CHRONIQUE INSOLENTE #2
Suite au fameux camp d'été décolonial d'août 2016 qui avait fait beaucoup parler de lui, réussissant même l'exploit d'unifier tout l'échiquier politique dans des violentes diatribes contre ces méthodes racistes d'anti-racistes promouvant la haine de l'autre, c'est le Nyansapo Fest qui a pris la relève. Festival ni plus ni moins "interdit aux blancs" selon un membre du FN ... ou presque.
Si le fait que ce soit le trésorier du Front National qui dénonce une "conception ouvertement racialiste" prête délicieusement à rire, il est préoccupant de constater que cet appel "républicain" soit même approuvé par des associations anti-racistes. Et dire que certains croyaient depuis tout ce temps qu'elles refusaient d'entendre le cri de l’oppression blanche dans ce pays. La LICRA qui approuve la dénonciation d'un membre du FN, risiblement drôle, non ? En espérant que ça en fera sursauter plus d'un FNiste convaincu.
On n'est plus à une énième manipulation politique du FN qui surfe sur la thématique du "racisme anti-blanc", terme rendu populaire par l’extrême droite et repris mimétiquement par la droite, favorisant un antagonisme communautaire faisant des distinctions entre les types de racisme. Il y aurait donc le racisme et le racisme ANTI-BLANC et on devine facilement l'importance supérieure accordée au dernier par le FN.
Les blancs ne faisant pas l'objet de discriminations en ce qui concerne le travail ou le logement ; les blancs étant largement surreprésentées dans les catégories socio-professionnelles supérieures et dans les beaux quartiers de France où la volonté de préserver l'entre soi-blanc y est clairement affiché ... "entre-soi" parce que le communautarisme c'est évidemment pour les noirs et les zarabes ; on n'aurait pu croire naïvement qu'un événement anecdotique comme celui-ci qu'on peut imaginer rassembler moins de 1000 personnes - l'édition 2016 du camp décolonial à Reims en ayant rassemblé seulement 200 - ne fasse pas l'objet de plus d'émois que ça. Surtout après cette campagne médiatique contre le camp qui n'ayant pu être interdit a au contraire rameuté davantage de monde selon les organisatrices, permettant ainsi l'édition 2017.
Et en sachant que le projet d'ouverture d'une salle de boxe identitaire à Lyon qu'on peut assumer vigoureusement contre l'intrusion de non-blancs, ne provoque bien sûr pas cette indignation chez les membres de l’extrême droite et même chez les associations antiracistes par ailleurs. Si le FN souhaite garder sa crédibilité, il serait peut-être temps que SOS Racisme & co jouent le jeu du FN de manière plus assidue et pas juste à l'approche des présidentielles, non ? Ne soyons pas si vite pessimistes, peut être va t-on voir des affiches dans le métro à quelques jours des législatives. Après tout, il faut bien qu'ils fassent semblant de rentabiliser tout ce pompage de subventions dans des simulacres d'actions anti-racistes.
Donc, le véritable problème résiderait dans le fait qu'il soit CLAIREMENT affiché comme "interdit aux blancs". Parce qu'en réalité la plupart des champs politiques, sociaux, culturels sont non-mixtes, de manière non-assumée cependant. De plus, certaines initiatives telles que les maisons de femmes dans les quartiers populaires composées de femmes non-blanches bénéficient d'une aide étatique sans que cela ne fasse sourciller personne. Plus encore, un festival lesbien interdit aux hommes et aux femmes hétérosexuelles a même été soutenu par la Mairie de Paris sans que l’extrême droite n'appelle à un acte flagrant d'"hétérophobie" et de "sexisme anti-hommes".
Mais l'est-il vraiment, "interdit aux blancs" ?
Pas vraiment, en fait puisque le descriptif de l’événement sur Facebook indique un espace ouvert à tout le monde. Et il est surprenant de constater que quand le festival se targue d'être un espace non mixte composé de femmes noires à 80%, personne ne relève le fait que certaines parties du festival ne soient pas ouvertes aux autres minorités raciales ou fermées aux hommes Y COMPRIS noirs. Le seul fait outrageusement choquant est en réalité l'exclusion de personnes blanches, non l'exclusion de certaines personnes tout court.
Sur ce, je terminerai donc avec cette phrase dans un anglais insolent ... "White people, it's not always about you".
La révolution viendra de la vérité et de l'amour suprême. Peace.








