Je rentre tout juste de trois semaines passĂ©es en terres Camerounaise oĂč je rĂ©alisais le projet dâinitiation aux arts plastique et au design, âDream Highâ, au sein du Village dâEnfant SOS de Mbalmayo. Je profite de ce petit temps de transition pour me reposer et surtout pour faire un point sur ce sĂ©jour qui semble dĂ©jĂ trĂšs loin.
Dâun point de vue personnel, ce projet fut une grande premiĂšre. PremiĂšre fois pour moi de me rendre au pays de mes ancĂȘtres sans un parent pour mâaccompagner, et dieu sait que le Cameroun peut se rĂ©vĂ©ler cruel. PremiĂšre fois pour moi dâorganiser un projet de cette envergure oĂč le moindre faux-pas peut mener Ă lâĂ©chec. PremiĂšre fois de travailler avec des enfants, qui plus est Ă la structure familiale fragilisĂ©. PremiĂšre fois Ă©galement dâembarquer une tierce personne dans une telle aventure et de me sentir responsable de sa vie quasiment⊠Avant le dĂ©collage, je savais que mon plus grand dĂ©fi serait de gĂ©rer cette pression.
LâidĂ©e du projet Dream High est dâune part de proposer aux enfants du village un nouveau moyen dâexpression via les arts plastiques, et dâautre part de les encourager Ă avoir confiance en eux et en leurs capacitĂ©s. En ce sens, nous avons imaginĂ©, Jessica et moi-mĂȘme, la tradition perdue Yolo qui a portĂ© ses fruits puisque nos Ă©lĂšves ont retenus lâhistoire dĂšs la premiĂšre Ă©coute. Alors, on nous avait prĂ©venue que les enfants du village nâĂ©taient pas conditionnĂ©s Ă sâexprimer spontanĂ©ment. Au fur et Ă mesure des ateliers, nos enfants se sont ouverts, se sont livrĂ©s avec parcimonie, ont partagĂ© leur expĂ©rience pour certains. Quelle plus belle rĂ©compense que de voir leurs visages sâilluminer au fil des jours, de croiser leurs regards pleins de gratitude et certains yeux remplies de larmes au moment de se dire au revoir. Deux semaines câest court, nous ne pouvons pas dire que nous connaissons chacun de nos quinze enfants, mais au travers de leurs expressions artistiques, nous avons perçu qui ils sont.
Dream High fut Ă©galement lâoccasion de gouter aux joies de la collaboration 24/24 avec le sexe opposé⊠Bien que lâidĂ©e soit sĂ©duisante, la rĂ©alitĂ© diffĂšre toujours lĂ©gĂšrement et je dois avouer quâon a frisĂ© la catastrophe^^ AprĂšs quelques jours de vie commune, Jessica et moi nous sommes rendu compte que nos personnalitĂ©s sont en opposition. Communication, ardeur et Ă©motion pour elle, autonomie, nonchalance et impassibilitĂ© pour moi. Nos avis divergent en de nombreux points Ă©galement. En 26 ans dâexistence, jâai eu le temps de me rendre compte que mon caractĂšre nâest pas Ă©vident, je ne mâinquiĂšte pas du fait quâelle ait du mal Ă me cerner et je me suis senti trĂšs observĂ© durant ces trois semaines. Jâai tendance Ă fuir ce que jâai du mal Ă comprendre, mais pour le coup, je ne pouvais pas aller trĂšs loin, jâai donc dĂ» modifier mes habitudes et je pense avoir changĂ© un peu, ce qui a contribuĂ© Ă la courtesse de mes nuitsâŠ
Quand jây repense, nos prises de tĂȘte ressemblent Ă des querelles de couple sur lâĂ©ducation des enfants et ça finit par ĂȘtre drĂŽle. MalgrĂ© tout nous sommes complĂ©mentaires, câest une force et ça sâest ressenti sur le projet. Je suis rentrĂ© avec dâexcellents souvenirs et lâenvie de rĂ©itĂ©rer lâexpĂ©rience. Mais avant de penser Ă lâavenir de Dream High, il me faut reprendre le chemin de mes propres rĂȘves.
Iâm back in the Game !