Qui je suis : fait qui je suis
Quand jâĂ©tais petite fille je rĂȘvais. Je jouais Ă la marchande, Ă la maĂźtresse, Ă lâexploratrice, Ă la super hĂ©roĂŻne qui sauve la terre, ou Ă la star de film et mĂȘme Ă la fĂ©e qui fabrique des potions magiques.
En rĂ©alitĂ© je ne vendais rien je ne savais pas ce quâĂ©tait lâargent, je nâavais pas dâĂ©lĂšve juste un vieux tableau Ă craie qui me fascinait. Je nâexplorais pas le monde mais les piĂšces de la maison de mes parents sans jamais en sortir, je ne sauvais pas la terre je sauvais des escargots, je nâĂ©tais pas une star je âavais que des chaussures Ă talon brillantes et trop grandes, et je ne fabriquais pas non plus de potions magiques mais des lotions Ă base de boue et de plantes ramassĂ©es dans le jardin.
Quand jâĂ©tais petite je rĂȘvais. Je ne savais rien du monde. Mais je vivais mes rĂȘves tous les jours sans me poser la moindre question. Parce que la vie Ă©tait facile. Il nây avait pas de travail, pas dâargent pas de loyer ou de permis, pas de police ou de prĂ©sident. Ce que je rĂȘvais je le vivais, jây croyais comme ma rĂ©alitĂ©.
Et aujourdâhui pourquoi ça serait diffĂ©rent ?
On nâa quâune vie, rien de bien extraordinaire finalement. Et il faut toujours vivre avec le systĂšme, mĂȘme si il est malade il nâest pas que lâennemi. Il est aussi lâaide dont on a besoin pour se transformer et apprendre qui nous  voulons ĂȘtre. Il faudra se battre de toute façon. Alors autant que ce soit pour une cause qui fait palpiter notre cĆur.
Et aujourdâhui en ayant croisĂ© le chemin des bonnes personnes, en ayant ouvert ma vision et acceptĂ© ce que la vie voulait mâoffrir, je suis dans une maisonnette de pierre, face aux collines aveyronnaise, jâai terminĂ© et jâaurais mon BTS (jâespĂšre) et jâai vĂ©cu une aventure que je nâaurais pas soupçonnĂ© il y a 2 ou 4 ans. Il suffit dây croire et de projeter son rĂȘve comme on projetĂ© sur un mur les envies de tous les jours. Et chaque fois que vous passez devant ce mur, collez y un post-it de votre progression, une petit mot pour vous rappeler Ă vous-mĂȘme dans 3 ans que vous avez traversĂ© cette rue dans tous les Ă©tats possibles et inimaginables, que vous vous ĂȘtes relevĂ©s des centaines de fois et que vous vous battrez encore. Â
aujourdâhui quand je passe devant ce mur, que je suis triste je me dis « demain ira mieux et bientĂŽt la pente deviendra une route plate ».
aujourdâhui quand je passe devant ce mur quand je suis heureuse je me dis « merci la vie, je vais continuer Ă entretenir ce rĂȘve »
aujourdâhui je passe devant ce mur sans effacer le passĂ© car il est la clef de mon avancĂ©e, mais sans le repuiser non plus car les blessures me tiennent au sol. Je passe juste devant et je vie ce que jâai Ă vivre, en donnant parfois un coup de pouce quand le bateau dĂ©rive trop loin de mon objectif. Et jâaccepte.
Alors je suis marchande :  je vend me affaires pour me faire de lâargent de poche,  je suis maĂźtresse :  jâapprend Ă mon entourage ce que je sais, je suis exploratrice : je me promĂšne au hasard, je suis  hĂ©roĂŻne : je sauve la terre comme je peu avec mes choix et mes achats bien dirigĂ©s, je suis star de film : des films que je me fais dans ma tĂȘte ou des actions que je rĂ©alise avec les autres, je suis une fĂ©e qui fabrique des potions : jâapprend Ă fabriquer mes propres cosmĂ©tiques !