Hémicycle du Parlement Européen. #EYE2014 (à European Parliament Strasbourg)

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Bracelets électroniques à Disney
Le qualificatif « électronique » s’avère moins flatteur que celui de « connecté » quand il s’agit de vendre une technologie …
Brandissant un nouveau bracelet 100 % connecté, le grand patron des parcs d’attractions Disney ne boude pas son plaisir de participer au mouvement. « Ce bracelet va tout remplacer : votre entrée dans le parc, la clé de votre chambre à l’hôtel, votre ticket de parking, votre accès prioritaire à certaines attractions… Toutes les interactions avec Disneyland passeront par ce bracelet, ce qui vous permettra de vous débarrasser d’une dizaine de papiers ! En allant sur notre site, vous choisirez tout ce que vous voulez faire dans le parc et vous recevrez ces bracelets par la poste. Un pour chaque membre de la famille, même les enfants en auront. Bien entendu, vous pourrez faire vos achats dans le parc avec, grâce à un code secret »
via Atlantico.fr, Cyber sex via Google Glasses : l’informatique révolutionne les corps humains
Jamais été convaincu que le wearable computing fait de nous des robots. Comme le disait déjà Antonio A. Casilli en 2010, tous ces téléphones portables qui frôlent nos cuisses à longueur de journée modifient déjà notre corps. L’adoption d’une technologie qui frôle non seulement nos corps mais notre individualité est bien plus effrayante. Surtout lorsqu’elle est faite sur fond de sacro-sainte satisfaction client. Pas de défense de privacy quand il est question de se divertir. Tu vas quand même pas priver ton gosse de se faire appeler par son prénom par Mickey, quand même ?
Acheté vieux vélos (à Rue De La Pierre Hardie)
Share is the new save is the new publish
Sous cette formule, l’idée toute simple d’une confusion entre partage, sauvegarde, publication. La multiplication d’applications et de plateformes qui permettent de produire du contenus (écrit, photographique, vidéo, etc.) mène à une sorte de convergence des fonctions de partage. Quand j’édite une photo dans VSCO Cam, je me trouve en situation de la « partager » avec moi-même vers la pellicule de mon iPhone — ce qui revient à l’enregistrer. La chose n’est pas propre aux appareils mobiles : depuis Mavericks, Safari me propose de partager un signet pour l’ajouter dans la bibliothèque de mon Mac — encore une fois, équivalence de l’enregistrement.
À l’inverse, j’enregistre (ce texte par exemple) pour le publier.
Enregistrer, exporter, importer, partager, ajouter, ouvrir dans …
On remodèle nos contenus jusqu’à ce qu’ils atteignent leur auditoire. Omniprésence du paradigme de la publication : pour soi, pour sa famille, pour une audience. C’est pour cela qu’il n’y a pas — plus — d’excuse à ne pas tenir de blog. Tout est dans l’intention, le geste qui pousse à véhiculer une pensée d’un coin de notre esprit jusqu’à la figer quelque part. Avant qu’elle ne fuie abondamment avec les multiples lectures qui en seront faites. Avant qu’elle ne vous pousse à la partager.
Ficelles de pantins
Étonnant cette façon qu’a TF1 de se montrer dans sa dernière campagne print. Plutôt que les présentateurs, c’est le dispositif audiovisuel qui est mis en valeur par la caméra et son écran-retour, véritable camera oscura du réel proposé aux téléspectateurs de la chaîne. Comme pour (dé)montrer la transparence du média, en le rendant dans le même temps opaque : où sont ces autres caméras que l’on dissimule, montreuses de l’image de ces marionnettes médiatiques ?

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Ce que markdown n'est pas
Réponse courte
Ni un outil, ni un workflow.
Réponse développée
Révélation ce matin en lisant les billets de Jean-Christophe sur les nouveautés d’Ulysses III. Point d'orgue d’une épopée trollesque qui est allée jusqu’à piocher dans le cinéma français pour un court inventaire de soi-disant opposants au Markdown.
