21 ans. Juin. 01
Parler de sexe, ça marche. Et si je te dis que je n'en ai pas eu, de sexe, depuis un peu moins de deux ans ? Oh, bien sûr, je pourrais tout à fait compenser en racontant les détails de mes nombreuses séances de masturbation, et de l'évolution de mes fantasmes sur le temps. C'est un sujet plutÎt intéressant en soit. Je trouve.
(on va faire comme si je nâavais pas rien Ă©crit depuis deux mois)
Le sexe c'est Ă©trange, parfois je me demande si ce ne serait pas mieux de juste arrĂȘter. Ca fait deux ans aprĂšs tout, je vis plutĂŽt bien sans. Il y a beaucoup de choses qui m'intĂ©ressent beaucoup plus, comme prendre soin de mon apparence. VoilĂ quelque chose qui a des conscĂ©quences directes sur ma vie, tous les jours et pour longtemps. Le sexe c'est trop privĂ© pour ĂȘtre vraiment utile : trop mauvais rapport investissement / gain. Des heures, voire des jours de sĂ©duction, quelques instants de plaisirs, et beaucoup, beaucoup (trop) de moments embarrassants, chiants, incomprĂ©hensibles, parfaitement inutiles. On s'attache Ă ces gens, ceux avec qui on couche, d'une maniĂšre qui me semble pas du tout naturelle. Si l'amitiĂ©, et l'amour filial je comprends, je pratique, et je vois le rapport entre les deux, l'amour amoureux, c'est trop spĂ©cial. Surtout quand il se veut exclusif. C'est tellement pas humain l'amour exlcusif ! Ont peut partager l'amour pour de multiples membres d'une famille, et pour autant d'amis qu'on en croisera dans sa vie... mais un-e seul-e amoureux/se ? C'est ridicule.
Tout ça à cause du sexe.
Et je me plaints, mais en vrai je me masturbe tout le temps. Au moins une fois par jour je dirais. Ca dure rarement trÚs longtemps, mais le soir c'est vrai que c'est pratique pour m'endormir. C'est rare quand je le fais directement à cause d'une pulsion sexuelle. En général c'est parce que j'ai les muscles tendus ou parce que je m'ennuie toute seule à l'appart. Entre cinq et quinze minutes, et c'est bouclé.
Je me suis dĂ©jĂ dis que je devrais arrĂȘter une semaine, comme ça, pour voir si ça changerait quelque chose. Je sais qu'il m'est dĂ©jĂ arrivĂ© d'oublier de le faire, pendant je sais pas trop combien de temps (parce que j'avais oubliĂ©, justement). C'Ă©tait des pĂ©riodes trop intĂ©ressantes de ma vie oĂč j'avais tellement de choses cool Ă faire que voilĂ ... c'Ă©tait pas utile.
J'ai du désir. Plein de désir. Vraiment beaucoup de désir. Mais pas que sexuel. C'est ça le truc, le sexe pour moi, c'est un truc parmis tant d'autres. Ca devrait pas prendre la place que je lui donne actuellement. Je préfÚre manger au sexe. Je préfÚre écrire, et lire aussi d'ailleurs, au sexe. Je préfÚre de loin danser au sexe. Je préfÚre une bonne série, un bon film, au sexe. Je préfÚre un verre de vin blanc au sexe. Je préfÚre une soirée avec ma meilleure amie... que dis-je, une minute avec ma meilleure amie, au sexe. Je préfÚre prendre l'avion, au sexe. Je préfÚre aller faire du shopping, me faire couper les cheveux et me faire les ongles, au sexe. Je préfÚre mes chats au sexe. Et la liste est longue encore.
J'aime les beaux visages et les beaux corps, féminins et masculins. J'aime les regarder et les toucher, c'est vrai. Mais ça n'a pas spécialement de rapport avec le sexe. La sueur, la séduction, la lassitude, la pénétration, les rapport de dominance : tout ça, ça me gave.
Qu'est-ce que le sexe Ă de si spĂ©cial pour qu'on puisse considĂ©rer que le monde tourne autour ? Je me pose honnĂȘtement la question aujourd'hui. C'est comme les relations amoureuses, je comprends juste pas la logique.














