps de parole). Ca pose une autre question de traitement journalistique.Â
Pour Ă©viter tout problĂšme, Ă France 3 Ile de France, en 2012, on avait supprimĂ© lâinterview politique du samedi pendant les cinq semaines de pĂ©riode dâĂ©galitĂ©. Frustrant bien sĂ»r pour celui qui lâanime, mais pas forcĂ©ment un scandale dĂ©mocratique. Vous me direz que ma chaĂźne bien aimĂ©e nâest pas le seul vecteur dâinformation lors dâune campagne prĂ©sidentielle. Pas faux. Sauf que les difficultĂ©s de traitement dâĂ©galitĂ© des temps de parole est identique dans toutes les stations de France 3 RĂ©gions. Et tous ensemble, je vous rappelle que lâon rĂ©alise 17% de parts de marchĂ© en moyenne Ă 19h. Et Ă ce titre, tous rĂ©unis, nous sommes un acteur majeur du dĂ©bat dĂ©mocratique.
Je rappelle Ă©galement que France TĂ©lĂ©visions est tenu Ă diffuser les clips de la campagne officielle.Â
Je comprends lâĂ©moi des petits ou moyens candidats de voir rĂ©duite la pĂ©riode dâĂ©galitĂ© des temps de parole. Moi-mĂȘme, je ne sais pas si jây suis favorable. Encore un fois je mâadapterai. Mais comme Ă chaque fois je verrai arriver cette pĂ©riode avec angoisse Ă lâidĂ©e que mon rĂ©dacteur en chef me convoque deux fois par jour dans son bureau pour vĂ©rifier avec nos calculatrices oĂč on en est des temps.