Avec le recul, on peut dire que Markdown a foutu un sacré coup de pied dans la fourmilière de l’écriture. Qu’on me pense pour ou contre, il a grandement changé ma façon d’écrire. Il n’y a pas si longtemps, mes choix d’outils étaient maigres : Pages, Word ou TextEdit. Ces trois-là (surtout les deux premiers) restaient dans le même paradigme, celui de la page. La Page que l’on s’efforce à remplir et à mettre en forme dans le même temps. Aujourd’hui, il m’arrive d’écrire sur un rouleau infini tout en entourant quelques passages de quelques signes pour mettre l’emphase.
Car c’est là finalement la force du Markdown : il a lieu dans le processus-même d’écriture. Il n’appartient à aucun logiciel. Comme le dit Cyril, on peut ajouter quelques astérisques à un mail sans que cela ne fasse réagir le destinaire. Markdown n’est pas un outil, c’est l’écriture. Quand je pense à ce que j’écris, certains mots ressortent plus que d’autres. Markdown me permet de traduire cela dans le corps-même du texte, sans me soucier de ce à quoi il ressemblera une fois publié ou imprimé.
Toutefois, il ne me convient pas pour l’écriture universitaire, qui occupe (malheureusement pour lui) le plus clair de mes journées. Jean-Christophe a la chance de pouvoir s’occuper de ses textes sur toutes ses machines en utilisant Markdown. Mes textes sont constamment remaniés, ont besoin de versions, de commentaires et surtout de notes de bas de page. Dans mon cas, tout ceci est plus facile à faire avec Scrivener et Word. Mes outils dont une partie tournent sous Windows ne sont pas aussi fluides avec Markdown que ne peut l’être Mac OS.
Et ce n’est pas un drame. Le piège avec Markdown, c’est d’être enthousiaste de sa simplicité et sa discrétion au point de vouloir le coller à toutes les sauces. Dans mon cas, il n’excelle pas pour la rédaction de mon mémoire mais il est très efficace pour m’aider à retaper mes cours dans Ulysses III. Sous-utilisation de cette app que certains utilisent pour créer des romans ? Non. Prise de conscience qu’aussi génial qu’il puisse être, Markdown a pour seul limites celles de mes usages.
Du reste, il m’est devenu essentiel pour :
l’écriture de textes annexes tels que la prise de notes, les billets blog, les brouillons de mail dans nvALT couplé à iA Writer et Dropbox sur Mac comme sur iPhone ;
la mise à jour d’un journal dans Day One ;
la reprise de mes notes de cours manuscrites sur ordinateur dans Ulysses III.
Ce sont les trois choses que je fais sans friction avec Markdown, depuis la saisie du texte jusqu’à son exportation/impression en passant par la relecture.
Il m’arrive de m’entêter à l’utiliser dans les contextes de mon usage où il est moins à l’aise. À chacun sa procrastination.
“Jazz means, ‘I dare you.’ I dare you to get out of your comfort zone.”
Wayne Shorter (source)
Ne soyez pas virtuose
Savoir faire quelque chose nous rend souvent fiers de nous. Nous savons bricoler, écrire, cuisiner. Nos qualités sont le résultat d’un savoir faire que nous avons travaillé. Il nous a fallu des heures passionnées d’apprentissage et d’essais pour que nous puissions fièrement nous prétendre capables de bricoler des vélos. Les lignes qui font s’émouvoir nos lecteurs sont le substrat de nombreuses autres tombées à la corbeille. Dans mon cas, ce sont toutes les heures passées à frapper sur mon pad d’entraînement qui me permettent de jouer de la batterie. Je sais jouer de la batterie, comme vous savez cuisiner.
La technique se repousse sans cesse. Maîtrisant toutes les cuissons de l’oeuf, c’est non sans fierté que vous apprenez l’art du gratin, puis de la volaille. Vous développez même des qualités : patience du mijotage, précision de la découpe. À force de technique, nous devenons virtuose.
Si elle impressionne, surprend parfois, la virtuosité n’en reste pas moins tangible. Quiconque quelque peu instruit de votre discipline saura percevoir les secrets de votre magie. Un break de batterie surprenant devient limpide une fois familier du changement de métrique. Notre virtuosité est palpable, elle se déroule depuis notre cuisine jusqu’aux pieds du spectateur. Elle est le résultat d’une série de technique inlassablement travaillées jusqu’à la perfection.
Or dans un domaine comme celui de la musique, la perfection — contrairement à la précision et la justesse — n’existe pas. Un rythme frappé entre mes mains lors d’une attente excessive chez mon médecin deviendra peut-être la base d’une prochaine composition : il est déjà musique avant que l’on puisse en juger une quelconque technique. La musique ne se donne pas, elle se trouve. Et la virtuosité ne se fait pas bonne alliée de cette quête.
The thing is … to find the potential of anything, all these musicians have to be courageous and humble enough to not want to throw on their musical credentials. Sometimes you put on display things that you have learned and packages, and packages are supposed to be consumed by applause and sales. And they have to be an expected package but no one knows what’s coming. It’s gonna take as much courage for the audience to seek the unexpected as we are thinking we’re finding it.
Wayne Shorter, dans une traduction approximative par mes soins de cet extrait. N’hésitez pas à m’en proposer une meilleure.
Les choses ne sont pas si automatiques qu’on ne les croit. Il faut savoir se défaire de la virtuosité pour laisser place à l’expression. Dans ma situation de batteur, cela peut être revenir à des rythmes très simples et surtout lents. Pour sentir le temps s’écouler de sorte à avoir conscience de chaque geste, de chaque placement. Prendre le temps d’installer les éléments et jouer avec eux pour les placer — et les faire sonner. Avancer ce coup de caisse claire pour exprimer l’idée de surprise qui m’est venue en jouant.
Tout cela devient intéressant quand on se rend compte que ça n’est possible que grâce à la technique — virtuosité. Si je veux faire ressentir l’idée de suspense, je vais certainement jouer un frisé crescendo, puis décrescendo. Impossible de l’exécuter sans entraînement.
Ma technique n’est donc rien d’autre que mon vocabulaire. En situation de jeu, elle devient grammaire. Finalement ma virtuosité s’exprime sans que je ne l’aie cherchée.
Ce jeu entre technique et expression s’applique à de nombreuses activités. Essayez par vous-même de vous exprimer dans votre activité. Puis, tentez de trouver parmi tous vos exercices celui qui vous a permis de vous exprimer.
Accepter le potentiel
Lorsqu’on écoute du jazz, quelque chose se passe comme s’il fallait que nous donnions l’impression de savoir ce qu’il se passe. Le front et les yeux se plissent alors que notre tête cherche vainement un mouvement en rythme avec le son. L’incipit d’un morceau présente une superposition de couches d’instruments dénuée de structure, si bien que personne — pas même les musiciens — ne se doute de ce qu’il se produit. Bien qu’éloigné du morceau joué, cet instant est nécessaire : sans lui point de concert. Cela fait-il des musiciens des génies qui au-delà de leur virtuosité seraient habités d’une force incontrôlable ? Le spectateur devient-il soudain érudit en renonçant à se conformer à ce à quoi il est pourtant venu — écouter de la musique et voir des musiciens qu’il admire ?
Ce flottement dérange, inquiète parfois. Dans le documentaire qui lui a été récemment consacré, Wayne Shorter précise le ressenti des musiciens face à cet instant. Imaginons : ces derniers viennent d’entrer sur scène, de saluer le public, et empoignent leurs instruments pour en sortir les premières notes. Quel accord jouer ? À quel volume ? Selon quelle mesure ? Les yeux du pianiste se posent sur ses 88 touches, ceux du bassiste plongent dans ses 109 cm de cordes. Ils connaissent bien sûr le morceau qu’ils vont jouer, le tout est de savoir comment l’attaquer. Angoisse de la page blanche. Lorsque les premières notes sortent enfin, les instruments se chevauchent petit à petit pour donner corps au morceau. Cet instant est — selon les mots du Master Shorter — celui de la potentialité.
That potential cannot be given or rehearsed. That potential has to be found.
La musique raconte, et il ne suffit pas qu’un des membres compte 1 - 2 - 3 - 4 pour que l’histoire retentisse ex nihilo. Elle doit s’installer dans ce moment incertain et éphémère qui abrite les recherches de chaque musicien et qui finiront par converger au bout d’une poignée de secondes pour former le morceau.
C’est une mise en danger, une invitation à l’ouverture qui ne demande pas de compréhension immédiate. Celui qui s'en prétendra « connaisseur » n’en sera que sourd.
En l’espace de cet instant, la construction de la musique échappe à ses concepteurs. Le produit final n’est que potentialité. C’est, je trouve, une leçon intéressante et qui trouve des applications dans bien d’autres domaines.
Univers, univers de Régis Jauffret
Il aurait pu ne pas écrire ce livre, mais la suffisance de l’espèce humaine dont il se fait l'observateur désemparé et quotidien l’a conduit à remplir 500 pages de style, comme pour gaver ceux qui en sont les protagonistes ordinaires. Quant à lui, il aurait pu ne pas franchir le seuil de cette librairie. Dans un moment de solitude et d’ennui comme ceux que lui accordait son existence, il aurait tout de même saisi cet épais bouquin. Dans son monde, apprécier la littérature est toujours bien vu. Il exposerait sa lecture lors d’une discussion avec Virginie, son amie d’enfance, ou ce Paul qui le coursait à la récréation lors de ses premières années. Il séduirait Laure en lui exposant la complexité de l’exercice de style de cet auteur à qui il avait accordé 7 misérables euros en espérant pimenter un moment d'ennui. C'est avec cette même nonchalance qu’il en avale les pages. Il en lit dix, cinquante, cent, bientôt cent cinquante, et il n'y trouve toujours rien d'autre que l'amertume d'une douce dépression bohémienne. Depuis tout petit, il aime à s'infliger la découverte de la fin de ses lectures avant d'arriver à l'ultime page. C'est en se révélant les derniers mots de cette lecture doucereuse qu'il trouve le prétexte à n'avoir plus de scrupule à arrêter net sa lecture. Comme l'auteur n'en a eu à arrêter net sa peine onanique sur fond d'expérience littéraire contemporaine.

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Une révolution à 99 centimes
Mais quelle est donc cette nouvelle app d’écriture sans distraction que tu nous proposes en ce 8 mai, Vincent ? Comment as-tu trouvé cette perle que je ne trouve pourtant dans aucun test ou florilège d’apps ?
Qu’est-ce que je vous comprends ... C’est vrai quoi, elle a de la gueule mon app, avec ses grosses marges, sa police fixe qui nargue le Nitti d’une app bien connue qui en fait sa "fonctionnalité" première. Et puis sa couleur de fond qui fait parfaitement ressortir chaque pixel de son interface millimétrée, moderne mais néanmoins rustique avec son allure de hacker. Comment diable ai-je pu trouver un tel modèle de perfection alors que l’App Store est sans cesse passé au peigne fin pour tenter d’y déceler la perle rare ? Et pourtant elle est là, sur mon disque dur, et j’y écris ces mots. Mieux, je vais vous l’offrir en faisant gagner des codes avec un concours pour enfin booster l’audience de mon blog.
Vraiment ? Toujours pas ? Franchement, c’est à se demander si vous méritez votre titre d’expert, de consultant, de furieux du minimalisme et du markdown.
Non seulement cette app m’offre un environnement résolument minimaliste, mais elle me permet, sans la quitter et par la pression d’un raccourci clavier, d’ouvrir les autres fichiers sur lesquelles je travaille.
Cette application n’a pourtant pas attendu la déferlante d’outils qui rivalisent les uns avec les autres pour nous aider à faire une seule et même chose : écrire. Il est vrai qu’au début, il a fallu que j’apprenne à la maîtriser parce qu’elle chamboulait toutes mes habitudes en termes d’éditeur de texte. Il m’est arrivé de la détester, la préférant à des solutions nettement moins pratiques mais ô combien plus rassurantes. Mais elle n’a jamais vraiment quitté mon disque dur. Notational Velocity est une application réussie ; et encore plus lorsqu’on utilise son fork, nvALT. Ses fonctionnalités rendraient plus d’une app iOS révolutionnaire — je suis d’ailleurs surpris de ne pas voir un éditeur annonçant la sauvegarde automatique et la fusion de la création/recherche d’articles comme une « révolution » à 0,99€ sur le Store.
Si je m’intéresse de nouveau à nvALT, c’est parce que, paradoxalement, des outils comme Byword ou iA Writer m’ont poussé à reprendre mes vieilles habitudes. Concentré sur la manière d’écrire le texte, je suis revenu à la logique du fichier unique, que j’enregistre, que j’exporte en .doc, que je sauvegarde à la main. Pourtant ces « nouveaux » outils nous encouragent aussi à repenser notre organisation. Certains parlent de corde à linge, mes besoins personnels me ramènent à la boîte à chaussures1, traversant les âges, archivant et indexant mes textes, les sauvegardant sans avoir à le lui demander explicitement.
Sérieusement, si vous souhaitez gagnez des trucs en ce jour férié, il vous reste encore une heure pour essayer de gagner une licence pour MCPro, une application de prise de vue franchement sexy pour iPhone. C’est sur tiaaft.
Je m’excuse d’avance auprès de Jean-Christophe pour avoir osé singer sa métaphore qui, elle, a le mérite d’être parlante. ↩︎
S'amuser avec la photo technique
Aussi incroyable que ça puisse paraître, je m'amuse depuis un certain temps avec des aspects techniques de la photo. Il n'y a pas si longtemps que ça, mes photos étaient contraintes par les limites techniques de mon appareil. Mon compact est assez petit pour faire de la photo de rue, mais son mode manuel est assez limité. Résultat : pas de profondeur de champ sauf à être à 1 cm de la cible — à tester avec des inconnus, pour (aussi) s'entraîner au sprint — ni de réglage satisfaisant de la balance des couleurs.
Kitcam sur iPhone corrige parfaitement le problème. Le réglage manuel du focus et de l'exposition allie précision et facilité d'utilisation. Je tapote l'écran simultanément de deux doigts et obtiens ceci :
Oui, c’est flou. T’as déjà essayé de faire une capture d’écran de l’appareil photo de l’iPhone sans trépied ?
Deux cibles apparaissent immédiatement sous les doigts.
Le focus se règle en bougeant le carré bleu sur l'écran. Ici, je le dirige sur les baguettes mais ce mode me permettrait facilement de le mettre sur le logo "Vic Firth" en arrière-plan. Ce mode est vraiment ingénieux puisque l'application met à ma portée le réglage d'un paramètre technique qui m'échappait auparavant puisque réservé aux appareils bridge/reflex. En plus de me faire découvrir ce qu'est le focus en le manipulant directement, il élargit mon vocabulaire photographique. C'est je pense un aspect très important de l'iPhonéographie : que ce soit par des réglages techniques "nobles" comme le focus ou bien des filtres de qualité, les applications de photo élargissent le vocabulaire de nos compacts bon marché. Elles associent la facilité d'utilisation en tirant partie du tactile au réglage technique et esthétique des photos.
Le réglage de l'exposition est tout aussi enfantin que celui du focus. Le tout peut se verrouiller par un tap supplémentaire, mais je dois avouer que je n'ai pas encore compris comment exploiter esthétiquement ce verrouillage. Bref, je suis devenu absolument fan de ces deux réglages qui apparaissent et se manipulent en un mouvement : pas de sous-menu, ni de tuto, juste ce dont j'ai besoin. A vrai dire, cette fonction est si transparente que je l'ai découverte totalement par hasard en regardant une vidéo promotionnelle de KitCam. Après vérification, le tutoriel de démarrage de l'application ne l'évoque pas, ce qui est vraiment dommage.
Et d'un coup, je me surprends à m'amuser à faire de la photo : j'associe le cadrage à un réglage de contraste/teinte/focus (selon l’humeur et la situation) à la volée. Parce que je sais qu'il sera possible d'y revenir par la suite, je peux me permettre de faire des photos sur le vif. Le studio de développement de KitCam me réserve tout le temps nécessaire pour retoucher a posteriori mes clichés chez moi avec un café pour les pousser vers Instagram ; car je suis conscient de ne pas avoir assez l'oeil pour choisir les bons outils au bon moment.
Au final, je crois avoir trouvé les outils de photo adaptés à mes besoins, pour allier plaisir et composition. Parce que cette foutue question du message est importante pour le maniaque de la communication que je suis.
Quand j'imagine un auteur classique lire l'interprétation que je fais de lui
Markdown : à quoi bon (ou bon à quoi) ?
J'ai découvert Markdown il y a environ deux ans mais c'est seulement maintenant que j'arrive à m'en servir à des fins raisonnées — entendre "à l'intégrer dans mon workflow".
David a cette phrase que j'affectionne particulièrement :
Le risque est réel de perdre son temps à glander autour d’un nouvel éditeur trop génial.
C'est ce qui m'est arrivé récemment avec iA Writer et Byword. Lorsque j'allumais mon Mac, je démarrais presque systématiquement les deux éditeurs. Ai-je besoin de deux rames de papier et deux stylos lorsque je sais que je vais écrire 30 minutes maximum sans faire de pause ? Non. Je me suis surpris plusieurs fois à redimensionner la fenêtre de l'un ou l'autre pour qu'il "occupe bien l'espace", allant jusqu'à changer d'un ou deux points la taille de la typo "parce que ça fait bien". Pendant tout ce temps, je n'ai rien écrit.
Alors c'est sûr, on a des moyens bien plus funs qu'un éditeur de texte pour glander sur nos ordinateurs de nos jours. Là n'est pas la question. La foutue question est que mon éditeur de texte ne me faisait pas écrire une seule ligne. Même chose sous Windows où j'ai passé deux semaines à chier produire trois malheureux paragraphes de mon mémoire. Lorsque j'ai ouvert le même texte sous Word, j'ai écrit plusieurs pages sans grand effort.
C'est alors que j'ai compris la place qu'occupe Markdown1 dans mon flux de travail. Il convient parfaitement pour une écriture brève, spontanée, audacieuse. Quand l'éditeur prend toute la surface de l'écran, il efface toute contrainte d'écriture : la logique de la page, de formatage, de structure. Je sais que d'autres utilisent Markdown pour formater leurs textes ou les structurer avec des niveaux de titre différents — il m'arrive aussi de le faire. Seulement, le cas précis de la rédaction de mémoire n'est pas adapté au Markdown : il a besoin de la logique de la page car il ne sera lu que sous cette forme (qu'il soit imprimé sur papier ou en PDF). Il (ou plutôt j'ai) besoin de voir de faire des sauts visuels en arrière dans le texte, chose qui est facilitée par la vue sur deux pages des éditeurs comme Word.
Non, je ne peux pas utiliser sérieusement Markdown pour un long rapport. Là où il est excellent par contre, c'est lorsqu'il laisse toute la place à mes idées pour s'exprimer, comme au moment précis de la rédaction de ce billet. Il m'est devenu indispensable pour cette étape de pré-écriture, cette écriture que je dirais sous-terraine au choix des mots définitifs choisis pour traduire ma réflexion. Cette écriture là se fout des contraintes d'espace : elle peut devenir très claire en quelques lignes ou au contraire nécessiter plusieurs paragraphes. Là n'est pas la question. C'est aussi pour ça que mon dossier de notes s'épaissit quotidiennement dans Notational Velocity. Markdown n'est pas bon pour tout, il n'est pas la solution à tous mes mots.
Glander avec un éditeur de texte, mais quelle drôle d'idée j'te jure …
Je parle de "Markdown" pour faire référence au système de mise en forme de textes et des éditeurs qui le supportent (iA Writer, Byword, DayOne, Writemonkey, etc.). ↩︎

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L'importance de l'archive
Mon esprit s'arrête quotidiennement sur des choses. La vue d'un passant, d'une enseigne, d'une affiche dans la rue active très souvent une réaction. Ce phénomène se décuple lorsque je suis derrière mon ordinateur : la lecture de textes, de tweets, de commentaires, le partage de liens, la vue d'une photo provoquent forcément quelque chose. Ces pensées sont volatiles, ce qui explique la nécessité absolue d'en garder une trace pour y revenir plus tard. Je me suis évertué pendant deux années entières à créer des notes de quelques lignes seulement de ces fragments. Le tout ne pèse même pas 2 Mo et a pourtant une valeur inestimable. Je dois cette légèreté au format texte que j'ai longtemps couplé à Notational Velocity …  … que je n'avais pas ouvert depuis le mois d'août. Concrètement, cela signifie le vide intersidéral. J’ai découvert depuis cet été deux éditeurs de texte extraordinaires, Byword et iA Writer. Couplés à Dropbox, iCloud, ou même un disque dur, ils permettent d'écrire du texte sans *friction*. Certes, l'écriture est (très) agréable, mais ces outils laissent le soin de l'archivage à l'utilisateur. Alors que mes textes commencent à s'entasser à la mesure de la progression de mon mémoire de recherche, j'ai vite été à court de moyens pour nommer proprement mes fichiers mais surtout faire des recherches dans leur contenu. Notational Velocity est la passerelle dont j'avais besoin — encore une fois, la solution était [déjà là](http://vincent-ca.tumblr.com/post/3543084221/tout-est-la), depuis le début. Il stocke aussi bien les fragments dispersés d'une pensée en cours ainsi que mes brouillons qui, eux, sont plus développés. Étant donné le peu de connaissances techniques qu'il requiert, l'archivage de notes est essentiel. Pas besoin d'être écrivain pour être concerné. Un rendez-vous intéressant ? Je note les idées-forces qui se dégagent. Un article de presse qui retient mon attention ? J'envoie le lien dans un fichier texte et l'accompagne d'une très brève description. Un mail important ? Archivé par un simple copier-coller. Et puisque chaque note est classée dans un fichier texte de poids plume, je peux facilement l'envoyer par mail, ou le copier sur une clé USB sans délai. Finalement, je me rends compte de l'importance de l'archivage une fois que je dois retrouver quelque chose de précis. Besoin d'une image pour un travail d'analyse ? Ma tête se souvient de photos qui m'avaient plu dans un numéro du Monde Magazine. Elle en a par contre oublié la date, le numéro, les pages. La recherche `photo m mag` m'amène immédiatement ces éléments. Si vous en ressentez le besoin ne serait-ce qu'une seule fois, **AR-CHI-VEZ** vos notes, conversations, idées. Votre *futur-vous* vous remerciera.
Structurer ses notes avec les listes de définitions
De nombreuses personnes structurent leurs notes sous forme de plans. Je me surprends moi-même à laisser des écarts entre des blocs de texte pour matérialiser la façon dont ils s'imbriquent les uns dans les autres, et ce tant sur le papier qu'à l'écran. Les listes de définition qu'on peut très facilement produire avec Markdown peuvent à ce titre se révéler très utiles : Markdown : Outil d'écriture très pratique, indispensable s'il en est. iA Writer : Éditeur de texte très simple supportant Markdown (et son utilisateur). Vincent-ca : Le nom que j'utilise ici et là sur le web. Produit :  Bref, on comprend le principe. L'idée est de mettre en évidence un terme et de produire un écart d'une tabulation sur la droite pour mettre en valeur sa définition. Très utile pour rédiger un glossaire pour mon mémoire sans prise de tête. Au-delà de ça, l'utilisation des listes de définition peut être une autre façon de structurer mes notes. Je vois déjà des applications possibles pour la mise à plat d'un planning à la volée où chaque date s'accompagnerait des tâches à accomplir en guise de définition. Ou encore pour structurer un article ou un texte long. On peut même imaginer un carnet d'adresses light où le numéro de téléphone, les adresses mail et postale seraient la "définition" de chaque contact. À chacun de trouver l'utilité des listes de définition dans son quotidien.